Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Le nouveau passeport mauritanien rejeté par des banques étrangères

altALAKHBAR (Nouakchott)- Plusieurs banques étrangères rejettent le nouveau passeport biométrique mauritanien parce que le « lieu de délivrance » ne figure pas sur le document, a appris Alakhbar de ressortissants mauritaniens en Europe.

Des Mauritaniens en France se sont plaints auprès d’Alakhbar de l’impossibilité de faire un transfert d’argent par Western Union avec leur nouveau passeport.

Le nouveau passeport est délivré par l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés (ANRPTS).

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Boubacar Ould Messaoud : «Je combats ma propre violence»

Boubacar Ould Messaoud. Crédit : MLKIl y a des êtres dont l’essence morale est marquée sur les traits. Boubacar Ould Messaoud est de ceux-là, transparents et sincères dans l’engagement qu’ils ont fait leur. Une puissance et une volonté inébranlables dans son combat, qu’une humble discrétion n’altère pas. Même pas deux emprisonnement, en 1998 (condamné à 13 mois de prison puis amnistié sous la vigueur de la pression internationale en faveur de sa libération) et en 2002 (arrêté à son domicile de Nouakchott, en présence du premier conseiller de l’ambassade des Etats-Unis, et de quelques témoins, suite à une intervention sur les ondes de Radio France internationale). Il y a cinq ans, presque jour pour jour, il était déclaré par le département d’État américain «héros de la lutte contre l’esclavage et la traite des personnes des temps modernes». Entretien avec un combattant anti-esclavagiste, un des tous premiers du pays.

Depuis quand luttez-vous contre l’esclavagisme ?

Je lutte contre l’esclavagisme depuis que j’ai pris conscience de cette réalité qui m’entoure, un peu avant mon adolescence. J’ai 70 ans aujourd’hui, donc ça fait un long moment. Vous continuez à dénoncer ce phénomène.

Comprenez-vous le négationnisme des autorités par rapport à cela ?

L’état continue à nier l’existence de l’esclavage, pour se conformer certainement à cette position de l’état, déclarée à plusieurs reprises par le président de la République. Les juges d’instruction requalifient systématiquement les cas qu’on lui porte, comme du «travail de mineur non-rémunéré». Ceci fait qu’on n’a quasiment pas de cas repris et condamnés par la justice.

Il n’y en a eu qu’une seule : en 2011, une famille, dont l’un des membres a été condamné à 2 ans de prison. Le Parquet a fait appel, et nous de même. Ce monsieur ne fera finalement que deux mois de prison. Entre temps, et je le signale avec force, la rapporteuse spéciale de l’ONU de l’époque, sur les formes contemporaines de l’esclavage, qui est venue ici, a constaté qu’un individu était en prison pour pratique esclavagiste, et a estimé, à tort, qu’il y avait une jurisprudence. Deux mois après le départ de la rapporteuse, il est mis en liberté provisoire, liberté provisoire qui perdure jusqu’à ce jour.

Il y a d’autres cas pendants devant la justice, qui dénotent une mauvaise volonté politique et judiciaire évidente de lutter contre l’esclavagisme. Une mauvaise volonté encore plus évidente au vu du refus de donner la possibilité aux ONG de se porter partie civile. On hypothèque les chances de la victime d’avoir une justice. Or, tant que cela ne sera pas fait, la loi criminalisant l’esclavage ne sera qu’un amas inutile de mots. Qui juge ? D’où sont issus les prétendus «indépendants» juges d’instruction ? Ils sont issus des classes dirigeantes encore largement féodales, et donc propriétaires elles-mêmes d’esclaves. Il est donc difficile pour eux de concevoir qu’on puisse arrêter et juger quelqu’un qui pratique l’esclavage. C’est une évidence culturelle et historique à leurs yeux. La question de l’égalité n’a jamais été posée pour eux. Les formes de rapports traditionnels n’ont jamais été contestées et déconstruites dans la tête des gens.

Et les religieux dans cela ?

L’esclavage a été instrumentalité par les religieux de ce pays, qui ont une mainmise psychologique et morale sur la majorité du pays analphabète. Pour une large majorité des esclaves, c’est un devoir sacré d’obéir à son maître. C’est une condition sine qua non selon leurs esprits trompés par ces thuriféraires de la religion, d’accéder au Paradis. Bien sûr, l’Islam n’a rien à voir avec ça ! Ce sont des individus qui travestissent pour leurs intérêts personnels et tribaux, les propos divins. Ce qui fait que toute la société mauritanienne ignore ce fait social. On n’en parle pas.

Même dans les communautés noires-mauritaniennes ?

Même dans la société négro-mauritanienne. L’esclavage y est moins visible, avec une forme essentiellement de castes, mais tout aussi condamnable. Là encore, un discours d’égalité n’a pas été construit pour faire pièces au caveau où sombre la pensée féodale. Les esclaves eux-mêmes se regroupent en tant qu’esclaves et sont fiers de revendiquer ce patronyme, et prétendent demander aux autres, «nobles», leurs dûs, ce qu’on donne aux misérables : des petits cadeaux aux mariages ou baptèmes, et ils s’en orgueillissent. Cette société noire-mauritanienne encore profondèment traditionnelle, avec des intellectuels lâches, je dis bien “lâches”, parce qu’ils n’évoquent pas la question, le plus souvent étant du bon côté de la barrière. Ils ont des diplômes, des doctorats, ils ont vu le monde, mais ils ne parlent pas de ce fait de castes dites «inférieures», qui gangrène leur réalité.

A cause de cela, dans notre histoire récente, on constate qu’il a toujours été impossible pour un esclave de se libérer et s’émanciper dans son propre milieu. Car dans son propre milieu, tout le monde l’insulte, le montre du doigt, même ceux de sa propre caste ! «Comment !? Tu oses te rebeller contre ta condition. Qui es-tu ? Qui sont tes parents ? Qui sont tes grands-parents ? Des esclaves tous ! Et toi tu oses te rebeller !?». Voilà l’essence du discours qu’ils entendent. Pour vous dire jusqu’où va l’aliénation ! Surtout quannd on mêle le fatalisme qu’on veut nécessairement, dans tous les cas de figure, lier à la volonté d’Allah. Allah n’est pas responsable des faillites de nos actions et de nos idées. C’est bien pour cela qu’il y a un Jugement Dernier : répondre de ces actes et idées.

Quelle issue observez-vous pour les hommes ou femmes, qui veulent s’en détacher ?

La seule issue pour ces nouveaux hommes libres, c’est la fuite, notamment et particulièrement dans la société maure. A moins de se faire affranchir par le maître, ce qui n’est à mon sens, qu’une technique de gestion de l’esclavage.

Comment cela ?

Parce qu’on affranchit l’esclave récalcitrant, qui veut éveiller d’autres comme lui, qui sème la zizanie avec ses discours. A ce moment-là, on dit à son maître «Affranchis-le ; et tu le verras plus docile qu’un chien. Il te sera reconnaissant pour la vie» : c’est une forme d’anoblissement par rapport à ses cousins. Et c’est ce processus qui se déroule malheureusement dans beaucoup de cas : il devient un parfait contremaître !

Quand on me dit qu’un tel a été affranchi, j’ai l’habitude de dire à mes amis : «Avant il était l’esclave d’une famille, maintenant le voilà l’esclave d’une tribu». Car c’est là qu’une subtile nuance se fait : l’esclave est un objet et appartient à son maître. L’affranchi est sensé devenir membre de la tribu, la renforcer, alors qu’il n’en devient qu’un instrument, reconnaissant par dessus tout, jusqu’à sa mort, de voir cesser son statut de paria, de damné.

Les autorités semblent craindre ce mouvement d’émancipation des Haratines, qu’on observe de plus en plus…

La société mauritanienne est divisée en groupes ethniques, en tribus; et le pouvoir a été transmis par l’ancien colon, la France, à la communauté arabo-berbère. Et cette dernière, même si elle était à l’époque la moins instruite pour prendre administrativement les rênes d’un pays, était majoritaire, en tout cas se présentait comme telle, car comptabilisant leurs esclaves. Aujourd’hui avec la libération des esclaves, ils voient une possibilité de séparation avec ces esclaves, donc une perte de pouvoir. Car ces anciens esclaves vont demander leur dû et leur place dans la société mauritanienne ! D’où la négation pure de ce phénomène par les autorités, qui parlent plutôt de «séquelles», axant ainsi leur discours sur l’ignorance et la pauvreté qui touchent l’écrasante majorité des Haratines.

C’est ainsi qu’ils disent que c’est pour lutter contre de telles séquelles qu’un organisme comme Tadamoun et d’autres agences ont été créées. Mais ces agences travaillent surtout pour créer une autre forme de dépendance vis-à-vis des anciens esclaves regroupés dans des localités, où on leur porte leurs nécessaires de vie, les intrants agricoles dont ils ont besoin. Et qui leur apporte cela ? Leurs anciens maîtres. Il y a une forme de soumission qui demeure, et qui ne va nullement dans le sens de lutte contre les séquelles liées à l’esclavage.

Pourquoi deux associations comme IRA et SOS-Esclaves, qui vont pourtant dans le même sens du combat social ?

Vous devriez poser cette question à Birame (Ould Abeid – ndlr). Birame était membre de SOS-Esclaves. Je pense qu’il n’a pas considéré notre démarche, comme satisfaisante. Peut-être nous trouvait-il frileux, si je compare nos moyens à ceux qu’il utilise. Il faudra lui demander (sourire).

SOS-Esclaves a été créé dans quel contexte ?

D’abord, on a créé SOS-Esclaves pour venir en détresse à celles et ceux qui subissent ce fléau, dans un pays où l’esclavage est nié. Nié par les esclaves, par les anciens esclaves, les autorités, et ce déni touche toutes les communautés. Mais moi, descendant d’esclaves, j’ai constaté aussi que tous les esclaves ne veulent pas toujours rester esclaves. Souvent l’esclave veut lever la tête, commence à la lever, mais il ne voit aucune issue, et aucune main tendue.

Quand j’étais fonctionnaire on est venu souvent me voir pour me demander d’intervenir, par rapport à des esclaves présents à Nouakchott ou ailleurs, décédés, et dont le maigre héritage revenait entièrement au maître, laissant les orphelins sans rien. Des orphelins ! En lisant le Saint Coran, vous verrez qu’une des pires choses qu’un être humain peut faire et de disposer des biens d’un orphelin… En allant voir la police pour ces problèmes, on nous disait souvent «Il n’y a pas de souci : allez voir les leurs». Mais en Hassanya il y a un terme ambivalent, «Ehlou», qui peut autant vouloir dire «maître», que «parent». Notre démarche est d’aider en priorité les hommes et femmes qui posent le problème.

Mais que pensez-vous des méthodes révolutionnaires de l’IRA? Vous semblent-elles efficaces ?

(Silence). En tout cas ce n’est pas contre-productif. C’est une voie de sensibilisation par le choc dont on ne peut nier l’efficacité. Je ne l’insulte pas. Elle est valable ; c’est un choix. Mais elle appelle une inquiétude de ma part (silence) : Des pans actifs de la communauté arabo-berbère, des dirigeants notamment, veulent provoquer une confrontation, dont personne ne sortirait gagnant. Quelque soit le dit «gagnant», ce serait une victoire à la Pyrrhus. Si une confrontation devait arriver, les victimes seraient essentiellement celles qu’on veut libérer, car les maîtres sont armés, s’entraînent périodiquement, à travers la cible, au nom de traditions guerrières qu’on prétend entretenir. Une grande partie de la communauté maure est armée ; armes de poings, armes de guerre, munitions données par l’armée elle-même! Et ce sont eux par ailleurs les propriétaires d’esclaves essentiellement.

En milieu noir-mauritanien la contestation de l’esclavage de castes semble moins vigoureuse…

Effectivement. L’unité ethnique et de couleur masque le débat. Mais je dois dire que je ne comprends pas : l’égalité n’est pas question de couleur; on la doit à tous les humains. Ce n’est pas ma couleur, ou la vôtre qui détermine nos relations ! Non! C’est plutôt la qualité morale, humaine, que vous observeriez chez moi, et vice-versa. La question que je me pose quand je découvre quelqu’un c’est «Est-ce un être humain correct, équitable, bon ?», et non pas des questionnements liés à sa couleur ou ses origines. Donc les revendications liées à la lutte contre l’esclavagisme doivent rester dans ce cadre. Ce combat ne doit pas devenir un manichéisme «noir contre blanc» ! Toutes les forces vives, politiques, morales, communautaires, intellectuelles, économiques, de bonnes intentions, et de bonnes fois, doivent y veiller.

Comment voyez-vous la suite de la lutte ?

Je voudrais que cette lutte soit menée pacifiquement. A mon sens, la confrontation n’est pas une bonne approche. Les victimes n’ont aucun moyen de se confronter à leurs anciens maîtres. Ils sont désarmés. Je dis cela par rapport à de plus en plus de jeunes, descendants d’esclaves, que je rencontre, et qui sont choqués, frustrés par le système dans lequel ils vivent, et qui nie leur condition. Et je leur dis que s’ils vont à une confrontation directe, ils seront liquidés, physiquement.

On a vu à Niabina qu’un siège pouvait être mis autour d’un village, impunément, comme en temps de guerre, pénétrant chaque foyer avec des armes de guerre, pour de vulgaires soupçons qui se sont avéré infondés ! Mais cela illustre bien à mon sens, le rapport de force déséquilibré du moment. Je ne peux donc pas être pour cette voie.

Par contre je ne suis pas contre l’éclosion des identités, les gens ne se voyant pas dans ce pays, des modes de gouvernances parallèles peuvent être mises en avant. De quelle unité, de quelle cohabitation peut-on décemment parler ici aujourd’hui ? L’autonomisation des régions n’est pas une mauvaise idée. Que les populations décident comment elles veulent développer leurs régions, leurs villages.

Vous considérez-vous comme un arabe ?

Que les maures ou les haratines se considèrent comme des arabes, ce sont des histoires ! Moi je ne suis pas un arabe. Ce n’est pas parce que mes parents ou moi, avons été esclaves d’individus parlant hassanya que je suis devenu arabe. Je le crie à tous les intellectuels mauritaniens qui assimilent la langue à l’identité : les noirs américains sont-ils des anglo-saxons ? Les noirs brésiliens sont-ils des portugais ? Les angolais, noirs, sont-ils portugais ? Il faut arrêter avec cette malhonnêteté intellectuelle qui découle d’un profond complexe identitaire non réglé. On veut faire de moi un arabe, pour continuer à donner la majorité à un groupe communautaire. Donc je ne me considère pas comme un arabe.

On vous oppose souvent à Birame…

(Il coupe, visiblement énervé…) Quand Birame Ould Abeid a eu son prix des Nations-Unies pour les droits de l’Homme, je suis le seul en Mauritanie à avoir salué cet honneur fait à un mauritanien. Beaucoup sont venus me voir pour titiller l’orgueil : «c’est toi qui aurais dû l’avoir» etc… Mais où est le problème que ce soit lui, Fatimata Mbaye ou moi ? L’essentiel étant que le combat de la société civile mauritanienne, face à des autorités négationnistes, soit reconnu. Ce prix attribué à Birame donne encore plus de poids, un élan supplémentaire aux combats de tous les défenseurs des droits humains en Mauritanie.

D’autant plus que la commissaire mauritanienne aux droits de l’homme a tout fait pour faire capoter cette remise ; ce qui la disqualifie totalement pour ce poste : ce n’est pas son rôle. Je ne suis pas dans la lignée de la démarche de Birame, mais je respecte celle-ci. Elle a son utilité aussi.

Je vous sens en colère…

Je ne suis pas en colère. J’ai été tout au plus véhément (sourire). Malheureusement, nous descendants d’esclaves, nous avons un problème : nous sommes nés dans la violence. Nous avons été éduqués par des parents relativement violents, qui n’ont connu que la violence. Aujourd’hui je me bats moi-même contre ma propre violence. Il y a une violence en nous quasiment innée. Je ne dis pas cela à la légère ; c’est un réel problème, pour nous et pour le pays même.

Nos maîtres nous faisaient travailler par l’insulte, par le bâton, par la faim, par l’humilitation… Et nos mères nous éduquaient dans la soumission, pour nous soustraire paradoxalement à cette violence. Elles ont fait du mieux qu’elles ont pu.

En voulant vous libérer de cela, vous devenez vous-même violent, véhément au minimum. Mais je préfère être véhément et franc, qu’un menteur sournois ! Les gens discutent avec moi en riant, alors que je suis le plus souvent véhément justement, et en colère. On me dit de changer ; mais je leur réponds que je m’en fous ! Eux ils peuvent rire, moi je n’ai aucune raison de rire quand je parle de l’esclavage, franchement. Ça vient de l’intérieur, du vécu. (long silence)

Vous avez été scolarisé très tôt, avant l’indépendance. C’était une chance à l’époque ?

Clairement ! Je suis rentré à l’école en 1952, vraiment par hasard. Je suis entré dans une cour d’école à Rosso, où il y avait des enfants qui s’inscrivaient ; j’y ai trouvé l’un des parents de mes maîtres. Je lui ai dit de m’inscrire; il a refusé, et je pleurais. Finalement c’est le directeur d’école, un français, monsieur Jollivet, qui passait près de la scène, et qui a demandé pourquoi je pleurais. On lui répond que je veux rentrer à l’école, mais que je suis venu seul. Il a demandé mon nom, on l’a mené au parent de mon maître, qui le lui a donné. J’ai ainsi passé deux semaines à aller à l’école sans que mes parents ne le sachent ! J’avais peur de leur dire, de crainte qu’ils ne m’enlèvent de l’école. C’est mon oncle qui m’a élevé, qui était un boucher, qui un jour demande à mon père comment j’allais. De fil en aiguille de la conversation j’étais grillé ! (rires)

Un caractère rebelle très jeune donc…

Oui. Ma révolte contre le système a débuté très jeune, car j’ai vécu l’esclavage, je l’ai vu, je l’ai observé. Même à Bamako où je suis allé me former en travaux publics, je ne m’intéressais qu’aux gens avec un fonds rebelle. J’ai été pratiquemement un commis expéditionnaire du PAI (parti africain de l’indépendance – ndlr) entre Bamako et Dakar au moment du festival des arts nègres en 1966.

 

http://mozaikrim.over-blog.com

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Les députés français reconnaissent l’État de Palestine

L'Assemblée nationale a voté en faveur de la résolution par 339 voix contre 151. L’Assemblée nationale a voté mardi la résolution socialiste reconnaissant la Palestine. Par 339 voix contre 151, les députés ont adopté ce texte qui invite le gouvernement français à reconnaître “l’État de Palestine”.

Les députés français se sont prononcés mardi 2 décembre en faveur d’une résolution du groupe socialiste visant à reconnaître l’État de Palestine. Ils ont adopté ce texte par 339 voix pour et 151 contre. 68 députés n’ont pas pris part au vote et 16 se sont abstenus.

Cette résolution “invite le gouvernement à reconnaître l’État de Palestine en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit” et juge que “la solution des deux États, promue avec constance par la France et l’Union européenne, suppose la reconnaissance de l’État de Palestine aux côtés de celui d’Israël”.

Les groupes socialiste, écologiste et Front de gauche se sont exprimés pour, tandis que le groupe des radicaux de gauche s’est montré divisé. “C’est l’honneur de la France de rappeler le chemin du droit alors que 134 pays ont déjà reconnu la Palestine comme État”, a notamment affirmé à la tribune François de Rugy, le président du groupe écologiste, avant le vote.

Du côté de l’opposition, l’UMP et l’UDI ont majoritairement voté contre ce texte. “Votre résolution est juridiquement nulle et va mettre de l’huile sur le feu”, a déclaré Christian Jacob, le président du groupe UMP. “Elle risque d’opposer ici en France les communautés entre elles”.

“Gratitude au peuple français”

Nullement contraignant pour l’exécutif français, ce vote n’aura, officiellement, aucune incidence sur la position officielle de Paris. Ce texte est toutefois hautement symbolique au moment où les Palestiniens tentent de faire avancer leur cause à l’ONU. Et l’Autorité palestinienne n’a pas manqué de saluer le choix des députés français.

Hanane Achraoui, une dirigeante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a exprimé dans un communiqué “sa gratitude au peuple français” et appelé “le gouvernement français à traduire le vote de son Parlement en acte”.

A l’inverse, l’ambassade d’Israël en France a jugé dans un communiqué que ce vote “va éloigner les possibilités d’arriver à un accord” de paix car il “envoie un message erroné aux leaders et aux peuples de la région”.

 

Source: rapideinfo

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Éditorial commun à toute la presse écrite

La presse écrite mauritanienne se meurt. Elle rendra son dernier soupir sous peu, si des mesures salvatrices urgentes ne sont pas prises pour lui venir en aide. Fleuron des media, celle qui lutte, depuis son avènement, pour une Mauritanie juste, libre et égalitaire et que ni censures, ni saisies, ni brimades, ni privations n’ont fait plier, est en train de disparaître.

Face à la concurrence de l’audiovisuel, du Net et son corollaire, la chute drastique des ventes, l’exiguïté du marché publicitaire, l’absence de soutien des pouvoirs publics qui ne lui accordent que la portion congrue d’un fonds d’aide plus qu’insignifiant alors qu’il devait lui être destiné en totalité, la presse écrite vit les heures les plus sombres de son histoire.

Réunis en « comité de crise », la semaine dernière,  des  éditeurs ont tiré la sonnette d’alarme. Espérant trouver une oreille attentive à leurs doléances, ils ont décidé de prendre le taureau par les cornes.

 Cet éditorial, commun à toute la presse écrite, est un premier jalon d’une vaste opération de sensibilisation sur les difficultés en tous genres que vit la corporation. Lorsqu’en 2006, les nouvelles autorités ont décidé d’abroger la loi sur la presse et d’en promulguer une nouvelle proscrivant désormais la censure, nous nous en sommes, évidemment, tous félicités, sans manquer, cependant, de clamer que la presse avait besoin de beaucoup plus, pour seulement survivre. Sans un soutien de l’Etat, elle est vouée à disparaître. Au Sénégal, au Maroc et en France, la presse est subventionnée, au même titre que les syndicats et les partis politiques. En Mauritanie, très faiblement. Certes, nous n’avons pas une culture démocratique et ceux qui nous dirigent admettent toujours très mal la critique, partant du principe de «qui n’est pas avec moi est nécessairement contre moi », variante guère plus sophistiquée du fameux « le chef a toujours raison»…

Mais nous l’avons dit et répété aux autorités : une démocratie n’a pas besoin d’un Quotidien national, les ressources et publicités qui lui sont allouées doivent être orientées, plutôt, vers la presse écrite privée. Celle-ci joue un rôle irremplaçable et garantit, à notre pays, une place autrement honorable, dans le concert des nations consacrant  ainsi  le principe de la liberté d’expression. Nous l’avons dit et répété, de même, aux partenaires extérieurs du développement démocratique de notre nation, notamment à ceux qui œuvrent pour l’ancrage  d’une culture démocratique universelle: la presse indépendante est le poumon du débat républicain. Or, les uns et les autres n’agissent pas pour lui donner de l’air et du volume. Pilier incontournable de la démocratie et solide levier contre les entorses au développement, la presse écrite doit conserver la place qui est la sienne dans la consolidation des acquis démocratiques, notamment son rôle dans l’édification d’un Etat de droit. Pour ce faire, les pouvoirs publics, les partenaires au développement ; en somme l’ensemble des acteurs de la démocratie doivent au plus tôt assumer leurs responsabilités. 

 

le calame

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COVIRE, MPR, PLEJ…appellent à un règlement définitif du passif humanitaire

COVIRE, MPR, PLEJ…appellent à un règlement définitif du passif humanitaire Au cours d’un meeting organisé ce 28 novembre, à Sebkha, pour commémorer la mémoire des militaires tués par pendaison à Inal, le Collectif des victimes de la répression allant de 89 à 91 (COVIRE) ; le Collectif des orphelins des victimes civiles et militaires (COVICIM) ;

les Forces progressistes du changement (FPC) ; le Parti pour l’égalité et la justice (PLEJ) ; l’Arc en ciel… ainsi que des personnalités politiques telles que Ladji Traoré, Kadiata Malick Diallo ont appelé à un règlement définitif de la question du passif humanitaire.

Pour le COVIRE ; COVICIM ; les partis politiques cités un peu plus haut ; pour IRA-Mauritanie, pour le groupe des jeunes issus de la communauté arabo-berbère réunis autour de Saleck Ould Najem et pour Touche pas à ma nationalité (TPMN) dirigé par le docteur Alassane Dia comme pour toutes les autres organisations qui ont honoré le meeting de Sebkha de leur présence, le passif humanitaire – appellation par laquelle on désigne les graves violations des droits humains qu’a connues la Mauritanie de 89 à 90 – reste d’actualité quoique le pouvoir en place soutienne le contraire.

Kane Mamadou, président du COVIRE, Kadiata Malick Diallo, Ladji Traoré et Bâ Mamadou Alassane, qui ont pris la parole, ont estimé que le règlement définitif du passif en question passe nécessairement par un devoir de vérité. En d’autres termes la lumière doit être faite sur les violations de droits humains qui ont eu lieu durant les années de plomb qui s’étendent de 89 à 90, et les responsabilités doivent être situées.

Bâ Mamadou Alassane – qui s’est exprimé au nom des FPC, du MPR, de l’UNDD, de l’ADEMA de l’Arc-en-ciel et du PLEJ – a tenu à préciser d’entrée que «pour que le deuil prenne fin dans le futur il faut que certaines conditions soient remplies». «Nous réclamons, dit-il, qu’il y ait un devoir de vérité, un devoir de justice, un devoir de réparation, un devoir de mémoire. Une vraie réconciliation nationale et à ce prix». Selon lui, «vouloir étouffer le problème c’est pas une solution».

SC

 

Cridem

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