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Dossier de reconnaissance : Le FPC attend la décision du MID
Les Forces Progressistes du Changement (FPC), ex-Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM), attendent toujours la réaction du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation (MID) au dépôt du dossier de reconnaissance de leur parti, le 28 octobre dernier. C’était le fruit de l’ultime congrès des FLAM qui décidaient, ainsi, d’intégrer officiellement la vie politique nationale. Au fur et à mesure qu’approche la date-limite, la tension monte du côté de la direction du parti, yeux et oreilles braqués vers le MID. « Nous attendons avec calme, sérénité et optimisme la réaction du gouvernement », commente Samba Thiam, président du FPC.
Après plus de trente ans de combat dans la clandestinité dont une grande partie à l’étranger, l’extinction des FLAM en FPC n’en empêche pas moins ses membres de toujours dénoncer ce qu’ils appellent un « système politique raciste, basé sur l’exclusion » qui gouverne le pays depuis son indépendance. Mais ils prônent, plus explicitement, une « Mauritanie réconciliée, juste et équitable » et la mise en avant du « progrès », en place de la « libération africaine », signifie bien cette volonté de dialogue et d’ouverture. C’est d’ailleurs ce qui ressortait clairement des discussions, lors du congrès d’octobre, où « sortir de la clandestinité » en disputait à « jouer pleinement notre rôle politique, comme tous les autres partis du pays ». Lors d’un point de presse, tenu, le lendemain, à Nouakchott, le président des FPC disait que « la balle est dans le camp du pouvoir, nous attendons de voir s’il va reconnaître le FPC ou continuer à nous museler ; ce que nous n’accepterions pas et nous allons nous battre pour cela. » Dans le regain d’intérêt pour l’unité nationale que certains semblaient pourtant avoir oublié depuis longtemps, le président du FPC espère que « les débats annoncés, ici et là, soient des occasions franches de discuter sérieusement, une fois pour toutes » et met en garde « contre toute démagogie visant à poursuivre une politique de fuite en avant ». C’est effectivement au pied du mur qu’on reconnaît le maçon : la décision du MID d’homologuer ou non le FPC en est la première épreuve…
le calame
L’Assemblée Nationale invite le parlement européen à s’éloigner de toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures des pays
L’Assemblée Nationale a adopté, à l’unanimité, mardi soir à Nouakchott, au cours d’une séance plénière tenue à Nouakchott sous la présidence de M. Mohamed Ould Boilil, président de cette chambre, une résolution demandant, entre autres, au parlement européen de s’éloigner de toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures des pays, conformément au droit et aux usages internationaux.
Voici cette résolution:
” L’Assemblée Nationale réunie en séance solonnelle, le mardi 23 décembre 2014, au cours de sa première session ordinaire de l’année 2015, en application de la recommandation de la commission ad hoc, mise sur pied à cette fin et après avoir pris connaissance de la résolution du parlement européen en date du 18 décembre 2014 à propos de la Mauritanie.
1°) prenant en considération les relations séculaires, qui ont lié à travers l’histoire la Mauritanie à chacun des pays membres et à l’Union Européenne dans son ensemble et qui touchent la plupart des domaines de la coopération;
2°) se référant aux valeurs de la religion islamique et aux dispositions de la constitutions qui, en son article premier proclame l’égalité des citoyens devant la loi sans discrimination de sexe, de race ou de couleur ainsi qu’aux amendements constitutionnels de 2012 qui pénalisent toute forme d’esclavage ou de pratiques dégradantes;
3°) considérant que la Mauritanie est partie prenante dans la plupart des conventions et adccords internationaux portant sur les droits de l’Homme et la lutte contre toute forme de discrimination basée sur le sexe, la race ou la couleur qu’elle a intégrés dans son dispositif juridique interne, afin d’honorer ses engagements internationaux. A ce propos et sans être exhaustif, on peut citer: les lois interdisant le trafic des personnes et criminalisant les pratiques esclavagistes;
4°) enregistrant avec satisfaction toutes les mesures prises par la Mauritanie pour éradiquer toutes les formes et séquelles de l’esclavage telles la création de l’Agence Tadaamoun, la mise sur pied d’un tribunal spécial pour statuer sur les pratiques esclavagistes, l’exécution de programmes ambitieux de lutte contre la pauvreté dans les zones vulnérables dont sont issus la plupart des anciens esclaves, l’élaboration d’une loi rendant obligatoire l’enseignement jusqu’à l’âge de 14 ans et sa gratuité dans toutes les régions du pays, l’accès aux services de base de tous les habitants des zones rurales et l’adoption de lois et programmes d’action tendant à renforcer la mise en oeuvre de la réforme foncière;
5°) se réjouissant de l’appréciation favorable réservée à la feuille de route du gouvernement, par le commissariat de l’ONU chargé des droits de l’Homme, qui a exprimé la disponibilité de la communauté internationale à accompagner le gouvernement dans la mise en oeuvre de cet objectif;
6°) ayant conscience que le devoir de tous les mauritaniens est de vivre dans la fraternité et en parfaite harmonie nonobstant leur origine ou appartenance et loin de tout ce qui peut menacer la paix sociale;
7°) prenant acte, regrettant et rejetant les contrevérités contenues dans la résolution du parlement européen;
8°) ayant conscience qu’il n’y a pas d’avenir pour un pays quel qu’il soit sans l’application stricte des lois et le respect de la souveraineté et de l’indépendance de la justice.
L’Assemblée Nationale, représentant du peuple souverain conformément à l’article 2 de la Constitution,
A – invite le parlement européen à:
– s’éloigner de toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures des pays conformément au droit et aux usages internationaux ; et lui exprime en conséquence son rejet de la résolution qu’il a adoptée le 18 décembre 2014, à propos de la Mauritanie.
– vérifier toute information avant de porter des jugements et formuler des résolutions. Dans ce cadre, l’Assemblée Nationale rappelle au parlement européen que la Mauritanie est un pays ouvert à tout celui qui désire le visiter pour mieux le connaître et en découvrir les particularités et demeure disposée à accueillir toute délégation parlementaire désireuse de visiter la Mauritanie pour prendre connaissance de ses réalités sociales et de son expérience en matière de développement et cela à travers les voies officielles qui préservent le principe d’égalité et respectent la souveraineté des Etats;
encourager les gouvernements européens, en leur qualité de voisin méditerranéen et partenaire au développement au développement à accompagner les ambitieux programmes mauritaniens visant à éradiquer les séquelles de l’esclavage et à résorber les inégalités sociales;
– à faire confiance et à respecter la justice mauritanienne qui est indépendante;
B- engage le gouvernement mauritaniens à:
– 1°) tout mettre en oeuvre pour défendre la souveraineté du pays et l’indépendance de ses décision;
– 2°) respecter l’indépendance de la justice en application des principes de la séparation des pouvoirs, pilier essentiel de l’Etat de Droit, des Institutions et de la démocratie;
– 3°) renforcer et préserver l’unité nationale à travers la mise en oeuvre des programmes de développement en faveur des couches les plus vulnérables et l’application rigoureuse des lois;
-4°) préserver les intérêts économiques du pays en particulier ses ressources naturelles, loin de toute interférence étrangère dans ce domaine;
C- exhorte l’ensemble des acteurs nationaux : partis politiques, organisations de défense des droits de l’Homme, syndicats, acteurs économiques à s’élever avec force contre toute atteinte à la souveraineté du pays”.
AMI
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L’Assemblée Nationale a adopté, à l’unanimité, mardi soir à Nouakchott, au cours d’une séance plénière tenue à Nouakchott sous la présidence de M. Mohamed Ould Boilil, président de cette chambre, une résolution demandant, entre autres, au parlement européen de s’éloigner de toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures des pays, conformément au droit et aux usages internationaux.
Voici cette résolution: ” L’Assemblée Nationale réunie en séance solonnelle, le mardi 23 décembre 2014, au cours de sa première session ordinaire de l’année 2015, en application de la recommandation de la commission ad hoc, mise sur pied à cette fin et après avoir pris connaissance de la résolution du parlement européen en date du 18 décembre 2014 à propos de la Mauritanie. 1°) prenant en considération les relations séculaires, qui ont lié à travers l’histoire la Mauritanie à chacun des pays membres et à l’Union Européenne dans son ensemble et qui touchent la plupart des domaines de la coopération; 2°) se référant aux valeurs de la religion islamique et aux dispositions de la constitutions qui, en son article premier proclame l’égalité des citoyens devant la loi sans discrimination de sexe, de race ou de couleur ainsi qu’aux amendements constitutionnels de 2012 qui pénalisent toute forme d’esclavage ou de pratiques dégradantes; 3°) considérant que la Mauritanie est partie prenante dans la plupart des conventions et adccords internationaux portant sur les droits de l’Homme et la lutte contre toute forme de discrimination basée sur le sexe, la race ou la couleur qu’elle a intégrés dans son dispositif juridique interne, afin d’honorer ses engagements internationaux. A ce propos et sans être exhaustif, on peut citer: les lois interdisant le trafic des personnes et criminalisant les pratiques esclavagistes; 4°) enregistrant avec satisfaction toutes les mesures prises par la Mauritanie pour éradiquer toutes les formes et séquelles de l’esclavage telles la création de l’Agence Tadaamoun, la mise sur pied d’un tribunal spécial pour statuer sur les pratiques esclavagistes, l’exécution de programmes ambitieux de lutte contre la pauvreté dans les zones vulnérables dont sont issus la plupart des anciens esclaves, l’élaboration d’une loi rendant obligatoire l’enseignement jusqu’à l’âge de 14 ans et sa gratuité dans toutes les régions du pays, l’accès aux services de base de tous les habitants des zones rurales et l’adoption de lois et programmes d’action tendant à renforcer la mise en oeuvre de la réforme foncière; 5°) se réjouissant de l’appréciation favorable réservée à la feuille de route du gouvernement, par le commissariat de l’ONU chargé des droits de l’Homme, qui a exprimé la disponibilité de la communauté internationale à accompagner le gouvernement dans la mise en oeuvre de cet objectif; 6°) ayant conscience que le devoir de tous les mauritaniens est de vivre dans la fraternité et en parfaite harmonie nonobstant leur origine ou appartenance et loin de tout ce qui peut menacer la paix sociale; 7°) prenant acte, regrettant et rejetant les contrevérités contenues dans la résolution du parlement européen; 8°) ayant conscience qu’il n’y a pas d’avenir pour un pays quel qu’il soit sans l’application stricte des lois et le respect de la souveraineté et de l’indépendance de la justice. L’Assemblée Nationale, représentant du peuple souverain conformément à l’article 2 de la Constitution, A – invite le parlement européen à: – s’éloigner de toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures des pays conformément au droit et aux usages internationaux ; et lui exprime en conséquence son rejet de la résolution qu’il a adoptée le 18 décembre 2014, à propos de la Mauritanie. – vérifier toute information avant de porter des jugements et formuler des résolutions. Dans ce cadre, l’Assemblée Nationale rappelle au parlement européen que la Mauritanie est un pays ouvert à tout celui qui désire le visiter pour mieux le connaître et en découvrir les particularités et demeure disposée à accueillir toute délégation parlementaire désireuse de visiter la Mauritanie pour prendre connaissance de ses réalités sociales et de son expérience en matière de développement et cela à travers les voies officielles qui préservent le principe d’égalité et respectent la souveraineté des Etats; encourager les gouvernements européens, en leur qualité de voisin méditerranéen et partenaire au développement au développement à accompagner les ambitieux programmes mauritaniens visant à éradiquer les séquelles de l’esclavage et à résorber les inégalités sociales; – à faire confiance et à respecter la justice mauritanienne qui est indépendante; B- engage le gouvernement mauritaniens à: – 1°) tout mettre en oeuvre pour défendre la souveraineté du pays et l’indépendance de ses décision; – 2°) respecter l’indépendance de la justice en application des principes de la séparation des pouvoirs, pilier essentiel de l’Etat de Droit, des Institutions et de la démocratie; – 3°) renforcer et préserver l’unité nationale à travers la mise en oeuvre des programmes de développement en faveur des couches les plus vulnérables et l’application rigoureuse des lois; -4°) préserver les intérêts économiques du pays en particulier ses ressources naturelles, loin de toute interférence étrangère dans ce domaine; C- exhorte l’ensemble des acteurs nationaux : partis politiques, organisations de défense des droits de l’Homme, syndicats, acteurs économiques à s’élever avec force contre toute atteinte à la souveraineté du pays”. |
L’écrivain Bios Diallo: “La littérature mauritanienne existe malgré son manque de vulgarisation”
Le Courrier du Sahara – La cinquième édition des rencontres littéraires internationales, «Traversées Mauritanides », a baissé ses rideaux vendredi 19 décembre à Nouakchott.
L’événement a ravivé le débat sur l’existence ou pas d’une littérature mauritanienne et sur “l’incompréhension” entre les auteurs mauritaniens et “le fossé” séparant écrivains et lecteurs dus au choix de la langue d’écriture.
Certains doutent de l’existence d’une littérature propre à la Mauritanie. Et si elle existe les maux ne manquent pas. Les publications souvent faites en langue arabe ou française ne sont pas mutuellement traduites.
Conséquence, certains écrivains avouent qu’ils ne se comprennent pas et qu’ils sont coupés d’une partie des lecteurs selon la langue de production. Une production qui est d’ailleurs en recul dans les langues nationales: Hassanya (arabe dialectal), Poulaar, Soninké et Wolof. L’écrivain mauritanien Bios Diallo dénonce le « manque d’espaces d’activités et de maisons d’éditions.» Le Courrier du Sahara l’a interrogé en sa qualité de directeur et promoteur de Traversées Mauritanides.
Le festival Traversées Mauritanides a baissé ses rideaux. Que peut-on retenir du thème principal : «Diaspora, entre Ecriture et identités » ?
A mon sens la richesse des débats ! Nous avons eu plusieurs regards, croisés par moments, sur la diaspora que je désignais comme étant un autre continent. En effet, beaucoup ont parlé de cet espace comme une zone d’inspiration et d’interrogations. Inspiration parce qu’en résidant loin de chez eux, les écrivains surtout, on trouve matière à cogiter sur des situations par moments en relations directes avec leurs vécues quotidiens mais également ce qui se passe dans leur pays d’origine. Dans ces instants d’interrogations, chacun prend alors le temps de réfléchir sur sa condition. Autrement dit à se demander s’il va rester poursuivre son séjour ou s’il va repartir chez lui. Pendant les différentes tables rondes et rencontres, en milieux scolaires, nous avons entendu les uns et les autres évoquer ces dilemmes.
Vos auteurs se sont-ils laissés prendre au jeu ?
Oui, ils répondaient presque tous à la thématique, même avec des parcours quelques peu différents ! Ils ont tous, Samir Marzouki, le Tunisien, la Marocaine Siham Benchekroun, la Sénégalaise Sokhna Benga, le Malien Ousmane Diarra, mais aussi les Mauritaniens, entre autres le Professeur Cheikh Saadbouh Kamara, Oumoukhayri Bâ, l’ancien ministre et diplomate Mahjoub Ould Boye ont vécu à l’étranger avant de revenir dans leurs pays. Seule Marième Mint Derwich est encore implantée en France, sa seconde patrie, mais elle dit elle aussi se préparer au retour [en Mauritanie] ! Du coup ces rencontres étaient surtout des échanges, des leçons des uns pour les autres. Et les auteurs mauritaniens également, nombre d’entre eux font des allers et retours à l’étranger, donc observateurs de ce qui se passe là-bas et ici !
Vous citez Mariem Derwich parmi vos invités qui a constaté que les auteurs francophones sont “inaudibles” en Mauritanie. Selon vous, qu’est ce qui explique cela ?
Sans doute que Marième Mint Derwich, tout en vivant en France est partie de son observation. Et ce constat est réel. Qu’est-ce qui l’explique ? Sans doute que les différentes réformes du système éducatif, scolaire, sont passées par là. A cela il faudra ajouter le manque de cadres, c’est-à-dire, d’espaces d’activités. Et surtout, et c’est fondamental, de maisons d’éditions. Je crois qu’on aurait disposé de maisons d’éditions on aurait plus publié et les rencontres se seraient faites naturellement, d’une manière plus régulière. Mais il reste que c’est aux acteurs culturels d’innover.
Mariem Mint Derwich, toujours elle, a estimé que la langue française est « presque clandestine en Mauritanie ». Cela ne risque-t-il pas de freiner l’écriture francophone dans la pays?
Je ne crois pas. L’écriture est une affaire personnelle. Celui qui en sent le besoin, le fera quelque soit le contexte. Peut-on parler de l’existence d’une littérature mauritanienne à part entière?
Oui, la littérature mauritanienne existe malgré son manque de vulgarisation. Mais il ne faut pas désespérer car cette littéraire est jeune. Je crois, par contre, qu’il est impératif que les écrivains puissent bénéficier de soutiens. Et de l’Etat, en leur offrant un cadre, et des medias radios, télévisions, presse électronique et écrite. Plus on parlera d’eux, plus on exigera d’eux de la qualité. La visibilité est exposera à la rigueur !
Quelle est la place des langues nationales dans l’écriture mauritanienne ?
Je ne suis pas tellement imprégné de leurs réalités. Mais je constate que leur écriture a beaucoup reculé. Très peu s’engagent à écriture aujourd’hui en pulaar, soninké ou wolof, contrairement à ce qui se faisait au début des années 1975 ou 90. La seule publication que je vois c’est Foyre. Il faudra interroger les Départements de linguistique de l’université et l’IPN (Institut Pédagogique National).
Durant ces Rencontres littéraires certains ont posé la question: « Comment peut-on devenir écrivain ? » Quelle est votre réponse ?
C’est une question récurrente ! D’abord aimer une langue, le français, l’arabe, le pulaar ou autre. Car c’est dans la langue qu’on écrit, qu’on crée, qu’on construit des univers. Donc il faudra aimer une langue pour y trouver la voie de transmission de son inspiration. Puis viendra le temps du travail, se faire violence pour être à la hauteur de ses ambitions. Et cela, ça peu bien arriver sur le tard. Donc une invite à la patience aussi.
Comment étaient les élèves à cette 5e édition ?
Formidables ! Nous avons reçu de brillantes questions aux auteurs. Et je puis vous dire que c’est surtout de ces questions naïves, en apparence, que se trouvaient les leçons. Dans plusieurs écoles les écrivains sont ressortis avec de nouvelles interrogations sur eux-mêmes, le choix de leurs sujets, leurs modes d’écriture ! C’est donc toujours un plaisir d’aller à la rencontre de ces jeunes.
Propos recueillis par Mohamed Diop
Cridem
Béji Caïd Essebsi, président à la tête d’un pays divisé
Béji Caïd Essebsi a été élu au second tour de l’élection présidentielle tunisienne avec 55,68 % des voix. Ses supporters célèbrent la victoire à Tunis mais les fractures d’un pays divisé se font déjà sentir.
La victoire était attendue et déjà consommée. Béji Caïd Essebsi, ancien Premier ministre et leader de l’alliance anti-islamiste Nidaa Tounès, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle tunisienne avec 55,68 % des voix lundi après-midi. Il devance ainsi le président sortant Moncef Marzouki, qui a obtenu 44,32 % des suffrages.
Après l’annonce du résultat par la commission électorale, les partisans du président ont laissé éclaté une joie plus discrète que la veille. BCE ou “Bejbouj”, de son petit nom, avait lui-même proclamé sa victoire dès dimanche soir, organisant devant le QG de son parti Nidaa Tounès, sur les bords du lac de Tunis, une fête qui a attiré quelque 2 000 sympathisants.
Lundi, les forces de l’ordre, mobilisées en masse dans le centre de la capitale, ont canalisé les explosions de joie spontanément exprimées dans les rues. Des personnes ont néanmoins défilé pendant plusieurs heures sur l’avenue Bourguiba, que les chauffeurs de taxi se plaisent à présenter comme les “Champs-Élysées” de Tunis. Au milieu des concerts de klaxons, hommes, femmes et enfants agitaient le portrait du président de 88 ans, en scandant “Bejbi, président !”
“C’est une réussite pour la Tunisie, on a gagné !”, jubile Dalila, 50 ans, venue avec ses deux enfants célébrer la victoire. “BCE est un homme ferme et expérimenté, qui va enfin pouvoir mettre fin au terrorisme et nous ramener la paix”, espère-t-elle, avant de laisse exploser sa joie en youyou et force applaudissements. “Béji connaît tout et tout le monde. Cela fait soixante qu’il fait de la politique alors il va pouvoir faire du bien à l’économie, à l’emploi, arrêter le terrorisme et refaire la loi”, juge également Lakdhar, qui, du haut de ses 78 ans, ne voit pas en quoi les 88 printemps du nouveau président seraient un problème.
Les pro-Marzouki : entre acceptation et colère
Anisa ne le contredit pas. Cette femme de 43 ans a pourtant voté Marzouki mais elle est descendue dans la rue, lundi, pour joindre sa voix au chœur des félicitations : “Je suis contente car l’élection s’est bien déroulée, nous avons pu voter librement. Le peuple tunisien s’est exprimé et maintenant que l’on a un nouveau président, il va pouvoir mettre fin au chômage et au terrorisme”, déclare Anisa, qui a le sens de l’unité.
Tous n’ont pas la défaite si heureuse. Dans la ville de Tataouine, au sud-est de la Tunisie, région majoritairement pro-Marzouki et favorable au parti islamiste Ennahda, le siège du parti de Béji Caïd Essebsi a été incendié en partie lundi soir. Dans la localité d’El Hamma, dans le sud également, des débordements ont été signalés à l’annonce des résultats. “De 300 à 400 protestataires ont mis le feu à des pneus et tenté d’attaquer un poste de police à coups de pierres. Les forces de l’ordre ont riposté avec du gaz lacrymogène”, a expliqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Mohamed Ali Aroui.
La gueule de bois de la gauche
“La cartographie électorale divisée entre le Nord et le Sud correspond au découpage de la marginalisation économique”, explique Hèla Yousfi, maître de conférence à l’université de Paris-Dauphine. “Cette démocratie gère les intérêts d’une politique dominante. L’alliance qu’il va y avoir de facto au Parlement entre Nidaa Tounès et Ennahda va soutenir un programme libéral appuyé par des bailleurs de fond”, déplore-t-elle.
Électrice du Front populaire “par loyauté”, elle a voté Marzouki par défaut, pour faire barrage au retour de l’Ancien régime. “L’aspect positif de ce vote, c’est que nous sommes sortis de l’ère des élections remportées avec 90 % des voix. Mais la victoire d’Essebsi signifie le retour en force de certains symboles de l’ancien régime”, regrette-t-elle.
Pour elle, ce scrutin signe surtout une terrible défaite de la gauche tunisienne. “Les partis de centre-gauche se sont tus et le Front populaire a appelé, certes avec ambiguïté, à voter BCE, considérant que la modernisation de l’État était plus importante que le social”, explique-t-elle, rappelant que les défis politiques et sociaux à relever sont nombreux en Tunisie.
Ce n’est pas Meriem Zeghidi qui la contredira sur ce dernier point. Militante de gauche, qui a voté pour le Front populaire au premier tour, elle a la victoire amère. Elle a glissé, au second tour, un bulletin d’Essebsi dans l’urne mais “sans aucune conviction”. Cette figure respectée du féminisme tunisien n’esquisse pas l’ombre d’un sourire en apprenant que celui pour qui elle a voté a gagné. “C’était un vote très difficile car on n’a pas eu le choix : c’était ou Marzouki, qui a mis la Tunisie dans une situation impossible (attentats, assassinats politiques, mauvaise gestion internationale) ou BCE, qui incarne l’ancien régime”.
Cette militante de la laïcité a choisi BCE par défaut pour contrer l’islamisme, mais elle prévient : “L’islamisme est là. Ennahda constitue une force importante au sein de l’Assemblée et ne lâchera jamais. Parler de démocratie c’est parler d’alternance : Ennahda pourrait revenir au pouvoir dans cinq ans”, explique-t-elle, assurant qu’elle ne relâchera pas sa vigilance et qu’elle est prête à retourner dans la rue au moindre signe de dérive autoritaire.
Source: france24
Mauritanie-Union Européenne : Qui veut noyer le poisson ?
Est-ce le début d’une crise politique entre le Gouvernement mauritanien et l’Union Européenne ? La question mérite d’être posée au regard de l’intervention personnelle du président Aziz en réaction à la condamnation dont a écopé son régime en relation avec le maintien en prison de Biram Ould Dah Ould Abeidi, président de l’Ong anti-esclavagiste Ira.
Un mélange de genre du gouvernement mauritanien ou un alibi dont use l’Union Européenne pour faire pression sur la Mauritanie pour le renouvellement de l’accord de pêche ?
Ce qui est sûr c’est que le président Mohamed Abdelaziz semble outré par les européens qui lui ont promis de l’argent, 25 millions d’euros dans la lutte contre le terrorisme, et qu’il n’aurait pas reçu « à ce jour aucun euro » pour reprendre son expression.
Côté pouvoir mauritanien, c’est donc le temps des suspicions avec l’Union Européenne. La condamnation par le Parlement de l’emprisonnement du président de l’Ira ne serait qu’un « alibi » pour faire pression sur le Gouvernement mauritanien pour l’amener à reconsidérer sa position quant à la contrepartie financière réclamée pour l’accès à la ressource. Soixante sept millions que l’Ue estime un peu cher pour que l’accord fini en queue de poisson le lundi 15 décembre 2014 soit rentable. Elle en proposerait 47. C’est d’ailleurs la seule objection sur toutes les mesures acceptées dans le dernier protocole 2012-2014 qui assurent à la Mauritanie une mauritanisation de 60% des équipages, la donation gratuite de 2% de la capture débarquée dans le pays et l’exclusivité du poulpe aux nationaux.
Mais tout n’est évidemment pas parti par-là. Ce climat délétère a été usé depuis quelques semaines par les défenseurs de Cheikh Ould Baya qui ne voulaient voir dans ses propres déclarations sur sa propre fortune qu’une autre tentative de l’Union Européenne via une « partie mauritanienne » tendant à le décrédibiliser.
Dans cette nouvelle partie où apparemment le président Aziz a décidé de descendre dans l’arène pour porter main forte à son ami, Cheikh Ould Baya, au risque de susciter une crise dans un verre d’eau, avec l’Union Européenne, la mayonnaise du mélange de genre est bien préparée.
La coïncidence de la condamnation par le Parlement Européen du maintien du président d’Ira en même temps que d’autres de ses disciples, à un moment où la Mauritanie abrite le processus de Nouakchott est présentée comme une tentative de l’Union Européenne à pousser la pression à son paroxysme contre le régime en place pour l’amener à signer des accords de pêche. La réponse cinglante du président Aziz qu’ « il n’y pas d’esclavage en Mauritanie » est quelque peu contrariée par les campagnes tous azimuts dans le pays présentant cette tare comme un crime. Des Imams ont même été invités à mener la guerre contre ces pratiques.
De son côté, même si la condamnation n’est pas contraignante, l’Union Européenne, l’un des principaux pourvoyeurs bilatéraux et multilatéraux du pays, semble jouer à des relations incestueuses avec le Pouvoir en place dont elle a besoin pour la lutte contre le terrorisme mais surtout contre l’immigration clandestine. Une vanne que la Mauritanie a fermée grâce à la coopération opérationnelle avec l’Espagne notamment. Un dossier géré techniquement et financièrement par l’ex-colonel Baya. Encore lui!
Dans cette partie d’échec, l’ancien délégué Cheikh Ould Baya est apparemment un pion que le président Aziz utilise pour éviter un «échec et mat» dans ses négociations en sourdine avec l’Union Européenne. Car malgré les déclarations intempestives, les relations y compris l’accord de partenariat de pêche ne peuvent être rompues. Le pion trop en avant de ses lignes y laissera-t-il sa peau? Rien n’est moins sûr.
Si l’Ue a besoin des protéines mauritaniennes, le régime en place à Nouakchott a encore besoin d’euros pour faire face à la crise de vente des matières premières qui lui assuraient, avec la pêche, ses principales recettes. Alors où se dirige-t-on avec ce nouvel épisode d’une relation qui commence à faire des vagues ?
A l’affût, les requins chinois, voraces et spécialistes des dessous de table, se frottent les mains en espérant qu’après l’investissement de 100 millions de dollars de polyhondone, sans respect des engagements pris, profiteraient d’un éventuel divorce entre Bruxelles et Nouakchott.
Un chant de sirène que le Pouvoir, dans son intérêt bien compris, devrait exorciser d’autant que Paris est entrée dans la danse exhortant le Pouvoir au respect des militants des droits de l’Homme.
Alors qui vraiment tente de noyer le poisson ?
En attendant le Gouvernement mauritanien peut mettre en place son budget 2015 sans compter sur cette contrepartie. Cette affaire, sans compter les soubresauts avec quelques pays voisins est la première crise d’envergure pour le Pouvoir de Aziz. Elle intervient pour lui la veille de la remise de témoin de la présidence de l’Ua. Une position qui va probablement le fragiliser davanatage.
Source: mauriweb



