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Les forces maliennes, mauritaniennes et françaises ont lancé l’opération ZEKENE
Les Forces Armées Maliennes (FAMA) ont organisé une opération conjointe de 45 jours avec l’armée mauritanienne et la force Barkhane.
Elle se déroule dans la zone allant de la forêt wagadou à 70 km de la frontière mauritanienne jusqu’à Labezanga à la frontière nigérienne, selon le Colonel Boureima Haïdara, commandant le théâtre l’opération Maliba.
L’opération baptisée Zekene rentre dans le cadre du projet de lutte contre le terrorisme du G5 sahel. « C’est un partenariat élargi entre les pays du G5 sahel. » confirme le Colonel Boureima Haïdara.
L’opération Zekene n’a pas que des ambitions militaires « nous avons aussi comme objectif d’apporter des soutiens médicaux aux populations des zones où nous opérons et d’élaborer une stratégie de communication avec elles. » mentionne le colonel Haidara.
Cette opération anti-terroriste, qui prendra fin le 15 de ce mois, compte 88O soldats, dont 500 mauritaniens, 25O maliens et 130 de la force française Barkhane.
Le G5 Sahel est un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité. Il est créé en mi-février 2014 par la Mauritanie, le Niger, le Burkina, le Tchad et le Mali.
Moulaye Haidara, Aissata Ahamadou
Source: Sahelien
Promotion de droits de l’enfant : Le Mali offre 6000 actes de naissance aux enfants réfugiés mauritaniens
Les autorités maliennes, à travers le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, ont honoré leur engagement à promouvoir les droits des enfants. Elles viennent de doter 6000 enfants réfugiés mauritaniens d’un jugement supplétif d’acte de naissance, le week-end dernier.
La promotion des droits des enfants et l’intégration sous-régionale est une priorité pour les autorités maliennes. Ce qui vient d’être prouvé par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation en dotant 6000 des 7000 enfants réfugiés mauritaniens au Mali d’un jugement supplétif d’acte de naissance. Cette action des autorités maliennes permettra de leur ouvrir la voie de la scolarisation et de l’intégration sociale.
Cette geste du gouvernement du Mali, selon le représentant du HCR au Mali, Housseyni Compaoré, est un événement unique et doit servir d’exemple pour les autres pays. Après avoir fait la situation des réfugiés au Mali et adressé la reconnaissance du HCR au gouvernement du Mali, il a fait savoir aux réfugiés que ce geste des autorités maliennes leurs donne des droits, mais aussi des devoirs sur le territoire du Mali, qui est devenu leur 2e partie après la Mauritanie.
Pour le porte-parole des réfugiés, Alassane Mbow, cet acte historique marquera à jamais la vie de ces enfants auxquels le Mali vient d’offrir la chance d’une insertion effective dans la vie sociale. A l’en croire, cette bonne volonté des autorités maliennes facilitera l’intégration sociale de ces enfants. La remise de jugement supplétif aux enfants mauritaniens est l’opportunité d’un nouveau départ qu’il faut saisir.
L’occasion était opportune pour Lisa Wade du HCR du Sénégal de rappeler l’importance de l’acte de naissance dans la vie d’un individu. Par cet acte, le Mali vient de contribuer à la protection des droits fondamentaux de ces enfants.
Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Abdoulaye Idrissa Maïga, a assuré les réfugiés mauritaniens qu’ils sont chez eux au Mali, un Etat qui partage avec leur pays d’origine, la Mauritanie, l’espace OMVS. Il a saisi l’occasion pour remercier les populations des cercles de Kayes et de Yélimané, qui, depuis 1989 ont accepté de vivre ensemble en frères et sœurs avec les réfugiés mauritaniens.
Le MATD a aussi remercié le HCR et tous les partenaires qui n’ont cessé d’apporter leur soutien à l’amélioration des conditions de vie des réfugiés non seulement au Mali mais aussi à travers le monde. Le ministre Maïga a profité de cette cérémonie pour réitérer l’engagement du gouvernement du Mali à œuvrer pour que les réfugiés mauritaniens puissent vivre dignement et librement partout sur l’ensemble du territoire de la République du Mali.
Youssouf Coulibaly
Envoyé spécial
L’indicateur du renouveau via maliactu
SNIM : Les dessous de la plus longue grève dans l’histoire de la société
Qu’est-ce qui se passe, réellement, à la Société nationale industrielle et minière (SNIM) ? Je n’évoque pas ici le fait factuel de la grève de milliers de travailleurs, repris en long et en large, par des dizaines de journalistes et de commentateurs, mais de ce que cache le jeu d’un pouvoir qui laisse pourrir une situation des plus dangereuse pour l’économie nationale.
Car, ne l’oublions pas, la SNIM est détenue à 78% par l’État mauritanien. Elle verse, bon an mal an, 90 milliards d’ouguiyas (285 millions USD) au Trésor public, soit 25% du budget de l’État ! Elle a également été souvent mise à contribution pour la réalisation de grands projets du gouvernement :
Hôpital régional de Nouadhibou (3 milliards d’UM), hôpital hépato-viral de Nouakchott (1,6 milliard d’UM), aéroport international de Zouerate (3 milliards d’UM), prêt de 15 milliards d’ouguiyas à la société Najah chargé de la construction du nouvel aéroport international de Nouakchott, sans oublier l’implication récurrente de la société dans le financement de la Mauritania Ailines (achat d’avions) de travaux routiers (par l’entremise de sa filiale ATTM, aujourd’hui au bord de la faillite) et de contribution au plan d’urgence EMEL (achat d’aliments de bétail).
Tous ces décaissements ont fini par éloigner la SNIM de sa raison d’être. Une action sociale qu’elle pouvait certes supporter quand les prix du fer sur le marché mondial étaient à leur plus haut niveau mais pas maintenant où ils suffisent à peine pour permettre à l’entreprise de ne pas succomber. La grande erreur de la direction de la direction de la SNIM est d’avoir pris des engagements, en 2014, sans tenir compte du fait que les prix des matières premières sont fluctuants. Et qu’ils ne dépendent surtout pas du vendeur mais de l’acheteur !
Maintenant la réalité est là. Que fallait-il faire ? La direction de la SNIM a-t-elle choisi la bonne option ? Les travailleurs ont-ils pris le bon risque ? Je pense, sincèrement, que la direction (donc le pouvoir) ne nous dit pas tout sur la situation financière actuelle de la SNIM.
On sait déjà qu’elle était mal partie pour réaliser, dans les délais, son fameux programme stratégique Nouhoud par lequel elle visait une production de 40 millions de tonnes à l’horizon 2025 lui permettant de faire son entrée dans le top 5 des plus grands producteurs mondiaux de fer.
Un plan de développement qui misait surtout, tout comme pour la promesse faite aux travailleurs aujourd’hui en grève, sur la bonne santé des prix du fer générant des ressources financières considérables. Une première alerte a pourtant été donnée avec le désistement de la société Xtrata renonçant à la location, pour un milliard de dollars US/an de la ligne ferroviaire de la SNIM pour acheminer sa propre production de Zouerate vers le port minéralier de Nouadhibou.
Ce sont donc les mauvaises prévisions qui ont amené la SNIM dans la situation de précarité dans laquelle elle se trouve aujourd’hui. Et la crainte de devoir reconnaitre ces erreurs d’appréciations peuvent bien pousser le pouvoir à laisser pourrir la situation pour mettre tout sur le dos de la grève. Une grève dont l’incidence est certes considérable en termes de pertes pour la société mais qui est loin d’égaler les financements que la SNIM a consentis à l’État depuis 2009.
La vente ou la privatisation de la SNIM est-elle envisageable ?
Maintenant que la crise est consommée, et que personne ne sait réellement où elle peut mener, les mauritaniens commencent à envisager le pire pour cette société créée en 1974 par la nationalisation des Mines de Fer de la Mauritanie (créées en 1952 par la France pour exploiter les gisements de minerais de fer dans la région de la « montagne de fer » Kedia d’Idjil, près de Zouerate).
La meilleure solution serait, sans aucun doute, la reprise rapide des activités de la société. Mais, pour cela, il faut que la direction de la SNIM soit contrainte par le gouvernement à s’asseoir à la table des négociations avec les grévistes pour trouver un compromis.
Qui prendra l’allure de ni vainqueurs ni vaincus. C’est-à-dire reconnaitre aux travailleurs leurs droits, en vertu de l’accord signé en 2014, et s’engager à mettre en œuvre les clauses possibles, ici et maintenant, en fonction de la situation financière de la SNIM.
Mais le pire, c’est cette rumeur persistante, comme en 2007, d’une vente possible – ou d’une privatisation – de la SNIM. Du temps du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, qui n’a jamais fait cas, ouvertement, de la volonté de vendre la SNIM, cette « arme » a été retournée contre lui. Et l’on continue encore aujourd’hui à dire, à chaque occasion qui se présente, que c’est l’actuel président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui s’était opposé à cette liquidation. Alors peut-il se permettre ce qu’il aurait refusé à son prédécesseur alors qu’il n’était à l’époque que son chef d’état-major particulier ?
Si le Gouvernement qui possède actuellement 78 % de la SNIM (le reste appartenant à cinq organisations financières et minières arabes (dont le FADES et la BID) privilégie cette option, il devra avoir de solides arguments pour convaincre les mauritaniens sentimentalement liés à cette société qui représente 15 % du PIB de la Mauritanie et emploie environ 5 000 personnes.
Céder une bonne partie du capital de la SNIM, qui occupe le second rang des producteurs africains de minerai de fer avec une capacité annuelle de 13 millions de tonnes, à un partenaire stratégique équivaut à en faire une société commune comme Tasisat (propriété de Kinross) ou MCM (First Quantum) dont la maîtrise échappe totalement au gouvernement mauritanien.
Cette solution (de facilité) permettra au pouvoir d’avoir d’importantes ressources financières pour renflouer les caisses du Trésor public – et pouvoir financer de grands projets de développement aujourd’hui quasiment à l’arrêt – mais rencontrera, sans aucun doute, une forte résistance populaire, politique et syndicale aux conséquences imprévisibles.
El HOR revendique la reconnaissance de la composante h’ratine comme communauté à part entière
Les H’ratines restent marginalisés. Du moins c’est le constat qu’a fait SamoryOuldBeye à l’occasion de la célébration du 37e anniversaire du mouvement El Hor dont il est le président.
Samory qui s’est exprimé au cours d’une conférence-débat placé sous le sceau de «L’unité et ses contraintes» et organisé à l’Hôtel El Khater a précisé que la situation des H’ratines reste caractérisé par la persistance de l’esclavage et la persistance de l’exclusion qu’il a dénoncées comme tares qui compromettent la réalisation de l’unité nationale.
Comment s’y prendre pour en finiravec la marginalisation des H’ratines? Il faut poser des actes forts, estime pour sa part Sid’AhmedOuldSaleck, membre du comité central d’El HOR. Sid’Ahmed insiste sur la nécessité de reconnaitre à travers la constitution du pays la composante h’ratine comme communauté à part entière, mais également sur la nécessité d’entreprendre une réforme agraire pour que les H’ratines puissent avoir droit à la terre.
Pour Bâ Abdoulaye Mamadou- porte-parole à la Présidence sous Sidi Ould Cheikh Abdellahi – à entendre les revendications des H’ratines, on croirait entendre celles de l’écrasante majorité des Mauritaniens. Selon lui pour dépasser la question de la marginalisation il faudrait d’abord se départir des tares de la stratification sociale dont procède la marginalisation.
MohamedouOuld Mohamed El Moctar, professeur à l’Université, estime quant à lui que l’instauration d’un état de droit est le meilleur moyen pour juguler l’exclusion.
Ces intervenants trouveront-ils une oreille attentive auprès des décideurs ? Sûr que non, après tout pour nos décideurs tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
mauriweb
Deux Européens et trois Maliens abattus dans un restaurant de Bamako
Un Français, un Belge et trois Maliens ont été abattus dans la nuit de vendredi à samedi dans un restaurant en plein coeur de Bamako, premier attentat visant des Occidentaux dans la capitale du Mali qui vit depuis 2012 sous la menace jihadiste.
L’attaque, qualifiée de « terroriste » par un policier, n’a pas été revendiquée. Elle survient à un moment crucial des négociations de paix entre le gouvernement malien et la rébellion armée à dominante touareg.
« C’est le premier attentat de ce type à Bamako », explique Pierre Boilley, directeur de l’Institut des mondes africains (IMAF), selon qui « la cible est confuse parce qu’il y a un Français qui a été tué certes, mais il y a quand même trois Maliens, un Belge… »
Outre les tués, la fusillade a fait au moins huit blessés, dont trois Suisses parmi lesquels une femme très grièvement touchée, selon des sources hospitalières.
Le ministère suisse des Affaires étrangères a indiqué ne pouvoir confirmer qu’une Suisse était blessée, mais l’armée suisse a indiqué que deux militaires suisses envoyés au Mali pour s’occuper de déminage et de la sécurisation de stocks d’armement, touchés dans l’attaque, avaient été hospitalisés dans un état « stable mais critique ».
Deux suspects, dont ni l’identité ni la nationalité n’ont été précisées, ont été arrêtés samedi, selon des sources policières maliennes. Ils « sont en train d’être interrogés » et fournissent des informations « intéressantes », a affirmé une de ces sources.
– ‘Mort aux blancs’ –
Selon des témoins et des sources policières, au moins un homme armé est entré peu après minuit (heure locale et GMT) à « La Terrasse », un établissement sur deux niveaux (boîte de nuit au rez-de-chaussée et bar-restaurant à l’étage) apprécié des expatriés. Il a lancé des grenades avant d’ouvrir le feu, puis jeté deux autres grenades en partant en direction d’une patrouille de police, tuant un policier.
La Terrasse se trouve dans une rue très animée de la capitale, dans le quartier de l’Hippodrome qui compte de nombreux bars, restaurants et discothèques.
Une source diplomatique a expliqué que le ou les auteurs de l’attaque ont tué le Belge et deux Maliens dans la rue, à proximité du restaurant, avant d’entrer et d’ouvrir le feu.
« Ils auraient crié +Mort aux blancs+ en rentrant dans le restaurant (…) Ca fait penser à un attentat contre la présence des Européens. Puis ils auraient visé le Français », a ajouté cette source.
Un ami de ce dernier, Zakaria Maïga, a dit avoir « identifié sa dépouille » à la morgue, évoquant un seul tireur.
Dans une rue voisine ont été retrouvées les dépouilles d’un policier malien et d’un gardien d’un domicile privé, et à quelques mètres de là, celle d’un ressortissant belge.
– Attentat ‘lâche’ –
Le chef de l’Etat français François Hollande a dénoncé « avec la plus grande force le lâche attentat » de Bamako.
Mongi Hamdi, le chef de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) qui a déployé quelque 10.000 militaires et policiers dans le pays , a condamné une « attaque odieuse et lâche ».
Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders a condamné « cette terreur lâche, ignoble qui a frappé à Bamako », et confirmé la mort d’un citoyen belge. Il s’agit d’un ex-militaire responsable de la sécurité pour la délégation de l’Union européenne (UE) au Mali, père de deux enfants, selon une source diplomatique.
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a fustigé une attaque « horrible et lâche ».
Le nord du Mali était tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils ont été en grande partie chassés par l’opération militaire « Serval », lancée par la France en janvier 2013, à laquelle a succédé en août 2014 l’opération « Barkhane », dont le rayon d’action s’étend à l’ensemble de la zone sahélo-saharienne.
Des zones entières du nord du pays échappent toujours au pouvoir central, mais les attaques jihadistes, qui s’étaient multipliées depuis l’été contre la Minusma, ont diminué d’intensité.
Les forces françaises ont constaté récemment « une certaine retenue » chez les groupes armés, qui « ne cherchent pas systématiquement à reprendre pied comme nous avions pu l’observer précédemment », avait déclaré jeudi le porte-parole de l’état-major des armées françaises, le colonel Gilles Jaron.
L’attentat se produit au moment où la rébellion à dominante touareg est sous forte pression internationale, y compris de l’ONU, pour parapher d’ici fin mars un accord de paix, comme l’a déjà fait le gouvernement malien le 1er mars à Alger.
Le président malien Ibrahim Boubakar Keïta a convoqué un Conseil de défense dans la matinée.
L’ambassade de France « a constitué une cellule de crise, averti les Français, qui sont environ 6.000 au Mali, dès cette nuit et renforcé la sécurité de nos implantations en liaison avec les autorités maliennes », selon la présidence française.



