Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Texte intégral du projet de loi abrogeant et remplaçant la loi n° 2007– 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage

Texte intégral du projet de loi abrogeant et remplaçant la loi n° 2007– 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavageLe projet de loi abrogeant et remplaçant la loi n° 2007– 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes en Mauritanie, adopté en conseil des ministres jeudi 02 avril, prévoit un maximum de 20 ans de réclusion.

Mais la nouvelle loi, tout en reconnaissant la possibilité aux organisations de lutte contre l’esclavage de se constituer partie civile, limite fortement cette opportunité.

Cridem vous propose le Texte intégral du projet de loi abrogeant et remplaçant la loi n° 2007– 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage.

…………………………………………………………………..

REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE

Honneur-Fraternité-Justice

Premier Ministère
Projet de loi abrogeant et remplaçant la loi n° 2007– 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes

Exposé des motifs

Conformément aux modifications de la Constitution qui ont érigé l’esclavage en crime contre l’humanité et à la feuille de route sur l’éradication des formes contemporaines de l’esclavage, adoptée par le Conseil des Ministres le 6 mars 2014, le présent projet de loi concrétise les nouvelles orientations du Gouvernement à la relecture de la loi n° 2007 – 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action de lutte contre les formes contemporaines de l’esclavage.

C’est ainsi qu’il introduit un ensemble de définitions qui facilitent l’application de la loi en se basant sur une terminologie claire et précise relative à l’esclavage. Il incorpore les infractions prévues par les conventions internationales de lutte contre l’esclavage tout en affirmant leur imprescriptibilité.

Il aggrave les sanctions relatives à l’esclavage et aux pratiques esclavagistes en les alignant sur celles prévues pour les crimes.

Le présent projet de loi institue des juridictions spécialisées pour connaître des infractions relatives à l’esclavage et aux pratiques esclavagistes et consacre le bénéfice des victimes de pratiques esclavagistes de l’assistance judiciaire et de la gratuité de la procédure.

Il permet l’exécution des décisions judiciaires octroyant un dédommagement aux victimes de l’esclavage et des pratiques esclavagistes nonobstant les voies de recours et impose au juge, saisi de prendre, sous le sceau de l’urgence, les mesures conservatoires nécessaires contre les auteurs des infractions pour garantir les droits des victimes.

Telle est l’économie du projet de loi soumis à votre approbation.

Yahya Ould Hademine

REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE

Honneur-Fraternité-Justice

Présidence de la République

Visa : DGLTE/JO

Projet de loi abrogeant et remplaçant la loi n° 2007– 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes

Chapitre préliminaire

Article premier : Fort des valeurs de l’islam et de leurs objectifs destinés à libérer l’homme et lui garantir sa dignité, et conformément aux principes constitutionnels et aux conventions internationales y afférentes et, en vue d’incarner la liberté de l’homme de sa naissance à sa mort, la présente loi a pour objet de définir, incriminer et réprimer les pratiques esclavagistes.

Article 2 : L’esclavage constitue un crime contre l’humanité. Il est imprescriptible.

Est interdite toute discrimination, sous quelque forme que ce soit, à l’encontre d’une personne considérée comme esclave.

Une journée nationale est consacrée à la lutte contre les pratiques esclavagistes.

La détermination de la journée et les modalités de sa célébration seront définies par décret.

Article 3 : au sens de la présente loi on entend par :

Esclavage : état ou condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux.

L’esclavage comprend :

– tout acte de capture, d’acquisition ou de cession d’un individu en vue de le réduire en esclavage, de le vendre ou de l’échanger ;

– toute forme de servage ou de servitude pour des dettes,

– toute forme de travail forcé.

– tout acte de commerce ou de transport d’esclaves.

Placement : pratique en vertu de laquelle :

– une femme est, sans qu’elle ait le droit de refuser, promise ou donnée en mariage moyennant une contrepartie en espèces ou en nature versée à ses parents, tuteur, famille ou à toute autre personne ou groupe de personnes ;

– le mari d’une femme ou la famille de celui-ci qui la cède ou tente, à titre onéreux ou autrement, de la céder à un tiers;

– la transmission par succession d’une femme, à la mort de son mari, à une autre personne ;

– la remise d’un enfant, soit par ses parents ou par l’un d’eux, soit par son tuteur, à un tiers, contre paiement ou non, en vue de l’exploiter ou de le soumettre au travail.

Servage : condition de quiconque qui est tenu par la loi, la coutume ou un accord, de vivre et de travailler sur une terre appartenant à une autre personne et de fournir à cette dernière, contre rémunération ou gratuitement, certains services déterminés, sans pouvoir changer sa condition.

Servitude pour dettes : état ou condition résultant du fait qu’un débiteur s’est engagé à fournir, en garantie d’une dette, ses services personnels ou ceux de quelqu’un sur lequel il a autorité, si la valeur équitable de ces services n’est pas affectée à la liquidation de la dette ou si la durée de ces services n’est pas limitée ni leur caractère défini.

Esclave : l’individu sur lequel s’exerce le statut d’esclavage.

Chapitre premier: dispositions générales

Article 4 : Les auteurs des infractions prévues par la présente loi sont passibles de la double peine, privative de liberté et l’amende. Ils peuvent, en outre, être condamnés à l’interdiction de droits civiques conformément au code pénal.

Article 5 : La tentative et la complicité des infractions à la présente loi sont passibles des mêmes peines que les infractions consommées.

Article 6 : La qualité de fonctionnaire ou officier public, de dépositaire ou agent de l’autorité ou de la force publique de l’auteur d’infractions, prévues par la présente loi, constitue une circonstance aggravante.

Chapitre deuxième : des infractions et leurs sanctions

Article 7 : Quiconque réduit autrui en esclavage ou incite à aliéner sa liberté ou sa dignité ou celle d’une personne à sa charge ou sous sa tutelle, pour être réduite en esclave, est puni d’une peine de réclusion de dix (10) à vingt (20) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) ouguiyas à cinq millions(5.000.000) d’ouguiyas.

Article 8: Quiconque commet le placement prévu par l’article 3 de la présente loi est puni de réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.

Article 9 : Quiconque commet le servage prévu par l’article 3 de la présente loi est puni d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.

Article 10: Quiconque commet la servitude pour dettes prévue par l’article 3 de la présente loi est puni d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas

Article 11: Quiconque porte atteinte à l’intégrité corporelle d’une personne, en considérant qu’elle est esclave, est puni d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.

Article 12 : Quiconque s’approprie les biens, les fruits et les revenus résultant du travail de toute personne en la considérant esclave ou extorque ses fonds est puni d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.

Article 13: Toute personne qui prive un enfant en considérant qu’il est esclave de l’accès à l’éducation est punie d’une réclusion de cinq (5) à dix (10) ans et d’une amende de cinq cent milles (500.000) à sept millions (7.000.000) d’ouguiyas.

Article 14: Quiconque prive frauduleusement d’héritage toute personne en considérant qu’elle est esclave est punie d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante milles (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.

Article 15: Quiconque épouse, fait marier ou empêche de se marier, une femme considérant qu’elle est esclave contre son gré est puni d’une réclusion de cinq (5) à huit (8) ans et d’une amende de cinq cent milles (500.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.

Si le mariage est consommé, l’épouse a droit à la dot sans préjudice des dommages et intérêts. La filiation des enfants est établie à l’égard du mari et elle peut demander la dissolution du mariage.

Les dispositions de l’article 309 du Code Pénal sont applicables à toute personne qui viole une femme en considérant qu’elle est esclave.

Article 16 : Est puni d’une réclusion de cinq (5) à dix (10) ans et d’une amende de cinq cent milles (500.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas quiconque agresse sexuellement une femme en considérant qu’elle est esclave.

Article 17 : L’auteur de production culturelle ou artistique faisant l’apologie de l’esclavage est puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de deux cent milles (200.000) à deux millions (2.000.000) d’ouguiyas. La production est confisquée et détruite

L’amende est portée à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas si la production est réalisée ou diffusée par une personne morale.

Outre la peine prévue à l’alinéa précédent, la personne morale peut être interdite d’exercer ses activités de façon partielle ou totale, provisoire ou définitive.

Article 18 : Tout wali, hakem, chef d’arrondissement, officier ou agent de police judiciaire qui ne donne pas suite aux dénonciations de pratiques esclavagistes qui sont portées à sa connaissance est puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de cinq cent milles(500.000) à un million (1.000.000) d’ouguiyas.

Article 19 : Quiconque profère en public des propos injurieux envers une personne considérant qu’elle est esclave est puni d’un emprisonnement de deux (2) à six (6) mois et d’une amende de dix milles (10.000) à deux cent milles(200.000) ouguiyas.

Chapitre troisième : de la procédure

Article 20: Il est institué des juridictions de formation collégiale pour connaître des infractions relatives à l’esclavage et aux pratiques esclavagistes dont les sièges et ressort territorial seront fixés par décret.

Article 21: Sous peine de prise à partie, tout magistrat compétent, informé de faits relatifs à une ou plusieurs des infractions prévues par la présente loi prend, sous le sceau de l’urgence, toutes les mesures conservatoires appropriées à l’encontre des auteurs présumés et garantissant le droit des victimes.

Article 22 : Toute association des droits de l’homme reconnue est habilitée à dénoncer les infractions à la présente loi et à en assister les victimes.

Article 23 : Tout établissement d’utilité publique et toute association de défense des droits de l’homme et de lutte contre l’esclavage et les pratiques esclavagistes, jouissant de la personnalité juridique depuis au moins cinq ans à la date des faits, peuvent ester en justice et se constituer partie civile dans tous les litiges auxquels l’application de la présente loi donnerait lieu, sans que cette qualité ne leur confère un avantage patrimonial.

Article 24 : Les victimes des infractions prévues par la présente loi bénéficient de l’assistance judiciaire et sont exemptées de tous frais de justice et dépenses dont l’avance est faite sur les frais de justice criminelle à charge d’être imputés à la partie qui succombe.

Article 25: Le juge, saisi d’une infraction relative à l’esclavage et aux pratiques esclavagiste, est tenu de préserver les droits à réparation des victimes.

Les décisions judiciaires octroyant des dommages et intérêts aux victimes de l’esclavage et des pratiques esclavagistes sont exécutoires nonobstant opposition et appel.

Article 26 : La présente loi abroge toutes les dispositions antérieures contraires notamment la loi n° 2007 – 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes.

 

Cridem

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Pr Souleymane Bachir Diagne (Columbia University) : « la création d’une monnaie ouest-africaine nous rendra plus forts. »

content_imageDans la deuxième partie des confidences avec le Pr Bachir Diagne rencontré à Washington et à Genève, le philosophe porte le manteau de l’historien et donne quelques pistes sur les raisons de la dislocation de la Fédération du Mali, il donne aussi l’exégèse de la critique de Boris Diop sur «  la trahison des élites africaines ». Diagne plonge dans l’économie et soutient qu’une monnaie ouest-africaine est nécessaire pour le développement de la sous région et au delà. Renvoyant dos à dos l’afro pessimisme et l’afro optimisme, il prône la prise des responsabilités individuelles et collectives qui se mesure à l’aune du courage, de l’honnêteté et du travail.    (Entretiens)

Dislocation de la fédération du Mali?
… Pour la Fédération du Mali, disons d’emblée que cette dernière était condamnée. On était en face de replis successifs. Le Sénégal avait insisté sur le fait que l’Afrique de l’Ouest ne devait pas être balkanisée. Pierre Messmer lors de l’hommage rendu à la mémoire de Senghor rappelait les moments de la décolonisation sur une question relative à son opposition au maintien de l’AOF (Afrique occidentale française), il répondait que “l’AOF était constituée pour la France et je ne pense pas qu’elle était véritablement une chose que les Africains pouvaient eux-mêmes maintenir”.

C’est à dire que la France avait décidé à un moment donné que ce qui était bien pour elle ne l’était pas pour nous. L’idée était de décoloniser territoire par territoire. Certes il y a donc la responsabilité de la France mais il s’est trouvé des leaders à courte vue pour accompagner la France dans son idée.

Le Président Houphouët Boigny était un des relais de cette politique de la territorialisation de nos indépendances. Là encore on peut se dire qu’est ce que les choses auraient été si nous avions conservé l’AOF et si l’indépendance avait été acquise dans ce cadre.

Le maintien de l’AOF étant raté, on s’est replié sur le concept du Conseil de l’Entente: Sénégal, Mali, Guinée, Togo, Bénin. La Côte d’Ivoire a pu convaincre les autres d’en sortir. Il ne restait plus que notre tête à tête avec le Mali qui a duré le temps que cela a duré mais c’était condamné, quoi qu’il en soit car finalement la machine à décoloniser territoire par territoire s’est mise en route. La dislocation de la Fédération du Mali était inévitable. Maintenant c’est à nous de renverser les choses.

Récemment sur TV5, le président Abdou Diouf qui a fait son dernier mandat à la tête de l’OIF (organisation internationale de la Francophonie) disait que « le rêve des gens de sa génération était de reconstituer les fédérations de faire en sorte que l’Afrique soit une ensemble de 5 fédérations », ces fameuses régions de développement pour arriver à une confédération.

Voilà un rêve qui nous est offert, qui est donc offert aux jeunes générations et c’est un rêve que nous avons la responsabilité d’essayer de rendre réel.

Les Africains victimes de leurs élites
?Interpellé sur les propos de l’écrivain Boubacar Boris Diop qui croit savoir que l’Afrique est victime de ses élites notamment intellectuelles, le philosophe sénégalais a tenté une explication à ce réquisitoire de son ami écrivain. “ Boris a une exigence très forte pour ce qui est de la responsabilité des intellectuels et je crois qu’il a raison lorsqu’il estime que les intellectuels ont une mission à remplir.
?Le dire ne va pas non plus de soi car qui leur a confié cette mission? Mais si vous réfléchissez au regard des circonstances qui font qu’on a une voix qui porte, à ce moment là, il est de votre responsabilité de ne point vous dérober dès lors qu’il y a un problème qui se pose. Il est infiniment plus aisé et plus simple pour un intellectuel dont le travail est un travail d’écriture et de paroles ou d’enseignement de se replier sur ses propres travaux, ses livres et ses articles, de rester dans son propre coin parce qu’à ce moment là, vous n’avez de critique de personne. Si vous vous mêlez de certaines choses dont certains estiment qu’elles leur appartiennent, là vous êtes sûr de ne plus faire l’unanimité du tout. Cependant, il est de votre responsabilité (Ndlr de l’intellectuel) de faire des choses dont vous n’avez aucune envie simplement parce que vous estimez que vous ne devez pas vous dérober. C’est cela que Boris voudrait insuffler aux intellectuels et c’est pour cela qu’il a dit que nous étions victimes de nos intellectuels.”?

Sortir de la parité CFA –EURO ?
?L’un des avantages comparatifs que nous pouvons avoir c’est le prix de notre main d’oeuvre. Si nous produisons X à tel prix dans le prix de X notre main d’oeuvre entre. Si un autre pays produit la même chose, le prix de la main d’oeuvre dans le pays y entre également. Nous surenchérissons sur notre main d’oeuvre parce que l’euro par exemple est sur évalué. Nous nous retrouvons avec un travail plus cher que ceux qui sont avec nous dans la compétition internationale non pas de notre propre fait mais du fait que la monnaie européenne est extrêmement élevée. Il nous faut reprendre l’initiative.

Il nous faut avoir la maîtrise de ce levier monétaire. Rappelez vous la dévaluation de sinistre mémoire: personne parmi les présidents réunis à l’Hôtel Méridien Président ne voulait prendre la responsabilité de dire nous dévaluons. Il a fallu une personne extérieure pour venir sur les télévisions africaines et nous apprendre que cette monnaie dont nous pouvions encore penser qu’elle était la nôtre allait être dévaluée! Vous ne pouvez avoir un phénomène aussi important que ce phénomène de dépossession.
 
Cependant les pays ne doivent pas également avoir des humeurs ou des émotions, sortir de la zone euro en claquant la porte comme la Guinée l’avait fait à un moment donné de même que le Mali n’est pas notre manière de faire. Nous avons une manière plus calme et réfléchie et notre diplomatie du reste fonctionne de cette manière, c’est à dire regarder les choses à plus long terme.

Nous avons aujourd’hui un plan où il est question que les pays de l’UEMOA attendent que nos amis des pays Anglophones arrivent au stade de la construction d’une monnaie unique pour que les deux monnaies uniques aillent ensemble vers la création d’une monnaie ouest-africaine. C’est le moment donc d’essayer de créer une monnaie ouest-africaine qui nous rendra plus forts. Ainsi nous ne nous précipiterons pas.

En matière de politique monétaire nous prendrons les choses en mains pour peser de tout notre poids à la fois économique et diplomatique. Partir de la zone euro en bon ordre parce que nous sommes unis semble la voie la plus sage et celle qu’il faudra suivre.

Ne pas couper avec notre identité francophone
?Il faut que nous soyons riches de notre pluralisme. La France pour le meilleur et pour le pire fait aussi partie de nous, désormais ! Et sa langue et sa culture sont partie intégrante de qui nous sommes. Nous n’avons pas le droit de nous couper de qui nous sommes. Nous avons le devoir en revanche de multiplier qui nous sommes. Le Prophète de l’Islam Paix et Salut sur lui a dit la chose suivante : « Autant de langues tu parles autant d’hommes tu vaux ». Lorsque nous avons la possibilité d’être riches d’un pluralisme identitaire, il faut que nous ne nous coupions de rien. En revanche, il faut que nous ayons la maîtrise profonde de cette identité, c’est à dire, l’organisation des identités multiples que nous sommes. En définitive, nous sommes un peuple Finistère, eh bien, il est de notre responsabilité à nous de l’organiser et non à quelque pays que ce soit de l’organiser pour nous, de l’extérieur.

Le rêve est –il permis ?
?La difficulté de réunir tout le monde autour de l’essentiel est une réelle difficulté mais il ne faut jamais abandonner. Contre les rigidités et les corporatismes, il faut toujours garder le cap se dire qu’il faut toujours continuer à reformer. Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage disait le poète. Il faut donc cent fois sur le métier, remettre son ouvrage puisque de toute façon l’avenir est à ce prix.

??Propos rassemblés par El Hadji Gorgui Wade NDOYE, directeur des publications du magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com

Dans la deuxième partie des confidences avec le Pr Bachir Diagne rencontré à Washington et à Genève, le philosophe porte le manteau de l’historien et donne quelques pistes sur les raisons de la dislocation de la Fédération du Mali, il donne aussi l’exégèse de la critique de Boris Diop sur «  la trahison des élites africaines ». Diagne plonge dans l’économie et soutient qu’une monnaie ouest-africaine est nécessaire pour le développement de la sous région et au delà. Renvoyant dos à dos l’afro pessimisme et l’afro optimisme, il prône la prise des responsabilités individuelles et collectives qui se mesure à l’aune du courage, de l’honnêteté et du travail.    (Entretiens)

Dislocation de la fédération du Mali?
… Pour la Fédération du Mali, disons d’emblée que cette dernière était condamnée. On était en face de replis successifs. Le Sénégal avait insisté sur le fait que l’Afrique de l’Ouest ne devait pas être balkanisée. Pierre Messmer lors de l’hommage rendu à la mémoire de Senghor rappelait les moments de la décolonisation sur une question relative à son opposition au maintien de l’AOF (Afrique occidentale française), il répondait que “l’AOF était constituée pour la France et je ne pense pas qu’elle était véritablement une chose que les Africains pouvaient eux-mêmes maintenir”.

C’est à dire que la France avait décidé à un moment donné que ce qui était bien pour elle ne l’était pas pour nous. L’idée était de décoloniser territoire par territoire. Certes il y a donc la responsabilité de la France mais il s’est trouvé des leaders à courte vue pour accompagner la France dans son idée.

Le Président Houphouët Boigny était un des relais de cette politique de la territorialisation de nos indépendances. Là encore on peut se dire qu’est ce que les choses auraient été si nous avions conservé l’AOF et si l’indépendance avait été acquise dans ce cadre.

Le maintien de l’AOF étant raté, on s’est replié sur le concept du Conseil de l’Entente: Sénégal, Mali, Guinée, Togo, Bénin. La Côte d’Ivoire a pu convaincre les autres d’en sortir. Il ne restait plus que notre tête à tête avec le Mali qui a duré le temps que cela a duré mais c’était condamné, quoi qu’il en soit car finalement la machine à décoloniser territoire par territoire s’est mise en route. La dislocation de la Fédération du Mali était inévitable. Maintenant c’est à nous de renverser les choses.

Récemment sur TV5, le président Abdou Diouf qui a fait son dernier mandat à la tête de l’OIF (organisation internationale de la Francophonie) disait que « le rêve des gens de sa génération était de reconstituer les fédérations de faire en sorte que l’Afrique soit une ensemble de 5 fédérations », ces fameuses régions de développement pour arriver à une confédération.

Voilà un rêve qui nous est offert, qui est donc offert aux jeunes générations et c’est un rêve que nous avons la responsabilité d’essayer de rendre réel.

Les Africains victimes de leurs élites
?Interpellé sur les propos de l’écrivain Boubacar Boris Diop qui croit savoir que l’Afrique est victime de ses élites notamment intellectuelles, le philosophe sénégalais a tenté une explication à ce réquisitoire de son ami écrivain. “ Boris a une exigence très forte pour ce qui est de la responsabilité des intellectuels et je crois qu’il a raison lorsqu’il estime que les intellectuels ont une mission à remplir.
?Le dire ne va pas non plus de soi car qui leur a confié cette mission? Mais si vous réfléchissez au regard des circonstances qui font qu’on a une voix qui porte, à ce moment là, il est de votre responsabilité de ne point vous dérober dès lors qu’il y a un problème qui se pose. Il est infiniment plus aisé et plus simple pour un intellectuel dont le travail est un travail d’écriture et de paroles ou d’enseignement de se replier sur ses propres travaux, ses livres et ses articles, de rester dans son propre coin parce qu’à ce moment là, vous n’avez de critique de personne. Si vous vous mêlez de certaines choses dont certains estiment qu’elles leur appartiennent, là vous êtes sûr de ne plus faire l’unanimité du tout. Cependant, il est de votre responsabilité (Ndlr de l’intellectuel) de faire des choses dont vous n’avez aucune envie simplement parce que vous estimez que vous ne devez pas vous dérober. C’est cela que Boris voudrait insuffler aux intellectuels et c’est pour cela qu’il a dit que nous étions victimes de nos intellectuels.”?

Sortir de la parité CFA –EURO ?
?L’un des avantages comparatifs que nous pouvons avoir c’est le prix de notre main d’oeuvre. Si nous produisons X à tel prix dans le prix de X notre main d’oeuvre entre. Si un autre pays produit la même chose, le prix de la main d’oeuvre dans le pays y entre également. Nous surenchérissons sur notre main d’oeuvre parce que l’euro par exemple est sur évalué. Nous nous retrouvons avec un travail plus cher que ceux qui sont avec nous dans la compétition internationale non pas de notre propre fait mais du fait que la monnaie européenne est extrêmement élevée. Il nous faut reprendre l’initiative.

Il nous faut avoir la maîtrise de ce levier monétaire. Rappelez vous la dévaluation de sinistre mémoire: personne parmi les présidents réunis à l’Hôtel Méridien Président ne voulait prendre la responsabilité de dire nous dévaluons. Il a fallu une personne extérieure pour venir sur les télévisions africaines et nous apprendre que cette monnaie dont nous pouvions encore penser qu’elle était la nôtre allait être dévaluée! Vous ne pouvez avoir un phénomène aussi important que ce phénomène de dépossession.
 
Cependant les pays ne doivent pas également avoir des humeurs ou des émotions, sortir de la zone euro en claquant la porte comme la Guinée l’avait fait à un moment donné de même que le Mali n’est pas notre manière de faire. Nous avons une manière plus calme et réfléchie et notre diplomatie du reste fonctionne de cette manière, c’est à dire regarder les choses à plus long terme.

Nous avons aujourd’hui un plan où il est question que les pays de l’UEMOA attendent que nos amis des pays Anglophones arrivent au stade de la construction d’une monnaie unique pour que les deux monnaies uniques aillent ensemble vers la création d’une monnaie ouest-africaine. C’est le moment donc d’essayer de créer une monnaie ouest-africaine qui nous rendra plus forts. Ainsi nous ne nous précipiterons pas.

En matière de politique monétaire nous prendrons les choses en mains pour peser de tout notre poids à la fois économique et diplomatique. Partir de la zone euro en bon ordre parce que nous sommes unis semble la voie la plus sage et celle qu’il faudra suivre.

Ne pas couper avec notre identité francophone
?Il faut que nous soyons riches de notre pluralisme. La France pour le meilleur et pour le pire fait aussi partie de nous, désormais ! Et sa langue et sa culture sont partie intégrante de qui nous sommes. Nous n’avons pas le droit de nous couper de qui nous sommes. Nous avons le devoir en revanche de multiplier qui nous sommes. Le Prophète de l’Islam Paix et Salut sur lui a dit la chose suivante : « Autant de langues tu parles autant d’hommes tu vaux ». Lorsque nous avons la possibilité d’être riches d’un pluralisme identitaire, il faut que nous ne nous coupions de rien. En revanche, il faut que nous ayons la maîtrise profonde de cette identité, c’est à dire, l’organisation des identités multiples que nous sommes. En définitive, nous sommes un peuple Finistère, eh bien, il est de notre responsabilité à nous de l’organiser et non à quelque pays que ce soit de l’organiser pour nous, de l’extérieur.

Le rêve est –il permis ?
?La difficulté de réunir tout le monde autour de l’essentiel est une réelle difficulté mais il ne faut jamais abandonner. Contre les rigidités et les corporatismes, il faut toujours garder le cap se dire qu’il faut toujours continuer à reformer. Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage disait le poète. Il faut donc cent fois sur le métier, remettre son ouvrage puisque de toute façon l’avenir est à ce prix.

??Propos rassemblés par El Hadji Gorgui Wade NDOYE, directeur des publications du magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com

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Sénégal: arrestation du coordinateur des associations des refugiés mauritaniens

ALAKHBAR (Nouakchott)-Les autorités sénégalaises ont interdit mercredi aux refugiés mauritaniens de tenir à Dakar une manifestation commémorative des 25 ans passés des événements du 7 avril 1989. Un conflit qui avaient opposé la Mauritanie au Sénégal.

“Nous avons pris les précautions d’informer les autorités depuis le 14 mars (…) aussi bien qu’au niveau du Ministère de l’Intérieur qu’au préfet de Dakar  et que se soit une manifestation pacifique (…)  pour formuler des prières et attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation en Mauritanie”, a expliqué Ajouma Cissoko, coordinateur des associations des refugiés mauritaniens au Sénégal. Il était interrogé par la radio privée sénégalaise RFM.

Ajouma Cissoko a déploré “surtout la manière de déporter ses propres citoyens parce qu’ils sont noirs parce qu’ils sont Poular, Soninké ou Wolof, pour essayer de déformer l’histoire en disant que la Mauritanie est un pays arabe et que ses populations noires sont des Sénégalais venus s’établir comme des migrants en Mauritanie, c’est un crime”. 

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Sénatoriales partielles : Le gouvernement menace de convoquer le collège électoral

Sénatoriales partielles : Le gouvernement menace de convoquer le collège électoralLe Calame – A en croire certaines confidences, le gouvernement envisagerait de convoquer le collège électoral pour le renouvellement des groupes A et B du sénat et dont les mandats sont arrivés à terme depuis quelques temps. Les partielles du sénat avaient été fixées le 14 mars dernier avant d’être reportées, le 4 février, à une date indéterminée.

Ce report avait été considéré comme un geste d’ouverture en direction de l’opposition (FNDU) à laquelle le président de la République avait tendu la main depuis Chinguetti. Ceux qui avaient commencé à se réchauffer avaient vite rangé leur jogging.

Alors commencèrent les manœuvres et la confection des propositions. Le FNDU ayant mis beaucoup de temps à harmoniser la position de ses pôles finit par se mettre d’accord sur une réponse à l’offre de dialogue du pouvoir, laquelle proposition devrait être remise au pouvoir lors d’une rencontre reportée elle aussi sine die.

La question que tout le monde se pose est de savoir pourquoi le gouvernement a décidé, subitement de ressortir de ses tiroirs sa convocation du collège électoral qui pourrait intervenir lors du conseil ministre demain ou dans une semaine. Se faisant, le gouvernement mettrait la « pression » sur le FNDU qui lui a envoyé, selon ses proches, une délégation « pas du tout au niveau » pour les préliminaires.

Même si la majorité des partis politiques du FNDU n’est pas intéressée par les sénatoriales, la réponse du pouvoir pourrait peut-être inciter le forum à revoir la composition de sa délégation. 

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Dialogue politique : La délégation du FNDU récusée

altLa composition ou  le niveau de « représentativité » de la délégation du forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU)  au dialogue politique serait, de l’avis de nombre d’acteurs politiques des deux camps  mais aussi des observateurs,  l’obstacle  aux  préliminaires du dialogue  prévus, on se le rappelle,  le jeudi dernier et  désormais reportés, sine die. Comme aussi le dîner que le monsieur dialogue du pouvoir avait eu l’intention d’organiser   au profit des responsables du Forum et de la majorité. Une façon  pour Moulaye Ould Mohaled Lagdhaf de déblayer le terrain avant le démarrage des préliminaires.  Tout semblait  donc  prêt pour un premier tour de table entre les  protagonistes, mais c’était sans compter sur  une méfiance à la peau trop dure mais aussi aux calculs des uns et des autres.

Après avoir  réussi à maintenir la cohésion de ses pôles politiques, personnalités indépendantes, société civile et syndicats, le FNDU a finalisé son document réponse  à la proposition du pouvoir et constitué une délégation composée de Me Mahfoudh Ould Betah, président du pôle politique, Samory Ould Beye, des syndicats, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni (personnalités indépendantes) et Sarr Mamadou  (société civile). Cette délégation avait donc pour mandat de discuter les préliminaires avec une délégation de la majorité.

Une délégation constituée, selon diverses sources  d’un conseiller du président de la République, d’un conseiller du premier ministre et d’une personnalité des partis de la majorité présidentielle.

Au vu de la délégation du Front, le pouvoir se rétracte et « récuse » presque et la composition  de la délégation et son « niveau  de  représentativité ». En effet, selon un député de la majorité au fait des tractations, le  pouvoir  a décidé de « débrayer ». Le dialogue étant politique, le pouvoir ne comprend pas que le Forum lui envoie une délégation où le politique est largement en minorité. Selon ce parlementaire, les questions  politiques, donc l’avenir de la Mauritanie doit se discuter entre les partis politiques et non avec les syndicats, la société civile et les personnalités indépendantes.  

Il apparaît clairement ici que le pouvoir, en proposant  le dialogue avec son opposition, notamment le FNDU souhaitait débattre avec des grands partis  du forum. «On ne peut envisager un dialogue avec l’opposition sans  l’essentiel  des partis politiques», précise notre député. Il est clair désormais que le pouvoir ne voudrait pas discuter avec  le forum  sans certains partis  dits  «traditionnels » du FNDU comme le Rfd d’Ahmed Ould Daddah et l’UFP de Mohamed Ould Maouloud.  Des partis qui pèsent sur l’arène politique nationale, au vu de leurs performances  et  leurs résultats électoraux. L’expérience de 2011 est passée par là. Visiblement, le pouvoir actuel n’entend plus désormais courir derrière  le dialogue avec son opposition dite « radicale ».

Le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz a, depuis 2011 cherché à dialoguer voire  à « dompter » son opposition ; il n’a pas su ou pu, depuis lors, et en dépit de la volonté de certains partis d’aller au dialogue,   les embarquer  ou  les rouler, comme à Dakar, dans la farine. Aujourd’hui, le dialogue politique avec l’opposition n’aurait  de sens que s’il met en prise les  partis politiques  qui, d’une certaine façon, « troubleraient » le sommeil d’un président qui coule son dernier mandat et que l’opposition suspecte de « manœuvres » visant à l’embarquer dans cette entreprise.

Du côté de l’opposition, même si on semble minimiser ce  énième « incident de parcours», l’affaire pourrait se débattre au cours d’une réunion du présidium du FNDU. Mais on commence de plus en plus à douter de la volonté réelle du pouvoir d’Ould Abdel Aziz d’aller à un dialogue sincère. Ses invitations répétées à plusieurs occasions finissent par se dégonfler au contact de la réalité. ‘’Il ne suffit pas de dire qu’on veut dialoguer, il faut joindre l’acte à la parole’’, nous a déclaré ce membre de l’opposition pour qui, ‘’si Ould Abdel Aziz était vraiment sincère, rien en l’empêche de mettre le dialogue sur les rails mais il n’en a nullement la volonté’’. Espérons que les faits le démentiront.

DL

Dialogue politique : Messaoud ould Boulkheïr refuse la marginalisation de l’APP et de la CUPAD

Au cours d’un rassemblement organisé à Arafat, le dimanche 5 Avril, par l’Alliance Populaire Progressiste (APP), le président Messaoud ould Boulkheïr a dénoncé les manœuvres visant à écarter son parti et la Convention pour l’Unité et la Pacifique Alternance Démocratique (CUPAD) du dialogue politique en gestation entre le pouvoir et le FNDU. « Nous refusons d’être marginalisé des tractations en vue d’organiser un dialogue politique national », a-t-il déclaré. Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, on ne peut pas ignorer le rôle et le poids de ce pôle politique et de son parti, dans toutes les initiatives visant à trouver des solutions aux problèmes du pays. Devant un parterre de militants tout acquis à ses thèses, le leader haratine a rappelé qu’il a toujours inscrit son action dans la recherche  de solutions consensuelles aux problèmes que connaît le pays. Des problèmes qui ont pour noms : injustice, racisme, tribalisme, népotisme et pillage des ressources. « Nous n’avons jamais pratiqué la politique du ventre, nous osons élever haut la voix pour l’affirmer. Et, pour preuve, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes malades, nous avons des problèmes d’éducation ; en somme, nous manquons de tout », a martelé Ould Boukheïr, « mais l’APP demeure debout et fort, il est le premier parti politique de la Mauritanie ! ». Et le président du Conseil Economique et Social (CES) de réitérer son appel à un dialogue politique inclusif.

Abordant la question qui agite le parti depuis quarante-huit heures, suite aux propos tenus, l’avant-veille à Dar Naïm, par son président, celui-ci recadre : « Si j’ai remercié nommément certains cadres du parti pour leur travail et dévouement, ce n’est pas pour critiquer ceux que je n’ai pas cités et je m’en vais rappeler, ici, que si le parti a conquis le cœur des Mauritaniens, s’il s’est imposé sur l’échiquier politique du pays, c’est grâce, évidement, à la synergie des actions de tous ses cadres, hommes, femmes, jeunes… ». De l’avis d’un de ces cadres, les propos du président Messaoud avaient surtout choqué certains membres du bureau exécutif, à qui il serait reproché, non seulement, de n’avoir rien fait, pour la massification de leur parti, mais, surtout, de n’avoir pas porté haut l’initiative de son président. Revenant sur le dialogue en gestation et sa propre initiative de compromis national, lancée il y a bientôt deux ans, le président Ould Boulkheïr a, en effet, déploré le peu d’enthousiasme des cadres de l’APP à vulgariser cette dernière auprès de la classe politique du pays, alors qu’il leur revenait, selon lui, d’en constituer le fer de lance, pour la vendre à tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, etc.

Avant l’intervention de leur leader, responsables des jeunes et des femmes, députée nationale et secrétaire général de la section d’Arafat s’étaient relayés pour saluer ‘’l’homme qui a placé, tout au long de sa vie de militant, l’intérêt de la Mauritanie avant tous les autres’’, selon eux.

 

le calame

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