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3 mai 2015: Journée mondiale de la liberté de la presse
Le 20 décembre 1993, l’Assemblée générale de l’UNESCO a proclamé le 3 mai Journée mondiale de la liberté de la presse (décision 48/432).
Depuis lors, le jour de l’anniversaire de la déclaration de Windhoek est célébré dans le monde entier comme étant la Journée mondiale de la liberté de la presse.
La Journé mondiale de la liberté de la presse est l’occasion de :
- célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse;
- évaluer la liberté de la presse;
- défendre les médias des attaques contre leur indépendance;
- se souvenir des journalistes tués parce qu’ils faisaient leur devoir.
En 2015, l’UNESCO, l’agence des Nations Unies mandatée pour promouvoir et protéger la liberté de la presse à travers le monde, a nommé Christiane Amanpour, journaliste britannique et correspondante internationale en chef pour CNN comme ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour la liberté d’expression et de la sécurité des journalistes,http://www.unesco.org/new/en/wpfd
La cérémonie annuelle du prix mondial de la liberté de la presse se tiendra le 3 mai 2015 à la Librairie nationale de Lettonie à Riga. Le lauréat est le journaliste syrien et militant des droits de l’homme Mazen Darwish, actuellement emprisonné.
L’UNESCO se focalisera sur trois thèmes pour cette Journée mondiale de la liberté de la presse
- La nécessité d’un « journalisme de qualité », qui soit précis et indépendant, reste une préoccupation constante dans un paysage médiatique en perpétuelle évolution de par les divers développements technologiques et commerciaux.
- Le déséquilibre de genre persiste dans les médias, 20 ans après la Déclaration de Beijing et son Programme d’action. Trop peu de femmes journalistes parviennent à accéder à des postes de responsabilités dans les médias. C’est pour cette raison que plus de la moitié des intervenants de la conférence seront des femmes, des cadres et des professionnels des médias du monde entier.
- La sécurité numérique, qui demeure un sujet de préoccupation croissant car les communications numériques rendent difficile la sécurité des journalistes et de leurs sources.
Plus de 120 000 enfants africains morts en 2013 à cause de faux médicaments
Des experts s’alarment de «l’industrie assassine» des faux médicaments en Afrique. La contrefaçon représenterait 30% des traitements sur le continent. Manque de ressources humaines et de laboratoires, sanctions dérisoires, cherté des produits pharmaceutiques: l’Afrique représente une proie facile pour «l’industrie assassine» des faux médicaments qui prospère sur la mondialisation, se sont alarmés des experts réunis cette semaine à Dakar.
«Des milliers de personnes perdent la vie» sur le continent, victimes des faux médicaments, ont souligné les participants à cette conférence, à l’initiative de la Fondation Chirac pour l’accès à une santé et des médicaments de qualité, la Fédération internationale des fabricants et associations pharmaceutiques (IFPMA) et l’Association pour l’information sur les médicaments (DIA).
Selon un numéro spécial de l’American Journal of Tropical Medicine and Hygiene paru en avril sur la qualité des médicaments, 122 350 enfants africains sont décédés en 2013. En cause : un faux antipaludéen et un autre de piètre efficacité.
En Afrique, le tiers des médicaments contre le paludisme, maladie la plus mortelle du continent, est constitué de «faux», une proportion qui peut monter à 40% au Ghana et au Cameroun, voire près de 64% au Nigeria, selon les experts.
«VENDUS COMME DES TOMATES OU DES OIGNONS SUR LES MARCHÉS» «Les faux médicaments sont vendus comme des tomates ou des oignons sur les marchés», déplore Sybil Yeboah, une responsable de l’Organisation ouest-africaine de la Santé. «C’est un marché très prometteur» d’autant plus que l’Afrique «n’a pas ses propres moyens de production de médicaments», souligne-t-elle.
En Afrique, «30% des médicaments contrefaits viennent de l’Inde et de la Chine», dit-elle, citant des statistiques de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Même si le Nigeria est cité parmi les pays producteurs de faux médicaments, l’Afrique contribue marginalement à leur production, avec «moins de 5%», selon un participant.
Le marché des faux médicaments est favorisé par l’offre de médicaments inférieure à la demande, les prix couteux des produits pharmaceutiques et la porosité des frontières en cette période de mondialisation, qui complique la traçabilité des produits pharmaceutiques. Les sanctions dérisoires encourues n’arrangent rien : la répression du trafic de faux médicaments reste insignifiante par rapport à la gravité du phénomène en Afrique, avec des peines jugées peu dissuasives. Au Sénégal, 42 personnes ont été condamnées à 15 jours de prison pour trafic de faux médicaments en mai 2014.
AFP
Sahara Occidental : L’ONU tourne le dos aux recommandations de l’UA
Le Conseil de sécurité des Nations unies a renouvelé le mandat de la Mission des Nations Unies pour un référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour une autre année. Mais ses membres ont surtout ignoré les recommandations de l’Union africaine appelant à inclure la protection et la surveillance des droits de l’Homme dans la dernière colonie en Afrique.
Par Malainin Lakhal
Vraisemblablement, cette résolution prorogeant le mandat de la MINURSO jusqu’au 30 Avril 2016 a été rédigée par le soi-disant groupe des amis du Sahara Occidental (États-Unis, la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne et la Russie).
Ce texte n’a rien apporté de ce qui était attendu, en particulier par les Etats Africains et d’autres pays tels que le Venezuela ainsi que plusieurs organisations internationales et régionales inquiets par la situation dangereuse des populations et par la possible reprise de la guerre dans la région.
En effet, cette nouvelle résolution n’a rien de nouveau sauf sa date d’adoption. Elle reprend à la lettre la résolution de 2014. Ce qui représente un échec pour ceux qui s’attendaient à une prise de responsabilité de la part du Conseil.
Après l’adoption, le représentant de la Malaisie, pays membre non-permanent du Conseil, s’est plaint dans son discours d’explication de vote, de ce qu’il a décrit comme « un manque de transparence dans les négociations sur la résolution ». En d’autres termes, l’absence de consultations par les cinq Membre permanents avec les autres membres du Conseil de sécurité.
Il convient d’indiquer que le projet a d’abord été examiné par le Groupe des « Amis » du Sahara Occidental avant d’être simplement communiqué aux autres membres du Conseil de sécurité, qui se sont tous plaints de cette méthode de travail et de l’indifférence illustrée par les cinq membres permanents à l’égard de leurs propositions et recommandations qu’ils souhaitaient voir refléter dans ce texte.
Coup de force
Les délégués africains se sont même plaint du fait que l’Afrique ne soit pas représentée dans le groupe des « Amis » du Sahara occidental, ce qui est étrange et inacceptable.
Dans sa déclaration d’explication de vote, le représentant du Venezuela a déclaré que la surveillance des droits de l’homme aurait dû être incluse dans le mandat de la MINURSO, et que l’Union africaine aurait dû être autorisée à s’adresser au Conseil dans une réunion spéciale avant le vote de la résolution.
Le Venezuela a exprimé « certaines préoccupations sur la procédure utilisée dans la rédaction de la résolution que nous avons adoptée. On nous présente un texte qui a déjà été accepté par le Groupe des Amis du Sahara occidental, qui ne traitait pas les préoccupations légitimes et les propositions qui ont été faites part de nombreux pays intéressés à cette question, le Venezuela y inclus. Ces propositions visaient à renforcer le rôle de la MINURSO et promouvoir et protéger les droits humains de la population du Sahara occidental, en tenant compte des recommandations formulées par le Secrétaire général dans son rapport, et la nature de toutes les missions de l’ONU. Il est nécessaire, ensuite, que les négociations futures qui traitent la question voit une amélioration dans les méthodes de travail dans le but d’aider à parvenir à un large débat qui est inclusif et transparent ».
L’Angola, citant le Tchad et le Nigeria, a pour sa part indiqué que « les trois Etats membres africains du Conseil de sécurité ont, d’abord, voté en faveur du projet de résolution car convaincus que le Conseil de sécurité est vraiment engagé pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Deuxièmement, le Conseil de sécurité est déterminé à mettre fin à l’impasse actuelle et à la réalisation de progrès vers une solution politique. Troisièmement, le Conseil de sécurité reconnaît que la réalisation d’une solution politique pourrait contribuer à la stabilité et la sécurité dans la région du Sahel. Et quatrièmement, le Conseil de sécurité encourage les parties à démontrer davantage de volonté politique pour trouver une solution afin de poursuivre le processus de négociation, et reconnaît que la consolidation du statuquo est inacceptable comme indiqué par d’autres orateurs ce matin. »
Il convient de rappeler que l’Union africaine avait formellement demandé au Conseil de sécurité de permettre au Président Joaquim Chissano, l’Envoyé spécial de l’UA pour le Sahara occidental, d’exposer aux membres du Conseil la position de l’UA sur la question.
Le Maroc et ses alliés avaient refusé cette demande. Le Maroc a en outre exprimé son rejet catégorique de toute sorte de participation de l’Union africaine dans les efforts internationaux visant à trouver une solution au conflit.
Le représentant du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilal, a simplement dénommé l’Union africaine de « toxique » sur cette question, en disant que, ayant pris sa décision, l’UA ne devrait pas s’adresser au Conseil.
Le Représentant français à cette réunion, a déclaré que la résolution a donné « l’impulsion nécessaire au processus politique » au Sahara occidental, en impasse pendant l’année écoulée, selon lui. Pourtant, il a reflété la position déshonorante de son pays en faveur de la continuité de la colonisation du Sahara Occidental, réitérant le soutien traditionnel français à la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara Occidental, ce qui est contradictoire avec la doctrine de la décolonisation de l’ONU.
L’obstacle français
Le Maroc et la France rejettent tous les appels internationaux pour inclure un mandat de surveillance des droits de l’homme dans la mission de la MINURSO.
L’Union africaine a récemment appelé à ce que la MINURSO soit dotée d’un mandat pour la surveillance des droits de l’homme, à l’instar de toutes les missions de maintien de la paix des Nations unies, mais la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU a une nouvelle fois ignoré cet appel.
L’UA a également voulu que la résolution indique explicitement que la mission principale de la MINURSO est d’organiser un référendum, ce qui est clairement indiqué dans le nom même de cette instance (Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara-Occidental MIUNRSO). La France et le Maroc essayent d’insinuer que sa mission est simplement le maintien du cessez-le-feu.
De son côté, le Représentant du Polisario à l’ONU, Ahmed Boukhari, a publié une déclaration se félicitant du soutien de l’Union africaine a la position sahraouie mais déplorant « la position de la France, qui reste le principal obstacle à une paix juste et durable au Sahara occidental. »
La nouvelle résolution du Conseil de sécurité est catastrophique, vu les frustrations qu’elle va semer partout dans la région, notamment au sein des populations sahraouies.
La question qui se pose est la suivante : est-ce que le Conseil de sécurité veut pousser les sahraouis à reprendre la lutte armée et plonger le Maghreb dans une crise similaire à celle du Moyen-Orient ?
M.L
rapide info
Des communautés du sud mauritanien dénoncent l’expropriation de leurs terres
Une dizaine d’individus représentant les communautés des villages de Dar El Barka, Ould Birom, Dar El Avia et environs (situés dans la préfecture de Boghé-310 km au sud/est de Nouakchott) ont dénoncé « l’expropriation de leurs terres par les autorités mauritaniennes » au profit d’un opérateur étranger de l’agro-business, mercredi au cours d’une conférence de presse.
Tidiane Kane, ex-maire de la commune de Dar El Barka, explique: « Il s’agit d’un projet englobant théoriquement une superficie de 3200 hectares. Mais au vu du schéma sur la carte et des nombreuses localités citées, la superficie réelle visée est de 9200 hectares.
” Des topographes et pédologues sont déjà sur place, et ont débuté les travaux d’aménagement. L’exécution de ce projet est une violation des codes foncier, forestier, pastoral et environnemental de la Mauritanie, a-t-il dénoncé. Ainsi qu’une atteinte grave à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (Cadhp). Raison pour laquelle nous rejetons catégoriquement la réalisation du projet », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, ces communautés appellent à la mobilisation de tous « gouvernement, ambassades, organisations de défense des droits humains, Organisations de la société civile (Osc), pour soutenir un combat commandé par le refus de la confiscation de terres appartenant à des communautés pauvres dont la survie en dépend, car ces terres servent à l’agriculture sous différentes formes et au pâturage du bétail.
Le 9 mars dernier, signale-t-on, le gouvernement mauritanien et l’Organisation arabe pour l’Investissement et le Développement Agricole (Oaida) ont signé une convention relative à un bail portant sur 3200 hectares.
Ce projet vise « la promotion des produits agricoles en général, notamment ceux considérés comme stratégiques pour la Mauritanie », déclarait pour la circonstance le ministre des Finances, Moctar Ould Diay.
Pour sa part, le président de l’Organisation arabe pour l’Investissement et le Développement de l’Agriculture, Mohamed Ben Abeid El Mezroui, a exprimé sa volonté à œuvrer au développement d’une coopération dynamique avec la Mauritanie.
Les populations de la vallée du fleuve en Mauritanie dénoncent régulièrement l’accaparement de leurs terres par des nationaux plus fortunés et des étrangers en violation des lois foncières, avec de graves risques d’insécurité alimentaire pour les communautés.
Pana
Manifeste des Haratines : Discours de la Marche de la Justice-29 avril 2015
Merci ; mille fois merci, mesdames et messieurs, pour cette si imposante ;maa chaa Allah, mobilisation qui a renforcé et magnifié la grande marche du Manifeste du 29 avril pour les droits politiques économiques et sociaux des Haratines en « Une Mauritanie unie, égalitaire et réconciliée avec elle-même ! »x
Nous avons choisi placer Cette marche de 2015 placée sous le signe si symbolique de la JUSTICE ; parceque la justice, est synonyme de vérité et d’équité et l’exigence de tous les avocats de c ette équité et la requête de tout ferme combattant .
Particulièrement en Mauritanie nous brandissons la pancarte de la juste pour rappeler que derrière les barreaux se trouvent des hommes qui n’ont commis des crimes et qui sont condamnés pour leurs opinions et pour la quête de la justice en faveur de milliers de victimes, demandant en leur nom la fin de leur injustifiable calvaire…
Nous brandissons la pancarte de la justice ou sur la base de la naissance ou de la proximité familiale, tribale ou régionale des femmes et des hommes sont favorisés ou oubliés…Et les premières victimes en sont les haratines !
Et qui plus est l’école pour tous c’est la justice ; les soins pour le plus grand nombre c’est la justice ; l’accès égal pour tous c’est la justice etc, etc .
Nous avons mis en exergue le symbole de la justice pour rappeler qu’en Mauritanie, et en 2015, l’esclavage reste une réalité déshumanisante et condamnant des êtres à l’état de bêtes sauvages ; ces laissés pour compte par leur supposé pays alors qu’ils ont droit à l’équité face à des situations de complicité sectaires.
Nous demandons la justice en faveur de tous, qui associé tous les mauritaniens et qui suscite l’espoir c hez les marginalisés, les exclus, les oubliés par et en leur patrie ; écrasés qu’ils sont par la pauvreté et l’ignorance ; calamités à l’origine de l’absence de leur voix, de leur exclusion des richesses de leur pays et leur confinement dans les bas fonds de leurs patrie.
En rappelant toutes ces misères, nous attirons l’attention de ceux qui persistent dans leur aveuglement et qui ferment leur ouïe à la Vérité, que le temps de l’humiliation, de la domination et de la peur, sont désormais dans les oubliettes de l’histoire et que les Haratines et tous les marginaux et tous les avocats de la liberté et de la justice ont décidé que la Mauritanie d’aujourd’hui sera une équitable patrie pour tous.
Mesdames messieurs merci pour votre soutien et massive participation en cette impressionnante et si belle marche de solidarité par tant de femmes et d’hommes –maa chaa Allah-de toutes les tranches d’âge, conditions sociales ; de toutes les opinions, de toutes les ethnies et régions et qui disent « YEZI » discriminations c’est-à-dire : « extirpons de notre belle Mauritanie la condition la plus terrible, la plus honteuse, la plus scandaleuse des rapports entre humains : l’esclavage pour ses pratiques et pour ses survivances mentales, culturelles, sociales, culturelles etc. »
Merci donc pour cette belle expression de solidarité avec le ‘Manifeste du 29 avril 2013 pour les droits politiques économiques et sociaux des Haratines au sein d’une Mauritanie unie ; égalitaire et réconciliée avec elle-même’ dont voici ; pour rappel, l’avant propos qui suit:
« Une Mauritanie unie, égalitaire et réconciliée avec elle-même », tel est le but du présent manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Hratine en Mauritanie.En effet, seule une Mauritanie égalitaire peut être, de manière durable, unie et réconciliée avec elle-même ; car comme dit l’aphorisme : « il est plus facile d’édifier un état sur la base de la « mécréance » que sur la base de l’injustice. «
…La lutte pour l’émancipation complète des Hratine en Mauritanie ne peut être véritablement couronnée de succès que si elle est en synergie avec tous les efforts déployés contre toutes les formes d’injustice qu’elles soient liées à l’ethnie, au genre, à la catégorie sociale, au niveau de revenu ou à toute autre cause. Elle devrait vises, au contraire, à fédérer toutes ces luttes dans un vaste effort national de transformation politique, économique et sociale pour une refondation de la nation sur la seule base solide et durable qui soit, celle de la justice et de l’équité.
L’unité et la paix civile en Mauritanie sont des objectifs précieux et chers à tous les mauritaniens, mais pour les atteindre et les préserver, il faut avant tout faire preuve de lucidité et comprendre qu’ils ne sont réalisables que si le pays fait des progrès considérables dans le sens de l’équité, de la justice et de la lutte contre l’exclusion. Proclamer son attachement à l’unité et à la paix civile et ne pas œuvrer pour la justice ; notamment pour les Hratin, relève sinon de la mauvaise foi, du moins de l’aveuglement.
v Le manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines en Mauritanie est le résultat d’une réflexion sérieuse et de recherches approfondies sur la condition de cette composante essentielle de la population. Il résulte aussi des souffrances passées et actuelles et des luttes courageuses menées depuis les temps les plus reculés par les victimes de l’esclavage et par les autres personnes attachées à la justice et notamment des luttes émancipatrices des dernières décennies… Intransigeants vis-à-vis de l’esclavage et de toute pratique esclavagiste, fermement engagés pour l’élimination des séquelles de l’esclavage, les auteurs de ce manifeste ne sont à priori hostiles à aucune communauté de notre pays et souhaitent construire la plus large union possible autour des objectifs de justice politique, sociale, raciale et économique afin que soient réalisées une véritable unité nationale et une réelle prospérité partagée par toutes les mauritaniennes et tous les mauritaniens sans aucune distinction.
Ce document, élaboré par une élite responsable, aux propos mesurés ne comporte aucune tonalité haineuse, aucun appel revanchard, aucune incitation à «tirer des mains de l’un pour mettre dans celles de l’autre ». Il préconise des politiques de mises à niveau justes, équitables et même consensuelles qui, en dernière analyse, feront, si elles seront appliquées de façon judicieuses, le bonheur de toutes les communautés du pays.
Pour l’ensemble des raisons ci-dessus évoquées, le « Manifeste pour les Droits Politiques, Economiques et Sociaux des Hratins, au sein d’une Mauritanie unie, égalitaire et réconciliée avec elle-même » est un appel historique dont l’objectif fondamental est d’inaugurer une nouvelle étape de l’évolution du pays, celle de l’émancipation véritable et définitive des Hratins et d’un développement équitable et durable bénéficiant à l’ensemble des mauritaniens. Il est urgent, il est vital et il y va de l’intérêt de tous, que cet appel soit enfin entendu…
Ceci dit et avant de terminer cette belle cérémonie de communion nationale je souhaiterai me féliciter, relativement à cette si cruciale question de l’esclavage, de deux avancées sur les plans religieux et législatif :
Nous nous félicitons, en particulier, pour toutes les contributions des ulémas et autres dirigeants spirituels ; pour leurs fetwas contre les pratiques esclavages. Et à ce titre nous singulariserons « l’Association Nationale des Ulémas » et l’apport personnalisé fort explicite de notre frère le Cheïkh Mohamed El hassen Ould Dedew.
Il n’ya pas de doute ,aussi, que Le projet de loi, adopté le 16 avril 2015 par le conseil des ministres, et qui abroge et remplace « la loi 2007-048 en date du 3septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes » est une initiative appréciable vers une « Mauritanie réconciliée avec elle-même ! »
Nous souhaitons que le pouvoirs publics élaboreront désormais, en liaison avec les organisations et personnes concernées et, ou, intéressés, une vraie politique économique et sociale et organiseront des campagnes de sensibilisation aux fins de l’éradication réelle de l’esclavage ; et que la justice demain, forte de l’aval religieux et politique et législatif, devient l’outil approprié pour réprimer le mal et protéger les victimes de la honte !
Et encore merci, mesdames et messieurs pour votre précieuse présence aujourd’hui we Salamou Lahi Aleykoum werahmetou we barakatouhou…
Nouakchott le 9 du mois de Rajeb de l’année 1436 et le 29 avril 2015.



