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Coup d’Etat du 17 septembre au Burkina Faso : Diendéré, Bassolé, Soro Guillaume et le Mnla dans le collimateur des enquêteurs
Après le coup d’Etat raté au Burkina Faso, plusieurs éléments du désormais défunt Régiment de la sécurité présidentielle (RSP) ont été arrêtés. Les plus connus sont le général Gilbert Diendéré, le médecin-colonel Mamadou Bamba, le général de gendarmerie Djibril Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères sous Blaise Compaoré. Un seul enseignement à tirer de ce coup d’Etat : le peuple est invincible.
«Les individus peuvent faillir, les gouvernements peuvent faillir, mais le peuple est vraiment maître de son histoire quand il décide de se battre», disait Siméon Compaoré, ancien maire de Ouagadougou, non moins 2ème vice-président du MPP. Avec les enquêtes en cours, on prend conscience des ramifications de ce coup d’Etat. C’est ainsi que des sources proches du dossier révèlent l’implication des responsables du Mnla, de Soro Guillaume et d’autres personnalistes africaines.
Djibril Yipènè Bassolé, médiateur devenu putschiste

Il est connu pour sa participation à la résolution de plusieurs conflits en Afrique. Il a représenté le Burkina Faso à l’international non seulement en tant que chef de la diplomatie burkinabè, mais également pour le compte de l’ONU et de l’Union africaine. Il a été ministre de la Sécurité et ministre des Affaires étrangères. Il est actuellement envoyé spécial de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) pour la paix au Sahel. C’est quelques mois après la chute de Compaoré qu’il a eu ce poste. Connaissant les Burkinabè, il n’a plus voulu faire chemin avec le CDP, le parti de Blaise Compaoré. Il voulait se présenter en candidat indépendant et avait déjà commencé à intégrer les milieux musulmans, profitant de son poste à l’OCI. Il avait, en tant que candidat indépendant, eu l’aval de 30% de l’électorat, car avec la bénédiction de ses bailleurs, il pouvait se faire élire en complicité avec certains anciens camarades du CDP.
Bassolé avait toujours de très bonnes relations avec Saran Sérémé, qui lui a filé pas mal d’informations. Mais, avec le coup d’Etat raté du 17 septembre 2015, son plan a été découvert par les services de renseignements burkinabè. Djibril Bassolé est accusé d’avoir passé deux présumés coups de fil, l’un avec le général Diendéré, avant son arrestation le 29 septembre, et l’autre, d’une durée de quinze minutes, avec Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne. Avant tout cela, Bassolé avait préparé plusieurs mosquées du pays, des Imams et des centaines d’associations de musulmans pour sa cause. Tous ceux-ci se sont cachés dans son fief qui était Bobo. Mais, dès l’annonce de son arrestation pour coup d’Etat, des jeunes partisans ont commencé à délier leur langue.
Soro Guillaume, un nouveau faiseur de rois

Ancien leader estudiantin connu pour ses micmacs dans la rébellion ivoirienne, Soro a tué plusieurs de ses compagnons militaires et civils pour le pouvoir. De Secrétaire général de la branche politique, il est devenu Secrétaire général tout court des rebelles ivoiriens. Son dernier acte qu’il fait semblant d’oublier, est l’assassinat d’Ibrahim Coulibaly dit IB et cela, afin d’éviter les querelles de leadership sous Ouattara. Soro est des rares jeunes africains issus des mouvements estudiantins à avoir comme premier poste, celui de Premier ministre. Aujourd’hui président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire, il est aussi Secrétaire politique du candidat Ouattara, avant son adhésion au RDR. De loin, il surveille la sous-région et donne ses points de vue sur les crises en Afrique de l’Ouest. Lui qui avait une connexion avec Moussa Dadis Camara via son ami et fidèle compagnon Sidiki Konaté, n’a pas fini de tisser des relations avec les putschistes. Il veut être un faiseur de rois aussi.
Les Burkinabè ont capté ses conversations téléphoniques jugées capitales dans la préparation du coup d’Etat. Plusieurs jeunes du RSP et des proches de Blaise Compaoré ont eu des échanges téléphoniques avec le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Selon certaines sources proches de l’enquête, tous ces éléments de preuve ont été présentés à l’ancien chef de la diplomatie burkinabè lors de son audition par le juge d’instruction chargé du dossier. Dans le cadre de cette enquête, la villa de Guillaume Soro à Ouagadougou a été perquisitionnée le 6 octobre dernier. Informé de la perquisition de sa villa, l’entourage de Soro indique qu’il va répliquer au moment venu. Attendons donc cette réplique du faiseur de rebelles devenu faiseur de rois.
Le Mnla en quête de nouveaux marchés africains

Plusieurs dirigeants du Mnla vivaient à Ouagadougou, au point que la capitale du Burkina Faso était parfois considérée comme une base-arrière de la rébellion touarègue au Mali. Une semaine avant le coup d’Etat raté de Diendéré, sur les réseaux sociaux, qu’on pouvait lire ceci : «Bientôt, une bonne nouvelle en provenance de Ouagadougou». Ce message a fait le tour du net. Le jour même de l’arrestation du président Kafando et de ses ministres, la joie était totale sur les pages facebook des leaders des rebelles armés maliens. Certains ont même dit qu’il y a eu la participation du Mnla au coup d’Etat. Ils ont cité les responsables du RSP qui étaient en contact avec eux. Comme dans un film, toutes les actions du général Diendéré étaient annoncées et cela ne pouvait pas être un fait du simple hasard.
Mamadou Djéri Maïga, l’homme des sales besognes des Touaregs rebelles, c’est encore lui qui est soupçonné dans cette affaire. Il est arrivé à Ouagadougou 72 heures avant le coup d’Etat, mais il n’a pas profité de l’ouverture des frontières. Il est resté en contact permanent avec Djibril Bassolé qui l’aurait mis en relation avec Diendéré. Leur mission devait être de sécuriser le palais, les résidences des proches, parents du RSP et les membres du CDP. Les hommes du Mnla devaient rester à l’intérieur des maisons et résidences et certains avaient même commencé ce travail, jusqu’à l’arrestation de Bassolé. Les éléments du Mnla ont été retrouvés en faction au domicile de Bassolé. Le tout était piloté par Djéri Maïga qui reconnaît actuellement le gouvernement malien pour avoir sauvé deux fois. Tout comme à Abidjan, où il avait été arrêté avec une forte somme d’argent, le vice-président du Mnla a également été interrogé à Ouaga au moment où il voulait quitter le pays. Les responsables du Mnla, qui sont aujourd’hui dans la logique de la paix retrouvée, pensent que le monde est un marché. Ils se voyaient déjà dans une nouvelle conquête, un marché, selon leur propre terme. Ils doivent désormais se rendre compte de l’évidence.
Interrogé par nos confrère de Jeune Afrique, voici ce que Mahamadou Djéri Maïga dit de ses relations avec Diendéré : «Vous ont-ils interrogé sur vos liens avec Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé ? Oui, mais la dernière fois que j’ai vu Bassolé, c’était à Alger, le 5 juin. On ne s’est jamais téléphoné. Quant à Diendéré, il était notre seul interlocuteur depuis le départ de Blaise Compaoré. Nous ne connaissons pas les nouvelles autorités. Nous étions donc en contact. Je lui faisais des comptes-rendus de nos réunions à Alger. Rien de plus. Diendéré ne nous a jamais demandé de l’aider. D’ailleurs, dès que le RSP [Régiment de sécurité présidentielle] a été dissout [le 25 septembre], la Cma m’a demandé de rompre avec lui et je le lui ai dit. Nous ne sommes mêlés ni de près ni de loin à ces choses. Aujourd’hui, nous voulons la paix dans notre pays et partout en Afrique».
Des accusations contre Diendéré et Bassolé

Au Burkina Faso, Djibril Bassolé est dans le viseur de la justice militaire qui vient d’ouvrir une enquête après le putsch manqué du 17 septembre contre le régime de transition. Guillaume Soro a été également cité dans l’affaire. Selon les magistrats militaires, Djibril Bassolé, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, est l’un des principaux acteurs du coup d’Etat commandité par l’ex-Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) et conduit par le général Gilbert Diendéré. Rappelons que Djibril Bassolé et le général Diendéré sont inculpés pour l’instant pour trois chefs d’accusation : attentat à la sûreté de l’État, haute trahison et collusion avec des forces étrangères. Ils ont été placés sous mandat de dépôt le 6 octobre dernier à Ouagadougou.
B.O et K.T
Source: Le Reporter
Malijet
CONDOLÉANCES DES FPC: DJIBRIL HAMET LY UN MEMBRE-FONDATEUR DES FLAM ET GRAND MILITANT DU MOUVEMENT CULTUREL S´EN EST ALLÉ
Nous venons d´apprendre avec une grande tristesse le décès de notre camarade, compagnon de lutte Ly Djibril Hamet, membre-fondateur de l´ODINAM et des FLAM, premier président élu des Flam et rescapé de la prison mouroir de Oualata; décès survenu ce samedi 17 octobre 2015 à Québec où il participait au congrès du PEN international, une assise qui offre une tribune aux écrivains, qui peuvent discuter librement de leur travail et s’exprimer au nom des écrivains réduits au silence ailleurs dans le monde.
Le BEN des Forces Progressistes du Changement (FPC) et à travers lui tous nos militants présente ses condoléances les plus attristées à la Mauritanie toute entière, aux patriotes et progressistes du pays, au monde culturel et littéraire du pays, aux associations de promotion des langues nationales, au monde peulh, à la famille du défunt, à Lobbudu Ibrahima, à Darel Barka et à tout le Fouta pour cette immense perte.
A la mémoire de tous ceux tombés pour les causes justes nous répéterons après d’autres, cette oraison funèbre devenue classique «Djibril, ta vie fut combattante, ta mort héroïque, ton sacrifice sacré et ta mémoire éternelle».
Qu´Allah le tout puissant t´accueille dans le Firdaws et que la terre te soit légère.
A Dieu nous appartenons et à lui nous retournons.
Nouakchott le 18 octobre 2015
Le département de la communication des FPC
NB: c´est la dernière photo du camarade prise à son arrivée à Quèbec.
Ouverture de l’année scolaire 2015-2016 : Le discours du Ministre de l’Education Nationale, Ba Ousmane
Les écoles de l’enseignement primaire et secondaire seront ouvertes demain, lundi 19 octobre 2015, sur l’ensemble du territoire national. A cette occasion, le ministre de l’Education nationale, M.Ba Ousmane, a prononcé un discours dans lequel il s’est appesanti sur les réformes engagées par le gouvernement pour rehausser la qualité de l’enseignement et élargir l’accès des enfants aux structures scolaires.
Il a souligné que l’année 2015, déclarée année de l’enseignement par le Président de la République, M. Mohamed Ould Abdel Aziz, a constitué un nouveau départ pour un recentrage de l’action et des efforts du département de l’enseignement sur la base d’une vision novatrice pour l’émergence d’une école moderne qui cultive l’excellence et promeut la science et le savoir. Il a convié les différents acteurs du système éducatif à resserrer leurs liens de partenariat dans un climat de confiance réciproque.
Voici, dans son intégralité, le discours du ministre
“Messieurs les enseignants et les encadreurs,
Chers élèves,
Messieurs les respectables parents d’élèves,
Je suis heureux de m’adresser à vous à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année scolaire 2015-2016 pour souhaiter à tous bonne santé et bonheur.
Je remercie également chacun de vous pour les efforts fournis au cours de l’année passée qui a été riche en dévouement, en programmes et en activités visant l’amélioration de la qualité de notre enseignement.
L’année écoulée s’était distinguée par de nombreux efforts soutenus par la volonté politique qui s’est concrétisée par l’annonce par le Président de la République, M. Mohamed Ould Abdel Aziz, de 2015, année de l’Enseignement. Il s’agit d’un message historique qui a rendu à l’école de la République sa symbolique et sa vivacité.
Cette vision et cette volonté politique se sont traduites notamment par des visites de terrain. C’est ainsi que son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, a effectué des visites de plusieurs établissements et institutions scolaires. Ces visites ont eu un impact positif en termes de suivi, d’évaluation et d’orientation, permettant au gouvernement du Premier ministre, M. Yahya Ould Hademine d’élaborer, de mettre en oeuvre et d’exécuter des programmes d’amélioration de la qualité de notre enseignement.
Ces programmes se sont illustrés à travers l’action du département de l’Education nationale portant sur la mise à disposition d’un nombre appréciable d’installations et de bâtiments scolaires de style urbanistique adapté. Le département a par ailleurs œuvré à la maitrise et respect de la carte scolaire, au rehaussement du rôle de l’enseignant, à l’augmentation et à la modernisation des établissements d’excellence et des écoles expérimentales en plus de l’augmentation des écoles de formation d’enseignants et de la création de programmes spécifiques en direction des zones prioritaires afin de promouvoir le plus large accès des enfants à l’école. Cela a permis de contribuer de façon considérable à la réduction des disparités et à lutter plus efficacement contre l’échec scolaire. De même, il a été procédé à l’évaluation des programmes pédagogiques et des horaires scolaires.
Dans ce cadre, en vue du renforcement de nos valeurs islamiques, le coefficient et le temps alloué à l’éducation religieuse ont été augmenté après le parachèvement du programme et du manuel de cette matière.
En plus de ces actions, il a été procédé à :
– la production de 240 000 livres scolaires sur fonds propres de l’Etat
– l’acquisition de 800 000 autres livres scolaires
– la création d’une base de données pour une meilleure gestion des ressources humaines
– le recrutement, pour la première fois, d’inspecteurs de l’enseignement secondaire
– le recrutement et le redéploiement d’un personnel supplémentaire de 872 composé d’inspecteurs, de professeurs, d’instituteurs et de laborantins pour résorber le déficit existant
– la création de trois lycées d’excellence à Nouakchott-Nord, à Aleg et à Sélibaby
– l’ouverture d’une nouvelle filière en langues espagnole et anglaise dans les établissements d’excellence à Nouadhibou et à Nouakchott
– l’ouverture de nombreux collèges et lycées.
Messieurs les enseignants et les encadreurs,
Vous êtes sans aucun doute les principaux acteurs du processus éducatif et c’est par l’accomplissement convenable de votre noble mission que se traduiront, de façon palpable, les plans et programmes de votre ministère. Nous comptons sur vous pour agir sur les perspectives pédagogiques de notre pays. Vous êtes le flambeau de la science et du savoir ainsi que la lanterne qui éclaire les générations. Votre mission est grande et votre responsabilité immense.
– Mes chers élèves
Vous êtes l’avenir et l’espoir.
Il n’est d’autre voie d’épanouissement pour vous que celle de la science et du savoir. Sachez que c’est dans les salles de classe que s’acquièrent les connaissances, que s’aiguisent les talents et que s’esquissent les contours de l’avenir.
Redoublez d’efforts pour acquérir le savoir qui hissera votre pays au diapason des grandes nations et vous serez ainsi, par la grâce d’Allah, une source de fierté pour tous vos concitoyens. Nous continuerons à vous encourager par le biais de la récompense des lauréats et des excellents parmi vous en vue d’une vie décente fondée sur la science et le savoir.
Messieurs, Mesdames, Parents d’élèves,
Messieurs les partenaires de l’action éducative (Syndicats, Société civile, Organisations),
Vous êtes un élément important du système éducatif dans notre société, un vecteur efficace de transmission des efforts consentis au service de l’enseignement pour la création d’une école moderne et efficiente porteuse de changement vers des horizons meilleurs garantissant le développement, le progrès et l’essor scientifique réel pour faire face aux défis économiques, sociaux, culturels et technologiques. C’est pourquoi, je vous convie à resserrer vos liens de partenariat dans un climat de confiance réciproque.
Honorables enseignants et encadreurs,
Mes chers élèves,
Respectables parents d’élèves,
Mesdames et Messieurs,
Famille scolaire,
Les efforts de notre Département seront orientés vers la promotion qualitative et quantitative de l’enseignement.
Dans le domaine de l’enseignement privé, nous poursuivrons l’application de la politique rigoureuse pour sa réforme à travers l’obligation du respect du cahier des charges. Nous continuerons à poursuivre la tradition de concertation avec nos partenaires dans l’action éducative conformément à la politique générale du pays qui, grâce aux sages instructions de son Excellence le Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, se distingue par l’ouverture, l’esprit citoyen, la cohésion sociale et l’intégration nationale.
Avant de terminer cette allocution, je vous convie à faire de l’année scolaire qui commence, l’année de la réussite des élèves par le sérieux et l’abnégation grâce à vos sacrifices. Je déclare ouverte l’année scolaire 2015-2016.
Vive l’école mauritanienne
Vive la Mauritanie unie, forte et prospère
Je vous remercie “.
AMI
Les trois quarts des mauritaniens vivent dans une pauvreté extrême selon la FAO
Le rapport annuel 2015 du fonds des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) révèle que les trois quarts des mauritaniens vivent dans une extrême pauvreté.
Les chiffres de la FAO relativement à la situation de la Mauritanie sont inquiétants.
Selon l’organisation des nations unies, 71,3% des mauritaniens vivent avec moins de deux dollars par jour. 23,5% parmi ceux-ci vivent avec moins de 1,25 dollars par jours.
Il s’agit de la moyenne la plus critique dans la région nord africaine.
Toujours selon le rapport de la FAO, les enfants mauritaniens accusent une diminution de poids avec 29,7% en milieu rural et 16,4% en milieu urbain.
Le pays le mieux nanti dans cette région nord africaine est la Tunisie avec seulement 0,7% de pauvreté extrême (moins de 1,25 dollars par jour) et 4,3% avec moins de deux dollars par jour.
La malnutrition dans ce pays n’affecte que 2,4% en milieu rural et 2,3% en milieu urbain.
L’Egypte arrive en deuxième position après la Mauritanie quant à l’indice de pauvreté suivie du Maroc devant l’Algérie.
saharamedias
Ly Djibril Hamet, Engagement pour quoi faire?
Ce que nous voyons tous les jours, ce que nous entendons, les personnes avec lesquelles nous commerçons, les évènements que nous vivons ou dont nous sommes témoins, impriment notre mode de pensée.
Rien ne nous laisse indifférents. L’environnement dans lequel nous baignons nous conditionne. Tout nous interpelle.
Nous répondons en conséquence de manière consciente ou inconsciente, vive ou molle. Nous nous exprimons par le corps, par le verbe ou par l’écrit. Et lorsque nous sommes portés à l’écriture, c’est par la plume que nous réagissons. Par devoir de mémoire. Pour attirer l’attention. Pour infléchir des changements allant dans le sens de notre ressenti, de notre vision et de nos souhaits. Nous, mémoires vivantes et agissantes des temps présents, pour la transformation des temps à venir. Grâce à la force magique des mots. Des mots qui permettent de diagnostiquer les maux. Des mots qui permettent de guérir les maux.
Ainsi donc, je m’aventure progressivement dans différents genres littéraires qui sont autant de moyens d’expression: la poésie et le théâtre, la nouvelle et le roman, la chanson et le conte, l’essai et autres véhicules de l’écrit.
Mon engagement littéraire remonte au jeune âge. Au collège déjà, puis à l’Ecole Normale d’Instituteurs, je militais. Et, jeune enseignant, à la fin des années 60, je m’engageai dans un parti politique clandestin d’obédience marxiste. Tracts, dazibao, graffiti, manifestations, ponctuent alors la vie militante et façonne les modes de penser et d’agir de la jeunesse. Mais aussi poésie et chants patriotiques, pièces théâtrales dénonçant des pratiques peu conformes aux aspirations du peuple mauritanien et à l’indépendance réelle de la Mauritanie. Je me suis abreuvé à cette source.
Le flambeau, périodique de mon parti dont j’étais un des principaux responsables (le périodique), paraissait, en plus du français, en langues nationales pulaar, sooninke et wolof. C’était à oser à l’époque, aucun esprit n’y étant réellement préparé!
Permettez-moi, afin de mieux camper le thème de ma communication, «L’engagement, pour quoi faire» (j’ai sciemment choisi cette orthographe), de partager avec vous mon vécu d’engagement qui justifie mon écriture qui appelle des changements de trois ordres: environnemental, socioculturel, sociopolitique.
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Engagement pour la protection de l’environnement
Il me semble opportun de signaler, pour cet engagement, que je préside le Réseau d’Adaptation au Climat Côtier pour l’Afrique de l’Ouest (RACCAO) qui regroupe cinq pays: Cap Vert, Gambie, Guinée Bissau, Mauritanie et Sénégal, et «Au secours de nos côtes», le réseau national des acteurs à la base pour l’Adaptation aux changements climatiques côtiers.
La Mauritanie, vaste pays sahélosaharien, continue de perdre à grande vitesse sa faune et sa flore. Du fait, certes, des changements climatiques, mais également des comportements irresponsables des hommes par trop attirés par le gain de biens matériels (coupe de bois pour la vente de charbon ou autres usages abusifs) et d’une politique de gestion étatique qui ne montre jusqu’ici aucune efficacité probante. Par ailleurs, le phénomène des changements climatiques côtiers vient se conjuguer avec la déforestation et la désertification et assombrir davantage ce tableau déjà si peu reluisant.
L’éducation citoyenne des adultes actuels et des femmes et hommes en devenir, est pour ainsi dire absente du système éducatif. L’école ne prépare que très mal l’adulte de demain dans ce sens.
J’écris pour dire non à cela. Pour dire qu’il faut changer. Pour le bonheur de tous!
Engagement pour les droits socioculturels
Pour cet engagement, il me semble utile de savoir que je suis Vice-président de l’association nationale «Empreintes Culturelles» qui œuvre pour la multiculturalité, l’épanouissement inclusif et complémentaire de toutes les cultures de la Mauritanie (elle est, à ce titre, représentative de toutes les cultures du pays); et je préside par ailleurs l’association littéraire pulaar «Konngol e Binndol» (Parole et Ecrit). Je suis également vice-président de l’ONG Forum pour la Refondation du système éducatif (FORSE) et membre du bureau national de Tapital Pulaagu International (TPI Association internationale des peuls et amis de la culture peule).
La Mauritanie est un pays multiculturel. Sa constitution reconnaît quatre langues nationales: l’arabe, le pulaar, le sooninke et le wolof. C’est un progrès notable par rapport aux anciennes dispositions de la loi fondamentale. Cependant, seul l’arabe est réellement reconnu, présent dans la vie administrative, politique et éducative.
Pendant six ans j’ai eu le redoutable privilège de piloter de l’expérimentation de l’enseignement des et en langues nationales pulaar, sooninke, wolof, comme langues maternelles, puis de ces dernières et de l’arabe comme langues secondes, de manière croisée, dans des classes expérimentales. Je n’ai cessé mes fonctions que lorsque la police d’Etat est venue me prendre au travail avec les suites que j’évoque dans la troisième partie de la présente communication.
Cette expérimentation de l’enseignement des et en langues maternelles, pourtant jugée probante par toutes les évaluations faites (dont une de l’Unesco), a été stoppée et l’Institut des Langues Nationales qui la portait supprimé. Pourquoi ? Allez savoir et expliquer…
L’utilisation des langues maternelles à l’école permettait pourtant de démocratiser l’enseignement en donnant des chances égales à tous les petits Mauritaniens. Elle avait d’autres avantages certains: c’était d’abord la reconnaissance d’un droit. En outre, elle participait au rapprochement des fils du pays au stade précoce. Elle rendait aussi efficients les apprentissages et, ainsi, préparait mieux les futurs adultes à participer au développement de leur pays dans la concorde la plus harmonieuse.
La mise en arrêt de l’enseignement des et en langues nationales et de l’Institut qui en était chargé a été un signal fort des forces occultes, encore, aujourd’hui, très puissantes et très méthodiques.
Le système éducatif mauritanien, outre ses autres tares (analphabétisme criant, échecs scolaires, déscolarisation…) est inique en ce sens qu’une partie des enfants scolarisés apprennent dans leur langue maternelle et les autres dans des langues différentes de celles de leurs cultures et de leurs pratiques communicationnelles quotidiennes. Ce fait est périlleux à terme pour le pays.
J’écris pour dire non à cela. Pour dire qu’il faut changer. Pour le bonheur de tous!
Au niveau des media, les langues nationales autres que l’arabe sont pour ainsi si dire inaudibles et les cultures qu’elles véhiculent pratiquement invisibles. Un seul journal et un site dans une de ces langues, le pulaar, qui peinent à s’imposer.
Aucune autorisation de radio ou de TV à des opérateurs Mauritaniens des cultures pulaar, sooninke ou wolof.
Tout est fait pour présenter une Mauritanie monoculturelle, monoraciale, monoculaire. Les Mauritaniens, dès le plus jeune âge, sont formatés pour accepter cet état de fait; à travers ce qu’ils voient, à travers ce qu’ils entendent, dans tous les lieux où s’exprime la culture. Ils grandissent ainsi.
De l’extérieur, il paraît naturel de voir cette Mauritanie-là, telle qu’elle est sciemment présentée.
Stratégie à plus d’un titre réussie. Mais stratégie on ne peut plus suicidaire à terme.
L’administration, la fonction publique, la justice, l’armée nationale, la police, elles, vont de plus en plus à une seule communauté, les autres en disparaissant à vue d’œil, s’estompant de manière rapide et sûre. Il en va ainsi de tous les rouages de l’Etat, du secteur économique et financier. Il en va ainsi de l’occupation de l’espace.
J’écris pour dire non à cela. Pour dire qu’il faut changer. Pour le bonheur de tous!
Les droits de l’enfant et de la femme font verser beaucoup d’encre et de salive à travers le monde.
Et pourtant, la Charte du Manden dite Charte du Kurukan Fugan, en 1236, c’est-à-rire plus de sept cents ans avant celles des Nations Unies sur l’Enfant et sur la Femme, avait légiféré. Elle disait, notamment :
Article 9: L’éducation des enfants incombe à tous. La puissance paternelle appartient en conséquence à tous.
Article 11: Quand votre femme ou votre enfant fuit, ne le poursuivez pas chez le voisin.
Article 14: N’offensez jamais les femmes, nos mères.
Article 16: Les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements.
Les problèmes des droits de la femme et de la parité étaient déjà en partie réglés. Par des Africains. Sept siècles avant l’Occident.
Les Nations Unies reconnaissent désormais que la Charte du Kurukan Fuga, charte africaine, est la première sur les droits humains.
Aujourd’hui encore, l’enfant et la femme peinent à jouir de leurs pleins droits: problèmes de bonne éducation permettant l’épanouissement de ses facultés et potentialité basiques, de mariages précoces ou forcés, de viols et violences en récurrence, d’implication réelle dans la vie politique et publique et j’en passe.
J’écris pour dire non à cela. Pour dire qu’il faut changer. Pour le bonheur de tous!
Engagement pour les droits sociopolitiques
Ce dernier engagement explique davantage que je sois Président de PEN Mauritanie.
Présentement, l’esclavage est un problème qui se discute (pour ne pas dire se dispute) avec acuité en Mauritanie.
Et pourtant, la Charte citée plus haut en avait pleine conscience. Elle décidait:
Article 5: Chacun a droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique. En conséquence, toute tentation d’enlever la vie à son prochain est punie de la peine de mort.
Article 20: Ne maltraitez pas vos esclaves, accordez leur un jour de repos par semaine et faites en sorte qu’ils cessent le travail à des heures raisonnables. On est maître de l’esclave e non du sac qu’il porte.
L’esclave avait donc un droit de propriété.
La faim n’est pas une bonne chose.
L’esclave n’est pas non plus une bonne chose. Il n’y a pas pire calamité que ces deux choses dans le monde.
Tant que nous disposerons du carquois et de l’arc, la faim ne tuera personne dans le Mande. La guerre ne tuera plus jamais dans le village pour y prélever des esclaves.
L’essence de l’esclavage est éteinte ce jour d’un mur à l’autre, d’une frontière à l’autre du Mande.
L’Almamiat, la république théocratique du Fuuta Tooro, quant à elle, avait purement et simplement banni l’esclavage de manière fort explicite. Même si cette loi a été dévouée par la suite, dans la pratique. C’était en en 1776. Donc avant l’abolition par l’Occident.
Et pourtant, en ce XXIème siècle encore, il persiste dans mon pays. La société a du mal à se défaire de cet infamant fardeau. Mentalement et physiquement, économiquement et juridiquement. Et ceux qui nous gouvernent ont du mal à prendre les dispositions adéquates radicales de son éradication réelle et définitive, les lobbyings étant très puissants qui tirent vers le bas et vers l’arrière.
Et ceux qui subissent, les victimes de cet esclavage, s’impatientent et réagissent avec véhémence et détermination. La Mauritanie est assise sur une poudrière!
J’écris pour dire non à cela. Pour dire qu’il faut changer. Pour le bonheur de tous!
Ce qu’on l’on appelle pudiquement passif humanitaire en Mauritanie et qui est une somme de crimes et diverses forfaitures, un racisme d’Etat, vicie et gangrène la vie du pays. Nombre de militants des droits humains réclament avec insistance, des journées nationales d’échanges réels et profonds sur les années de braise afin de dégager la vérité et de réconcilier le peuple mauritanien avec lui-même.
En 1986, des camarades et moi-même, avons rédigé un manifeste qui dénonçait les maux évoqués plus haut et proposait des solutions concertées. Pour cela j’ai connu 4 ans de prison dont la partie la plus dure était le bagne d’Oualata. Avec mes camarades. Nous avons souffert dans notre chair. Quatre d’entre nous y sont définitivement restés dont une de nos meilleures plumes, un ancien ministre et deux officiers.
En 1987, à l’issue d’une parodie de procès, des militaires noirs accusés d’avoir voulu tenter de prendre le pouvoir par la force, sont sévèrement condamnés. Trois d’entre eux ont été passés rapidement par les armes, contre toute logique et à la désapprobation totale de tous les défenseurs de droits humains.
Mais le pire était à venir: 1989-1991. Des massacres aveugles, des viols, des expropriations, des spoliations des terres, des expulsions de leur patrie de milliers de citoyens qui avaient commis, pour seul crime, d’appartenir à la mauvaise communauté rétive et frondeuse. Une communauté qui a osé élever le ton, dire non. Des arrestations, des exécutions sommaires, extrajudiciaires. Un nettoyage ethnique méthodique. Des fosses communes dont les occupants réclament encore de nos jours des sépultures dignes afin que les veuves et orphelins puissent faire leur deuil.
Les victimes et tous ceux qui luttent à leurs côtés, réclament que toute la lumière soit faite. Que les coupables soient identifiés, traduits en justice et que soient rétablis dans leurs droits les victimes et/ou les rescapés et les ayants-droit.
Au lieu de cela, le régime sous lequel ces forfaits ont été commis à fait voter par le parlement une loi d’amnistie. Une loi d’autoamnistie! Et tous les régimes qui se succèdent depuis sont restés silencieux sur la question.
Il y a certes eu des journées de concertation. Sans suite. D’autres saupoudrages également, fortement médiatisés. Pour exorciser, dirait-on. Certes aussi, des réfugiés au Sénégal et au Mali sont revenus au pays, mais ne sont jamais rentrés dans leurs droits, n’ont même pas eu droit à des actes d’état civil, ont été misérablement cantonnés dans des sites, en véritables apatrides, dans leur propre patrie. Une diaspora qui ne dit pas son nom.
L’Etat mauritanien se doit de s’inscrire dans une logique de justice transitionnelle.
Ce sont là des priorités que devrait se fixer tout régime clairvoyant.
Demain, 28 novembre, est l’anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie. A l’aube de ce jour anniversaire, en l’an 1990, à Inal, une caserne, 28 militaires négro-mauritaniens ont été humiliés puis symboliquement et sadiquement pendus par leurs frères (?) d’armes et geôliers. 28! Ces pendaisons ont duré un temps insoutenable d’acharnement euphorique de ses commanditaires et exécutants!
Le 28 novembre qui devait être une journée de fierté, de réjouissance est pour moi, pour nombre de militants, une journée de honte et de frustration. Une journée de deuil!
Oui! Les auteurs de ces exactions, aujourd’hui encore, narguent, insultent les citoyens mauritaniens. Certains occupent de hautes fonctions étatiques Ils sont militaires. Des officiers supérieurs. Du moins, les principaux responsables.
J’écris pour dire non à cela. Pour réclamer justice au nom de tous les Mauritaniens. Car les Mauritaniens ne sont pas tous d’accord sur ces barbaries, même ceux desquels sont issus les auteurs de cette forfaiture.
J’écris pour dire de changer les pratiques négatives.
J’écris pour dire d’adopter des pratiques positives, la culture de la citoyenneté, de la bonne gouvernance, la bonne distribution de la justice, seules véritables garanties de la paix sociale et de la concorde nationale sans lesquelles il est impossible de se développer.
Mon objectif, à travers cette communication était plus de partager avec vous mon expérience d’écriture, à partir de mon vécu, de donner des éclairages, à partir de mon environnement écologique, socioculturel et sociopolitique. De tenter de répondre à la question: «L’engagement littéraire pour quoi faire?».
La somme des réponses que proposeront les différents intervenants à travers les communications et les discussions donnera, j’en suis sûr, le panorama le plus complet et le tableau le plus parlant et le plus instructif.
Je vous propose, pour finir ce propos les deux poèmes ci-dessous que j’ai déclamés ailleurs, à des moments qui s’apparentent à celui-ci.
Le premier: OSER
Oser oser
Oser regarder et voir
Écouter et entendre
Cogiter et comprendre
Aimer être aimé
Choisir agir
Lutter vaincre
Ose!
Mais aussi, cet autre poème: AGIR
Le soleil se lève se couche La terre tourne retourne
Les choses bougent mais restent en place ou restent en place mais bougent
Dans les têtes ça bouge ça tourne
Certains yeux voient le chemin le contournent
Des esprits du bien se détournent d’autres vers le bien se tournent
Les langues aussi tournent sept fois tournent
Où sommes-nous? Que faisons-nous? Que deviendrons-nous?
Agir
et ne pas perdre de temps car la vie est de temps
Agir
pendant qu’il est temps en même temps
Agir
vite tous pour le bien de tous.
Ly Djibril Hamet
Rencontres Euromaghrébines de littérature
2e édition, Tunis, du 27 au 29 novembre 2014
Source : http://litteratureetengagement.com via Traversées Mauritanides
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