Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Déclaration : Discours laconique d’un chef d’Etat ayant perdu sa boussole

Déclaration : Discours laconique d’un chef d’Etat ayant perdu sa boussoleMouvement El Hor – Le comité central du mouvement EL HOR a suivi attentivement la visite du chef de l’ETAT dans la wilaya du Hodh Echarghi fondant espoir sur une visite dans la zone connue de sa densité démographique et de la très forte présence de l’élément Hartani dont la situation nécessite toute une politique de discrimination positive situation caractérisée par l’ignorance, l’analphabétisme, l’esclavage dans ses pires formes, le sous développent et la précarité.

Cette particularité a notre avis suffise pour motivée une option politique en direction des harratines en commençant par ces régions de l’Est pour cibler dans une optique de discrimination positive les harratines à travers des programmes économiques et sociaux dont notamment les infrastructures de bases adéquates.

Le comité central d’ELHOR s’attendait du chef de l’Etat après la gigantesque marche du manifeste des harratines, qu’il présente dans son discours au nom du peuple mauritanien les excuses aux harratines pour les grandes injustices subies et qu’il aller s’engager à réparer ces injustices historiques et à abolir pour toujours l’esclavage en déclarant que les contrevenant seront désormais sévèrement punis.

Ceci dans une vision de réconciliation nationale en vue d’une Mauritanie réconciliée avec elle même où tous les mauritaniens sont égaux en droit et en devoir et jouissent des mêmes chances et des mêmes traitements.

Malheureusement, notre déception est plus que grande et nos espoirs volés en éclat suite à un Discours laconique, raciste, chauviniste, nourri de haine et de mépris contre les harratines, discours malveillant d’une très grande bassesse et indigne d’un chef d’Etat, discours dont l’auteur doit être incriminé et traduit en justice pour la violation grave de la constitution dont il en est le garant laquelle protège et garanti a tous les citoyens sans distinction aucune contre tout manquement à leur dignité humaine, à leur intégrité, à leur droits fondamentaux, à la reconnaissance de leurs droits d’appartenance de manière entière à la nation, dans ce discours machiavélique l’homme mesquin, malade de ses insuffisances et nourri de haine et de mépris contre les harratines lesquels constituent la composante principale du pays, qualifie ses membres d’illégitimes, de personnes sans statuts et de surcroit sans droits. Il s’agit d’une insulte et d’un manquement grave au principe fondateur de la nation qui ne peut être pardonné.

Il poursuit dans ce discours monolithique : « les harratines sont nombreux et font trop d’enfants et rien ne peut être fait pour eux dans ces conditions » c’est quoi ça ? Ces propos indignes venant d’un président qui se tracasse pour un troisième mandat mérite –t-il une nuit au palais ? Pour ne pas parler de troisième mandat. Nous savons que AZIZ a maintes fois tenté des stratégies visant à réduire le nombre des harratines par notamment la déportation déguisée à travers l’envoie massive en ARABIE SAOUDITE des hartaniyatts en âge de puberté comme travailleuses domestiques en plus de sa politique de coincer l’enrôlement des harratines en vue de limiter au plan statistique leur nombre démographique et aussi, afin d’affaiblir leur poids électoral.

Aujourd’hui, ça devient plus grave et plus méchant et agressif quand dans une vision raciste, un chef d’Etat déclare vouloir limiter le nombre d’enfant chez une seule des composantes nationales, cela devient plus qu’une provocation et agression dont les conséquences sont imprévisibles. Face à ces menaces que le porte parole du gouvernement a développé au cours d’une conférence de presse le jeudi 5 mai 2016, nous demandons l’intervention des nations unies pour éviter la mise en œuvre de ce projet visant l’extermination des harratines, afin que le groupe arabe esclavagiste puisse dominer au plan démographique et de continuer à gérer unilatéralement les affaires du pays, excluant ses noirs, étant entendu qu’il s’agit d’un projet qui constitue un crime contre l’humanité et ces auteurs doivent être interpelés par la CPI de la HAYE.

Bien que ces craintes ont été exprimées par Monsieur Samory Ould BEYE, Président du mouvement EL HOR dans ses lettres adressées aux Nations Unies sonnant le cri d’alarme. MOHAMED ABDEL AZIZ, dans son émiettement, qu’il ignore tout, sur l’histoire et la civilisation de ce peuple dont il en est étrange, nous lui disons pour sa gouvernance que les harratines sont les premiers occupants de ce bled et constituaient tout au long des âges la force économique et sociale. Leurs activités sont liées à la terre notamment l’agriculture d’où est venu selon les historiens le nom (harrathines) : cultivateur dont la déformation toujours selon les historiens a donné le nom harratines. Ces populations sont connues comme, hommes intègres dignes, respectueux…, généreux, ayant leurs valeurs humaines et culturelles très profondes inspirées de l’islam.

Nous disons à AZIZ qui ignore l’histoire de son peuple bien que nous savons que les raisons sont multiples qui font que l’homme ignore l’histoire de son pays de résidence, nous lui disons que les harratines sont les premiers à avoir épousé la religion de l’islam dans ce bled, une des preuves incontestables est le medih du prophète DIEU salue sur lui, les harratines incarnent depuis toujours les valeurs et culture islamique ainsi que les rites du prophète dans ses pratiques et son esprit ceci dit, les harratines pratiquaient le mariage dans le respect des règles rituelles du prophète, leurs fils sont bien légitimes comme leurs pères et ascendant, ils sont aussi plus mauritaniens que ceux qui s’adjugent la paternité sur les autres.

Les cas dont il fait allusion concerne les viols commis sur les paisibles hartaniyattes par ses esclavagistes cet qui produisaient illégalement des enfants en violation des préceptes de l’islam, le témoignage éloquent de ces pratiques n’est autre que son actuel ministre de la justice, l’architecte réel des transgressions programmées de notre constitution de l’esclavage que nous avons de tout temps dénoncées et inviter l’Etat à les bannir, ont toujours été niés par Mohamed Ould Abdel Aziz dans une contradiction flagrante : « inaugurer une cours de justice spéciale pour l’esclavage et en même temps déclarer que l’esclavage n’existe plus en Mauritanie ». Nous savons que AZIZ est brisé par 3 faits auxquels il ne s’y attendait pas au meeting. Ces faits sont :

1- Le public n’était pas nombreux comme il s’y attendait ;

2- Le public était à 90%, des harratines qu’il déteste et méprise, venus espérant entendre des promesses pour des projets à même d’alléger leurs souffrances, eux les laissés pour compte, qui ignore que le président n’est pas du tout le président de tous les mauritaniens ;

3- La ferveur manquait à ce meeting pour évidement de multiples raisons relatives à l’absence de crédibilité chez l’homme.

Cette image noire a déstabilisé l’homme qui d’échec en échec titube encore et cherche à tromper une population innocente pour un plébiscite dans l’horizon…

Evoquant la dissolution du sénat et la création éventuelle des conseils régionaux dans une vision de faire revivre le système traditionnel et tribal qui seront renforcer dans le cadre de cette vision étroite et chauviniste visant à éloigner les harratines de la gestion des affaires de ce pays.

Ceci-étant, le mouvement EL HOR exige que MOHAMED OULD ABDEL AZIZ présente ses excuses aux harratines et à travers eux à tout le peuple mauritanien. ELHOR, appelle à tous les harratines à se mobiliser pour combattre le chauvin MOHAMED ABDELAZIZ, qui a été incapable d’être le président de tous les mauritaniens comme il a échoué dans sa gestion des affaires de l’Etat.

Pour le mouvement EL HOR

Le Comite Central

Nouakchott, le 08/05/2016

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Regards d’Ailleurs reçoit Hamadi Soh

13178561_866773980116395_8997905328055623947_nRegards d’Ailleurs reçoit Hamadi Soh, SG FPC Europe occidentale
Secrétaire national des relations extérieures du mouvement FLAM jusqu’en 2014, Hamadi Soh milite activement au sien des Forces progressistes pour le changement (FPC) depuis sa création en 2014, dont il est le Secrétaire général de la fédération de l’Europe Occidentale.
Depuis le congrès de création du parti en octobre 2014, ce dernier n’est toujours pas reconnu par l’État mauritanien, mais les FPC participent néanmoins à la vie politique mauritanienne. Entre conférences, débats et propositions, voire propositions choques comme celle sur l’autonomie. Regards d’Ailleurs revient sur l’offre politique, les difficultés, mais aussi les succès (s’il y en a) des FPC avec son représentant en Europe occidentale Hamadi Soh
Regards d’Ailleurs une émission consacrée à la Mauritanie et sa diaspora
Présentation : Saidou Wane
Chroniqueurs : Nayra Cimper, Nada El Waghaf
Rim-Actu : Setta Camara
Regards sur la toile : Amadou Kane
Kiosque d’RMI : Nayra Cimper
Réalisation : Abdoulaye Sy

 

https://www.youtube.com/watch?v=122oP_OUxWQ

 

Source:http://rmi-info.com

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Samba Mamadou Kamara, un ancien gendarme mauritanien privé de passeport

Pass 2« Si je meurs d’ici-là, la cheffe du centre du bureau Etat-civil de la polyclinique est en partie responsable », nous confie avec amertume Samba Mamadou Kamara, ancien gendarme matricule 2024, né le 31 décembre 1950.

En effet, depuis 26 avril 2016, le retraité a introduit une demande de passeport pour effectuer ses consultations médicales en Espagne. Souffrant gravement d’une maladie rare, Kamara n’arrive pas à décrocher ce document à cause des procédures administratives draconiennes  imposées par le centre de recensement au niveau de la Polyclinique.

« Le motif du refus jusqu’ici demeure l’absence de filiation de mes frères et sœurs »,  déclare avec étonnement l’ancien gendarme… Il a beau jurer qu’il est fils unique, personne n’a daigné l’écouter. « D’abord, pour l’octroi de mon passeport, la cheffe du centre m’a exigé la présentation  des papiers de mes 7 enfants pourtant tous recensés depuis 2013. Chose que j’ai faite. On m’a donné un délai d’une semaine et le jour venu, je ne puis récupérer mon passeport.  La cheffe m’a demandé les papiers d’état civil de mes frères et sœurs alors que je suis fils unique. Je lui ai dit d’aller demander à tous les habitants de Keadi. Nul n’est plus mauritanien que moi, et tout le monde connait l’histoire de ma famille même si désormais mon service à la nation mauritanienne n’a aucune valeur symbolique », raconte Kamara Samba Mamadou avant d’ajouter : «  Si elle veut m’octroyer une filiation que Dieu m’a privée, je s’en serai reconnaissant ».

passLa mise en garde de l’ancien gendarme sonne comme une épée de Damoclès sur la tête de la fonctionnaire de l’administration : « J’ai un rendez-vous médical urgent en Espagne et je ne peux être retenu injustement en Mauritanie car je souffre d’une maladie intraitable en Mauritanie. Et  je préviens, si par une certaine incompétence ou un racisme qui ne dit pas son nom, on me retient ici jusqu’à l’expiration de mon rendez-vous, je porterais plainte contre elle devant toutes les juridictions nationales et internationales. Car il s’agit-là d’une violation d’un droit fondamental  ratifié presque dans toutes conventions adoptées par notre pays ».

Rappelons que les procédures du recensement des populations sont rendues de plus en plus dures par l’agence mauritanienne des populations et des titres sécurisés (AMPTS). Une nouvelle circulaire exigeant des candidats au concours d’entrée de première AS  (des élèves de 10 ans) de disposer obligatoirement d’une pièce d’identité pour accéder aux salles d’examen à partir du mois de juin. A ce niveau d’avancement de l’année scolaire, cette décision a été largement jugée absurde par l’opinion publique. Le cas de l’ancien commissaire Sall Djibril Zakaria avait tout de même mobilisé plusieurs militants. Il a fallu une pression médiatique pour qu’il se voie octroyer un passeport pour répondre à l’invitation de  ses enfants au Canada. passeport

propos recueillis par Sileye Bâ

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Samory Bèye, président du Mouvement El Hor, membre du Manifeste des Haratines: ‘’Nous pouvons dire que, du point de vue de nos objectifs, rien n’a bougé, depuis ces trois ans que nous marchons’’

Samory Bèye, président du Mouvement El Hor, membre du Manifeste des Haratines: ‘’Nous pouvons dire que, du point de vue de nos objectifs, rien n’a bougé, depuis ces trois ans que nous marchons’’C’est la troisième fois que Le Manifeste marche pour réclamer plus de droits politiques, économiques et sociaux. Quel bilan tirez-vous de ces actions?

Samory Bèye : Permettez-moi de remercier, d’abord, tous les membres du Manifeste, ses sympathisants et tous ceux qui ont accepté de lui apporter soutien et solidarité, à l’occasion de cette troisième marche. Par rapport à votre question, En effet, l’esclavage et ses pratiques persistent ; les Haratines continuent à vivre dans la marginalisation, à tous les niveaux : politiques, économiques et sociaux.

On peut considérer que le Manifeste n’a pas fait bouger les lignes comme on l’aurait souhaité mais il ne faut pas perdre de vue que, rassembleur d’une grande diversité de sensibilités, il n’a pas du tout démérité, dans la mesure où il a réussi à préserver sa cohésion et à maintenir le cap. C’est, en soi, un pas. Ces différentes sensibilités du Manifeste sont parvenues, je le rappelle, à un consensus autour de trois axes fondamentaux.

D’abord, que les Haratines constituent une composante différente des Beïdanes ; ensuite, qu’ils sont victimes de l’injustice, de la marginalisation à tous les niveaux, alors qu’ils constituent la plus importante composante du pays ; enfin, qu’ils vont œuvrer ensemble, pour changer cette situation, se battre pour conquérir la place qui est la leur, auprès des autres composantes du pays : maures et négro-africains, dans le respect réciproque des spécificités des uns et des autres.

Le Manifeste a réussi à asseoir les base de cette vision, en poser le premier jalon, ce qui lui a permis de s’imposer, aujourd’hui, en tant que force politique et sociale importante dans le pays, de devenir un interlocuteur de poids, sur la scène nationale, avec sa spécificité culturelle et sociale qu’il entend préserver, promouvoir et défendre.

Nous pouvons dire que le résultat est là. Il peut paraître maigre pour certains mais, dans un contexte d’hostilités, je pense que c’est un premier pas de franchi. Un pas important qui a conduit à une grande prise de conscience de la communauté haratine, avec ses spécificités, sa hartanité.

Comme vous le savez, nous travaillons dans un environnement hostile. Le régime dont nous gênons l’entreprise, pour avoir, surtout, marqué notre différence par rapport aux Beïdanes, ne ménage aucun effort pour saper nos rangs. Tout y passe : tentatives de corruption, de débauchage, d’intimidation…

Mais, grâce à la détermination de ses militants, à la prise de conscience de la jeunesse haratine, le Manifeste a réussi à survivre à ces attaques, à préserver sa cohésion et à poursuivre son noble combat, son combat libérateur. Le Manifeste fait donc tout pour poursuivre le combat.

– Si, je ne m’abuse, aucune de vos revendications n’a donc été satisfaite par le pouvoir. Vous n’avez pas réussi à faire libérer les militants d’IRA, malgré des demandes réitérées. A quoi servent alors ces marches ? N’avez-vous pas l’impression de faire du surplace, comme l’a dit l’un des membres du directoire du Manifeste ?

– Comme je l’ai dit tantôt, le régime en place, je devrais dire le Système qui gouverne le pays, depuis son accession à l’indépendance, n’entend rien céder, nous en sommes conscients. Pire, il fait tout pour torpiller notre action. Mais le Manifeste se bat et continuera à se battre, pour détruire le discours de ce système raciste.

Il existe, aujourd’hui, une jeunesse haratine très consciente, très déterminée à se battre pour déconstruire le système. C’est là un important signe d’espoir. La cause haratine est désormais affirmée, soutenue et défendue.

Le pouvoir fait tout pour bloquer les activités et actions des Haratines. J’en veux pour preuve le cas des dirigeants d’IRA, incarcérés, injustement, depuis bientôt deux ans, pour rien, sinon pour leur position, leur refus du système en place. Malgré les demandes répétées de la communauté nationale et internationale, ces personnalités continuent à croupir en prison.

Le pouvoir se trompe lourdement, en croyant tenir là la solution. Ce n’est pas en embastillant les Haratines qu’on va les faire plier. Ils continueront à se battre, vaille que vaille, pour faire triompher leur cause, c’est dire détruire le système d’apartheid qui gouverne le pays.

– Contrairement aux deux précédentes éditions, les observateurs ont relevé un déficit de mobilisation lors de cette troisième marche. Quelles en peuvent être les raisons ?

– L’important, à mon avis, n’est pas le nombre des marcheurs, mais, plutôt, la qualité et la charge symbolique qu’il y a, derrière, pour porter le message, dénoncer les maux de la communauté, marquer son rejet du système en place. Cette troisième marche a prouvé, une fois encore, la détermination du Manifeste à poursuivre son combat.

De mon point de vue, on aurait pu faire l’économie des querelles intestines, lors de la succession du regretté président Mohamed Saïd Hamody, dans la mesure où le statut et le règlement intérieur avaient défini la règle de succession. La charge devait, naturellement, échoir au premier vice-président, Boubacar ould Messaoud.

C’était très simple. Très pressés, certains ont tenté de changer les règles du jeu. Nous comprenons leur empressements et leur ambitions mais ils doivent s’habituer à respecter les règles du jeu, à se plier aux règles démocratiques de la structure.

Le Manifeste est un ensemble démocratique où des ambitions peuvent s’exprimer, c’est légitime, pourvu, simplement, qu’elles respectent les règles en place. Au terme d’un débat au sein du groupe, nous avons réussi à stabiliser la situation, à surmonter cette difficulté conjoncturelle. Ces querelles ont-elles eu un impact sur la mobilisation pour la marche ? Nous le saurons au terme de notre évaluation.

Ce qu’il nous faut déjà reconnaître, je crois, c’est que nous avons manqué de temps matériel nécessaire pour sa préparation. C’est une tâche ardue et ingrate, j’en sais quelque chose pour avoir présidé, à deux reprises, la commission d’organisation. Cette fois, absent du pays, je n’ai pas pris part aux préparatifs.

Cependant, j’estime que la marche a été à la hauteur ; on a réussi à prouver notre maturité, notre détermination, l’engament de nos militants et sympathisants à poursuivre le combat qu’ils ont enclenché depuis trois ans.

– N’avez-vous pas l’impression que cette marche n’est plus seulement celle des Haratines mais de toutes les victimes des injustices du « Système » qui gouverne le pays depuis son indépendance ? Ne redoutez-vous pas une récupération ?

– La marche, dans sa forme actuelle, peut être interprétée de diverses manières. Chacun peut y aller de sa lecture. Certains peuvent penser qu’il s’agit d’une ouverture à tous les Mauritaniens, parce que le Manifeste pose un problème national et défend une cause juste contre la discrimination.

Quand une question nationale se pose, elle doit interpeller l’ensemble des Mauritaniens qui doivent tous s’unir pour trouver, ensemble, une solution. D’autres peuvent penser que cette ouverture cache une tentative de récupération et de manipulation. A mon avis, il ne faut pas négliger cette préoccupation.

Certes, il faut s’ouvrir aux autres mauritaniens, accepter leur solidarité, partager, avec eux, les préoccupations nationales, les impliquer à la gestion et à l’organisation du Manifeste. mais je pense qu’il ne faut pas en perdre, pour autant, notre âme, les objectifs du Mouvement.

Les Haratines ne doivent plus accepter de tutorat, l’histoire de ce pays leur a montré que les autres communautés, ayant eu en charge la gestion de ce pays, n’ont jamais songé à y associer les Haratines, à les sortir de leur situation. C’est aussi pour cette raison qu’ils doivent rester méfiants et vigilants. Nous retenons cette leçon pas du tout encourageante.

En dépit de tout ce qui a été accompli, il demeure un mur de béton, des mentalités rétrogrades qui s’efforcent à maintenir le système, à le pérenniser. C’est ce qui explique, peut-être, le ton modéré du discours, c’est d’ailleurs l’esprit du Manifeste, à savoir, prendre en compte toutes les susceptibilités, internes et externes. Le Manifeste est le fruit d’un consensus. Cela impacte forcément sur le ton du discours que certains voudraient plus dur, plus radical.

J’ose penser que, petit à petit, les jeunes qui vont prendre la relève ne manqueront pas de redresser la barre. Aujourd’hui, il n’y a rien qui puisse justifier la modération du discours des Haratines, parce que rien n’a changé depuis trois ans ; ils continuent à croupir dans la misère et la précarité, à souffrir de la discrimination.

Ils vivent dans un pays où ils sont considérés comme des maudits, des damnés de la terre. Cette situation exige, de nous, un combat ardent et des sacrifices, pour faire bouger les lignes.

La marche a également prouvé une ouverture du Manifeste aux autres composantes du pays qui ont bien voulu prendre part à la marche, lui témoigner leur solidarité. Le Manifeste prône une Mauritanie où tous les citoyens jouissent des mêmes droits, ont les mêmes chances, les mêmes égalités, un pays débarrassé de l’esclavage et de toutes formes de discrimination.

C’est ce message dont est porteur le Manifeste. Nous l’envoyons, conjointement, à l’Etat et à tous les citoyens de ce pays. La Mauritanie doit être et demeurer un pays de tous, sans discrimination aucune. Je pense que le message et bien passé, même si le Système refuse de recevoir le directoire du Manifeste, refuse de recevoir officiellement le document du Manifeste, de satisfaire ses doléances, réparer les torts causés à la communauté haratine.

C’est vous dire que le défi est énorme et qu’à ce titre, le combat doit continuer, dans toute sa rigueur, contre un système esclavagiste, rétrograde, discriminatoire, incarnant l’idéologie, si j’ose dire, d’apartheid.

Discrimination dans les écoles, dans la répartition des richesses, dans le développement humain durable – certains vivent dans des ghettos – devant la justice, les fonctions publiques, les grades des officiers de l’armée et des forces de sécurité… Le Manifeste ambitionne de déconstruire ce système, pour reconstruire le pays sur des bases saines. Un pays égalitaire, démocratique et juste. C’est la philosophie du Manifeste.

– Que pensez-vous de la mise en place de la commission nationale de prévention contre la torture ?

– La mise en place de cette commission souffre d’un déficit de transparence. Je dirai, même, qu’elle a été, comme tant d’autres inventions du Système, taillée sur mesure. Des postulants remplissant tous les critères objectifs de sélection ont été écartés, tout simplement pour ne pas gêner le pouvoir. Mon cas en est une illustration parfaite.

J’ai constitué un dossier solide, en ma qualité de syndicaliste et d’activiste des droits de l’homme, mais je n’ai pas été retenu. Personne dans ce pays et, même, ailleurs, n’ignore le rôle de Samory dans le mouvement syndical et dans celui des droits de l’homme mais, à ma grande surprise, mon dossier a été rejeté.

Tous les corps ont été représentés, sauf les syndicats, un corps social pourtant très présent, dynamique. Je ne peux que dénoncer cette manière de faire, cette volonté de monter des commissions faire-valoir, en lieu et place de structures à même de défendre les véritables causes.

Cette manière cavalière prouve, une fois encore, que le pouvoir persiste dans sa politique de fuite en avant, de discrimination, et autre marginalisation. A chaque fois qu’il tente un pas en avant, il rétrograde de deux pas en arrière. C’est cette hypocrisie que nous dénonçons et continuons à dénoncer, à la CLTM, au Mouvement El Hor et au parti El Moustaqbel.

Propos recueillis par Dalay Lam

le calame

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Contrepoint | Le port du voile, plus culturel que religieux

Contrepoint | Le port du voile, plus culturel que religieuxAux ilots A, Cheikh Tidiane Ly, enseignant arabe de son état, était catégorique dans un débat, face à des mauritaniens à l’écoute sur le port du voile en Mauritanie. Très versé dans les questions religieuses, selon lui, « le voile intégral est culturel et non islamique, il n’y a aucun texte religieux, ni le Coran encore moins un hadith, qui encourage le port du voile intégral ». Je défie quiconque de me démontrer le contraire? a-t-il affirmé, mettant à dos certaines interprétations qui rament à contre-courant. Selon Cheikh Tidiane, le voile intégral relève de la culture « et celle-ci n’a rien à voir avec l’islam, celles qui portent la burqua ou le niqab, peuvent être de mauvaise foi ».

Il va poursuivre son argumentaire par un avertissement, « nous devons être vigilants, car certains soi-disant sunnites se cachent derrière ce voile intégral pour faire des actes qui sont en porte à faux avec l’islam ».

Citant le livre « rissala », l’enseignant arabisant confie que si un jugement islamique est dévoyé jusqu’à présenter une menace, un risque ou troubler l’ordre public, les érudits doivent se réunir pour l’abroger. Pourquoi ? Parce que pour lui, « religion et société vont de pair ; elles sont indissociables ».

L’homme fera une invite à l’assistance : « Allons lire le verset 59 de la sourate, les coalisés, (O Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées, Allah est Pardon et Miséricorde) ». Avant d’éclaircir : « le Fikh (jurisprudence) précise que le port du voile se ramène à la poitrine ». A l’en croire, « nous devons distinguer la bonne graine de l’ivraie ».

Il met aussi à nu des pratiques machiavéliques de certains. « Ceux qui disent qu’ils enseignent aux femmes l’islam pour développer une proximité ont tout faux. Le Prophète (PSL) dispensait des cours devant sa mosquée. Après son union avec Aïcha, cette dernière était chargée d’éduquer les femmes. C’est cela la vérité », objecte M. Cheikh Tidiane Ly.

Le débat religieux dans les ilots A, initié par un groupe de femmes, verra un fécond échange sur la religion qui obéit à des fondamentaux qui reposent sur des enseignements clairs. « Nous sommes dans un pays où certains esprits malintentionnés se cachent derrière le voile pour faire des actes répréhensibles, à l’image des infanticides, notre pays bat le record des bébés tués ».

Comme quoi, le voile qui focalise toute les attentions dans les pays européens est une question de culture et non de culte, des femmes le portaient même pour se prostituer. Le port du voile intégral est antérieur à l’islam. Toutefois sur son cas, les avis restent très partagés. Quand certains affirment clairement leur approbation pour lui, d’autres prennent une position discordante.

ADN

Source : Rédaction Cridem

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