Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Souleymane Bachir Diagne invite l’Europe et l’Afrique à regarder dans la même direction pour ‘’retisser’’ leur lien

Paris, 9 avr (APS) – L’Europe et l’Afrique doivent regarder dans la même direction pour ‘’retisser’’ leur lien et ‘’faire communauté’’, a estimé le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne.

De l’envoyé spécial de l’APS, Ousmane Ibrahima Dia

‘’La meilleure manière de retisser un lien, de faire communauté, c’est de regarder dans la même direction et de se fixer des objectifs communs’’, a-t-il dit.

L’enseignant à l’université de Columbia aux Etats-Unis s’exprimait récemment à la fin du colloque ‘’(Re)fonder le lien Europe-Afrique’’, organisé à l’Auditorium du journal Le Monde, à Paris, par les magazines Le Monde diplomatique et Continent premier.

Des diplomates, d’anciens ministres, des chercheurs, des économistes, des jeunes de la diaspora, etc., ont participé à cette rencontre qui entre dans le cadre du ‘’Gingembre littéraire’’ initié par le directeur du magazine Continent Premier,  Gorgui Wade Ndoye, un journaliste sénégalais basé à Genève.

La nécessité de bâtir une nouvelle relation entre les deux continents a été abordée pendant une journée à travers trois tables-rondes ‘’Europe-Afrique : dialoguer autrement’’, ‘’Relations économiques, de la verticalité Nord-Sud à l’horizontalité d’un partenariat entre égaux’’ et ‘’La nouvelle géopolitique, une chance pour renouveler la relation Europe-Afrique ?’’.

Dans son propos de clôture, le philosophe a vanté une ‘’Afrique nouvelle’’ qui se met en place dans la perspective d’‘’un futur souhaitable’’ à co-construire avec l’Europe.

‘’Il est question de construire un lien avec une Afrique nouvelle. Une Afrique qui a pris conscience d’elle-même, avec les atouts que représentent ses ressources naturelles, mais aussi démographiques, pourvue que ces populations soient bien formées et mises en situation d’entreprendre, d’innover et de créer’’, a-t-il souligné.

Selon lui, le colloque ‘’a permis de voir profond et de voir large sur un sujet qu’est la refondation de la relation entre l’Europe et l’Afrique ; quelles actions devons-nous entreprendre aujourd’hui en vue d’un futur souhaitable à co-construire dans la relation entre l’Europe et l’Afrique’’.

Affronter le poids de l’histoire

Il a souligné que ‘’dans cette démarche, l’histoire a toute son importance et a son poids’’. L’histoire entre l’Europe et l’Afrique étant ‘’une histoire qui pèse, ce poids il faut l’affronter’’, a-t-il suggéré.

Après l’afro-pessimisme, une ‘’Afrique nouvelle’’ se met place et construit ‘’de plus en plus son propre agenda’’, qui est celui ‘’d’un panafricanisme revivifié’’, a-t-il salué.

Il a rappelé l’avènement, depuis janvier 2021, de la Zone de libre échange continentale (Zlecaf). ‘’(…) ce n’est pas rien. Cela veut dire que la direction est prise. (…) L’idéal fédéraliste s’est au fond réveillé’’, a-t-il dit, non sans reconnaître que la démocratie ‘’est en très mauvaise santé’’ sur le continent, comme dans le reste du monde d’ailleurs.

Selon lui, ‘’l’Afrique est en train de développer des partenariats et entend développer des relations avec elle-même’’.

‘’Cela veut dire que les pays africains eux-mêmes sont en train d’avoir des politiques africaines’’, s’est réjoui le philosophe.

Dans le cadre de ces partenariats, dit-il, le continent entend que ‘’son propre agenda’’ soit pris en compte, a-t-il dit.

Il a rappelé que ‘’ce qui a établi une asymétrie dans les relations entre l’Europe et l’Afrique, c’est que l’Europe avait son agenda’’ alors que ‘’l’Afrique ne semblait pas avoir d’agenda’’.

Souleymane Bachir Diagne a évoqué la construction d’une Afrique qui n’est plus celle des ‘’liens verticaux’’ avec l’ancienne puissance coloniale, symbolisés par le fait que la plupart des infrastructures-routes et chemins de fer-partaient des points d’extraction des richesses jusqu’à la côte. Il s’agit maintenant, selon lui, de mailler l’Afrique en infrastructures pour construire l’espace africain.

L’enseignant a relevé que c’est dans ce cadre qu’il y a un agenda qui indique qu’il faut accorder la priorité aux infrastructures, pour que l’Afrique ‘’soit véritablement unie’’. Cette perspective permet que l’on puisse quitter, avec sa voiture, Dakar pour se rendre à Lagos, a-t-il encore dit.

“S’endetter pour construire des infrastructures a un sens”

Partant de là, il ne faut pas s’étonner de la place importante qu’a prise la Chine sur le contient, a estimé Souleymane Bachir Diagne.

Il a rappelé que ce n’était pas la tradition des puissances européennes d’investir dans les infrastructures qui estimaient qu’il y avait ‘’très peu de rendement, de retour sur investissement’’ dans les infrastructures.

Selon lui, la Chine présente l’intérêt pour les pays africains d’investir dans les infrastructures, c’est-à-dire de faire en sorte que l’Afrique ‘’soit un espace unifié, un espace plus homogène possible’’.

Par rapport aux voix qui s’élèvent contre cette politique, il a déclaré : ‘’On a raison de dire qu’il faut se méfier ; qu’il ne faut pas qu’on soit prisonnier de la dette, mais il y a de bonnes et de mauvaises dettes. S’endetter pour cela a un sens. Et de toutes les façons, tout le monde s’endette vis-à-vis de la Chine. Ce n’est pas pour rien qu’elle est la deuxième puissance économique mondiale (…)’’.

Pour sa part, l’ancien ministre des Affaires étrangères, du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio, a estimé que refonder le lien entre l’Europe et l’Afrique prendra du temps à cause du passif humanitaire lié à l’esclavage, la colonisation et le post-colonialisme.

Selon lui, il faut ‘’inventer une nouvelle relation’’ et ‘’ne pas vivre dans l’amertume’’.

Les Africains peuvent prendre leur destin en main grâce aux nombreux atouts dont regorge le continent, de l’avis de M. Gadio.

Défaut de leadership

‘’Nous avons tout. Nous sommes le continent potentiellement le plus riche du monde. On a un milliard de jeunes, des terres qui nous permettent de nous nourrir. On a toutes les ressources naturelles du monde. Il nous manque juste un leadership’’, a-t-il dit.

Selon lui, l’Afrique doit réfléchir et régler elle-même ses propres problèmes.

‘’Nous sommes des adultes. Nous voulons prendre notre destin en main. Nous voulons régler nos problèmes, qu’on arrête de réfléchir pour nous’’, a-t-il exhorté, déplorant l’existence de ‘’20 vingt stratégies’’ pour le règlement de la crise sécuritaire au Sahel.

Il a déclaré que ‘’vingt stratégies Sahel ont effondré le Sahel’’. Reprenant une expression des jeunes en guise de conclusion, il a dit : ‘’Tout ce qui se fait pour nous, sans nous, se fait contre nous’’.

OID/ASG

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DEVOIR DE MÉMOIRE: 9 AVRIL 1989 À DOUNDÉ KHORÉ.

Il y a un engouement nouveau qui pousse beaucoup de gens et parmi eux beaucoup de jeunes à se précipiter de manière désordonnée à la candidature de la députation. Quelles en sont les réelles motivations ? Le salaire à plus d’un million ou l’illusion de penser que l’Assemblée Nationale est autre chose qu’une chambre d’enregistrement des décisions de l’Etat profond ?
A part des prises de parole chronométrées qui font un buzz, relatif d’ailleurs, sur les réseaux sociaux que se passe-t-il réellement au Parlement sinon les validations de propositions de lois qui trop souvent vont à l’encontre de nos intérêts.
Sans une coalition forte de changement toute tentative est ridicule et contre-productive. 
Un député dans le contexte actuel, qu’il soit du pouvoir ou de l’opposition, n’a franchement qu’une portée symbolique. Mais quand même c’est un symbole que nous devons confier à ceux, comme Samba Thiam, qui ont la profondeur nécessaire.
Pour l’instant nos politiciens nous précipitent vers une vaste farce.
Aboubacar Soumaré dit AKA
 Maire  de Sebkha.
Source:  Facebook
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Ibrahima Mifo SOW, candidat de la diaspora aux législatives pour la circonscription Amérique du Nord : ‘’ Notre domination est si évidente que l’on est incapable d’imaginer à quel stratagème le système pourrait recourir pour nous faire échouer’’

Le Calame : La coalition CVE – CVE/VR vous a choisi pour défendre ses couleurs aux prochaines législatives dans la circonscription Amérique du Nord. Pouvez-vous nous dire la composition de cette circonscription ? Combien d’électeurs potentiels y sont inscrits et dans quelles conditions ?

Ibrahima Mifo SOW : Notre candidature a été suscitée et soutenue effectivement par les coalitions CVE-CVE/VR et le mouvement IRA en Amérique du Nord, mais elle est aussi et surtout solidement portée par un extraordinaire élan d’adhésion de toute notre diaspora qui se reconnait dans notre combat contre le système discriminatoire nationalitaire qui n’hésite même plus maintenant à transposer son funeste dessein contre nos compatriotes vivant en exil. Nous sommes réconfortés aussi par la présence à nos côtés de notre frère et ami Bakari Tandia, en tant que notre suppléant. Abou est un champion confirmé des droits de l’homme et des causes justes. Ces élections législatives se dérouleront uniquement aux USA alors que la circonscription électorale était supposée couvrir également le Canada et le Mexique. C’est une décision discriminatoire du pouvoir que nous avons vigoureusement dénoncée quand elle a été portée à notre connaissance. Elle n’est pas seulement qu’une confirmation de la gouvernance par des demi-mesures – qui est la caractéristique principale de ce régime -, mais ce qui inquiète davantage c’est qu’elle s’inscrit dans la même logique préférentielle qui fonde les pratiques politiques du système. Il n’y a qu’à voir le tri ethniquement orienté des pays étrangers dans lesquels nos compatriotes voteront pour s’en convaincre ! A l’arrivée, seulement 2 678 mauritaniens sont parvenus à s’inscrire ici pour les élections à venir. Pour beaucoup, c’était un véritablement parcours de combattant ! Imaginez, devoir voyager pendant plus de 24 heures, souvent sous des conditions climatiques extrêmes, pour aller s’inscrire et avec la perspective d’avoir à subir la même épreuve pour pouvoir voter un plus tard !

La diaspora s’est beaucoup plainte du nombre réduit de bureaux d’enregistrement pendant le Ravel mais en même temps en termes de bureau de votes. A votre avis qu’est-ce qui s’explique cette décision des autorités ? Avez-vous saisi qui de droit et quelle a été la réponse ?

 Il faut remarquer que tout le monde n’était pas logé à la même enseigne. Les Mauritaniens ici, aux USA en particulier, se regroupent, naturellement, par affinité de communauté ethnique d’origine et par zone de prédilection. Le pouvoir, qui pilote la CENI, s’est saisi de cette réalité pour pourvoir les principales villes de résidence de nos compatriotes qui lui sont favorables de centres de recensement. De notre côté, il nous a fallu batailler fermement contre ces choix inégalitaires, voire racistes, pour que l’on daigne déconcentrer un peu les opérations d’enrôlement, par le déplacement de court terme d’un agent de la CENI vers certains centres urbains où habitent des Noirs mauritaniens. Comment peut-on justifier autrement que par pure combine raciste, par exemple, qu’un centre de recensement permanent soit installé à la Louisiane pour s’occuper de moins de deux cents (200) potentiels électeurs alors que l’on tenait à ignorer la grande métropole Columbus où réside le plus grand nombre de Mauritaniens aux USA ! Ce qui s’est passé durant ce RAVEL ici est un favoritisme flagrant, à ciel ouvert, un fait accompli qui ne s’embarrasse d’aucun scrupule. Exactement comme le sont devenues toutes les discriminations subies par certaines communautés nationales en Mauritanie même.

 Vous aurez certainement à faire face à plusieurs concurrents dans votre circonscription. Quelles sont les chances de votre coalition pour remporter ? Avez-vous le sentiment qu’on s’achemine vers des élections libres et transparentes, le 13 mai prochain ?

 Nous ne craignons pas la concurrence. Au contraire, nous la trouvons indispensable en tous domaines et, en particulier quand il s’agit de gagner la confiance de ses compatriotes pour des charges aussi sensibles que celles de la représentation. Nous vivons depuis longtemps dans un environnement où la compétition, la compétitivité est la norme, la règle de vie. Mais bien évidemment, cela n’a de sens que quand les règles du jeu et les conditions d’arbitrage placent les différents concurrents au même pied d’égalité. Les interférences manifestes du pouvoir déjà observées en amont sur l’exécution des opérations déterminantes du recensement présagent la volonté de fausser les résultats des élections à venir. Mais notre domination est si évidente que l’on est incapable d’imaginer à quel stratagème le système pourrait recourir pour contrecarrer le destin.

Quels problèmes de la Diaspora allez-vous défendre au parlement, une fois élu député ?

Nous avons décliné notre programme sous forme d’objectifs, parmi lesquels : meilleure réinsertion des émigrés qui retourneraient au pays, pleine jouissance de leurs droits de retraités indifféremment dans les deux pays, rapprochement plus efficace de notre administration consulaire des lieux de résidence de nos compatriotes pour la prise en charge de leurs préoccupations, règlement de leurs problèmes d’état civil (un nombre considérable des membres de notre diaspora restent privés de leurs papiers mauritaniens), reconnaissance conséquente par l’Etat du rôle très important de la diaspora dans le développement de notre pays en lui consacrant un statut particulier… Mais les questions et enjeux nationaux nous interpellent aussi en tant que citoyens dont la vie, pour la plupart, a été marquée par les problèmes internes. Nous leur consacrerons, de ce fait, toute l’énergie que demande leur résolution.

 Au sortir d’une audience accordée par le Président mauritanien, la représentante des Nations-Unies en Afrique de l’Ouest et le Sahel a félicité le gouvernement pour la bonne préparation des prochaines élections. Votre réaction ?

 J’ignore de quelles conditions elle parle, mais ce que je constate sur le terrain, au niveau de la circonscription qui me concerne, c’est que des anomalies graves, capables d’entacher la crédibilité de ces élections, ont caractérisé la mise en œuvre de la phase d’exécution du recensement des membres de notre diaspora. En plus des cas observés d’inégale disponibilisation des centres d’enrôlement pour nos compatriotes selon qu’ils soient favorables ou non au pouvoir, il y a aussi que la durée consacrée au recensement en Amérique du Nord y a été injustement plus court. Je recommande donc aux observateurs étrangers, prompts à décerner des satisfécits, d’être un peu plus regardants sur les détails que ces régimes corrupteurs dissimulent sous des apparences reluisantes. Ces détails qui leur échappent font toute la différence.

Propos recueillis par Dalay Lam

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Le président Ghazwani aurait-il un dauphin? par ELY OULD KROMBELE, FRANCE

Si l’histoire est le récit des événements du passé, le passé, lui, doit nous interpeller sur les enseignements des réalités empiriques léguées par nos prédécesseurs. Il est vrai que les enseignements tirés de notre histoire commune, nous instruisent souvent peu ou prou. Acteurs ou spectateurs de notre ” comédie humaine”, n’est-il pas temps de jeter par simple curiosité, un regard, soit-il furtif, sur l’exercice du pouvoir en général, et de manière particulière en Mauritanie? Car cette vieille entreprise humaine qu’est l’exercice du pouvoir, loin d’être une science exacte, ne découle plutôt que d’un mécanisme de valeurs intrinsèques, donc propres à  chaque acteur qui veut exercer ce pouvoir. Ainsi sont pris en compte la caractériologie dérivée de l’inné, de l’acquis, ou de l’environnement hostile, ou propice à chaque prétendant; d’où la grande différence d’approches dans la méthode de gouverner. Cependant, il arrive que la vraie personnalité d’un homme ne se dévoile qu’à l’instant même où il est au sommet de sa gloire. Allah m’a donné la longévité qui m’a permis d’observer le comportement de certains de mes contemporains, avec qui j’ai partagé la jeunesse, et qui , dès que nantis d’une situation lucrative ou régalienne, changent totalement, deviennent capricieux, le vent en poupe, comme si, auparavant ils n’étaient pas sortis libres du vendre de leurs mamans. Pour  ces carriéristes qui placent la fonction et surtout l’argent au-delà de l’intelligible, le vis-à-vis n’est qu’un niais du parterre, qu’il faut soit piétiné ou au demeurant méprisé. C’est ce qui a trompé l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, surpris par la brusque hargne désobéissante du président actuel Mohamed Ould Cheikh Ghazwani, après plus de 40 ans d’effacement devant l’envahissante impériosité et surtout le culte de la personnalité que cultive l’ancien président. Pourtant Ghazwani, avant sa sortie de la caverne, a toujours fait son job correctement, car il sert d’abord la République. Et  tant qu’il n’avait pas le pouvoir, il n’interférait dans aucun sujet ni sensible ni anodin, pour autant qu’on ne lui avait pas demandé son avis.  C’est ce qu’on appelle la sagesse. A noter que depuis le jour où il est devenu président, c’était à Aziz de jouer désormais dans l’arrière-cour avec la sincérité et le dévouement dans les actes, comme il en a bénéficié lui-même de la part de son  successeur. Tout cela n’a pas fait comprendre à Mohamed Ould Abdel Aziz, que chaque chose a une fin, que les privilèges ne sont pas éternels. Ainsi l’on est en droit de se demander pour le cas spécifique de la Mauritanie si le système du dauphinat, est légitime et surtout s’il est productif?  Ne porte-t-il pas en lui-même les germes de son inefficacité? Enfin que se passerait-il, si un jour Ghazwani décidait de prendre à son tour un dauphin, en la personne par exemple du ministre de la défense, le général de 2ème section Hanena Ould Sidi, qu’on dit très proche de lui ?

  AZIZ-GHAZWANI : LA RUPTURE

   Même un dauphin constitutionnel peut s’avérer votre pire ennemi. Dès que vous tournez les talons, il sera en droit et en mesure de déconstruire tout ce que vous avez pourtant édifié ensemble. Mais dans ce cas de figure, Ghazwani est une exception, car on reproche même au président actuel de n’avoir pas  aussitôt  eu la volonté de se démarquer des orientations de son prédécesseur, qui au contraire fait tout pour déstabiliser son pouvoir. 

   Dans l’histoire africaine post-indépendance, on peut citer des exemples frappants. Au début des années “80”, le premier président du Cameroun Ahmadou Babatoura Ahidjo avait pris pour dauphin Paul Biya. Et puis les relations se sont détériorées et Ahidjo a même voulu reprendre le pouvoir. Mais c’est sans compter sur le manoeuvrier Paul Biya, qui est encore aux commandes, en vieillard sénile, tandis que Ahmadou Ahidjo est mort en exil, à Dakar le 30 novembre 1989. Les exemples ne manquent pas où les dauphins tentent d’effacer les traces même de ceux qui les avaient pourtant choisis pour leur succéder. Plus près de nous le cas du président sénégalais Macky Sall avec l’avocat célèbre et ancien président Abdoulaye Wade.  Macky a fini par emprisonner le fils de  Abdoulaye Wade, le fameux Karim. A l’exception mauritanienne, le système du dauphinat en Afrique comme il s’est passé au Bénin (Yayi  Boni avec Patrice Talon), en Angola (Dos Santos avec l’actuel président Jonas Lourenço)…n’a jamais produit les résultats auxquels le prédécesseur s’attendait, ou vis versa. 

  En Mauritanie, je défie quiconque de prouver que c’est Ghazwani qui a été à l’origine de la brouille avec Aziz. Si Aziz n’avait pas un caractère aussi particulier, il aurait été traité avec tous les égards dûs à un ancien chef d’Etat et ami de longue date, malgré tout ce que la majorité des mauritaniens lui reproche. Il faut reconnaître que les relations entre les deux hommes se sont totalement détériorées pour atteindre un point de non-retour. Si un jour nous devons consulter les annales de notre Histoire Nationale, pour savoir qui a raison, je ne douterai  pas que les Mauritaniens sincères sauront rendre un verdict juste.

  GHAZWANI-HANENA : LA LUNE DE MIEL, JUSQU’A QUAND?

   Sans mettre la barre plus haut, nous nous conterons de reproduire la remarque pertinente de la jeune servante de Thrace, il y a de cela plus de deux millénaires et qui a raillé l’éminent philosophe Thalès (à l’origine de l’axiome qui porte son nom), quand il tomba dans un puits, en “observant les astres”, au lieu de regarder autour de lui. Ainsi donc je suis persuadé qu’au lieu de penser à  une quelconque présidentielle,  le ministre de la défense ne doit, ne peut s’occuper que de questions sécuritaires inhérentes aux différentes missions des deux institutions, à savoir l’Armée et la Gendarmerie qu’il commande directement. Car il y a du grain à moudre et les récents événements liés à l’évasion des terroristes illustrent bien le rire devenu historique de la petite servante de Thrace. 

   Pour dire vrai, beaucoup de mauritaniens, qu’ils soient issus de l’opinion, des médias sérieux, de la sphère politique  ou même de l’intelligentsia, parlent de plus en plus du tandem Ghazwani -Hanena comme étant irréversible, pouvant ainsi aboutir à la conclusion d’un possible “dauphinat”. Certains esprits malintentionnés vous diront à cor et à cri que Ghawani est même sur le point de choisir Hanena pour lui succéder à la présidentielle de 2024 !!!. Je ne pense pas que ce soit une bonne initiative pour la Mauritanie, surtout pour la présidentielle de  2024, encore moins pour 2029, si  toutefois Ghazwani devrait briguer un second mandat (ce qui est vraisemblable). Le système du dauphinat a montré ses limites et il n’est pas inscrit dans le marbre que le choix d’un président sortant pour un dauphin constitutionnel, soit une bonne initiative, autrement une aubaine capable de raffermir la bonne gouvernance et améliorer surtout les conditions socio-économiques au profit des populations d’un pays.

  Le général HanenaOuld Sidi, en tant que ministre de la défense d’un pays aux portes du Sahel, doit d’abord s’atteler à la performance de son Armée. L’homme doit diriger et exécuter les décisions prises en conseil de défense. Il est aussi le garant de la sécurité nationale devant le gouvernement. Depuis 2019, qu’il est au ministère de la défense nationale, il avait le devoir de faire connaître la doctrine d’emploi élaborée par notre Armée. D’autant que la stratégie de presque toutes les Armées du monde s’articule autour de 4 points essentiels : prévention, dissuasion, protection et enfin intervention. Et c’est l’Etat-Major National qui doit se charger de l’application et de l’exécution de ces éventuelles opérations militaires. J’attire l’attention également du ministre que le monde dans sa sphère géopolitique, évolue vers une bipolarité entre un Occident jadis dominant et un autre pôle qui se concrétise, et dont l’embryon se dessine à travers le rapprochement Chine-Russie. La Russie, qu’il ne faut surtout pas ignorer, ni défier est à nos portes, présente désormais au Mali, probablement demain au Burkina et…encore. Je vous recommande de diversifier notre partenariat stratégique avec tous ces acteurs et ne pas l’orienter exclusivement vers les pays occidentaux, particulièrement la France et son encensoir qu’est le G5 Sahel. Il faut savoir tirer profit de la coopération bilatérale, d’où qu’elle vienne et pourvu qu’elle tienne compte  de notre souveraineté. Coopération oui, compromission, non…Il faut inscrire cet axiome dans notre doctrine d’emploi des Armées. Si vous faites pencher la balance du côté occidental, attention Wagner est à quelques encablures de Bassiknou,  et de Adelbagrou et un incident peut vite arriver. C’est une spécialité Russe quand elle se sent humiliée…Enfin et toujours dans le cadre de notre politique de défense, je constate qu’au moment où les “pauvres” pays que sont le Mali et le Burkina se prévalent de la possession de dizaines de drones de surveillance et d’attaque, la Mauritanie est dans l’expectative?  Peut-on savoir pourquoi, car nous avons le droit d’être informés sur l’avenir de notre nation commune? La Mauritanie a toujours été la pionnière de la sous-région en matière de lutte contre le terrorisme, pour défendre son intégrité territoriale, ses citoyens et leurs biens. Le chemin de la présidence passe par un satisfécit sans faute d’abord à partir du ministère de la défense nationale.  

   Vous voyez mon général, le chemin est long, et en citoyen mauritanien, j’ai le droit et le devoir de me préoccuper des performances ou des lacunes d’un ministère dont vous avez la charge et qui porte en lui, l’existence de notre patrie. Vous êtes un officier doué , vous connaissant depuis le grade de sous-lieutenant, très méticuleux, soucieux du petit détail. Alors mettez en exergue vos compétences militaires variées car vous ne ferez jamais un bon politicien. Si vous ne me croyez pas, en écoutant plutôt le chant des sirènes qui vous exaltent, essayez et vous serez moins performant que votre ennemi de toujours Mohamed Ould Abdel Aziz.

    En 2029, après le second mandat de Ghazwani, vous aurez plus de 70 ans, et ce n’est pas l’âge idéal pour briguer la magistrature suprême. Ghazwani, en ce moment  précis doit laisser les mauritaniens organiser des élections transparentes et céder la place à un quinqua ou un sexagénaire expérimenté, patriote, de bonne moralité, soit-il ancien militaire ou civil. Car le système du dauphinat ne sert ni le prédécesseur, ni le successeur, encore moins la nation, c’est plutôt un frein à l’exercice démocratique, un leurre pour tous les protagonistes./ .

le calame

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Le ministre mauritanien de l’habitat insulte notre communauté.

Le ministre mauritanien de l’habitat, M. Sid Ahmed o/ Mohamed, en campagne électorale aux USA pour le parti Insaf,  a saisi l’occasion d’un arrêt inopiné pour la prière de vendredi à Roselawn Mosque de Cincinnati pour exprimer publiquement tout le mépris que lui et le pouvoir de Nouakchott ont pour la diaspora mauritanienne en Amérique du Nord. 

Le ministre, dans sa prise de parole teintée de son de cloche laborieuse, a raté sa communication hachée, hargneuse et inopportune, n’ayant aucunement de considération ni pour la sacralité des lieux, ni encore moins pour la dignité de l’audience composée de responsables religieux et coutumiers de la communauté locale. 

En traitant littéralement les Mauritaniens de la diaspora nord-américaine de faussaires qui se servent de subterfuges pour bénéficier indûment de l’asile, ce ministre en service commandé de l’Insaf poursuit, à l’extérieur, la hideuse politique nationaliste de persécution de pans entiers de nos populations poussées aux affres de l’expatriation. Les propos injurieux de ce monsieur ravivent en chacun de ces compatriotes les stigmates indélébiles des torts subis sur le sol de leurs origines que des années d’exile n’ont parvenu à effacer. 

La diaspora mauritanienne n’a point besoin d’un ministre insensible à leurs préoccupations et qui se mêle dans une opération de dénigrement de ses concitoyens qui savent mieux que quiconque la réalité qu’ils ont vécue.  

On ne dicte pas sa loi à la diaspora de l’Amérique du Nord qui, aujourd’hui comme hier, n’a jamais cessé de remplir ses devoirs vis à vis de la patrie et qui ose, n’en déplaisent à ses détracteurs, réclamer ses droits en toute responsabilité assumée. 

Indignée par les propos légers, rétrogrades et offensants du ministre O/ Mohamed, la diaspora mauritanienne de l’Amérique du Nord :

– Condamne avec la dernière énergie ses allégations aussi mensongères qu’irrespectueuses ;

– Exige de lui et du pouvoir des excuses publiques pour le tort moral subi et sans doute partagé par l’ensemble des ressortissants mauritaniens;

– Considère la sortie du ministre indigne de son statut, mais parfaitement conforme à la stratégie désespérée d’occultation des tristes réalités nationales vécues par beaucoup de nos concitoyens.

– Reste engagée dans le combat pour une Mauritanie juste, libre et égalitaire ;

– Exige la tenue d’élections libres, crédibles et transparentes pour le bonheur de l’ensemble de nos compatriotes épris de paix et de justice.

Le 21/03/2023

Le service de communication du candidat 

« Qui rassure et rassemble »

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