Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Category Archives: presse

 DÉCLARATION / Pour la tenue du dialogue dans un climat apaisé et sans tergiversations

Le Pôle de la Coalition de l’opposition démocratique exprime sa préoccupation à la suite de l’interdiction, par les autorités, d’une activité publique prévue le 11 février pour l’annonce d’une alliance électorale, ainsi que de l’entrave illégale à certaines assemblées générales constitutives de partis politiques et de l’empêchement d’autres d’accéder à la plateforme des parrainages, alors même qu’ils cherchent à obtenir leur reconnaissance officielle conformément à la nouvelle loi sur les partis politiques.

Ces décisions, manifestement illégales, soulèvent de sérieuses interrogations quant au respect des libertés publiques garanties par la Constitution, notamment les libertés de réunion, d’expression et d’organisation politique.

Au-delà de leurs implications juridiques, ces restrictions aux libertés sont de nature à affecter le climat de confiance et d’apaisement que notre pôle considère comme une condition essentielle à la réussite d’un dialogue national sérieux et constructif.

Cette exigence avait été clairement exprimée à Son Excellence le Président de la République lors de notre rencontre le mois dernier, en amont du lancement du processus de dialogue national.

Dans ce contexte, de telles mesures peuvent être perçues comme des signaux préoccupants, susceptibles d’alimenter les doutes quant à l’existence d’une volonté réelle d’instaurer un cadre véritablement propice au dialogue et à l’ouverture démocratique.

Par ailleurs, le Pôle déplore tout propos ou attitude injustifiés tenus entre les acteurs politiques, susceptibles d’alimenter des incompréhensions ou des malentendus artificiels, préjudiciables à la sérénité et à l’apaisement au sein de la classe politique, notamment au sein de l’opposition dans sa diversité.

Le Pôle rappelle que l’engagement en faveur du dialogue national, lorsqu’il repose sur des principes, des garanties et une volonté sincère de réforme, ne saurait être réduit à des jugements hâtifs ou à des attaques personnelles incompatibles avec l’exigence de responsabilité et de respect mutuel entre les forces démocratiques.

Le Pôle de la Coalition de l’opposition démocratique appelle à mettre fin à toute pratique susceptible d’être interprétée comme une restriction injustifiée des libertés publiques, à un moment où un espoir légitime de changement s’est exprimé à la faveur de l’initiative présidentielle en faveur d’un dialogue national inclusif. Il importe que cette initiative se traduise pleinement dans les faits comme dans l’esprit.

Le Pôle appelle l’ensemble des forces démocratiques et l’opinion nationale à la vigilance et à la responsabilité, et réaffirme son attachement à la voie du dialogue, pourvu qu’elle repose sur des garanties effectives, le respect des libertés fondamentales et un engagement sincère en faveur d’un processus démocratique apaisé.

À cet égard, notre pôle exprime sa vive préoccupation face aux hésitations et aux atermoiements constatés dans la réponse aux sollicitations du Coordinateur du Dialogue de la part de certains pôles semblant encore réticents à l’ouverture prochaine du dialogue.

Enfin, nous demandons qu’il soit mis fin aux tentatives de sabotage du dialogue émanant de milieux hostiles à toute réforme sincère, qui brandissent l’argument d’un prétendu et impensable troisième mandat afin de perturber la sérénité du débat démocratique dans le pays.

Nouakchott, le 11 février 2026

Le Pôle de la Coalition de l’opposition démocratique

Partagez

A Monsieur le Président de la République / Démolition d’une école à Kaédi : un appel citoyen

Excellence Monsieur le Président de la République,

Quelques jours avant votre visite officielle dans la Wilaya du Gorgol, tant attendue avec enthousiasme et espoir par ses habitants et ceux de Kaédi en particulier, nous sommes désolés de devoir nous adresser à vous ainsi pour attirer votre attention sur des événements aussi surprenants que graves qui viennent de se dérouler à Kaédi, et pour lesquels nous demandons votre intervention décisive.

De récentes images frappantes diffusées sur les réseaux sociaux montrent la destruction, en pleine année scolaire, de bâtiments historiques de l’École 1 de Kaédi, un établissement fondé au début des années 1950 et qui a contribué à former de nombreux cadres depuis l’indépendance du pays.

Cette démolition surprend d’autant plus que ni le Conseil municipal de Kaédi, normalement chargé des écoles primaires, ni les habitants n’ont été consultés à ce sujet.

Selon les éléments dont nous disposons, ces démolitions sont justifiées par la nécessité d’agrandir le terrain destiné à la construction d’un dispensaire Mère et Enfant à Kaédi, qui sera réalisé sous votre haute autorité.

Si la population de Kaédi accueille avec honneur et fierté ce projet, il reste surprenant que la création de cet établissement de santé implique la destruction de salles de classe déjà jugées insuffisantes, surtout à un moment où l’école républicaine, initiative politique portée par vous-même et soutenue par nos soins, est promue.

De plus, cette école représente un élément essentiel du patrimoine culturel de la ville et incarne une part de l’identité affective des habitants, puisque bon nombre de leurs enfants ont fréquenté ce haut lieu de l’enseignement primaire.

Nous sollicitons votre discernement ainsi que votre engagement envers la justice et la qualité du travail afin de mettre un terme à cette situation et d’envisager des solutions alternatives. Nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre considération distinguée.

Les signataires (Voir feuille annexe)

Ampliation :

– S.E.M. le Ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement Local

– S.E.M. le Ministre de l’Education et de la Réforme de l’Enseignement

– S.E. Mme. la Ministre de l’Habitat de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire

– Monsieur le Wali du Gorgol

– Monsieur le Président du Conseil Régional du Gorgol

– Monsieur le Hakem de la Moughataa de Kaédi

– Monsieur le Maire de Kaédi

Signataires de l’appel citoyen “Ecole 1 de Kaédi”

1 Amadou Oumar Ba +222 46491812

2 Cheikh Saadbouh Tandia +222 44244424

3 Ahmadou Bal dit Zakaria +1(283) 225-2949

4 Mohamadou Abdoul Majid Niang +222 46768741

5 Elhabibou Chérif Sanghott +1(216) 319-9601

6 Abdoulaye Lassana Diagana +222 46493450

7 Souleymane Lo +222 46879929

8 Cheikh Tahara Baradji dit Nkono +222 46456210

9 Diewo Camara +222 36308561

10 Mama Thierno Ndiaye +222 46406887

11 Abdoul Tandia +222 36459205

12 Hapsa Sow +222 46462211

13 Oumou Diallo Sy + 221 771859536

14 Moussa Bathily Ba +222 47654118

15 Mamoudou Abderrahim Toure +222 34171649

16 Cire Gatta Ba +33 665138161

Initiative Citoyenne de Cadres de Kaédi

Partagez

Réponse à la tribune « L’État mauritanien est-il divisible ? »

Quand la négation de l’histoire se travestit en discours républicain

Longtemps, j’ai refusé de répondre aux textes d’Ely Ould Sneiba. Non par manque d’arguments, mais par lucidité politique et morale. Répondre à des écrits saturés de soupçon, de stigmatisation et de négrophobie latente revient souvent à leur accorder une légitimité intellectuelle qu’ils ne méritent pas. J’ai donc choisi le silence, pensant qu’il valait mieux laisser ces textes se consumer dans leurs propres contradictions. Mais certaines prises de parole, lorsqu’elles franchissent un seuil critique, cessent d’être de simples opinions pour devenir des actes politiques aux conséquences potentiellement graves. La tribune intitulée « L’État mauritanien est-il divisible ? » relève indéniablement de cette catégorie.

Sous l’apparence d’une interrogation républicaine, ce texte est en réalité un plaidoyer défensif en faveur d’un ordre historique profondément inégalitaire. La question posée n’en est pas une : l’auteur ne cherche ni à comprendre ni à analyser, il accuse. Il ne s’interroge pas sur les causes structurelles des fractures nationales, mais désigne des boucs émissaires. L’indivisibilité de l’État est ici instrumentalisée pour disqualifier toute critique du système politique mauritanien, toute revendication de justice historique et toute exigence d’égalité réelle.

Dès les premières lignes, le décor est posé : une supposée « activité politique souterraine », des forces obscures, un projet ancien de division ethnique. Aucun fait précis, aucun texte juridique, aucun programme politique identifiable n’est cité. Ce flou n’est pas accidentel ; il est méthodique. Il permet de fabriquer un ennemi intérieur abstrait, impossible à réfuter, et de transformer toute parole critique en menace contre la nation. Nous ne sommes pas dans l’analyse politique, mais dans une rhétorique de la peur, typique des États qui refusent d’interroger leurs propres fondements.

Cette logique trouve son prolongement dans la relecture biaisée de l’histoire post-indépendance. Affirmer que les Négro-Mauritaniens auraient « pris le contrôle » de l’administration, de l’armée et des forces de sécurité relève d’une falsification idéologique assumée. La présence relative de cadres négro-mauritaniens dans certains secteurs de l’administration à l’indépendance s’explique principalement par l’héritage du système colonial français, qui avait concentré la scolarisation en français dans la vallée du fleuve. Cette situation ne constituait ni une domination politique ni un projet communautaire, mais une conséquence directe de l’ingénierie coloniale. Confondre présence administrative et pouvoir réel permet de fabriquer un récit de victimisation inversée, où les héritiers du monopole étatique se présentent comme ayant été marginalisés.

La même entreprise de neutralisation du réel apparaît dans la manière dont sont évoqués les événements de 1989. Les qualifier de simple « crise interethnique » ayant « renversé la tendance » revient à euphémiser des violences d’État massives : déportations collectives, exécutions extrajudiciaires, spoliations foncières, destruction méthodique de la citoyenneté de milliers de Négro-Mauritaniens. Ce vocabulaire aseptisé n’est pas neutre ; il participe à l’effacement de la responsabilité politique et à la banalisation de la violence. Une nation qui refuse de nommer ses crimes se condamne à les reproduire sous d’autres formes.

L’attaque contre la notion de « citoyenneté abstraite » révèle le cœur idéologique du texte. En la présentant comme une menace anti-républicaine, l’auteur confond délibérément République et statu quo. Or, critiquer la citoyenneté abstraite, c’est précisément refuser une égalité proclamée mais jamais vécue. C’est dénoncer une République qui exige la loyauté tout en refusant l’égalité réelle. Ce n’est pas un projet ethniste ; c’est une exigence démocratique fondamentale. Refuser ce débat revient à transformer la République en dogme vide, en slogan creux au service de la conservation des privilèges.

L’argument comparatif selon lequel les Pulaars disposeraient de moins de droits ailleurs en Afrique constitue l’un des passages les plus moralement préoccupants du texte. L’injustice n’est jamais légitimée par sa généralisation. Ce n’est pas parce que des peuples sont marginalisés ailleurs qu’ils doivent accepter leur marginalisation ici. Les Pulaars de Mauritanie ne sont ni une minorité immigrée ni une diaspora de circonstance ; ils sont des populations historiquement constitutives du territoire, de ses formations politiques et de sa mémoire. La citoyenneté n’est pas un privilège relatif, mais un droit absolu.

L’évocation obsessionnelle de la tentative de coup d’État de 1987 parachève cette entreprise de stigmatisation. Un épisode militaire est transformé en identité politique collective. Une communauté entière est placée sous soupçon permanent. Cette criminalisation par association est dangereuse : elle justifie l’exclusion, légitime la méfiance institutionnelle et installe une citoyenneté conditionnelle fondée sur l’origine et non sur le droit.

Au fond, ce texte ne défend pas l’indivisibilité de l’État mauritanien. Il défend l’indivisibilité d’un monopole historique sur l’État. Il ne redoute pas la division du pays ; il redoute la redistribution du pouvoir, de la mémoire et de la légitimité politique. Il ne craint pas l’ethnicisation de la vie publique ; il craint la fin d’un ordre racialisé qui ne dit pas son nom.

C’est précisément pour cette raison qu’il est impératif que l’État mauritanien se saisisse de ce type de sorties publiques, dont celles d’Ely Ould Sneiba constituent une illustration inquiétante. Loin de renforcer le vivre-ensemble, ces discours l’érodent, l’empoisonnent et ravivent des fractures historiques encore béantes. Le silence de l’État face à de telles prises de position n’est jamais neutre : il peut être interprété comme une tolérance, voire comme une caution implicite, à des propos qui délégitiment une partie des citoyens et fragilisent les fondements mêmes de la cohésion nationale.

Préserver l’unité du pays ne consiste pas à criminaliser la parole critique ni à essentialiser des communautés entières. Cela suppose au contraire un engagement clair en faveur de la vérité historique, de l’égalité réelle et de la dignité de tous les citoyens. Car ce ne sont jamais les revendications de justice qui divisent une nation ; ce sont les injustices prolongées, niées et théorisées.

La véritable question n’est donc pas de savoir si l’État mauritanien est indivisible.

La question est de savoir combien de temps encore il pourra se maintenir en refusant de regarder en face sa propre histoire.

Botol Sawa Hako

Partagez

SAMBA A ould Belal

J’ai lu, avec intérêt ,  la sortie de mon grand frère ould Belal  il y a quelques jours dans les réseaux sociaux . Il faut saluer cette posture qui  sied à  l’intellectuel  dans son’’ rôle de vigile  et d’alerte au  danger’’ , dirait l’autre …

J’entre dans son  texte par la fenêtre de  l’ironie, caustique , opposée aux ‘’légalistes’’ : ‘’le Droit autorise parfois ce que la nuque redoute ‘’ . Décodons : si cette vague de magistrats , tous issus d’une seule et même composante nationale , a passé haut la main cet examen , ils y ont droit  …de par  la loi  qui  les y autorise, certes . Drapés dans leur bon droit, ils perçoivent  leur succès comme  naturel et normal ,  sans se poser la moindre  question ” .  D’aucuns  parmi ceux -là , sans fausse modestie, poussent le bouchon assez  loin, pour justifier leur réussite  par le mérite , l’intelligence …leur ‘’intelligence supérieure’’ , bien entendu ! Valy essaie de  tempérer  cette  conviction forte et suffisante à outrance qui manquait du sens de la mesure et de la relativité des choses, en attirant ironiquement  l’attention sur le fait que la loi pouvait aussi comporter des travers, comme la démocratie  s’accommoder de la ségrégation raciale et de l’esclavage .’’ Qu’une loi peut aussi  produire de l’injustice…’’

Il pose ensuite le diagnostic du mal, structurel , à l’origine de notre ‘’ mal-vivre ensemble’’ qui découle du  jacobinisme français, transposé et plaqué  sans clairvoyance  chez  nous  comme modèle, en porte-à-faux , disons-le , avec  la réalité multi-nations  de l’Afrique .Un jacobinisme qui nivèle , gomme les différences par l’uniformisation, tablant sur l’individu abstrait, dans la négation du groupe.  Qui reconnaît les langues et non  leurs locuteurs …

Bref ,un diagnostic clair , bien posé ,  pertinent  mais qui , hélas,  contraste quelque peu avec le style feutré , contenu,  dès que  l’éventail des solutions est abordé. Là ,en effet, l’auteur  louvoie ,  effleure la plaie sans vouloir crever l’abcès…Comme ceux-là qui voudraient résoudre la question du « Passif humanitaire ‘’ , comme sorti du néant , sans avant, sans cause  ni  contexte ! 

Valy  pose que la solution à notre problème de cohésion nationale  réside dans ‘’une administration publique qui reflète la diversité sociale , culturelle et régionale du pays,  protège  les intérêts,  en matière de participation et de représentation  des groupes non arabes, dans la gestion de l’Etat’’. 

Il n’y a  là  rien à ajouter , rien à dire…

Reconnaissons  – lui , ici , ce courage  qui sied à l’intellectuel  qu’il faut saluer, assez peu courant dans notre faune politique  ,loin de la posture  du coquin sur les ‘’Pullo-toucouleurs’’.

Le hiatus  dans son approche des choses  se situe  toutefois dans  l’application concrète de l’éventail des solutions proposées ; en effet, il parle d’usage de  ‘’critères de compétence et de diversité sociétale’’, alternées, sans nous dire à l’ aune de quelle langue cela se ferait ? Il évoque cette décentralisation – un clin d’œil au Rais –  en termes positifs , alors qu’au vu du constat dréssé  un peu partout et dans la vallée du fleuve en particulier , elle apparaît  plutôt comme  une décentralisation  dévoyée , vide de sens , placée sous la férule du ministère de l’intérieur et de ses gouverneurs et préfets,  dans une administration méthodiquement blanchie, sans possibilité aucune  pour  les populations locales de choisir librement  leurs  administrateurs .

 Valy  parle ensuite de  l’ouverture d’écoles d’excellence ,mais qui se révèlent être dans cette zone , des tape-à-l’œil en réalité . Si l’objectif  de départ était  de corriger les déséquilibres dans leur accès , au final c’est tout le contraire qui se produit , puisqu’elles se retrouvent  quasiment blanchies  pour tout dire,  comme  pour  Nouakchott . Ould Belal termine par la loi d’orientation ,bonne à ses yeux ,  mais qui ,en fait, est l’une des plus scélérates  à mon sens , édictée pour noyer le poisson en matière de réforme de l’enseignement des langues nationales pulaar, sooninke et wolof ,et  constitue un recul net . J’entends des voix  parler de   ‘’promotion’’ des langues nationales, mais c’est complétement dépassé , ! C’est de l’officialisation qu’il s’agit et rien d’autre … Valy   évoque enfin l’accès à l’emploi , la voie des concours sans se poser la question de savoir qui contrôle le service des Examens et Concours,  dans quelle langue et de quelle manière sont tissées les épreuves d’examen qui conduisent à l’échec massif des uns  ?  

Il pose tout cela en omettant  de mettre le doigt  sur le véritable  nœud du problème, passé sous silence, c’est-à-dire  la barrière de  la langue. Si toute une composante  est aujourd’hui éjectée , hors circuit ,en situation d’échec massif ,  c’est bien en raison de l’instrumentalisation de la langue arabe , éclatée en matières multiples afféctées de coefficients accrus , bien souvent  fantaisistes. Comme souligné  plus haut, Valy effleure la plaie sans oser crever l’abcès…Or

’’ mal nommer les choses , nous dit  A Camus , c’est rajouter du malheur au monde’’ …La culture , disait  Maitre Taleb Khyar ,est utilisée en Mauritanie ‘’ comme  un instrument de conquête et de confiscation du pouvoir ’’ . Vérité absolue !

La  solution juste et durable  de ce problème crucial réside dans l’officialisation de nos langues nationales sooninke , pulaar et wolof qui donneront à manger et à boire, au même titre que la langue arabe ,exactement comme le préconisait le CMSN dans une de ses résolutions ,en  prélude  à  l’experience de  l’ I-L-N des années 90, menée avec succès .  Mais sur ce point là,  mon grand frère  hésite  à franchir le pas , pour ne  pas, me dis-je ,  recevoir des coups  qui , immanquablement ,  ne sauraient tarder  . Et ça n’a pas raté avec la sortie du coquin, ‘’diplomate de son Etat ‘’, ces jours-ci !

Bref , tant que la  réalité actuelle  n’aura pas changé –ce racisme d’Etat et cette  question de l’esclavage escamotée –  notre cohésion nationale et sociale   souffrira durablement ,pour ne pas dire plus .

Valy  fera -t-il des émules , c’est -à-dire  sera –t-il suivi  dans cette voie  qui  place la cohésion nationale  par-dessus tout , au risque de déplaire voire de recevoir des coups ? Wait and see.

Samba Thiam président des FPC

Partagez

Un dialogue national pour un sursaut national ?

1-Contexte

    Le dialogue national est une opportunité pour les Mauritaniens de se réunir et de discuter des défis auxquels leur pays est confronté, et de trouver des solutions pour un avenir meilleur. C’est un moment crucial pour la Mauritanie, qui doit choisir entre continuer sur la voie d’un modèle suranné ou s’engager sur la voie du sursaut de la renaissance nationale, de la démocratie et du développement.

2- La crise de la gouvernance:

– La Mauritanie est à un tournant de son histoire, avec un État central qui a choisi très souvent de faire tanguer le navire plutôt que de le diriger vers l’avenir.

– Les paradigmes actuels vont effacer mille ans d’histoire et de culture communes, et les mensonges et falsifications ont encombré la voie empruntée.

– L’ignorance des profondeurs sociologiques et historiques du pays est largement partagée, et la gouvernance est déconcertante par sa boussole en contresens. La Mauritanie ne ressemble qu’à elle même et les solutions idoines ne se trouvent que dans son génie propre et non ailleurs.

3- Les conséquences de la corruption

– Les allées du pouvoir regorgent d’hommes et de femmes dont les parcours sont entachés d’actes de concussion sur des deniers publics.

– La croyance à l’amnésie collective est une candeur coupable . Un pays peut se reconstruire après une bataille ou une guerre mais en se détournant de ses valeurs fondatrices , il se condamne au naufrage.

– La substitution des choix politiques légitimes des communautés composantes de la nation par la transplantation d’écuries à la seule dévolution et de fidélité amiable à d’individus installés dans les cercles de décisions est à la fois de la corruption morale et de la félonie .Il s’agit d’un déni de la démocratie représentative. 

4-La nécessité d’un dialogue national

– L’espace national est fracturé, et la tenue d’assises pour un dialogue national représentatif, inclusif, citoyen et démocratique est un impératif.

– Il est indécent de vouloir imposer des individus qui se sont cooptés les uns les autres dans un jeu de chaises musicales.

– Le dialogue national doit être fondé sur l’esprit d’un engagement citoyen et sur les valeurs cardinales qui nous unissent.

5- Les attentes des citoyens

– Des milliers de citoyens ont transmis un signal fort sous la bannière de Rendo Mauritanie pour une dynamique de sursaut et de soutien au stade olympique sis à Tevragh Zeina en mai 2023. Qui ne veut ni voir ou entendre ?

Le credo du minima de l’expression citoyenne par «les chiens aboient et la caravane passe » est à la fois un aveu d’irresponsabilité et surtout de l’incompétence.

– Une charte nationale de la citoyenneté , socle d’un dialogue sincère , a été mise en avant, qui met en valeur ce qui nous unit dans nos valeurs cardinales.

– L’atteinte des objectifs assignés à un dialogue national n’est réalisable qu’avec à la base l’esprit d’un engagement citoyen.

6-La reconnaissance des héros

– Il est permis de se demander si l’aune décrétale suffit désormais pour la reconnaissance nationale au vu du panthéon clientéliste qui adresse nos rues . Il s’agit d’une injustice faite aux familles et à la mémoire de centaines de nos compatriotes qui ont fait le sacrifice suprême pour une Mauritanie impériale dans le conflit du Sahara et dans les missions commandées.

– La république ne saurait s’accommoder de la mesquinerie au nom de l’État. Les conflits d’intérêts personnels doivent strictement relevés de la sphère privée.

7- La nécessité d’un changement

– Il est temps de donner la parole aux Mauritaniens et de créer un espace de dialogue véritable, où les citoyens puissent s’exprimer librement et contribuer à l’avenir de leur pays.

– Il est malheureux de l’affirmer, mais pour se faire entendre, il faut s’exposer au marché d’un Photoshop politique qui impose des standards dont les moindres sont la médiocrité, la courbette et l’obséquiosité.

8- Conclusion

– La Mauritanie a besoin d’un nouveau départ, fondé sur la vérité, la justice et l’unité.

– Il est temps de refermer la parenthèse du passé avec lucidité et courage et de s’engager vers un avenir meilleur, ensemble.

Nouakchott le 12/01/2026

Seydou Hassan SALL

Partagez