Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Visite du Président de la République en France

La Mauritanie constitue actuellement  ce maillon de l’Afrique de l’Ouest auquel , par désarroi, la France se raccroche comme à une bouée de sauvetage.. .lâchée par les Etats de l’alliance du Sahel, le Sénégal voire le Tchad par tiedissement progressif ,

Ghazouani  indique dans son propos que son secret  ‘’ de tranquillité dans cet espace agité’’, tient à une approche combinatoire  de trois paramètres : La prévision , la présence de l’Etat et le dialogue…

Si, par conciliation, l’on peut lui concéder le 1er et le dernier facteur, le  second, c’est-à-dire la présence équilibrée de l’Etat  dans toutes les parties du territoire , nous paraît plutôt discutable , difficilement soutenable…

En effet, de l’indépendance à nos jours les régions Sud ,pourtant densément peuplées , n’ont bénéficié d’aucun investissement sérieux , d’aucun projet d’envergure sérieux…pour être  «  suspectées de séparatisme ou de rébellion  en perspective»’, ceci en référence même aux déclarations publiques  d’un ancien premier ministre chef de gouvernement … Ainsi, à titre d’illustration , le projet ‘’ Phosphates de Aéré Mbar ‘’ dort toujours dans les tiroirs , malgré trois études techniques  toutes concluantes , menées sous différents gouvernements. Il en est de même pour  certains projets de  barrages d’importance au Guidimakha. C’est encore dans les terroirs Sud que se situe le triangle de pauvreté…

Mauritanie ‘’ stable’’ oui, mais pour combien de temps si le racisme d’Etat s’accentue et se perpétue ? si les discriminations ethniques et communautaires se perpétuent ? Si des faits d’esclavage continuent d’être couverts  et que ceux qui les dénoncent sont disqualifiés et jetés en prison sans ménagement ? Si des forces d’inertie s’opposent à toute tentative de changement ou de rupture ? 

Investir  dans ce volcan endormi ? A moins que la France vienne à aider pour éteindre ces braises sous les cendres…situation dont elle n’est pas exempte de toute responsabilité historique !

SAMBA THIAM

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Malgré un démarrage tant attendu : Le dialogue politique dans l’impasse

Le dialogue politique national est entré dans une nouvelle phase de blocage. Il n’est nullement excessif de parler aujourd’hui d’impasse. Malgré les assurances du président de la République et les efforts du coordinateur national du dialogue, Moussa Fall, aucun compromis n’a pu être trouvé. Les deux camps restent figés sur leurs positions.

L’opposition rejette toute ambiguïté dans la feuille de route. Elle refuse notamment que le dialogue ouvre la voie à un débat sur la question du nombre et de la durée des mandats présidentiels, des dispositions qu’elle estime clairement verrouillées par la Constitution en vigueur. Pour elle, il s’agit d’éviter tout piège politique.

En face, la majorité présidentielle s’oppose à toute limitation du champ des discussions. Elle entend profiter de ce dialogue pour aborder l’ensemble des réformes institutionnelles et constitutionnelles. Elle accuse ainsi l’opposition de vouloir censurer certaines thématiques jugées essentielles.

Cette tension est accentuée par une zone grise, née de l’ambiguïté de la réponse récemment apportée par le chef de l’État à Moussa Fall pour tenter de débloquer la réunion préliminaire.

À cela s’ajoutent les prises de position de certains proches du pouvoir, ainsi que les appels de groupes nationalistes hostiles au dialogue. Une posture qui semble en décalage avec celle affichée par le président de la République.

En effet, Mohamed Ould Ghazouani avait pourtant pris l’initiative de convoquer un dialogue national inclusif, « sans tabou », afin de dégager des solutions consensuelles aux grandes questions nationales. Il avait, dans la foulée, assuré les acteurs politiques de sa volonté de mener le processus à son terme et de mettre en œuvre les résolutions qui en découleraient.

Après une année de consultations, un semblant de consensus semblait s’être dessiné autour des thèmes à débattre et la plupart des acteurs politiques avaient salué cette ouverture. Cependant, la posture de la majorité présidentielle, jugée par certains « tiède » depuis le début du processus, suscite aujourd’hui des interrogations.

Sa position sur la question sensible des mandats, pourtant identifiée comme un point de crispation majeur, est perçue par plusieurs observateurs non pas comme une simple demande de clarification, mais comme une forme d’obstruction.

Feuille de route validée et partagée

Moussa Fall a multiplié, pour sa part, les initiatives pour rapprocher les positions ; sans succès. Il est difficile de soupçonner le coordinateur de vouloir saborder un processus qu’il a lui-même patiemment construit pendant plus d’une année, en consultant l’ensemble des acteurs politiques et des personnes-ressources, avant de proposer une feuille de route validée et partagée.

Dès lors, une question s’impose : qu’est-ce qui a changé pour que certains acteurs, notamment au sein de la majorité, semblent aujourd’hui freiner un processus pourtant proche de son aboutissement ? Beaucoup évoquent, en filigrane, les appels à un éventuel troisième mandat et les ambitions présidentielles de certains.

Il convient toutefois de noter que cette ligne dure ne fait pas l’unanimité au sein même de la majorité. Mohamed Jemil Mansour, président du Front pour la citoyenneté et la justice, a ainsi appelé à davantage de souplesse afin de dépasser le blocage et permettre au dialogue d’avancer.

Reste à savoir si le président de la République saura recadrer ses soutiens et réaffirmer son engagement en faveur d’un dialogue abouti, ou s’il cédera aux pressions des partisans du statu quo, opposés à toute avancée politique, démocratique et sociale.

Beaucoup redoutent en effet que les forces de l’immobilisme — nourries par la gabegie, le tribalisme, le népotisme et le régionalisme — ne finissent par l’emporter sur celles du patriotisme et du progrès. L’échec du dialogue de 2022, encore présent dans les mémoires, rappelle avec acuité la fragilité des dynamiques politiques dans notre pays.

Dalay Lam

le calame

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Petit Biram, Âgé de Trois Mois, le Prisonnier Politique le plus Jeune de l’Histoire de Mauritanie

Kassataya — La dissonance cognitive atteint un niveau vertigineux au sein du gouvernement Mauritanien. Pendant que les autorités annoncent l’ouverture d’un dialogue et multiplient les déclarations apaisantes, la réalité sur le terrain raconte une tout autre histoire : une vague de répression brutale s’abat sur les militants de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA). Et, fait particulièrement alarmant, les femmes en sont désormais la cible principale.

Leur seul tort : demander justice pour la jeune Noura, 11 ans, victime d’esclavage. Une revendication qui s’inscrit dans le combat universel pour la dignité humaine, mais qui, dans ce contexte, semble déclencher une réaction disproportionnée de l’appareil sécuritaire.

La situation a franchi le seuil critique avec l’enlèvement de Mariem Mint Cheikh et de son nourrisson, Biram Mohamed dit Petit Biram, âgé de seulement trois mois, ainsi que l’arrestation Ghamou Achour Salem, toutes deux députées à l’Assemblée Nationale.

Ces actes ne constituent pas seulement des atteintes graves aux droits humains fondamentaux, mais également un affront direct à l’institution parlementaire. En s’en prenant à des élues de la nation, c’est l’équilibre même des institutions qui est mis à mal.

Cette stratégie, consistant à cibler principalement les femmes Haratine — aujourd’hui au nombre de cinq en détention — révèle une volonté manifeste d’intimidation. Pourtant, loin de briser leur engagement, elle risque au contraire de renforcer leur détermination.

L’histoire des luttes pour les droits civiques et la justice sociale démontre que les femmes, souvent en première ligne, ont su transformer la répression en force morale et politique.

À l’image de Harriet Tubman, Rosa Parks, Fannie Lou Hamer, Angela Davis, Winnie Mandela, et tant d’autres, ces femmes puisent dans leur conviction de leur résilience face à l’injustice. Leur combat dépasse leur personne : il s’inscrit dans la défense de la DIGNITÉ HUMAINE pour tous.

Enfin, l’enlèvement de Mariem avec son nourrisson donne à cette répression une dimension particulièrement troublante. En effet, cet acte fait tragiquement de Biram Mohamed le plus jeune prisonnier politique de l’histoire du pays — un symbole saisissant de l’ampleur et de la gravité de la situation.

Dans ces conditions, une question fondamentale s’impose : comment concilier un discours officiel de dialogue avec des pratiques qui relèvent d’une répression systématique ? Tant que cet écart persistera, la crédibilité des engagements politiques restera profondément entamée.

Face à cette situation d’une gravité extrême, nous demandons la libération immédiate et sans conditions de tous les militants arbitrairement arrêtés, et abusivement détenus. Il s’agit de :

Mariem Mint Cheikh, Députée

Ghamou Achour Salem, Députée

Warda Ahmed Souleymane, Journaliste

Lalla Vatma, Lanceuse d’Alerte

Rachida Saleck, Lanceuse d’Alerte

Abdallahi Abou Diop, Chargé des Droits de l’Homme

Elhadj Elid, Coordinateur General d’IRA

Mohamed Vadel

Aleyat Bounas Hmaida

En solidarité avec Biram Mohamed devenu désormais le symbole de la résistance contre la répression en Mauritanie.

Bakary Tandia, Human Rights Advocate

New York City, April 14, 2026

(Reçu à Kassataya.com le 15 avril 2026)

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Ould Haidalla : « Le géant qui a semé la terreur dans tous les foyers et tenté de fuir la “prison du pouvoir” »

Premier journaliste à rencontrer l’ancien président mauritanien Mohamed Khouna Ould Haidalla après la chute de son régime, Cheikh Bekaye évoque dans le récit qui suit son entretien avec celui qu’il a décrit comme « Le géant ayant semé la terreur dans tous les foyers et tenté de fuir la “prison du pouvoir”

Nouakchott – par Cheikh Bekaye*

Traduit de l’arabe Initiatives News avec IA.

Porté par les hasards de l’histoire au sommet de l’État en 1980, l’officier mauritanien Mohamed Khouna Ould Haidalla s’est retrouvé à diriger un pays pour lequel, selon ses propres mots, il n’était « ni préparé ni demandeur ».

Héritier à la fois de la rudesse du désert, de la discipline militaire et de la simplicité bédouine, il a dû assumer un pouvoir qu’il décrit comme lourd et contraignant.
Dès ses débuts, il s’attelle à la lutte contre la corruption et les dysfonctionnements administratifs, tout en tentant de répondre aux attentes sociales. Mais progressivement, son exercice du pouvoir se durcit, jusqu’à instaurer un climat de crainte au sein de la société. À un moment charnière, il envisage même de se retirer « avec honneur », sans y parvenir.

Isolé, lâché par ses propres services de sécurité qui l’avaient induit en erreur et en conflit avec de nombreux acteurs, il connaît ensuite la chute, la prison, puis une forme de retrait presque ascétique : vivant sous une tente, renouant avec une existence pastorale rythmée par le désert.
Installé dans la petite villa modeste où vit sa famille dans l’un des quartiers de Nouakchott, l’ancien président mauritanien accorde un entretien au journal Al-Hayat. Il revient sur son expérience du pouvoir, ses erreurs, la vie bédouine, son retour à la politique et sa vision de l’avenir.

Son retour à la politique s’est fait tardivement. «Je n’avais d’autre choix que le silence, car depuis ma sortie de prison (…) je suis placé sous surveillance et interdit d’accès aux villes de Nouakchott, Zouerate et Nouadhibou, sauf autorisation spéciale et pour des raisons médicales. » Explique-t-il.

Aspirait-il à gouverner à nouveau la Mauritanie ?

Le Colonel Haidalla répond par la négative :« J’ai gouverné à une autre époque, et mon temps est passé. Le peuple mauritanien compte des hommes dignes d’assumer cette responsabilité et qui en ont le droit. »

À propos de la démocratie et du rôle de l’armée, il déclare :« Indépendamment de ses aspects positifs ou négatifs, la démocratie est une exigence de tous et l’air du temps. Je pense qu’il est désormais temps que les forces armées retournent dans leurs casernes. »

Il ajoute :« J’ai tenté une sortie honorable pour moi et pour l’armée en 1980, en instaurant une constitution fondée sur une démocratie multipartite. »

Haidalla fut nommé Premier ministre un an après le coup d’État contre le président civil Moktar Ould Daddah en 1978, tandis que deux officiers — Mustapha Ould Salek et Mohamed Mahmoud Ould Louly — se succédaient à la tête de l’État et du gouvernement. La faiblesse de ces deux officiers et les luttes internes entre militaires pour le pouvoir firent de Haidalla le dirigeant réel, jusqu’à sa prise complète du pouvoir en 1980 à la faveur d’un « quasi-coup d’État ».

Il décrit cette période comme « une phase de grand chaos et de conflit entre jeunes officiers et hauts gradés ».

L’ancien président considère sa période au pouvoir comme « une grande prison dans laquelle j’ai été conduit contre ma volonté, les circonstances m’ayant imposé un pouvoir dont je n’ai jamais rêvé ni que je n’ai aimé ».

Lorsqu’on lui rappelle qu’il est lui-même revenu sur cette constitution, renoncé à restituer le pouvoir aux civils et restreint les libertés, il répond simplement :« J’ai échoué à fuir, car le pire défaut pour un officier est d’être lâche. »

Il explique que la tentative de coup d’État du 16 mars 1981, menée par des officiers mauritaniens venus du Maroc, ainsi que l’état de tension qui l’accompagnait et « les pratiques du gouvernement civil dirigé par Sidi Ahmed Ould Bneijara », rendirent impossible le transfert du pouvoir aux civils à cette époque. Il évoque l’émergence d’un courant puissant dans l’armée appelant à renforcer la mainmise militaire sur le pays :« Nous avons d’abord refusé leurs exigences, mais nous avons fini par céder, car il n’y avait pas d’autre choix. »

« J’avais le choix entre me sauver de cette prison et quitter le champ de bataille, ou céder aux exigences des jeunes officiers et rester… J’ai choisi le courage. »Sans aucun doute, la tentative du 16 mars fut un tournant pour Haidalla, qui fut envahi à la fois par la peur et la colère. Il fit arrêter et disperser la plupart de ceux soupçonnés de sympathies pro-marocaines, dans un contexte de relations tendues avec le Maroc, accusé de soutenir le putsch, tandis que Rabat accusait Haidalla de soutenir le Front Polisario.Il poursuivit ensuite une série d’arrestations qui touchèrent de nombreuses personnes durant ses cinq années de pouvoir.

Il rejette toute comparaison avec le président suivant Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya :« Si les Mauritaniens noirs s’étaient opposés à moi, je n’aurais pas agi comme d’autres… J’ai affronté les baassistes, mais je n’ai pas puni leurs familles ni pris des innocents pour des crimes qu’ils n’avaient pas commis. »

Il reconnaît avoir commis des erreurs :« Beaucoup de vérités m’ont été révélées que je ne connaissais pas. J’admets avoir commis des erreurs », mais il ajoute :« J’agissais de bonne foi, et d’autres me poussaient à commettre ces erreurs pour les exploiter contre moi ou servir leurs propres intérêts. »Il s’arrête longuement sur les arrestations sanglantes de mars 1984 contre les nassériens, qu’il considère comme une préparation à son renversement neuf mois plus tard.Bien que le mouvement nassérien ait diffusé des tracts, inscrit des slogans hostiles sur les murs dans la plupart des grandes villes, mené des grèves et des troubles, il entretenait en même temps des liens avec le régime de Haidalla, en raison de ses positions proches des pays arabes dits « progressistes » de l’époque : l’Algérie, la Libye, la Syrie et le Yémen du Sud. La question du Sahara occidental constituait également un point de convergence entre Haidalla et les nassériens.Ironie du sort, ces arrestations coïncidèrent avec la décision de Haidalla de reconnaître la « République arabe sahraouie ».

Il fut surpris de constater que tous les services de renseignement s’accordaient à évoquer un complot nassérien visant à renverser le régime, soutenu par les Libyens et les Marocains dans le cadre de leur rapprochement au sein de « l’Union arabo-africaine ».

Mais la surprise fut plus grande encore lorsque les noms de membres de son propre camp au sein du comité militaire apparurent dans les procès-verbaux d’enquête : parmi eux, Moulay Ould Boughreiss, Mohamed El Amin Ould Zein, Sidi Ahmed Ould Ahmed Aïda, Moulay Hachem Ould Moulay Ahmed et Atiyeh Hemat.Le président entra dans une grande colère :« Si je devais douter du colonel Boughreiss, je ne douterais pas des autres », déclara-t-il. Il contacta alors un détenu, lui demandant de préciser les dates de recrutement de ces officiers et leurs recruteurs.

Sa joie fut grande lorsque le détenu répondit :« Si j’ai dit cela, c’est que je n’étais pas conscient. »Bien qu’il apparût que les services de renseignement avaient falsifié les procès-verbaux et fabriqué le complot, et malgré son refus d’arrêter ses partisans, les centaines de détenus restèrent un problème qu’il ne put — ou n’eut pas le courage — de résoudre rapidement.

Deux personnes moururent sous la torture, d’autres eurent la peau brûlée par des décharges électriques. Les médias amplifièrent « le complot ignoble contre la patrie », et la télévision officielle montra de nombreux chèques bancaires présentés comme des fonds versés par la Libye à ses agents.

Bien que l’opinion publique comprît rapidement que l’affaire était fabriquée, il était difficile pour l’État d’en reconnaître le mensonge.

Neuf mois plus tard, alors qu’il avançait prudemment vers une résolution de la « crise des nassériens » en libérant progressivement les détenus sous contrôle judiciaire en attendant un procès qui ne devait jamais avoir lieu, la musique militaire retentit le 12 décembre 1984, mettant fin à « l’ère du pouvoir individuel », selon le communiqué n°1.

Le colonel Ould Taya commença là où Haidalla s’était arrêté, en annonçant « l’abandon des poursuites judiciaires contre nos enfants innocents ». Une dizaine de nassériens avaient déjà été libérés dans le cadre du plan de Haidalla.

L’ancien président se souvient de son angoisse après son arrestation à l’aéroport, à son retour d’un voyage où il assistait à une conférence :« J’étais très inquiet pour ma famille, car je ne leur avais laissé que 3000 ouguiyas (38 dollars), nos chameaux étaient loin et nous n’avions pas de maison… Je me rassurais en me disant que l’État leur donnerait un logement et de l’argent, mais cela ne s’est malheureusement pas produit : ma famille a été expulsée et n’a reçu aucune aide. »Il ajoute :« J’avais sur mon compte 80 000 ouguiyas (environ 1000 dollars).

J’ai écrit au directeur de la sécurité pour les retirer, mais ma demande a été refusée, et on m’a informé qu’il ne restait que 11 000. »— Pourquoi n’aviez-vous pas de maison alors que vous possédiez des troupeaux de chameaux ?— « Avant d’arriver au pouvoir, j’avais obtenu un terrain pour lequel j’avais payé les droits à l’État.

Mais une fois devenu président, j’ai refusé de construire ce que je ne possédais pas auparavant. Nous avions décidé au sein du comité militaire que les officiers ne devaient pas construire. »

Sheikh Bekaye,

Il ajoute : « Mais malheureusement, il s’est avéré que de nombreux officiers ont amassé d’énormes fortunes. »Haidalla rend hommage aux Mauritaniens qui ont soutenu financièrement sa famille durant sa détention, mais se souvient avec amertume d’un ami proche qui entrait chez lui sans autorisation lorsqu’il était président, mais qui, après sa chute, n’a même pas salué sa famille.Malgré sa mauvaise réputation en matière de droits de l’homme, beaucoup lui reconnaissent une probité personnelle.

Le Colonel Mohamed Khouna Ould Haidala a dirigé ka Mauritanie de 1980 à 1984
L’ancien Président Ould Haidalla

Haidalla est un véritable homme du désert, resté lié à la vie bédouine et à ses troupeaux de chameaux acquis avant son arrivée au pouvoir. Il n’a connu la vie urbaine que durant ses études dans une académie militaire française ou pendant ses cinq années de pouvoir. Ses adversaires racontent qu’alors qu’il était président, il se rendait dans le désert, attrapait la queue de son chameau le plus robuste et courait derrière lui jusqu’à épuisement, avant de se laver les mains et d’ordonner à son cortège de repartir.

(« Al-Hayat », Londres)(De mon livre : #Ornements_sur_le_visage_du_sable)

*Écrivain et journaliste mauritanien.
Il a travaillé comme correspondant pour BBC, Associated Press, le journal Al-Hayat et la chaîne LBC.
Il a évolué au sein de plusieurs médias mauritaniens, occupant notamment les fonctions de :
Directeur de la rédaction de l’agence,
Directeur de la rédaction du journal Echaab,
Directeur du secteur de la radio.
Il a enseigné à Université de Nouakchott et à l’École nationale d’administration.

Kassataya

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Et « les veuves aussi » ! / Par Tijane BAL

La mort d’un adversaire politique n’est un sujet facile ni à évoquer ni à « gérer ». Surtout lorsque l’opposition excède le débat d’idées pour toucher à l’existentiel. La difficulté tient aussi, en l’espèce, à la réalité d’un pays où la religiosité enveloppe la vie et le débat publics. C’est ce dont on s’est rendu compte une fois encore ces jours-ci.

Entre « la mort n’excuse rien » et « la mort efface tout », la marge est réduite. La situation se complique quand le disparu, en l’occurrence la disparue, ne fait pas à proprement parler figure d’adversaire. Tel est le cas de l’épouse, récemment décédée, de l’ancien chef de l’Etat mauritanien (de décembre 1984 à août 2005). Un président dont la gouvernance est à jamais associée à une répression sans précédent ciblant une communauté du pays : les haalpulaar. Répression dont l’ampleur et le caractère systématique ont inspiré à certains le mot génocide. Cette tragédie, plus enfouie que surmontée, continue de hanter la vie du pays et les esprits de certains de ses citoyens. L’ancien président, pas nécessairement ses proches, en restera, probablement pour toujours, l’incarnation.

Dès lors, les funérailles officielles, fait le plus marquant parmi diverses autres initiatives étatiques développées en parallèle, n’ont pas manqué de faire débat, bien que par ricochet, est-il nécessaire de le préciser.

Ainsi, du déplacement de l’ambassadeur de Mauritanie au domicile qatari de l’ancien président pour y présenter les condoléances des dirigeants de l’Etat. Il ne semble pas que ce soient les condoléances elles-mêmes qui posent problème mais la publicité qui les a entourées. (On doit par ailleurs à la vérité de noter que la disparue n’était pas l’épouse du président au moment des événements susmentionnés).

Que penser de tout cela une fois salué la mémoire de la défunte (dont il ne semble pas qu’elle ait à aucun moment assuré des fonctions officielles) ? Limitons-nous à deux ou trois choses simples.

– Observer que le débat de ces derniers jours a pris une tournure singulière quoique compréhensible à certains égards. Ce n’est pas tant la disparue qui en est le sujet que l’ancien dirigeant et c’est bien ainsi.

– Le caractère officiel des obsèques peut, pour des raisons évidentes, être questionnée en toute neutralité d’un strict point de vue institutionnel. Certains semblent y voir un appel de phares en direction de l’ancien président voire l’expression (renouvelée ?) d’une offre de réhabilitation. « Du passé, faisons table rase » en quelque sorte. Ce qui, on le comprend, ne peut être du goût de tous.

– Vient incidemment à l’esprit un parallèle. Les funérailles de Mme Marième Daddah, l’épouse du premier président mauritanien-dont la disparition avait ému par-delà les différences et clivages-avaient-elles revêtu cet aspect solennel ?

– S’impose enfin un effet miroir. Celui que tend depuis des décennies, un Collectif de femmes baptisées collectivement d’une expression un peu « dépersonnalisante » à force, mais si parlante et significative « Les Veuves ».

Les courageuses n’ont eu de cesse de se battre sans faiblir pour faire reconnaître la mémoire et les droits de leurs époux disparus sous le régime de l’ancien président. Il ne s’agit pas, là non plus, de comparaison déplacée mais de l’affirmation qu’elles auraient, elles aussi, mérité un minimum de sollicitude dans un tout autre registre. Est-il besoin de rappeler que leurs époux ne sont pas morts de mort naturelle ?

Tijane BAL pour Kassataya.com

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