Category Archives: presse
Commémoration des déportations: une marche à Trocadéro
Le Collectif des Organisations Mauritaniennes en France organise une manifestation le samedi 28 avril 2012 à la Place Trocadéro à partir de 14 h pour commémorer la journée de la DÉPORTATION de plus de 200 000 Négro-mauritaniens en avril 1989-90 au Sénégal et au Mali.
Venons très nombreux pour protester contre ces exactions qui se poursuivent encore.
Cette année notre manifestation revêt un double caractère:
1) Nous célébrons cette journée pour dire PLUS JAMAIS ça
2) Nous demandons au gouvernement mauritanien l’arrêt immédiat des expulsions des ressortissants ouest-africains de la Mauritanie sous des prétextes fallacieux qui ne trompent plus personne.
La lutte continue !
Le Coordinateur
Dia Ibrahima Aly dit Yaaya Maabel
Commémoration des déportations: une marche à Trocadéro
Le Collectif des Organisations Mauritaniennes en France organise une manifestation le samedi 28 avril 2012 à la Place Trocadéro à partir de 14 h pour commémorer la journée de la DÉPORTATION de plus de 200 000 Négro-mauritaniens en avril 1989-90 au Sénégal et au Mali.
Venons très nombreux pour protester contre ces exactions qui se poursuivent encore.
Cette année notre manifestation revêt un double caractère:
1) Nous célébrons cette journée pour dire PLUS JAMAIS ça
2) Nous demandons au gouvernement mauritanien l’arrêt immédiat des expulsions des ressortissants ouest-africains de la Mauritanie sous des prétextes fallacieux qui ne trompent plus personne.
La lutte continue !
Le Coordinateur
Dia Ibrahima Aly dit Yaaya Maabel
Interview de Ibrahima Mokhtar Sarr au CESTI (Université Cheikh Anta Diop de Dakar)” C’est sans doute ceux qui ne sont pas en situation régulière, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas un contrat de travail, qui sont expulsés”
Venu assister à l’investiture du président Macky Sall, Ibrahima Mokhtar Sarr, homme politique mauritanien et ancien du CESTI (9e), a rendu une visite de courtoisie à la direction de cette école qui l’a formé. Il en a profité, sur invitation de Mamadou Koumé, pour rencontrer les étudiants de la 3e année (spécialisation presse écrite) et se prononcer sur diverses questions.
Quel sentiment vous anime en franchissant les portes du CESTI, 30 ans après ?
J’ai la fierté de constater que l’établissement tient toujours bon, il se développe. Nous avions beaucoup d’inquiétudes quand les Français et les Canadiens se sont retirés. Certains avaient pensé que cela allait péricliter, mais je me réjouis de constater que ce n’est pas le cas. Le CESTI reste une école prestigieuse qui a formé l’essentiel des journalistes africains. Je souhaite que le CESTI quitte ses locaux actuels pour avoir un siège beaucoup plus digne de son standing.
De la Mauritanie, comment avez-vous vécu la situation pré-électorale tendue au Sénégal ?
Nous étions inquiets parce que la démocratie sénégalaise est un exemple en Afrique. Si cette élection avait connue une tournure malheureuse, cela aurait été vraiment dommage non seulement pour le Sénégal mais aussi pour toute la sous-région. Mais nous rendons grâce à Dieu puis que tout s’est bien déroulé et qu’une nouvelle alternance s’est réalisée.
L’actualité, c’est le renvoi de la Mauritanie de centaines d’étrangers dont de nombreux ressortissants sénégalais. Qu’est ce qui explique ces expulsions ?
Je pense que c’est lié à ce qu’on appelle « l’enrôlement ». La Mauritanie est en train d’identifier tous les résidents qu’ils soient nationaux ou étrangers. C’est certainement dans ce cadre. C’est sans doute ceux qui ne sont pas en situation régulière, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas un contrat de travail, qui sont expulsés.
Dans un contexte d’échange et de libre circulation entre les pays, est ce que ce n’est pas là une mauvaise publicité pour la Mauritanie ?
Naturellement. Mais vous savez, chaque pays à sa politique. On ne peut pas empêcher à un pays d’assainir sa situation démographique. Je reste persuadé que ce n’est pas pour le plaisir d’expulser que ces mesures ont été prises mais elles obéissent à mon avis, à une volonté de se faire une idée exacte de la situation démographique en Mauritanie.
Quelle est la situation politique de la Mauritanie aujourd’hui ?
La situation politique est stable. Le régime a fait des avancées mais il y a beaucoup de choses à faire. Toutefois la situation politique est actuellement bloquée parce que l’opposition n’arrive pas à conjuguer avec le régime en place. C’est un peu tendu mais il y a des bonnes volontés qui sont en train d’essayer de décanter la situation pour qu’on puisse aller aux élections législatives qui ont été reportées.
Où en êtes vous avec la lutte contre la ségrégation raciale et l’esclavagisme en Mauritanie dont vous êtes l’une des figures de proue ?
La lutte continue. On n’a pas encore eu ce qu’on veut. La situation reste toujours la même, la question nationale n’est pas encore réglée. Il y a des communautés qui sont encore marginalisées en Mauritanie. L’esclavage aussi continue à perdurer même s’il y a des lois qui sont votées timidement pour l’interdire.
Source : CESTI
Expulsions d’étrangers : “Titre de séjour ou lutte contre AQMI”, il faut choisir !
Depuis plusieurs jours, on assiste à des refoulements d’étrangers sur le sol mauritanien, particulièrement à Nouadhibou, qui apparemment serait le repaire d’AQMI, à en croire les justifications du gouvernement auprès des autorités sénéglaises. Décryptage d’un événement au déroulement peu commun.
Les autorités mauritaniennes ont refoulé plusieurs ressortissants de la sous-région, à partir de Nouadhibou, pour défaut de titres administratifs de séjour au niveau de la frontière de Rosso Sénégal. Cette situation découle de l’entrée en vigueur d’une nouvelle disposition administrative prise par les autorités de Nouakchott qui exigent désormais des étrangers, toutes nationalités confondues, de se munir désormais d’une carte de séjour, délivrée contre 25.000 UM pour entrer et vivre sur le territoire Mauritanien.
Si l’intention, au niveau purement administratif est louable, la manière, la localisation des contrôles et des expulsions, ainsi que les segments exclusifs d’étrangers touches, laisse douter légitiment la société civile, ainsi que certaines chancelleries, quant aux motivations sous-jacentes à ces mesures.
À Nouadhibou justement, l’heure est à l’incompréhension pour les familles qui ont subi les contrôles musclés de la direction de la sureté nationale, et de la gendarmerie. “Il y a des familles sénégalaises ici depuis des années qui ont été controlees comme de vulgaires délinquants, leurs portes défoncées. C’est de cela dont nous nous occupons aujourd’hui. En priorité, réparer les dégâts des autorités et les esprits” raconte ému El Hadj Kebe, joint au téléphone.
«Nous n’avons été contactés à aucun moment par les autorités. Je me réveille le jeudi 5 avril et je suis interpellé par des compatriotes qui me signifient des rafles au niveau du quartier de la SNIM, par la gendarmerie» témoigne El Hadj Kebe, représentant à Nouadhibou, de l’association des ressortissants sénégalais vivant en Mauritanie.
«J’ai été aussitôt voir le commandant de la gendarmerie qui n’a pas pu me donner d’informations tangibles quant au pourquoi de ces rafles, tout en m’assurant tout de même que ce n’était pas lié aux cartes de séjour. C’est en allant voir le Hakem, qu’il me sera spécifié que ces rafles sont bien en rapport avec la détention de titre de séjour en Mauritanie, communication qui aurait commencé aux télévision et radio mauritaniennes depuis deux mois m’a-t-il souligné. Mais sérieusement, quand vous menez une opération à l’encontre de communautés, vous vous assurez de veiller à ce que l’information soit reçue» continue longuement El Hadj Kebe.
Dans les chancelleries ouest africaines concernées, l’heure est à l’expectative aussi. Dans l’une d’entre elles, un des diplomates joints assure que toute la chancellerie ignorait la mise en place de telles mesures. «Quand de telles mesures, légitimes en passant, sont décidées par l’état, et surtout qu’elles n’existaient pas avant, et qu’elles touchent directement au bien-être de nos ressortissants dans le pays, nécessairement les chancelleries doivent être prévenues, car ce sont elles qui sont le plus à même de relayer l’information» explique le diplomate.
Des mesures discriminatoires
Les événement de 1989 avaient commencé ainsi : tout ce qui était noir était étranger, et c’est à travers ce prisme que des dizaines de milliers de mauritaniens ont été expulsés de chez eux. Le souvenir est encore trop chaud pour qu’on dise tranquillement aux mauritaniens de ne pas s’inquiéter.
Là, comme pour les opérations de recensement qui avaient débuté avec des « relents clairement racistes » tonnait Abdoul Birane Wane, coordinateur du mouvement Touche pas à ma nationalité, avant d’êtres ramenées dans leur cadre strictement administratif et efficace, les opérations d’expulsions sont clairement dirigées contres les communautés noires africaines. Ce que laisse entendre tous les présidents d’associations des communautés concernées par les expulsions, qui avaient été convoqués le 1er avril dernier par le wali de Nouakchott, Fall N’Guissaly; reunion à laquelle curieusement aucun représentant de communautés maghrébines, arabes ou touarègues n’était présent.
“À ce que je sache, il n’y a pas que des étrangers noirs sans titres de séjours dans ce pays” argue Tijane Tchongane, vice-président de l’association des sénégalais de Mauritanie. Tous ces représentants sont conscients du droit régalien de tout état de pouvoir et vouloir controler les flux migratoires, dans son pays, mais, pointent du doigt les méthodes et le manque de communication, qui ne laissent planer aucun doute à leurs yeux sur les véritables raisons d’un tel ressort.
“On prévient les communautés de Nouakchott, et on contrôle exclusivement et on n’expulse que les migrants de Nouadhibou? C’est bizarre vous en conviendrez” continue le vice-président.
West Sahel ou AQMI en arrière-fond ?
La localisation exclusive des contrôles et des expulsions à Nouahdibou suscite des doutes sérieux auprès des concernés, quant à des raisons purement administratives. Nouadhibou, où se trouve notre tristement célèbre «Guatanamito» est un lieu de transit important des migrants clandestins vers l’Europe, et certains voient dans ces rafles une étape au projet West Sahel initié par l’Union Européenne, en partenariat avec la gendarmerie et les douanes mauritaniennes il y a quelques mois, dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine, mais aussi AQMI.
Le projet vise à «contribuer au renforcement des capacités dans la gestion des flux migratoires des pays du Sahel ciblés par cette action; à savoir le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. Par ce biais, il vise aussi à renforcer la coopération régionale en favorisant les échanges au niveau de la sous région.» expliquait alors Hans-Georg Gerstenlauer, chef de la délégation européenne en Mauritanie, à l’occasion de l’inauguration du démarrage des activités du projet.
Autre motif invoqué ? La lutte contre l’infiltration d’Aqmi (Al Qaida au Maghreb islamique). Le site sénégalais seneweb.com relate une source diplomatique sénégalaise qui évoque l’argumentation envoyée par le ministère des affaires étrangères mauritanien, et qui évoque une telle raison pour justifier les rafles. “AQMI entre en Mauritanie par la frontière malienne, avec souvent des complicité mauritaniennes. Et ils n’ont encore jamais opéré à Nouadhibou” affirme le site.
D’autres raisons sont évoquées, comme l’idée que ces rafles seraient un test de Mohamed Ould Abdel Aziz à la nouvelle présidence sénégalaise. Un test, si la réciprocité est appliquée au Sénégal et dans les autres pays de la sous-région, pourrait bien nuire aux intérêts suprêmes de la Mauritanie, notamment économiques, qui sont “nettement inscrits dans cette partie ouest africaine, et centrale de l’Afrique” rappelait sur ce site il y a quelques mois, Ely Ould Alaf, ancien diplomate.
Mamoudou Lamine Kane
Noor Info
Communiqué de Touche pas à ma nationalité
Depuis plusieurs jours, sous les ordres du régime raciste d’Ould Abdel Aziz ,la police Mauritanienne procède à des rafles ciblées, il s’agit de ressortissants de l’Afrique de l’ouest, des Sénégalais particulièrement. De cette attitude irresponsable et xénophobe nous tirons les remarques suivantes:
-l’Etat Mauritanien fait la distinction entre les étrangers blancs e les étrangers noirs vivant sur son sol;
-l’Etat mauritanien viole les droits des étrangers noirs;
-l’Etat mauritanien favorise l’intégration des étrangers en fonction de leur race;
Nous rappelons qu’en 1989, l’Etat mauritanien, en s’attaquant à des étrangers en a profité pour réprimer et déporter ses citoyens négro-mauritaniens.
“Touche pas à ma nationalité” met en garde contre toute tentative de règlement de compte à l’endroit des négro-mauritaniens et rend l’Etat Mauritanien responsable de toute dérive de la police habituée à considérer tout noir comme étranger .Nous condamnons avec vigueur l’attitude irresponsable, xénophobe et raciste du régime en place et exhortons les forces vives à s’opposer à cette folie qui ne fait qu’isoler davantage la Mauritanie.



