Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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La régularisation des migrants en Mauritanie : La carte de séjour, une carte de toutes indignations

altIls étaient des centaines de ressortissants sénégalais à manifester hier matin, aux alentours de leur ambassade pour exiger la baisse du prix de l’obtention de la carte de séjours. Une carte de séjour exigée pour tous les migrants par les autorités mauritaniennes.

La carte exigée aux étrangers vivant en Mauritanie, fait l’objet d’un grand débat et de contestations de la part des migrants résidant à Nouakchott. C’est dans une ambiance d’indignations et de frustrations que les ressortissants sénégalais ont manifesté dimanche dernier aux alentours de l’ambassade du Sénégal sous la surveillance attentive des forces de répressions pour réclamer la baisse du payement de la carte qui s’élève à 30.000um. ” je ne peux payer toutes les cartes des membres de ma famille avec cette crise qui perdure et aussi avec ce que je gagne à travers la maçonnerie, ajoutant, le Président doit revoir cette situation qui met mal à l’aise la cohabitation des ressortissants des deux pays frère ” peste Magatte Niang , maçon depuis 12 ans en Mauritanie. Selon l’intervenant, il ne peut pas payer toutes les cartes de sa famille et leur offrir quelque chose à manger.

Depuis la dernière expulsion, ces dernières ont peur de sortir dans la rue et de vaquer à leurs occupations. Avant la date butoir du 1 juin, les policiers en profitent pour faire les raquettes aux étrangers. La semaine dernière un commerçant sénégalais du nom de Baye Fall a été victime de racket après une rafle vers les 22 heures alors qu’il venait juste de fermer sa boutique. Les policiers l’ont sommé de payer 5000 UM sous prétexte qu’il n’a pas la carte de séjour. Il s’est exécuté avec indignation.

Malgré la négociation diplomatique, les autorités mauritaniennes restent intransigeantes……

Malgré plusieurs tentatives des diplomatiques et des émissaires des pays concernés par les migrants, cette loi sur le payement de la carte de séjour entra en vigueur à partir du 1er juin prochain. D’après la circulaire, l’ensemble des étrangers adultes et enfants vivant sur le sol mauritanien sans aucune exception devront se munir de cette carte de séjour à compter du 1 juin. Dans une interview accordée à Akhbar par l’Ambassadeur Sénégalais en Mauritanie, SEM Mamadou Kane avait souligné en substance que les Sénégalais peuvent être étonnés que les mauritaniens leur fassent appliquer quelque chose qui n’est pas prévu par les accords qu’ils ont passés avec les mauritaniens et qu’ils n’appliquent pas aux mauritaniens chez eux. ” Au Sénégal, les mauritaniens n’ont pas de carte de résidence. Même en cas de contrôle, ce qu’on peut leur réclamer c’est la carte consulaire. A un moment donné, ici c’était la même chose ; c’est-à-dire pour le Sénégalais qui font l’objet d’un contrôle ou une vérification d’identité, il suffisait de montrer sa carte consulaire pour qu’il soit relâché ” avait indiqué SEM Mamadou Kane.

Risque de réciprocité des pays concernés par les migrants…

La carte exigée aux étrangers vivant en Mauritanie, risque de devenir une patate chaude pour les mauritaniens vivant à l’extérieur notamment dans les pays auxquels leurs migrants résident, si les autorités de ces pays font appliquent la réciprocité c’est-à-dire demander aux mauritaniens de se munir d’une carte de séjour. À l’instar de la loi du talion ” œil pour œil, dent pour dent “.
En tant qu’ambassadeur, je ne peux pas vous dire ce que le Sénégal va faire C’est une décision qui concerne ma hiérarchie. C’est elle qui jugera de l’opportunité ou non d’appliquer la réciprocité ” avait précisé SEM Mamadou Kane, l’Ambassadeur du Sénégal en Mauritanie.

Il faut rappeler que la carte de séjour fait suite à la décision des pouvoirs publics en Mauritanie, dans le cadre du contrôle de la ” gestion du flux migratoire “(les négros africains) ou de ” terrorisme “, d’organiser la régularisation de la situation de l’ensemble des étrangers résidents sur son territoire.

Cheikh Oumar N’Diaye- L´AUTHENTIQUE

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Entretien avec Abdoul Birane Wane le Coordinateur de TPMN : « L’unité nationale, c’est un ensemble d’actes et non de simples mots. Ell n’existe pas en Mauritanie »

altRevenu à Nouakchott après une visite de terrain à la tête d’une délégation du Mouvement TPMN dans les deux camps des déportés de Houdallaye et de Dar-Salam, Birane Abdoul Wane a bien voulu répondre à nos questions portant sur le motif de la visite, les enseignements que lui et ses compagnons de lutte ont tiré d’une visite de terrain au chevet des déportés mauritaniens de retour au pays. Entretien…

Le Rénovateur Quotidien : Que faisait une délégation de «Touche pas à ma nationalité» dans les camps des déportés de retour ?
Birane Abdoul Wane : Cette délégation a séjourné dans les camps de Houdallaye et Dar Salam le 28 Avril, c’était à l’occasion de la commémoration des déportations de 1989 planifiées par le régime raciste et sanguinaire de Maouiyaâ Ould Sid’Ahmed Taya. Ces Mauritaniens sont restés pendant deux décennies dans des camps de réfugiés au Sénégal, et leur retour fut encore plus difficile, c’est pour cette raison que le Mouvement TPMN (Touche pas à ma nationalité), qui a décidé de prendre en charge tous les problèmes des négro-mauritaniens a décidé de s’enquérir de la situation de ces noirs devenus des étrangers chez eux.

Le Rénovateur Quotidien : Quels enseignements tirez-vous de votre visite dans ces sites ?
B.A.W : D’abord, je vous dis que ces mauritaniens vivent comme des parias chez eux, c’est la faute au régime raciste qui a pris des engagements qu’il n’a jamais respectés, je fais allusion aux accords tripartites, que l’Etat mauritanien s’est engagé à respecter. Ces populations manquent de tout, eau, infrastructures sanitaires et scolaires, elles vivent dans des habitats précaires. Le plus grand problème se pose au niveau de leur état civil, sur près de huit mille (8.000) déportés dans les différents camps du Brakna, seulement mille six cents ont été enrôlés. Les grands exclus de ces recensements sont les enfants nés au Sénégal et qui y ont grandi. Ces hommes vivent dans la misère et les autorités observent sans réagir alors qu’elles s’attellent à satisfaire et à sécuriser les réfugiés Touareg, c’est ça le racisme. Pour ce régime, il faut avoir une peau claire pour être considéré comme un humain

Le Rénovateur Quotidien : C’est pour cela donc que vous dites qu’il ait impossible de parler de l’unité nationale en Mauritanie ?
B.A.W : C’est une évidence, comment peut-on parler de l’unité nationale alors qu’il y a des citoyens qui ont été victimes d’une grande injustice de la part d’un régime raciste qui refuse encore de les remettre dans leurs droits? Comment peut-on parler de cette unité nationale alors que ces déportés revenus voient d’autres mauritaniens, maures ou haratins occuper leurs terres avec la complicité du régime, On ne peut pas parler de l’unité nationale tant que les victimes de 1989 rencontrent encore ceux qui les persécutaient circuler librement. L’unité nationale, c’est un ensemble d’actes et non de simples mots, elle n’existe pas en Mauritanie.

Propos recueillies par Camara Mamady-Le rénovateur.

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Les leaders de la COD devant le commissariat de police de Tevragh Zeina 1 pour la libération de leurs camarades

altALAKHBAR(Nouakchott)-C’est après concertation que les chefs des principales formations politiques de la Coordination de l’opposition démocratique se sont retrouvés samedi en milieu de journée,pour un quart d’heure à peu près, devant le commissariat de police de Tevragh Zeina 1, où sont détenus leurs camarades, militants et sympathisants,suite à la manifestation du vendredi 18 Mai.

Ces interpellations ont été précédées d’une violente répression dont les leaders de la COD accuse, le président Ould Abdel Aziz d’être le premier responsable. Et selon les présidents des ces partis d’opposition, ils dresseront la liste des autres responsables de cette intervention qu’ils qualifient de “barbare, inhumaine et répressive”.

Les chefs des partis de la COD ont déclaré qu’ils continueront leur revendication jusqu’à la réussite de leur principal objectif qui est le départ d’Aziz du pouvoir.

S’agissant de la répression de la manifestation du vendredi 18 Mai, le bilan était lourd,selon les sources proches de la COD, plusieurs blessés suite aux explosions et éclats de grenades et plusieurs dizaines d’ arrestations.

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Vous avez aimé Claude Guéant ? Vous adorerez Manuel Valls.

Non, Manuel Valls, le nouveau ministre de l’intérieur, ne fera sans doute pas de déclaration sur l’inégalité entre les civilisations. Il ne faudrait donc pas lui faire de procès d’intention. Il faudrait se garder de toute caricature.

Le problème est que Manuel Valls est sa propre caricature, même s’il s’abstiendra, du moins faut-il l’espérer, d’affirmer comme son prédécesseur qu’il y a trop de musulmans en France. C’est tout de même lui qui, se promenant sur un marché de sa bonne ville d’Evry, le 7 juin 2009, interpellait ses collaborateurs : « Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques White, quelques Blancos ! »

Manuel Valls ne représente pas grand-chose dans son parti : il n’a récolté que 5,7 % des voix lors de la primaire d’octobre 2011. Il est vrai que cet admirateur de Dominique Strauss-Kahn et de Tony Blair aurait sans doute plus sa place au Nouveau centre ou au Modem de François Bayrou, dont il reprend les thèses économiques et sociales. Nicolas Sarkozy avait tenté de le débaucher en 2007 et Martine Aubry lui avait écrit une lettre ouverte en juillet 2009 : « Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste. »

Mais Valls a su faire le bon choix : rester au PS tout en combattant tous les principes de la gauche et, finalement, accéder à un poste où il pèsera lourd dans les choix gouvernementaux des prochains mois sur la sécurité, l’immigration, l’islam. Concédons-lui donc le fait qu’il est un habile politicien, mais mettons entre parenthèses l’idée qu’il serait de gauche.

C’est sur le terrain de la sécurité que Valls a voulu se faire un nom, en montrant que la gauche pouvait être aussi répressive, voire plus, que la droite. Il a multiplié les articles et les livres sur le sujet, dont Sécurité, la gauche peut tout changer (Editions du Moment, Paris, 2011). Cet ouvrage rend un hommage appuyé et répété aux forces de l’ordre, sans jamais évoquer les violences policières, les jeunes assassinés dans les quartiers, les procès de policiers qui débouchent toujours sur des non-lieux. En revanche, il est impitoyable avec le terrorisme, ayant été l’un des seuls socialistes à exiger l’extradition de Cesare Battisti. Et aussi avec les délinquants, ces classes dangereuses dont la bourgeoisie a toujours eu peur. Valls ne regrette-t-il pas, dans son livre, que la gauche n’ait pas assez rendu justice à Clemenceau, l’homme qui n’hésitait pas, entre 1906 et 1908, à faire tirer sur les ouvriers au nom, bien sûr, de l’ordre républicain ?

Lors du soulèvement des banlieues de 2005, il a été l’un des trois députés socialistes à ne pas voter contre la prolongation de l’état d’urgence, une décision qui ramenait la France à l’époque de la guerre d’Algérie. En octobre 1961, s’il avait été ministre de l’intérieur, Valls n’aurait certainement pas hésité à faire appliquer l’ordre républicain à tous ces Algériens qui osaient défier le couvre-feu. Pour Valls, la violence dans nos villes « augmente de manière constante » depuis plus de trente ans. Il reprend les arguments de son ami Alain Bauer  l’homme qui a imposé à la gauche comme à la droite le thème de l’insécurité — avec l’aide active du Front national et de Jean-Marie et Marine Le Pen. Conseiller de Sarkozy, Bauer est aussi proche de Manuel Valls car, pour lui, la sécurité n’est ni de gauche ni de droite (l’économie non plus, sans doute…). Et personne ne sera trop regardant sur les médecines du docteur Bauer, l’homme qui propage la peur dans les villes et en profite pour leur vendre, à travers sa société AB conseils, et à prix d’or, les remèdes à l’insécurité. Un peu comme si un responsable de l’industrie pharmaceutique établissait les prescriptions pour les malades…

Nous ne reviendrons pas ici sur la critique détaillée de ses théories de la sécurité. Laurent Mucchielli, l’un des meilleurs spécialistes de la question et qui est plusieurs fois cité de manière élogieuse par Valls, a un diagnostic ravageur (« La posture autoritaire et populiste de Manuel Valls », Lemonde.fr, 5 juin 2011). Critiquant Sécurité, la gauche peut tout changer, qui vient alors de sortir, il fait deux remarques :

« La première est que M. Valls n’a pas un niveau de connaissance suffisant des problèmes. Nous l’avons vu, son diagnostic est globalement plutôt superficiel. Ses propos ressemblent étrangement aux discours de certains syndicats de police et parfois même d’un certain café du commerce. La violence explose, les délinquants rajeunissent sans cesse, il n’y a plus de valeurs et plus de limites, la justice ne fait pas son boulot, on les attrape le soir ils sont remis en liberté le lendemain… etc. En cela, M. Valls est proche d’un certain terrain politique : celui des plaintes de ses administrés, des courriers de protestation reçus en mairie, des propos entendus en serrant des mains sur le marché le samedi matin ou encore de ce que lui racontent les policiers municipaux de sa ville. Mais il est totalement éloigné de ce que peut-être le diagnostic global d’un problème de société et l’approche impartiale d’une réalité complexe. Telle est sans doute la condition ordinaire d’un responsable politique de haut niveau, dont on imagine l’agenda très rempli. Mais l’on attendrait alors de lui qu’il ait l’intelligence de comprendre les biais et les limites de sa position pour s’entourer de personnes capables de lui donner le diagnostic de base qui fait ici défaut. Encore faut-il toutefois le vouloir et ne pas se satisfaire de ce niveau superficiel d’analyse, au nom d’une posture volontairement très politique pour ne pas dire politicienne. C’est la deuxième hypothèse. »

Voici donc pour la compétence du nouveau ministre de l’intérieur. Par ailleurs, poursuit Mucchielli :

« C’est bien une posture politique qui irrigue fondamentalement la pensée de Manuel Valls, une posture politicienne même dans la mesure où elle vise manifestement à se distinguer en politique, en particulier vis-à-vis d’autres personnalités du parti socialiste. Cette posture, on la retrouve d’abord dans les pages consacrées à une sorte d’éloge de l’ordre comme “socle des libertés” (p. 58), comme on la retrouve à la fin du livre dans l’éloge de « l’autorité » qui serait aujourd’hui « bafouée » et « attaquée de toutes parts » (p. 156-157). De nouveau, c’est exactement aussi la posture qui traverse toutes les lois votées ces dernières années par ses adversaires politiques. »

Valls n’est pas seulement un défenseur de la sécurité, mais aussi un contempteur du communautarisme et un pseudo-partisan de la laïcité (c’est évidemment tout à fait par hasard que les cibles de ses attaques sont les populations des quartiers populaires).

On ne compte plus les exemples de ces attaques contre un soi-disant communautarisme, c’est-à-dire contre les musulmans, de sa volonté d’interdire à un Franprix de ne vendre que des produits halal — aurait-il interdit des magasins qui ne vendraient que des produits casher ? — à l’affaire de la crèche Baby Loup et au licenciement d’une employée qui portait le foulard. Après l’absurde décision de Nicolas Sarkozy d’interdire à des théologiens musulmans d’intervenir au congrès de l’UOIF, il a fait de la surenchère, non seulement en approuvant la décision mais en écrivant :

« Tariq Ramadan, leader européen de l’Internationale des Frères Musulmans, présenté par ailleurs comme un “intellectuel” muni d’un passeport suisse, doit s’exprimer le week-end prochain à Bagnolet. Il propagera les mêmes idées extrémistes que ceux qui ont déjà été interdits de territoire français. » Quelques jours plus tard, le candidat Nicolas Sarkozy à son tour, mettait en doute les qualités d’intellectuel de Tariq Ramadan. Quant à ces déclarations sur les idées « extrémistes » défendues par Ramadan, il devrait plutôt lire ses textes et écouter ses interventions.

On ne peut s’étonner alors que Manuel Valls fasse l’éloge du dernier livre de Hugues Lagrange, qui met en avant l’origine culturelle des immigrés pour expliquer les difficultés de l’intégration — rappelons que le même argument culturel était avancé pour expliquer les difficultés des immigrés juifs d’Europe centrale, italiens ou portugais à s’intégrer dans les années 1930, 1940 ou 1950 (lire Gérard Mauger, « Eternel retour des bandes de jeunes », Le Monde diplomatique, mai 2011). Aucune idée de droite n’est vraiment étrangère à M. Valls.

Une dernière question : Manuel Valls est aussi signataire d’un appel indigne appelant à poursuivre les militants qui prônent le boycott des produits israéliens. Parmi eux, Stéphane Hessel ou Alima Boumediene. Que fera le ministre de l’intérieur, alors que plusieurs de ces militants ont été relaxés par la justice, mais que certains restent poursuivis ?

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Kaëdi : Atelier de formation sur les mécanismes de la justice transitionnelle

altL’Ong SEEPT a organisé, en partenariat avec le commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile (CDHAHSC) et le haut commissariat des nations unies aux droits de l’homme (HCNUDH), un atelier de formation sur les mécanismes de la justice transitionnelle, au profit de représentants de l’administration, des services de sécurité et de la société civile.

La tenue de cet atelier, a indiqué le représentant adjoint du haut commissariat des nations unies (HCDH) aux droits de l’homme, M. Paul JATHO vise entres autres à renforcer les capacités des participants dans leur mission de surveillance et d’enquête, mais aussi à les aider à mieux argumenter leurs propositions pour les réparations des violations des droits civiles, politiques, économiques, sociaux et culturels des individus et des populations, à travers une commission vérité (CV). C’est ainsi, a ajouté le fonctionnaire onusien que le présent atelier donnera aux participants la connaissance et l’information appropriée sur le rôle, le mécanisme et le fonctionnement de la justice transitionnelle dans le cas de violations des droits de l’homme, leur permettra d’échanger d’une manière structurée en vue de développer davantage leur approche et de dégager des stratégies efficaces et réalistes susceptible de mettre fin à l’impunité. Il s’agit aussi d’offrir des informations sur les différents mécanismes régionaux et internationaux qui ont été développés de par le monde afin de faire face aux violations des droits de l’homme en vue de dégager leurs forces et faiblesses et se prononcer sur leur adaptation et leur applicabilité en Mauritanie. M. JATHO s’est également félicité de l’ouverture d’un bureau de son institution en Mauritanie depuis près d’une année ; ce qui dira-t-il est une preuve de l’existence d’une volonté politique des pouvoirs publics pour mettre un terme à l’impunité et à résoudre les problèmes liés aux graves violations des droits de l’homme, héritage des pouvoirs précédents. Il a conclut son propos par l’annonce des attentes de l’atelier qui se présentent en l’établissement d’un mécanisme d’un mécanisme de la justice traditionnelle qui fonctionne selon des normes et standards internationaux des droits de l’homme, la création et le fonctionnement normal d’une structure nationale chargée de coordonner la réparation des victimes des violations des DH, l’amélioration de l’accès à la justice pour tous les groupes marginalisés victimes des violations des DH, une évaluation critique sur la situation des DH, le renforcement des capacités des participants afin de leur permettre de mieux œuvrer dans le domaine de la protection des DH.

Rôle, mécanisme et fonctionnement d’une justice transitionnelle

Pour Me Bâl Amadou Tidjane, consultant international des NU, ancien ministre de la justice et ancien président de la HAPA, le présent atelier s’inscrit dans un processus global qui vise à recueillir les avis des uns et des autres en vue de perfectionner le règlement définitif des questions liées aux rapatriés et des conditions de leur insertion ainsi que le règlement définitif du passif humanitaire. Me Bâl, qui jouit d’une grande expérience dans le domaine des droits de l’homme car ayant participé à titre d’avocat au procès organisé par la CPI pour juger les auteurs des crimes et autres violations des DH, consécutifs aux conflits interethniques entre Hutus et Tutsi au Rwanda, a à cet effet indiqué que la prière de l’absent organisée à Kaédi, il y a deux ans (en mémoire aux victimes des évènements de 1989 et de la purge ethnique de la composante négromauritanienne, opérée alors dans les rangs de l’armée), n’était qu’un élément parmi tant d’autres et qui contribue à apporter une solution définitive garantissant la paix sociale en Mauritanie. Le consultant onusien, en charge du dossier, a déclaré que l’Etat mauritanien estime qu’aucun sujet n’était tabou, tout en reconnaissant le problème de moyens pour une indemnisation massive et des défaillances constatées dans le processus de retour et d’insertion des rapatriés, et recommande par ailleurs de ne pas se focaliser sur les structures mais plutôt sur une voie menant vers la mise sur pied d’une commission de vérité qui s’appuie sur nos réalités et nos valeurs islamiques tout en s’ouvrant sur d’autres expériences (Afrique du Sud, Maroc, Bénin), à travers une justice transitionnelle.

Plaidoyer pour la mise sur pied d’une CV !

L’autre thématique de l’atelier était justement la commission de vérité (CV), une discipline récente indique, Mme Madina Athié qui précise le rôle de la justice transitionnelle après une situation de violations flagrantes des droits de l’homme. La chargée de programmes au HCDH en Mauritanie ajoute que la CV assure les mécanismes de réponse aux droits de l’homme dans des pays où de graves violations des droits de l’homme ont eu lieu.Et d’ajouter que dans ce cas, l’Etat en question à l’obligation d’enquêter sur les violations des droits de l’homme qui y sont commises. Elle a par ailleurs énumérer les objectifs d’une CV dont on peut citer : vecteurs de transition vers un Etat de droit, contribuer à établir un espace public de débat national, conception d’une CV avec une commission de recrutement des commissionnaires, établissement d’une CV par une loi ; Elle a étayé son propos par l’exemple du Maroc qui a mis sur pied une commission « vérité et réconciliation » dans l’optique du renforcement de l’unité nationale, fondement d’un Etat de droit. Mme Athié a en outre livré un paquet de critères pour la mise sur pied d’une CV, qui s’inspirent des expériences d’autres pays (Afrique du Sud, Pérou, Argentine, Maroc, Bénin) ayant connus de graves violations de droits de l’homme et qui sont parvenus à les régler sans anicroches. Il s’agit entre autres de : commission d’enquête, autorisation officielle du mécanisme par l’Etat, autonomie structurelle et financier, organe temporaire, compétence sur les graves violations des droits de l’homme, ne pas avoir pour objectif un évènement particulier, avoir un siège national et un mécanisme national, production d’un rapport final avec des recommandations pour un redressement des violations passées. Elle a en fin donné des indications sur les perspectives d’une telle démarche, à savoir : poser les jalons, connaitre les obligations de l’Etat, appui au CDH, tenir compte des doléances et plaidoyers de la société civile. Dans leurs interventions, certains participants ont formulé des recommandations et émis des critiques toutes jugées constructives par les animateurs de l’atelier, pour la recherche de la paix civile, gage de l’unité nationale dont la Mauritanie a grandement besoin en ces temps qui courent. Un participant fait toutefois observer l’absence aux travaux de l’atelier, des autorités administratives et sécuritaires en ces termes : « Ils étaient là juste pour les besoins de la cérémonie protocolaire, comme il est de coutume alors que le thème, si important sur la voix devant mener à la reconstruction de l’unité nationale largement ébranlée, les concerne au premier chef». Il faut noter qu’en marge de l’atelier, la SEEPT a organisé un atelier de sensibilisation sur la loi 2007-048 portant criminalisation de l’esclavage et des pratiques esclavagistes ainsi qu’un meeting à la maison des jeunes au profit des femmes, des enseignants, des jeunes et de la société civile, animés par MM. JATHO, Me BAL et Mme ATHIE. Quand à M. Bakar O. Dieh, président de l’Ong SEEPT, il s’est réjouit de l’engouement suscité par les thèmes des deux ateliers avant de se féliciter du niveau élevé des débats auxquels ont contribué des élus locaux, des représentants de services déconcentrés de l’Etat, des syndicalistes, des journalistes et des représentants d’Ongs locales actives dans la défenses des DH.

 


Vieux GAYECp/ Gorgol -QDN

 

 

 

 

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