Category Archives: presse
IRA/TPMN : Une unité d’action est-elle possible ?
Jeudi dernier, les leaders et les militants de l’IRA et de TPMN ont joué fantastiquement le jeu du genre ton sit-in «J’y suis à côté de toi» mon sit-in «Tu y es à côté de moi» devant les locaux du système des Nations-Unies et de l’Assemblée nationale.Une manière maligne non seulement leurs forces, mais aussi et surtout d’aller dans l’ordre serré de bataille contre le pouvoir en place.Le jeudi passé, les leaders, les militants et les sympathisants de la Coordination du Mouvement TPMN (Touche pas à ma nationalité) ainsi que des éléments de l’IRA (Mouvement abolitionniste de l’esclavage en Mauritanie) ont fait un sit-in devant la représentation du système des ONU (Organisation des Nations Unies) à Nouakchott pour dénoncer des «injustices» juridico-sociétales, entre autres, la solidarité à l’égard des déportés mauritaniens qui font la grève de faim à Dakar, l’exigence d’une justice pour le regretté Lamine Mangane, la fin de la poursuite illégale contre Bakary Bathily et la dénonciation de la détention «arbitraire» du président de l’IRA Biram Ould Dah Ould Abeid. Et sur cette place publique, ils y sont restés des heures en scandant des slogans qui traduisent verbalement dans les faits leur détermination de dénonciation des faits d’injustices du pouvoir en place. En plus, la coordination de TPMN a solennellement adressé une lettre au Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui a été aussi distribuée à la presse dans laquelle on pouvait aisément comprendre leurs différentes préoccupations formulées en ces termes : «Nous vous avions saisi, à l’occasion de la célébration du 63ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, pour attirer votre attention sur le cas particulier de la Mauritanie régie par un système raciste et esclavagiste tacite qui confine les citoyens noirs de notre pays au rang de citoyens de seconde zone. Nous revenons aujourd’hui (jeudi) à la charge pour vous dire que cette situation qui perdure porte les germes d’uns déstabilisation future du pays qui ne ferait qu’ajouter au désordre et au chaos que vit actuellement la sous-région. En effet, le spectre de la tentative de génocide contre la communauté négro-mauritanienne qui s’était traduite par des massacres et des déportations massives vient se rappeler à notre triste souvenir à travers la grève de faim qu’observent les déportés mauritaniens abandonnés à leur sort au Sénégal»
L’incompréhension des leaders de l’IRA
Devant les locaux de l’Assemblée nationale, les militants de l’IRA et de TPMN y étaient également venus pour dénoncer une émission de la Radio Mauritanie à travers laquelle un certain théologien musulman aurait fait au vu et au su de tout le monde «l’apologie» des pratiques esclavagistes en évoquant des possibilités de l’achat et de la vente des «hommes non libres», qui fait référence à l’esclave selon les dires de Hamady Ould Lehbouss, le Conseiller du président de l’IRA. Et il a d’ailleurs exprimé sa consternation par rapport au silence «coupable» des hommes et des femmes politiques pour n’avoir pas toujours condamné les dires de ce soi-disant théologien. Même son de cloche chez Balla Touré, le président intérimaire de l’IRA : «Nous faisons ce sit-in pour dénoncer les propos tenus par un soi-disant théologien sur les ondes de la Radio Mauritanie. Nous demandons la traduction de ce soi-disant théologien devant les tribunaux et la condamnation de ses propos». Il faut souligner que les militants et les leaders de TPMN faisaient partir aussi de ce sit-in. Cela voudrait-il dire que les leaders des deux ONG de droits de l’homme ont fini par comprendre que l’Union fait la force ? Les prochains jours nous en diront plus.
Camara Mamady- LE RÉNOVATEUR
Mauritanie: L’autopsie n’a pas révélé les causes de la mort d’Ould Mousdaf (Substitut du procureur)
ALAKHBAR (Nouakchott)- L’autopsie sur le corps de Mohamed Ould Méchoufi, «n’a pas révélé les causes de la mort. Aucune trace, qui expliquerait l’origine n’a été retrouvée sur le corps», a estimé le substitut du procureur de la République, Ahmed Ould Abdellahi au cours d’une conférence de presse tenue, lundi 16 juillet à 2 heures du matin, au centre hospitalier national de Nouakchott(CHN).
Ould Méchoufi a été tué dimanche 15 juillet, lors d’une dispersion violente, par la Garde nationale mauritanienne, d’un sit-in des travailleurs à la Mine d’Akjoujt exploitée par la société étrangère de Mines de Cuivre en Mauritanie (MCM) opérant dans le nord du pays. Un usage “excessif” de gaz lacrymogène a été rapporté, à Alakhbar, par des témoins oculaires.
Ce que l’autopsie aurait cependant révélé c’est «qu’il s’agit d’une mort récente», a précisé le substitut du procureur.
Selon lui, cette conclusion résulte d’une analyse approfondie du corps et de grands efforts consentis par des médecins spécialistes.
Ahmed Ould Abdellahi a efin informé que le rapport de l’autopsie a été compilé sur CD et remis aux parents de Ould Méchoufi. Quant au Parquet général, il est disponible, si la famille le demande, pour une contre-autopsie ou toute autre analyse du corps.
Macky Sall attendu en Mauritanie à la fin du Ramadan
Le président de la République, Macky Sall, a annoncé, dimanche à Addis-Abeba, qu’il se rendra en Mauritanie, après le mois de ramadan. Le président Sall a fait cette annonce au sortir d’une visite qu’il a rendue à homologue mauritanien dans la capitale éthiopienne où tous les deux prennent part au 19e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine dont l’ouverture est prévue ce matin.
Le chef de l’Etat a indiqué avoir échangé avec le président Abdel Aziz sur la coopération bilatérale et ‘’ des incompréhensions liées à la carte de séjour”.
Le président Sall indique qu’il a ‘’compris’’ et ‘’accepté’’ les explications données à ce sujet par son homologue mauritanien. Entre autres questions, les deux chefs d’Etat ont aussi évoqué la situation au Mali.
Le président Sall souligne que les relations entre le Sénégal et la Mauritanie ‘’se portent à merveille’’.
Source: Aps (Sénégal)
La mère d’Ould Mousdafi “tué par des élements de la garde” réclame justice
ALAKHBAR(Nouakchott)- Fatimetou Mint Sidi Baba, la mère d’Ould Mousdafi tué à coup de matraques , tôt , ce dimanche 15 juillet, lors d’un sit-in devant les sites de la MCM d’Akjout, selon elle par “des élements de la garde nationale venus en renfort de la capitale Nouakchott “, s’est confié au reporter d’ Alakhbar sur palce , à Akjoujt , et elle réclame que “justice soit rendue”. Lors de son entretien avec Alakhbar, Mint Sidi Baba , avait les larmes dans les yeux, et c’est à peine qu’elle faisait entendre ses mots. Cette mère attristée selon ses propos lance un appel pressant à l’ensemble des autorités du pays et le président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz , en tête, “qu’enquête soite ouverte et que les auteurs de la mort de son unique fils soient jugés et sanctions conformememnt à la loi”.
“Je ne peux en aucun cas accepter que mon fils soit tué par des gardes et l’affaire passe sous silence” lance cette maman endeuillée et qui vit encore sous le poids du choc.
Et Mint Sidi Baba d’ajouter que “les auteurs de ce crime qu’elle juge odieux sont connus et ils sont là parmi nous”.
Abdoul Birane Wane : “Les Négro-Mauritaniens restent discriminés dans tous les secteurs”
Le mouvement Touche pas à ma nationalité continue de maintenir la pression sur Nouakchott. Crée il y a un peu plus d’un an, le collectif exigeait initialement l’arrêt du recensement en cours en Mauritanie, qu’il juge discriminatoire à l’égard des populations noires. Depuis, la lutte s’est intensifiée : les Négro-Mauritaniens (Peuls-Toucouleurs, Soninkés et Wolofs) réclament désormais un véritable partage du pouvoir. En attendant, les manifestations – le plus souvent réprimées par les forces de l’ordre – ne faiblissent pas. Abdoul Birane Wane, 35 ans, est un homme d’apparence discrète. Pourtant, le leader du mouvement ne mâche pas ses mots à l’encontre du régime de Mohamed Ould Abdelaziz, qu’il accuse de racisme. Interview.
Jeune Afrique : Comment expliquez-vous que les Négro-Mauritaniens soient encore sous-représentés au sein de l’appareil de l’État ?
Abdoul Birane Wane : Il n’y a aucun fondement, ni aucune raison objective à cela. On veut nous faire croire que c’est le résultat d’un vote, mais le découpage électoral actuel ne permet pas aux Négro-mauritaniens d’avoir ne serait-ce que le tiers à l’Assemblée nationale. Pour preuve, nous n’avons que 13 députés sur les 95 que compte la chambre basse du pays… De plus, les gouvernements successifs n’ont jamais compté plus de quatre Noirs. Aujourd’hui, un préfet Maure qui exerce dans les localités du Sud est obligé de chercher un traducteur. Quel intérêt de nous imposer des administrateurs qui ne parlent pas nos langues ? C’est une aberration.
La nomination d’un nouveau bureau en mai a provoqué la colère de certains cadres, qui se sont dits exclus. Y’a-t-il des dissensions au sein du collectif ?
Non, aucune. Nous nous sommes simplement retrouvés dans une situation où ce que nous disions dans les réunions filtrait dans la rue. D’autre part, il ne nous fallait plus uniquement des cadres, mais aussi des hommes de terrain, qui savent mobiliser la population. Une révolution ne se mène pas derrière un ordinateur.
Pourquoi souhaitez-vous créer un “pôle de toutes les forces noires” de Mauritanie ?
Alors que nous sommes certains d’être en majorité par rapport aux Arabo-berbères, les Négro-Mauritaniens restent discriminés dans tous les secteurs. Ceci dit, nous sommes convaincus de l’imminence d’un changement politique en Mauritanie. Une fois ce jour arrivé, nous ne voulons pas que les Négro-Mauritaniens partent en ordre dispersé dans les partis dirigés par les Arabo-berbères ou les Haratines. C’est pour cette raison que nous ne ménageons aucun effort pour que toutes les forces négro-mauritaniennes soient présentes avec un seul pôle, fort et unifié.
Ne craignez-vous pas que ce projet soit perçu comme étant communautaire ?
On nous le reproche déjà. Ces critiques sont injustes, mais c’est le prix à payer. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’à chaque fois que des décisions importantes sont prises sur l’avenir du pays, nous ne sommes pas présents.
Avez-vous reçu le soutien de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) ?
Lors de notre dernier grand meeting, il est vrai que des députés du RFD (Rassemblement des Forces Démocratiques, principal parti d’opposition) étaient présents. Mais nous ne sommes pas soutenus par la COD. D’ailleurs, alors qu’elle appelle au départ du président [Mohamed Ould Abdelaziz NDLR.], nous réclamons la chute de l’ensemble du système.
Les FLAM (Forces de libération africaine de Mauritanie) viennent d’annoncer leur redéploiement dans le pays, afin de se muer en parti politique. Envisagez-vous également de créer une telle formation ?
Au vu de la lutte que nous menons, le mouvement pacifique reste le cadre le plus adapté. Ce que nous voulons, c’est un partage des responsabilités politiques.
Comment comptez-vous parvenir à vos fins ?
Aujourd’hui, nous faisons appel à toutes les forces qui luttent contre ce pouvoir. Nous sommes d’ailleurs en négociation avec le Mouvement des Jeunes de Mauritanie (MJM), la Coordination de la jeunesse du 25 février, la Coalition du 25 février et El Khor, pour tenter de planifier un programme d’action. Seule la pression de la rue pourra faire chuter le régime.
___
Propos recueillis à Nouakchott par Justine Spiegel



