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Mauritanie : Washington dénonce la persistance des violations des droits humains malgré les réformes*
Nouakchott – Un rapport du Département d’État américain, publié sur la situation des droits humains en 2024, pointe la poursuite de graves violations en Mauritanie, en dépit des avancées légales et institutionnelles. Corruption, faiblesse de l’application des lois, restrictions aux libertés publiques et discriminations systémiques figurent parmi les préoccupations majeures relevées.
Le document dénonce des atteintes à la liberté de la presse, avec des cas d’arrestations de journalistes et d’activistes pour leurs publications sur les réseaux sociaux. Il évoque aussi des restrictions aux rassemblements pacifiques, des recours à la force pour disperser des manifestations, ainsi que des obstacles administratifs visant les organisateurs.
Le rapport fait état de meurtres arbitraires isolés imputés aux forces de sécurité, de cas de torture, de mauvais traitements et de conditions carcérales inférieures aux normes. Bien qu’aucune disparition forcée confirmée n’ait été enregistrée, il souligne des inquiétudes concernant des détentions arbitraires.
Washington s’inquiète également de la persistance de pratiques d’esclavage hérité, en particulier au sein des Haratines, malgré la criminalisation de l’esclavage depuis 1981. Les efforts gouvernementaux, tels que la création de tribunaux spécialisés, sont jugés insuffisants faute de ressources et de volonté politique.
La discrimination envers les Haratines et les minorités ethniques, la violence domestique, le mariage des mineures et les conditions de travail abusives sont également cités parmi les violations persistantes. Enfin, le rapport pointe des restrictions à la pratique des cultes non musulmans, malgré la garantie constitutionnelle de la liberté de croyance.
Source Alkhbar
Le dialogue national et/ou un contrat social authentique entre les Mauritaniens
Depuis quelques mois, le gouvernement mauritanien travaille à la participation des différents acteurs politiques au dialogue national qu’il a initié. A l’absence de toute surprise, l’opposition se trouve divisée, ayant du mal à se déterminer, d’un commun accord, sur la nécessité de sa participation ou non. Curieusement, l’essentiel des partis d’opposition se déclarent partisans du principe au dialogue, mais ils semblent, comme toujours, être mal préparés à chaque fois que l’occasion se présente. Ainsi, cette opposition a tendance à se focaliser, le plus souvent, plus sur des discussions stériles centrées sur des éléments superficiels de la politique au détriment de la substance et du contenu des projets politiques en vue du règlement progressif de l’ensemble des problèmes de la société mauritanienne.
En effet, pour justifier leur refus de participer, certains chefs de partis reprochent au pouvoir d’avoir un agenda politique qu’il voudrait faire passer pendant ces assises. Honnêtement, quel homme ou quel parti politique qui n’aurait pas un agenda dans les circonstances pareilles ! Incontestablement, devant deux antagonistes, ce que l’un considère comme agenda pourrait être légitimement pris par son adversaire comme un projet ou un programme politique. Alors, il serait démagogique ou de la naïveté de croire que l’opposition elle-même n’aurait pas d’agenda en refusant ou acceptant de répondre à cette invitation du pouvoir.
Evidemment, après l’expérience subi par l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz avec la justice mauritanienne pour le détournement des fonds publics, on peut aisément imaginer que l’actuel président qui est en fin de mandat s’inquièterait pour lui-même et son entourage après leur départ du pouvoir. Alors, il serait logique qu’il veuille trouver de solutions (pour lui-même et ses alliés) afin de s’assurer qu’ils ne seraient pas inquiétés après leur départ. D’autres dans l’entourage du pouvoir seraient obsédés par l’accusation permanente qui leur colle à la peau d’être des criminels en tant que responsables des tortures ou d’assassinats de citoyens noirs pendant les années de braises, qu’ils voudraient solutionner une fois pour toutes.
Mais il est aussi raisonnable de penser qu’une certaine opposition, par exemple les Forces Progressistes du Changement (FPC), voudrait la résolution de ce qu’elle considère comme des inégalités ou de la discrimination dont les noirs sont victimes de la part de l’Etat mauritanien. Cette partie de l’opposition serait intéressée par la résolution des problèmes des langues, de l’état civil, des terres, du problème du passif humanitaire, de la reconnaissance de leur parti entre autres.
Naturellement, un dialogue n’est rien d’autre que de la négociation entre les concernés. Pour qu’elle réussisse il faudra que les parties prenantes soient disposés, au moins, à accepter certaines requêtes du camp adverse. Il est admissible que l’opposition réclame certaines garanties au pouvoir pour le bon déroulement du dialogue. Mais ces exigences ne devraient pas servir de prétexte pour justifier une position de principe déjà convenue d’avance.
En réalité, aucune garantie de la part des autorités ou de l’opposition ne serait viable si elle ne se limitait qu’aux accords entre le pouvoir et les différents états-majors des partis politiques. Dans la situation politique actuelle en Mauritanie, le dialogue national devrait prendre une forme d’un contrat social authentique entre les différentes composantes de la société mauritanienne. Le congrès d’Aleg était un échec, alors il est temps que nos politiciens s’intéressent au bien-être du peuple mauritanien de manière générale. Pour ce faire, les autorités mauritaniennes et l’opposition devraient imaginer et trouver des moyens d’impliquer le peuple mauritanien dans son ensemble dans le but de maximiser l’impact positif qui résulterait de ce futur dialogue. Nous pensons que le pouvoir doit faire certaines concessions préalables pour rassurer de sa disponibilité et de sa sincérité dans son appel au dialogue.
Avant toute chose le pouvoir doit s’atteler à l’apaisement du climat social en procédant à la libération de tous les détenus politiques. Mais aussi en libérant l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz, après assuré que les biens manifestement mal-acquis ont été récupérés. Le gouvernement et l’opposition participante au dialogue devraient tomber d’accord sur un calendrier dans un délai raisonnable. Ce calendrier devrait prendre en compte un temps nécessaire d’information, d’écoute et d’échanges entre les leaders politiques de tous les bords et la population mauritanienne. L’opposition devrait envisager de sillonner toutes les régions mauritaniennes sans exception. Alors, la date de la tenue de ce dialogue dépendrait du temps nécessaire à cette campagne. Bien-entendu, il serait très important que le gouvernement accepte de faciliter la tâche des partis d’opposition participants du point de vue administratif, sécuritaire et financier.
Par ailleurs, la diaspora mauritanienne ne devrait pas rester les bras croisés. Même si dans son écrasante majorité les membres de cette diaspora n’attendent rien individuellement de l’Etat mauritanien. Cependant, il est un devoir patriotique de chaque mauritanien où il se trouve d’aider le peuple mauritanien à se retrouver. Dans l’objectif d’établir une future nation démocratique mauritanienne, la diaspora devra contribuer intellectuellement et économiquement pour la réussite de ce dialogue.
Les conclusions codifiées dans un rapport final devront être soumises au peuple pour referendum. Une fois approuvé, ce texte peut prendre l’effet d’une nouvelle constitution de notre pays.
HAMMEL BARRY
LES FORCES PROGRESSISTES DU CHANGEMENT (FPC)
USA.
Crise à l’Assemblée : des députés dénoncent un “règlement de caserne”
Nouakchott :L’adoption du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale a suscité une vive contestation parmi plusieurs députés de l’opposition, qui dénoncent un texte liberticide réduisant drastiquement leurs prérogatives.
Selon eux, ces modifications restreignent la liberté d’expression parlementaire, musèlent le débat démocratique et entravent la mission de contrôle du pouvoir exécutif.
Le député Khaly Diallo a appelé le Conseil constitutionnel à invalider ce qu’il qualifie d’atteinte flagrante à la Constitution. Il a comparé le nouveau règlement à un “code disciplinaire militaire”, estimant qu’il transforme l’hémicycle en caserne.
Même son de cloche du côté de Mohamed El Amine Sidi Maouloud, qui y voit “une vague de répression et de tyrannie” orchestrée par un régime se réclamant du consensus national. Il a promis un recours devant le Conseil constitutionnel.
La députée Mariam mint Cheikh déplore un durcissement des mesures disciplinaires et des restrictions à la parole. Elle s’interroge sur l’absence de référence à l’article 90 de la Constitution, garantissant l’immunité et la liberté du parlementaire.
Mohamed Bouye Ould Mohamed Fadel, choqué par le soutien du parti d’opposition Tewassoul au texte, estime que le Parlement a été “tué” et devrait céder son budget à des causes plus utiles.
Pour Yahya Ould El Wedd, le texte vient clore un long processus d’affaiblissement de l’institution parlementaire, dominée désormais par des ministres qui ignorent les interpellations.
Enfin, Ghamoi Achour, résolue, affirme qu’aucune menace ne l’empêchera de dénoncer “un ministre traître ou voleur”, rappelant le rôle des députés dans la défense des plus vulnérables.
#senalioune
Lettre ouverte à Son Excellence le Président Mohamed Cheikh El Ghazouani : Pour une Mauritanie Forte, Unie et Juste
(يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُم مِّن ذَكَرٍ وَأُنثَىٰ وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا ۚ إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ ۚ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ)
Excellence Monsieur le Président de la République,
En ma qualité de membre de la Coordination Nationale des Amis du Président Mohamed Cheikh El Ghazouani, j’ai sillonné les quatre coins de la Mauritanie, des grandes villes aux zones les plus enclavées, pour expliquer à nos concitoyens la portée et la vision de votre programme. Cette immersion au cœur du pays profond m’a permis de mesurer l’adhésion sincère de nombreux Mauritaniens à votre démarche, mais aussi de percevoir les attentes urgentes, les souffrances silencieuses et les espoirs exprimés avec dignité.
À la lumière de cette expérience, je me permets, avec humilité et responsabilité, de vous adresser ces quelques réflexions pour renforcer votre action et consolider notre vivre-ensemble.
1. L’unité nationale, une urgence existentielle
Notre diversité n’est pas une faiblesse, elle est notre force. Pourtant, trop de fractures – sociales, ethniques, culturelles – demeurent vivaces. Le racisme, sous ses formes visibles ou sournoises, continue d’empoisonner les rapports entre Mauritaniens. Il n’est plus acceptable qu’un citoyen se sente marginalisé du seul fait de son origine ou de sa couleur.
Il est temps de poser des actes courageux : reconnaître les réalités, ouvrir un dialogue national sincère, et mettre en œuvre des politiques de réparation, d’égalité des chances et d’inclusion réelle.
2. Gouverner autrement : la méritocratie au cœur de l’État
L’administration doit être le miroir de la nation : plurielle, compétente et équitable. Pour cela, il faut rompre avec les nominations de complaisance et promouvoir une gouvernance fondée sur le mérite, la compétence et l’intégrité.
Un pays ne peut avancer sans une élite crédible, capable de traduire sur le terrain votre vision de réforme, de justice sociale et de développement durable.
3. Justice sociale et cohésion : le fondement de la stabilité
Aucun discours ne remplacera une justice équitable, accessible à tous, sans discrimination. Le foncier, l’éducation, la santé, l’emploi… doivent cesser d’être des privilèges d’une minorité pour devenir des droits garantis à tous.
Il est impératif d’identifier et de corriger les déséquilibres structurels hérités du passé pour bâtir une paix durable.
4. Revaloriser le contrat national : une refondation à mener
Votre mandat peut entrer dans l’Histoire si vous engagez une refondation du contrat national, basée sur la vérité, la justice et la reconnaissance mutuelle. Il s’agit de construire une Mauritanie où chaque citoyen, quelles que soient ses origines, puisse dire fièrement : ce pays est aussi le mien.
Conclusion
Excellence Monsieur le Président,
L’Histoire vous offre une opportunité rare : celle de réconcilier la Mauritanie avec elle-même. Cela exige du courage, de la lucidité et une volonté politique forte. Le peuple vous suivra, pour peu qu’il se reconnaisse dans vos décisions.
Nous, membres engagés de la Coordination des Amis du Président, restons à vos côtés pour bâtir ensemble cette Mauritanie solidaire, juste et unie.
Abdallahi Sarr / 46 50 03 02
Administrateur de Régie Financière
Quand les frontières trahissent la fraternité
Plaidoyer pour la dignité, la mémoire et la justice
Jamais notre peuple n’a connu une blessure aussi profonde.
Imposer la carte de séjour des deux côtés de la frontière, c’est ériger une barrière dans les entrailles d’une communauté qui partage la même langue, la même histoire, le même sang. C’est séparer des frères nés d’une même mère. C’est déchirer un tissu social ancestral, séculaire, bâti bien avant l’existence des États modernes.
Le fleuve Sénégal n’a jamais divisé, il a uni. Il fut et reste un pont entre les peuples, un carrefour d’échanges, un berceau commun pour les Soninkés, les Peuls, les Wolofs, les Halpulaar, les Bambara, les Maures, les Haratines… Pourtant, aujourd’hui, certains veulent faire de cette frontière naturelle un mur d’exclusion, une barrière identitaire.
Le Sénégal, pour la Mauritanie, n’est pas une terre étrangère, mais une terre sœur. Il fait partie de notre histoire, de notre culture, de nos racines les plus profondes. Et dans cette rupture imposée, c’est la Mauritanie qui perd le plus :
1- Nos enfants partent au Sénégal pour étudier, car l’enseignement y est accessible, structuré, et plus ouvert.
2- Nos malades y cherchent soin et guérison, car nos structures sanitaires manquent cruellement de moyens et d’humanité.
3- Nos familles y retrouvent les leurs, nos artistes s’y expriment librement, nos commerçantes s’y approvisionnent, surtout en période de fête.
4- Nos grands commerçants y prospèrent, dans un climat d’affaires plus stable, plus juste.
Mais au-delà de ces échanges concrets, il faut rappeler une vérité que l’on tait trop souvent : la Mauritanie moderne ne fonctionnerait pas sans la main-d’œuvre sénégalaise. De Nouakchott à Rosso, de Kaédi à Sélibaby, ce sont des Sénégalais qui posent les briques, qui tracent les routes, qui cuisinent, qui soignent, qui enseignent. Plombiers, maçons, tailleurs, aides-ménagères, chauffeurs, agriculteurs… leur présence est vitale.
** Et pourtant, ils sont maltraités.
– Le système mauritanien ne cherche pas à sécuriser son territoire, mais à humilier, à dominer, à effacer ceux qu’il ne veut pas voir : les Noirs, les Subsahariens.
– La carte de séjour devient un outil de contrôle, d’exclusion, et parfois de chantage.
– Derrière cette façade légale, c’est un mépris profond qui s’exprime.
¥¥ Le noir mauritanien, quand il rêve d’avenir pour son enfant, ne peut compter ni sur son État, ni sur sa société. C’est au Sénégal qu’il trouve un espoir. Une université, une formation, une porte ouverte, même modeste. Car le Sénégal n’a jamais érigé son hospitalité en privilège réservé à certains.
£££ La haine que subissent les Noirs dans certaines sphères de pouvoir mauritaniennes n’est pas seulement un problème interne. Elle s’exporte, se manifeste dans les rues, dans les commissariats, dans les décisions administratives. Pendant ce temps, les ressortissants syriens, maghrébins, libanais, ou même européens jouissent de privilèges et de respect. Deux poids, deux mesures.
### Le Sénégal a enfin pris une décision courageuse : répondre par la réciprocité. Mais cette décision, aussi symbolique soit-elle, ne changera pas fondamentalement les comportements racistes ancrés dans les mentalités et les institutions mauritaniennes.
– Car ce n’est pas d’un papier que le peuple sénégalais a besoin, mais de respect.
– Ce n’est pas d’un visa, mais d’une reconnaissance mutuelle de la dignité humaine.
++ Le Sénégal devrait aller plus loin :
A- Exiger un accord bilatéral clair sur le respect des droits humains et la protection des ressortissants.
B- Condamner officiellement les exactions et humiliations subies par ses citoyens sur le sol mauritanien.
C – Suspendre les privilèges et facilités offertes aux dirigeants et commerçants mauritaniens tant que le respect n’est pas réciproque.
D- Et surtout, créer un observatoire indépendant des droits des Africains en Mauritanie, *avec l’appui d’organisations panafricaines et internationales.
Car au Sénégal, tous les Mauritaniens sont accueillis sans distinction. On n’y demande pas l’ethnie avant d’ouvrir une porte, on n’y interdit pas un commerce parce qu’on est Haratine ou Peul, on n’y brutalise pas pour un simple contrôle.
Le Sénégal, c’est la Teranga.
Une terre de paix, d’hospitalité, d’humanité.
C’est ce qui attire des centaines de milliers de visiteurs, d’étudiants, de réfugiés, de commerçants.
Mais la Teranga n’est pas synonyme de naïveté.
Elle doit aujourd’hui se dresser, s’affirmer, se protéger.
Car la dignité d’un peuple n’est pas négociable.
Et la fraternité, elle, ne se déclare pas par décret : elle se vit, ou elle se trahit.
Berlin, le 27 juillet 2025 _
Djeynaba Dramane Kamara.





