Category Archives: Uncategorized
Mame Diack Seck : Quand le père de l’éducation nationale mauritanienne disparaît dans le silence le plus total…
Un des bâtisseurs de la Mauritanie s’est éteint le vendredi 23 novembre 2012. Mame Diack Seck, ancien ministre de l’éducation, conseillers de chefs d’état d’Afrique de l’ouest, haut cadre international, qui a formé tant d’éléments brillants de la seconde génération de cadres de ce pays, a été rappelé à Dieu dans l’indifférence la plus générale. Portrait posthume d’un très grand, de ceux dont la médiocrité de ce pays ne veut pas.
Un père de l’éducation nationale mauritanienne
Le silence des autorités sur cet homme, docteur en sciences naturelles de l’université de Paul Sabatier de Toulouse, qui a activement, et plus que bien d’autres, participé à l’érection des fondements de ces mêmes autorités, en dit bien long sur la valeur de cet homme.
«La pyramide des valeurs est inversée en Mauritanie : moins on parle de vous, en dépit de vos qualités reconnues par-delà le pays, plus vous avez de chances d’être quelqu’un de bien» assure un directeur de publication de la place, qui a eu la chance de bénéficier de ses lumières, du temps où Mame Diack Seck était proviseur du lycée de Rosso, de 1970 à 1976.
Et pendant quinze ans, des premiers moments de l’indépendance mauritanienne, il aura été celui qui littéralement aura posé les bases de l’éducation nationale mauritanienne, de 1964 à 1979, période durant laquelle il occupera différents postes stratégiques de cette éducation : inspecteur général de l’enseignement, proviseur du lycée de Rosso, professeur à l’école normale supérieure de Nouakchott, et enfin ministre de l’éducation.
«Mame Diack Seck était très certainement le premier Educateur de ce pays, au-delà de son poste éphémère au ministère de l’éducation (Le 11 juillet 1978, l’annonce de la composition du gouvernement du putschiste lieutenant-colonel Mustapha Ould Mohamed Salek, intègre Mame Diack Seck, en tant que ministre de l’éducation nationale- ndlr). Il a veillé sur la bonne formation et l’éveil intellectuel de centaines de cadres mauritaniens, dont beaucoup se sont révélés brillants par la suite» témoigne Malal Seck, un de ses petits-neveux, cadre à Tasiast.
L’intellectuel engagé

La Guinée est indépendante le 2 octobre 1958. Sékou et son régime sont immédiatement et durablement « mis au coin » par la France officielle et sévèrement critiqués par plusieurs leaders africains (Félix Houphouët-Boigny surtout, et aussi Senghor), qui pourtant suivront son exemple deux ans plus tard, mais sans en supporter les conséquences négatives. Les cadres et la jeunesse africaine s’enthousiasment et portent Sékou Touré au pinacle, comme en témoignent les écrits d’Aimé Césaire, de Jacques Rabemananjara, de Mongo Beti et de bien d’autres. Nombre de progressistes (africains et même français) affluent en Guinée pour aider le jeune État et compenser le départ précipité des cadres français.
Mame Diack Seck sera l’unique mauritanien à suivre ce chemin d’engagement et d’un idéal panafricain qui commençait à prendre forme dans le conscient collectif de ces jeunes cadres africain, et plus particulièrement dans celui de ce mauritanien de 26 ans à l’époque.
«Justement, si on ne devait retenir qu’une chose de Mame en dernier ressort, c’est que c’était un homme intensément et profondément engagé, et entier. Quand il défendait quelque chose, c’était avec une volonté farouche» rappelle Abou Baba Kane.
C’est cette volonté et cet engagement qui l’ont mené à la veille des indépendances africaines, à se rendre dans la Guinée de Sékou Touré, en 1958, comme des centaines d’autres africains, pour lui apporter son soutien et ses connaissances.
«Mais l’illusion déchirée par la découverte de la brutalité et de la paranoïa de Sékou Touré, le ramène en Mauritanie» affirme le notable originaire de Dar El Barka aussi.
La carrière internationale et la maladie
Marqué par cet «acte de trahison», Mame Diack a l’occasion de s’échapper de cet environnement en étant engagé la même année de son éviction de son poste d’ambassadeur de la Mauritanie en France, en tant que secrétaire général du comité inter-états de lutte contre la sècheresse au Sahel (CILSS), dont le siège est à Ouagadougou, où il officiera durant quatre ans.
Suite à cette aventure professionnelle sahélienne, Mamed Diack est repéré par les nations-unies, qui en feront leur représentant pour la FAO au Mali, avant sa retraite en 1992.
Mais cette fin de carrière en ouvrait une autre, certes moins officielle, mais autrement plus intense. De 1992, jusqu’aux prémisses d’une maladie des reins au début de ce siècle, Mamed Diack Seck sera conseiller spécial de plusieurs chefs d’états africains, qui écoutent ses avis et respectent son jugement «d’homme pondéré, avisé et observateur» affirme un diplomate mauritanien à la retraite.
Insuffisant rénal à partir du début de ce siècle, Mame Diack Seck, très éprouvé par la maladie, doit subir une greffe de rein pour pouvoir survivre ; son frère jumeau se porte volontaire, mais les analyses révèlent que ce dernier également supporte la même maladie.
Mis en attente de greffe, dans les hôpitaux français, la bonne nouvelle d’un donneur compatible arrive et Mame Diack est transporté illico à Paris où la greffe se fait avec succès, et où son chirurgien traitant lui administre un médicament qu’il doit suivre durant cinq mois.
«Mais en rentrant à Dakar, et le professeur traitant ayant oublié de le prévenir du délai de traitement, mon oncle prendra ce médicament durant cinq ans. Son état empirera gravement du fait de cette trop longue administration. Son chirurgien traitant lui conseille de porter plainte contre lui-même et contre l’hôpital. En bon musulman il s’en abstiendra. Formellement, c’est cela qui l’a achevé. Cela résume le monsieur qu’il était» rapporte son homonyme, le docteur Mame Diack Seck, à Nouakchott.
Mamoudou Lamine Kane
Mauritanie: On autorise aux Maures de marcher et non aux Négro-africains (TPMN)
Touche Pas à Ma Nationalité (TPMN) qui organisait, le 28 novembre 2012, une marche pacifique a subi, une énième agression de la police raciste du régime, a affirmé TPMN dans un communiqué parvenu à Alakhbar.
Ce dernier qui tolère pourtant de dizaines de marches quotidiennes qu’organisent des jeunes compatriotes Maures à travers toutes les artères de la ville, ne supporte pas que leurs semblables négro-africains fassent de même, fût-il pour des revendications légitimes, ajoute le communiqué.
Ainsi, poursuit TPMN, le 28 novembre, coïncidant avec l’anniversaire de l’indépendance désormais entaché de sang depuis les massacres racistes contre des soldats négro-mauritaniens à INAL en 1990, a été l’occasion pour le régime et ses forces de l’ordre de renouer avec leurs féroces habitudes répressives en empêchant, par la force brute et la violence sauvage, notre marche réclamant le droit à la vérité, à la justice et le devoir de mémoire et de compensation qui incombent à la nation tout entière pour absoudre les crimes des bourreaux.
Et TPMN se dit s’adresser, en premier lieu, aux pouvoirs politiques pour que les crimes de génocide ne demeurent impunis et protégés en Mauritanie par les génocidaires et leur système raciste.
Le mouvement précise qu’en bravant le refus des autorités de nous permettre d’user de notre droit à la manifestation, nous avions voulu montrer à la face du monde combien le système et ses forces de désordre sont disposés à mater, dans le feu et le sang, toute voix qui s’élève pour dénoncer le génocide silencieux toujours en cours contre les noirs de Mauritanie.
Ce jour-là, raconte le communiqué, à partir de 7 heures, tous les grands axes menant au centre ville étaient occupés par des éléments de la garde nationale et des unités de la police, Ces forces, au lieu d’encadrer la marche pacifique annoncée, ont intercepté les bus qui transportaient les militants qui se rendaient à la manifestation, les obligeant à descendre, manu militari avant d’arriver au point de rassemblement. Convergeant vers le secteur de la polyclinique qui était bouclé par de nombreux véhicules des brigades d’intervention, nos militants ont ainsi été pris en tenaille par les deux unités en présence. Avec l’ordre d’empêcher tout regroupement, ces unités ont chargé les militants sans sommation.
Et pour TPMN malgré une utilisation disproportionnée de la violence contre eux, quelques centaines de ces militants ont réussi à se regrouper à quelques centaines de mètres du point rond de la Polyclinique. Après une vaillante résistance pacifique, nous avons enregistré deux blessés parmi nos militants. En plus, des interpellations ont été opérées. Celles-ci ont touché entre autres, le coordinateur Abdoul Birane Wane, le secrétaire aux Relations extérieures, Sy Mamoudou ainsi que deux lycéens, Sow Mamadou et Sow Alassane qui ont été verbalement et physiquement agressés par les forces de l’ordre. Ils ont été élargis après 5 heures de détention au commissariat de Tevragh ZeinaI.
TPMN rappelle enfin qu’il ne cédera jamais aux intimidations et aux menaces des autorités racistes. Il condamne les méthodes policières du régime chauvin de Mohamed Ould Abdel Aziz. Nous réaffirmons notre volonté de poursuivre, malgré la répression raciste, la lutte pacifique pour que la lumière soit faite sur le génocide commis en Mauritanie entre 1986 et 1991.
Source: Al Akhbar
Déclaration de l’IRA et des Organisations de Réfugiés Mauritaniens au Sénégal.
En novembre 1990, au soir du 31eme anniversaire de l’accession de notre pays à son indépendance, le régime du dictateur Sid’Ahmed Ould Taya va procéder à l’exécution de vingt-huit militaires négros-mauritaniens dans le camp militaire d’Inal situé au Nord du pays. Ceci en vue de commémorer cet anniversaire. A cet égard, nous vous livrons un témoignage poignant de Mr Mahamadou Sy un rescapé dudit camp.
« …le 27 novembre dans l’après-midi, des prisonniers sont choisis dans les hangars et sont marqués d’une croix avec un feutre bleu. Plus tard, ils se voient attribuer des numéros allant de un à vingt-huit par le capitaine ould Demba… vers minuit, le groupe des prisonniers numérotés est placé devant le grand hangar… Khattra et d’autres mettent en place des cordes… Diallo Abdoulaye Demba…porte le numéro un. Pendant que Khattra lui passe le nœud de la corde autour du cou, il tourne la tête vers le hangar comme pour solliciter de l’aide, la dernière image de la vie qu’il emportera avec lui sera ces sombres formes allongées ou assises étroitement ficelées et dont les yeux exorbités ne peuvent se détacher de lui. Avec l’aide d’un autre soldat, Khattra le hisse jusqu’à ce que ses pieds ne touchent plus terre…D’autres prisonniers suivent…Quand arrive le tour de Diallo Oumar Demba et son frère Diallo Ibrahima…chacun ne voulant pas assister à la mort de l’autre, demande à passer le premier…un tirage au sort organisé par les bourreaux les départage, Ibrahima Demba, l’ainé, passe le premier…Samba Coulibaly, un soldat de mon escadron, qui porte le numéro vingt-huit ferme cette marche .» (Extrait du livre L’enfer d’Inal, « Mauritanie : l’horreur des camps.»)
Cet événement tragique s’inscrit dans le cadre des violations massives des droits de l’homme de caractère raciste des années 1989-91 qui se sont traduites par des exécutions sommaires, des viols, des enlèvements d’enfants maintenus en captivité, des vagues de déportations au Sénégal et au Mali, des expropriations à grandes échelles, des radiations de la fonction publiques… dont furent victimes les noirs mauritaniens. D’autres événements aussi dramatiques ont très souvent marqué la Mauritanie depuis son indépendance. A cet égard, des militants des droits de l’homme n’ont cesse de réclamer, à juste titre, la mise en place d’un Etat de droit et la fin de l’impunité.
En ce jour du vingt-huit novembre, de nombreuses organisations mauritaniennes et étrangères vont outrepasser l’interdiction de manifester émanant des autorités mauritaniennes qui ne sauraient les empêcher, par devoir de mémoire, de rendre hommage aux pendus d’Inal et à la même occasion à toutes les victimes des violations des droits humains en Mauritanie.
C’est la raison de notre rassemblement d’aujourd’hui. Pour s’inscrire dans l’actualité, nous tenons à rappeler que le régime politique très instable du général Mohamed Ould Abdel Aziz n’a fait qu’accentuer la crise multiforme que vivent les mauritaniens tant à l’extérieur qu’à l’intérieur et ceci à tous les points de vue (politique, social, économique, identitaire).
Aussi, faut-il tout d’abord souligner, que l’existence des réfugiés mauritaniens, encore présents au Sénégal, victimes des déportations, représente l’une des faces les plus hideuses du comportement raciste et brutal des différents pouvoirs qui se sont succédés en Mauritanie et ceci envers la communauté negro-mauritanienne. Les réfugiés mauritaniens continuent de payer les conséquences dramatiques de ce comportement. Leur exil est loin d’être facile, il est vécu avec douleur, avec son lot de manques tant au plan sanitaire, alimentaire, du logement qu’au plan administratif, même s’il faut reconnaitre que sur ce dernier point les autorités sénégalaises ont fait tardivement des efforts qui doivent être encouragés notamment par l’octroi aux réfugiés mauritaniens enfin d’un statut qui doit être reconnu à tous ceux qui sont encore laissés en rade. Si la situation tragique du réfugié est insupportable, elle l’est encore plus pour les femmes. Les femmes refugiées, cette moitié oubliée, sont devenues brusquement des chefs de ménage sans préparation et sans appui conséquent, elles vivent douloureusement ce calvaire. Il nous est aussi, insupportable de voir nos enfants grandir, sans connaitre leur patrie, s’accrochant à la réalité brutale de l’exil.
Les refugiés mauritaniens que nous sommes ont tout perdu, tout subi, des brimades aux tortures. Nous avons subi dans la chair, ce qu’il faut appeler sans ambages, le génocide de 1989 et l’avons payé au prix de notre sang et de celui de nos proches. Qu’est-ce qui n’a pas été fait, pour banaliser, ignorer et étouffer notre présence dans notre pays d’asile, comme si nous étions des parias. Nous n’avons nullement été associés aux projets que l’on nous destine et nos aspirations légitimes n’ont été que très rarement prises en compte. Au contraire, on nous a le plus souvent culpabilisés, humiliés. Nous estimons que les parties prenantes dans le dossier des réfugiés mauritaniens ont participé au sale boulot consistant à mettre en péril notre avenir. D’ailleurs, face a cette situation assombrie par les échecs permanents de ces décideurs, en ultime recours, nous réfugiés mauritaniens avons déclenché depuis le 19 juin une grève de faim, en face du HCR. Les réactions des autorités sénégalaises et du Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR) face à ce drame frisent l’indignation et la révolte.
Par ailleurs, les refugiés mauritaniens, après les différents programmes mis en place par le HCR et son partenaire l’ Office Africain pour le développement communautaire (OFADEC), reconnaissent qu’il est temps et grand temps de mettre fin à toutes ces entreprises, avant qu’il ne soit trop tard, l’unique solution, pour le moment, face à cette situation insupportable reste la réinstallation. Faut-il rappeler, le malheur qui a frappé le jeune Bassirou Ndongo décédé le 02 Novembre, après avoir été abandonné, oublié sans aucune assistance suite à son accident le 24 Octobre 2012. Ni le HCR ni l’OFADEC n’ont su réagir à temps bien que prévenus. Face à un tel drame, nous interpellons le représentant résident du système de nations unies sur la question de savoir : Est-ce que les réfugiés en général ou les réfugiés mauritaniens en particulier ont-ils accès aux avantages liés aux Objectifs du Millénaire ? De même, nous demandons au ministre sénégalais de la santé et de l’action sociale : Est-ce que les dispositions contenues dans les programmes nationaux de Santé Universelle et de Santé pour Tous sont ouverts aux réfugiés ?
Aujourd’hui, beaucoup de refugiés mauritaniens vivent au Sénégal après 23 ans d’exil, un statut d’apatride. Cette situation, dans certains cas comme celui de Bakel, est dû aux erreurs flagrantes de l’administration sénégalaise durant les enregistrements des réfugiés mauritaniens de cette localité, à leur arrivée en décembre 1989. Autrement dit, ils ont été laissés en rade lors de ces opérations d’enregistrement. Cette situation qui, en Gambie, a fait l’objet de communications au niveau de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, prouve, une fois de plus, la gravité de ce dossier. Si rien n’est fait, pour répondre à cette requête légitime et légale, le gouvernement Sénégalais risque d’entériner un génocide et serait alors tenu comme complice.
Aussi, les refugiés mauritaniens interpellent la communauté internationale, pour veiller au respect scrupuleux des conventions relatives aux refugiés.
En ce qui concerne la situation à l’intérieur de notre pays, la Mauritanie, nous observons que l’arrivée au pouvoir du général Mohamed ould Abdel Aziz , à la suite du coup d’état d’aout 2008, a accentué et généralisé la crise que vit notre pays. Le pouvoir actuel a déjà fait beaucoup de victimes dans les rangs des militants des droits de l’homme, cette répression a causé la mort de Lamine Mangane un jeune manifestant contre le processus d’enrôlement. Un douloureux événement survenu à Maghama, au sud du pays. Il a été tué à bout portant par un gendarme qui jusqu’à nos jours n’a pas été inquiété pour son geste qui reste impuni.
Les militants abolitionnistes d’Ira-Mauritanie et son président Biram Dah Abeid ont été emprisonnés plusieurs mois malgré le rejet de l’accusation par les juges et l’état de santé très précaire du camarade président. Il a fallu une forte pression nationale et internationale pour libérer nos camarades de leur incarcération illégale.
Malgré les lois déjà votées, l’esclavage n’a jamais été plus d’actualité dans notre pays et l’impunité pour les esclavagistes est favorisée par le pouvoir en place. Nous vivons ces dernières semaines la douloureuse nouvelle de l’assassinat d’une femme esclave victime de la jalousie de sa maitresse qui ne supportait plus que son mari use sexuellement de l’esclave, elle a été tuée puis enterrée. Et la tribu de l’esclavagiste tente de masquer son meurtre par un suicide et malgré la gravité des faits, les autorités trainent dans leur enquête devant éclairer la situation et sanctionner l’assassin de Saada que tout le monde présume être sa maitresse.
Les rapatriés qui son revenus dans leurs pays vivent toujours dans des camps comme des refugiés et ne peuvent occuper ni leurs anciens villages ni récupérer leurs terres agricoles, livrés a eux-mêmes ces refugiés se débrouillent tant bien que mal pour recouvrir leurs droits. Le processus d’indemnisation des anciens fonctionnaires victimes des purges de 1989 est très décrié et comporte beaucoup d’irrégularités visant a éliminer le maximum d’ayans-droit et à cela est venu s’ajouter le processus d’enrôlement discriminatoire visant à faire perdre, à beaucoup de rapatriés du Sénégal, leurs nationalités.
Aussi, nous ne pouvons considérer une unité nationale et une fête nationale d’indépendance dans un pays dont une grande partie de la population est reléguée au second rang et aux oubliettes, victime de toutes les affres d’un pouvoir monochromatique et mono-ethnique.
Au regard de tout ce qui précède, nous réclamons :
Une justice pour toutes les victimes des événements dits de 1989 susmentionnés et qui ne peut avoir lieu sans l’abrogation de la loi d’amnistie votée en 1993, par une assemblée nationale assujettie à un pouvoir dictatorial, qui aujourd’hui sous le régime du général Mohamed Ould Abdel Aziz cherche à soustraire à la justice du pays les responsables de ce qu’il convient d’appeler ici un génocide.
L’application de la loi incriminant l’esclavage et la collaboration des autorités civiles et militaires a cette décision.
Une résolution définitive de la situation des refugiés mauritaniens vivant au Sénégal qui ne peut passer que par une réinstallation en attendant que le pays se stabilise. Ainsi nous demandons au HCR de respecter ses obligations envers les refugiés pour qu’ils vivent dignement.
Une plus grande volonté politique du Sénégal devant se traduire par une demande explicite aux pays tiers et susceptible de favoriser notre réinstallation.
Une prise en compte effective par les autorités mauritaniennes des 15000 refugiés mauritaniens au Mali déjà recensés par le HCR.
La liste des 28 pendus d’Inal:
1 – l’Adjudant-chef Abdoulaye DJIGO
2 – 1ére classe Samba Baba NDIAYE
3 – 1ére classe Samba Oumar NDIAYE
4 – 1ére classe Demba Oumar SY
5 – 1ere classe Mamadou Hamadi SY
6 – Sergent Mbodj Abdel Kader SY
7 – Caporal Djibril Samba BAH
8 -Sergent Adama Yero LY
9 – 1ére classe Amadou Saïdou THIAM
10 – 1ére classe Mamadou Oumar SY
11 – 1ére classe Abdarahmane DIALLO
12 – 1ére classe Mamadou Ousmane LY
13 – Caporal Mamadou Demba SY
14 – Soldat Alassane Yéro SARR
15 – Caporal Amadou Mamadou BAH
16 – Sergent-chef Lam Toro CAMARA
17 – Sergent chef Souleymane Moussa BAH
18 – 2éme classe Oumar Kalidou BAH
19 – Sergent Amadou Mamadou THIAM
20 – Sergent Samba SALL
21 – 2éme classe Abdoulaye Boye DIALLO
22 – 1ére classe Cheikh Tidiane DIA
23 – 2éme classe Samba Bocar SOUMARE
24 – 1ére classe Moussa NGAÏDE
25 – 1ére classe Siradio LÔ
26 – 1ére classe Ibrahima DIALLO
27 – 2éme classe Abdoulaye Demba DIALLO
28 – 2éme classe Samba Demba Coulibaly
Faite à Dakar le 28 Novembre 2012
Enrôlement : les Mauritaniens de France inquiets.
L’enrôlement des populations de Mauritanie continue de susciter des inquiétudes, plus d’un an après son lancement. Exaspérés par les lenteurs constatées dans l’ouverture des centres à l’étranger, les ressortissants Mauritaniens de France ont ainsi répondu ce samedi 24 novembre 2012 à l’appel à manifester lancé par l’Organisation des Travailleurs Mauritaniens de France.
Dans la déclaration lue devant l’ambassade de Mauritanie en France (et dont copie a été remise quelques jours plus tôt aux autorités de ladite ambassade) les organisateurs ont lancé un appel pressant pour l’ouverture d’un centre de recensement qui doit prendre en compte « les contraintes spécifiques qui pèsent sur les Mauritaniens de l’extérieur».
Les retards accusés dans le recensement des Mauritaniens de l’extérieur peuvent avoir des conséquences parfois dramatiques dans certains cas. A l’expiration de leurs passeports, les résidents à l’étranger ne peuvent prétendre au renouvellement de leur titre de séjour. Quand on sait que celui-ci conditionne l’autorisation de travailler, on mesure la profondeur du drame dans lequel pourraient être plongés les concernés. « A l’expiration de nos passeports, nous devenons simplement des clandestins, sans travail, sans droits, sans possibilité de voyager. Un vrai désastre », confie un organisateur.
Autre cas, celui des Mauritaniens n’étant pas en situation régulière vis-à-vis de l’administration française mais pouvant facilement justifier de papiers prouvant leur nationalité Mauritanienne. L’opération d’enrôlement exigera-t-elle des titres de séjour à tous les Mauritaniens ? Imposera-t-elle la présentation de pièces mauritaniennes en cours de validité alors que certains ressortissants Mauritaniens sont retenus en France depuis plusieurs années sans pouvoir retourner renouveler leurs pièces en Mauritanie ? Les Mauritaniens pourront-ils se faire recenser sur la base de pièces comme un passeport ou une carte nationale d’identité (recensement de 1998) même arrivées à expiration ?
Les manifestants ont enfin remis au cœur du débat la question de la double nationalité : « Nous ne pourrions pas accepter que l’Etat Mauritanien refuse de recenser les enfants mauritaniens nés de parents mauritaniens en France ou ailleurs. Il s’agirait d’une remise en cause de la nationalité des mauritaniens nés à l’étranger et donc le droit de sang. Donc une infraction au code de la nationalité » ajoute le communiqué. Enfants soumis par ailleurs au paiement de frais de visas jugés exorbitants par les organisateurs.
Vendredi, M. Mohamed Ould Abdel Aziz confiait à KASSATAYA que les opérations de recensement allaient bientôt commencer en France, deuxième poste à ouvrir ses portes après l’Arabie Saoudite. Il avait également invité les Mauritaniens de l’extérieur concernés par la question de la double nationalité à lui adresser des demandes pour obtenir l’autorisation de conserver leur nationalité d’origine comme le stipule le nouveau code de la nationalité en Mauritanie. Pour M. Sediba Camara, membre de l’OTMF, « nous avons entendu les promesses ; nous attendons maintenant des actes pour pouvoir juger ».
Source: Kassataya
Morsi, du super président au super dictateur?
Près de 6 mois après sa victoire électorale, le président islamiste Mohammed Morsi sort grand vainqueur de la crise à Gaza et de la bataille diplomatique qui s’est jouée dans les coulisses. Tous les yeux des observateurs étaient tournés vers le Caire, haut lieu historique de la médiation dans le conflit israélo-palestinien. Morsi a plus ou mois été le chef d’orchestre des négociations. 24 heures avant la signature de la trêve, le président égyptien annonçait déjà l’obtenir dans la soirée. Il a été félicité tant par Washington que Paris. Au centre du jeu politique régional et international, c’est lui qui a obtenu la cessation des hostilités. Sans remettre en cause les accords de paix avec Israël, Mohammed Morsi n’a pas tardé à rappeler son ambassadeur après l’assassinat du leader du Hamas Ahmad al Jabari. Autre action hautement symbolique, l’envoi du Premier ministre égyptien Hicham Qandil dans la bande de Gaza le 16 novembre dernier. Un effort reçu positivement par la société égyptienne solidaire de la cause palestinienne. Des prises de positions qui tranchent avec la politique de complaisance menée pendant plusieurs décennies par le raïs déchu Hosni Moubarak. Pour le spécialiste du Proche Orient, Dominique Vidal, la position de Mohammed Morsi n’est pas une surprise.
« C’est la conséquence des changements en Egypte et dans la région, à travers ce qu’on a appelé le Printemps arabe. Vous avez aujourd’hui des dirigeants qui sont eux-mêmes plus à l’écoute de leur population, dont le soutien aux Palestiniens est constitutif de leur identité »
Des évolutions politiques qu’Israël aurait, selon Dominique Vidal, sous-estimé en lançant une offensive sur Gaza. Israël se retrouve isolé et perd son allié historique égyptien.Les contraintes liées au rôle de l’armée, à son financement par les Etats-Unis, aux traités de paix avec Israël, laissent des marges de manœuvres au président Morsi.
« Une paix chaude peut se transformer en paix froide », souligne Dominique Vidal.
Morsi sort évidemment renforcé sur le plan régional et international. Mais qu’en est-il sur le plan intérieur? Les Egyptiens plébiscitent depuis longtemps une révision de la politique menée à l’égard du voisin israélien. Une grande partie de la population a donc été satisfaite des prises de positions du président islamiste.
Un régime au dessus des lois
Mais il ne faudrait pas que le super président se transforme en super dictateur…Une crainte alimentée par la déclaration constitutionnelle du président dans la soirée du 22 novembre. Une déclaration de 7 articles qui lui confère davantage de pouvoirs. Il a dans le même temps limogé le puissant procureur général du pays. La Haute cour constitutionnelle est clairement visée. La même qui a, à deux reprises, annulée les décisions du président islamiste. En juin dernier, elle s’était opposée à la volonté de Mohammed Morsi de rétablir le parlement que le tribunal avait dissous. En octobre, les juges ont poussé Mohammed Morsi à faire marche arrière quant à sa volonté de pousser le procureur général à démissionner.
« Le président peut prendre toute décision ou mesure pour protéger la révolution », a déclaré son porte-parole, Yasser Ali
Morsi, le pharaon
L’article 2 protège les décrets présidentiels pris depuis le 30 juin dernier de toutes remise en cause ou contestation. Ces lois et décrets sont « définitifs » et « exécutoires » et ne peuvent pas être contestées. Et cela même devant une instance judiciaire. Idem pour le Conseil de la Shura [chambre haute du parlement] ou l’Assemblée constituante, par ailleurs dominés par les islamistes. La justice ne peut pas ordonner leur dissolution. L’article 3 va plus loin en s’attaquant à la fonction du procureur général qui doit, selon l’article, être nommé par le président de la République pour une période de quatre ans.
Les partis libéraux et l’opposition ont rapidement réagi à une déclaration assimilé à une loi martiale, que 52% des votants égyptiens ne peuvent accepter.
Mohamed Morsi s’est proclamé « nouveau pharaon », a affirmé l’opposant et prix Nobel Mohammed El Baradei.
« Aujourd’hui Morsi a usurpé tous les pouvoirs et s’est proclamé nouveau pharaon d’Egypte. Un énorme coup porté à la révolution qui pourrait avoir d’épouvantables conséquences », a écrit El Baradei sur Twitter.
Morsi profiterait de son « capital légitimité » à l’internationale pour se débarrasser du procureur général et parfaire le contrôle des rouages de l’Etat. Plusieurs forces politiques ont appelé à des manifestations de masse sur la place Tahrir ce vendredi contre la déclaration constitutionnelle émis par le président Morsi.
Nadéra Bouazza
for slateafrique



