Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Mauritanie: On autorise aux Maures de marcher et non aux Négro-africains (TPMN)

altTouche Pas à Ma Nationalité (TPMN) qui organisait, le 28 novembre 2012, une marche pacifique a subi, une énième agression de la police raciste du régime, a affirmé TPMN dans un communiqué parvenu à Alakhbar.
Ce dernier qui tolère pourtant de dizaines de marches quotidiennes qu’organisent des jeunes compatriotes Maures à travers toutes les artères de la ville, ne supporte pas que leurs semblables négro-africains fassent de même, fût-il pour des revendications légitimes, ajoute le communiqué.
Ainsi, poursuit TPMN, le 28 novembre, coïncidant avec l’anniversaire de l’indépendance désormais entaché de sang depuis les massacres racistes contre des soldats négro-mauritaniens à INAL en 1990, a été l’occasion pour le régime et ses forces de l’ordre de renouer avec leurs féroces habitudes répressives en empêchant, par la force brute et la violence sauvage, notre marche réclamant le droit à la vérité, à la justice et le devoir de mémoire et de compensation qui incombent à la nation tout entière pour absoudre les crimes des bourreaux.

Et TPMN se dit s’adresser, en premier lieu, aux pouvoirs politiques pour que les crimes de génocide ne demeurent impunis et protégés en Mauritanie par les génocidaires et leur système raciste.

Le mouvement précise qu’en bravant le refus des autorités de nous permettre d’user de notre droit à la manifestation, nous avions voulu montrer à la face du monde combien le système et ses forces de désordre sont disposés à mater, dans le feu et le sang, toute voix qui s’élève pour dénoncer le génocide silencieux toujours en cours contre les noirs de Mauritanie.

Ce jour-là, raconte le communiqué, à partir de 7 heures, tous les grands axes menant au centre ville étaient occupés par des éléments de la garde nationale et des unités de la police, Ces forces, au lieu d’encadrer la marche pacifique annoncée, ont intercepté les bus qui transportaient les militants qui se rendaient à la manifestation, les obligeant à descendre, manu militari avant d’arriver au point de rassemblement. Convergeant vers le secteur de la polyclinique qui était bouclé par de nombreux véhicules des brigades d’intervention, nos militants ont ainsi été pris en tenaille par les deux unités en présence. Avec l’ordre d’empêcher tout regroupement, ces unités ont chargé les militants sans sommation.

Et pour TPMN malgré une utilisation disproportionnée de la violence contre eux, quelques centaines de ces militants ont réussi à se regrouper à quelques centaines de mètres du point rond de la Polyclinique. Après une vaillante résistance pacifique, nous avons enregistré deux blessés parmi nos militants. En plus, des interpellations ont été opérées. Celles-ci ont touché entre autres, le coordinateur Abdoul Birane Wane, le secrétaire aux Relations extérieures, Sy Mamoudou ainsi que deux lycéens, Sow Mamadou et Sow Alassane qui ont été verbalement et physiquement agressés par les forces de l’ordre. Ils ont été élargis après 5 heures de détention au commissariat de Tevragh ZeinaI.

TPMN rappelle enfin qu’il ne cédera jamais aux intimidations et aux menaces des autorités racistes. Il condamne les méthodes policières du régime chauvin de Mohamed Ould Abdel Aziz. Nous réaffirmons notre volonté de poursuivre, malgré la répression raciste, la lutte pacifique pour que la lumière soit faite sur le génocide commis en Mauritanie entre 1986 et 1991.

 

Source: Al Akhbar

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Déclaration de l’IRA et des Organisations de Réfugiés Mauritaniens au Sénégal.

altEn novembre 1990, au soir du 31eme anniversaire de l’accession de notre pays à son indépendance, le régime du dictateur Sid’Ahmed Ould Taya va procéder à l’exécution de vingt-huit militaires négros-mauritaniens dans le camp militaire d’Inal situé au Nord du pays. Ceci en vue de commémorer cet anniversaire. A cet égard, nous vous livrons un témoignage poignant de Mr Mahamadou Sy un rescapé dudit camp.

« …le 27 novembre dans l’après-midi, des prisonniers sont choisis dans les hangars et sont marqués d’une croix avec un feutre bleu. Plus tard, ils se voient attribuer des numéros allant de un à vingt-huit par le capitaine ould Demba… vers minuit, le groupe des prisonniers numérotés est placé devant le grand hangar… Khattra et d’autres mettent en place des cordes… Diallo Abdoulaye Demba…porte le numéro un. Pendant que Khattra lui passe le nœud de la corde autour du cou, il tourne la tête vers le hangar comme pour solliciter de l’aide, la dernière image de la vie qu’il emportera avec lui sera ces sombres formes allongées ou assises étroitement ficelées et dont les yeux exorbités ne peuvent se détacher de lui. Avec l’aide d’un autre soldat, Khattra le hisse jusqu’à ce que ses pieds ne touchent plus terre…D’autres prisonniers suivent…Quand arrive le tour de Diallo Oumar Demba et son frère Diallo Ibrahima…chacun ne voulant pas assister à la mort de l’autre, demande à passer le premier…un tirage au sort organisé par les bourreaux les départage, Ibrahima Demba, l’ainé, passe le premier…Samba Coulibaly, un soldat de mon escadron, qui porte le numéro vingt-huit ferme cette marche .» (Extrait du livre L’enfer d’Inal, « Mauritanie : l’horreur des camps.»)

Cet événement tragique s’inscrit dans le cadre des violations massives des droits de l’homme de caractère raciste des années 1989-91 qui se sont traduites par des exécutions sommaires, des viols, des enlèvements d’enfants maintenus en captivité, des vagues de déportations au Sénégal et au Mali, des expropriations à grandes échelles, des radiations de la fonction publiques… dont furent victimes les noirs mauritaniens. D’autres événements aussi dramatiques ont très souvent marqué la Mauritanie depuis son indépendance. A cet égard, des militants des droits de l’homme n’ont cesse de réclamer, à juste titre, la mise en place d’un Etat de droit et la fin de l’impunité.

En ce jour du vingt-huit novembre, de nombreuses organisations mauritaniennes et étrangères vont outrepasser l’interdiction de manifester émanant des autorités mauritaniennes qui ne sauraient les empêcher, par devoir de mémoire, de rendre hommage aux pendus d’Inal et à la même occasion à toutes les victimes des violations des droits humains en Mauritanie.

C’est la raison de notre rassemblement d’aujourd’hui. Pour s’inscrire dans l’actualité, nous tenons à rappeler que le régime politique très instable du général Mohamed Ould Abdel Aziz n’a fait qu’accentuer la crise multiforme que vivent les mauritaniens tant à l’extérieur qu’à l’intérieur et ceci à tous les points de vue (politique, social, économique, identitaire).

Aussi, faut-il tout d’abord souligner, que l’existence des réfugiés mauritaniens, encore présents au Sénégal, victimes des déportations, représente l’une des faces les plus hideuses du comportement raciste et brutal des différents pouvoirs qui se sont succédés en Mauritanie et ceci envers la communauté negro-mauritanienne. Les réfugiés mauritaniens continuent de payer les conséquences dramatiques de ce comportement. Leur exil est loin d’être facile, il est vécu avec douleur, avec son lot de manques tant au plan sanitaire, alimentaire, du logement qu’au plan administratif, même s’il faut reconnaitre que sur ce dernier point les autorités sénégalaises ont fait tardivement des efforts qui doivent être encouragés notamment par l’octroi aux réfugiés mauritaniens enfin d’un statut qui doit être reconnu à tous ceux qui sont encore laissés en rade. Si la situation tragique du réfugié est insupportable, elle l’est encore plus pour les femmes. Les femmes refugiées, cette moitié oubliée, sont devenues brusquement des chefs de ménage sans préparation et sans appui conséquent, elles vivent douloureusement ce calvaire. Il nous est aussi, insupportable de voir nos enfants grandir, sans connaitre leur patrie, s’accrochant à la réalité brutale de l’exil.

Les refugiés mauritaniens que nous sommes ont tout perdu, tout subi, des brimades aux tortures. Nous avons subi dans la chair, ce qu’il faut appeler sans ambages, le génocide de 1989 et l’avons payé au prix de notre sang et de celui de nos proches. Qu’est-ce qui n’a pas été fait, pour banaliser, ignorer et étouffer notre présence dans notre pays d’asile, comme si nous étions des parias. Nous n’avons nullement été associés aux projets que l’on nous destine et nos aspirations légitimes n’ont été que très rarement prises en compte. Au contraire, on nous a le plus souvent culpabilisés, humiliés. Nous estimons que les parties prenantes dans le dossier des réfugiés mauritaniens ont participé au sale boulot consistant à mettre en péril notre avenir. D’ailleurs, face a cette situation assombrie par les échecs permanents de ces décideurs, en ultime recours, nous réfugiés mauritaniens avons déclenché depuis le 19 juin une grève de faim, en face du HCR. Les réactions des autorités sénégalaises et du Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR) face à ce drame frisent l’indignation et la révolte.

Par ailleurs, les refugiés mauritaniens, après les différents programmes mis en place par le HCR et son partenaire l’ Office Africain pour le développement communautaire (OFADEC), reconnaissent qu’il est temps et grand temps de mettre fin à toutes ces entreprises, avant qu’il ne soit trop tard, l’unique solution, pour le moment, face à cette situation insupportable reste la réinstallation. Faut-il rappeler, le malheur qui a frappé le jeune Bassirou Ndongo décédé le 02 Novembre, après avoir été abandonné, oublié sans aucune assistance suite à son accident le 24 Octobre 2012. Ni le HCR ni l’OFADEC n’ont su réagir à temps bien que prévenus. Face à un tel drame, nous interpellons le représentant résident du système de nations unies sur la question de savoir : Est-ce que les réfugiés en général ou les réfugiés mauritaniens en particulier ont-ils accès aux avantages liés aux Objectifs du Millénaire ? De même, nous demandons au ministre sénégalais de la santé et de l’action sociale : Est-ce que les dispositions contenues dans les programmes nationaux de Santé Universelle et de Santé pour Tous sont ouverts aux réfugiés ?

Aujourd’hui, beaucoup de refugiés mauritaniens vivent au Sénégal après 23 ans d’exil, un statut d’apatride. Cette situation, dans certains cas comme celui de Bakel, est dû aux erreurs flagrantes de l’administration sénégalaise durant les enregistrements des réfugiés mauritaniens de cette localité, à leur arrivée en décembre 1989. Autrement dit, ils ont été laissés en rade lors de ces opérations d’enregistrement. Cette situation qui, en Gambie, a fait l’objet de communications au niveau de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, prouve, une fois de plus, la gravité de ce dossier. Si rien n’est fait, pour répondre à cette requête légitime et légale, le gouvernement Sénégalais risque d’entériner un génocide et serait alors tenu comme complice.

Aussi, les refugiés mauritaniens interpellent la communauté internationale, pour veiller au respect scrupuleux des conventions relatives aux refugiés.

En ce qui concerne la situation à l’intérieur de notre pays, la Mauritanie, nous observons que l’arrivée au pouvoir du général Mohamed ould Abdel Aziz , à la suite du coup d’état d’aout 2008, a accentué et généralisé la crise que vit notre pays. Le pouvoir actuel a déjà fait beaucoup de victimes dans les rangs des militants des droits de l’homme, cette répression a causé la mort de Lamine Mangane un jeune manifestant contre le processus d’enrôlement. Un douloureux événement survenu à Maghama, au sud du pays. Il a été tué à bout portant par un gendarme qui jusqu’à nos jours n’a pas été inquiété pour son geste qui reste impuni.

Les militants abolitionnistes d’Ira-Mauritanie et son président Biram Dah Abeid ont été emprisonnés plusieurs mois malgré le rejet de l’accusation par les juges et l’état de santé très précaire du camarade président. Il a fallu une forte pression nationale et internationale pour libérer nos camarades de leur incarcération illégale.

Malgré les lois déjà votées, l’esclavage n’a jamais été plus d’actualité dans notre pays et l’impunité pour les esclavagistes est favorisée par le pouvoir en place. Nous vivons ces dernières semaines la douloureuse nouvelle de l’assassinat d’une femme esclave victime de la jalousie de sa maitresse qui ne supportait plus que son mari use sexuellement de l’esclave, elle a été tuée puis enterrée. Et la tribu de l’esclavagiste tente de masquer son meurtre par un suicide et malgré la gravité des faits, les autorités trainent dans leur enquête devant éclairer la situation et sanctionner l’assassin de Saada que tout le monde présume être sa maitresse.

Les rapatriés qui son revenus dans leurs pays vivent toujours dans des camps comme des refugiés et ne peuvent occuper ni leurs anciens villages ni récupérer leurs terres agricoles, livrés a eux-mêmes ces refugiés se débrouillent tant bien que mal pour recouvrir leurs droits. Le processus d’indemnisation des anciens fonctionnaires victimes des purges de 1989 est très décrié et comporte beaucoup d’irrégularités visant a éliminer le maximum d’ayans-droit et à cela est venu s’ajouter le processus d’enrôlement discriminatoire visant à faire perdre, à beaucoup de rapatriés du Sénégal, leurs nationalités.

Aussi, nous ne pouvons considérer une unité nationale et une fête nationale d’indépendance dans un pays dont une grande partie de la population est reléguée au second rang et aux oubliettes, victime de toutes les affres d’un pouvoir monochromatique et mono-ethnique.

Au regard de tout ce qui précède, nous réclamons :

Une justice pour toutes les victimes des événements dits de 1989 susmentionnés et qui ne peut avoir lieu sans l’abrogation de la loi d’amnistie votée en 1993, par une assemblée nationale assujettie à un pouvoir dictatorial, qui aujourd’hui sous le régime du général Mohamed Ould Abdel Aziz cherche à soustraire à la justice du pays les responsables de ce qu’il convient d’appeler ici un génocide.

L’application de la loi incriminant l’esclavage et la collaboration des autorités civiles et militaires a cette décision.

Une résolution définitive de la situation des refugiés mauritaniens vivant au Sénégal qui ne peut passer que par une réinstallation en attendant que le pays se stabilise. Ainsi nous demandons au HCR de respecter ses obligations envers les refugiés pour qu’ils vivent dignement.

Une plus grande volonté politique du Sénégal devant se traduire par une demande explicite aux pays tiers et susceptible de favoriser notre réinstallation.

Une prise en compte effective par les autorités mauritaniennes des 15000 refugiés mauritaniens au Mali déjà recensés par le HCR.

La liste des 28 pendus d’Inal:

1 – l’Adjudant-chef Abdoulaye DJIGO

2 – 1ére classe Samba Baba NDIAYE

3 – 1ére classe Samba Oumar NDIAYE

4 – 1ére classe Demba Oumar SY

5 – 1ere classe Mamadou Hamadi SY

6 – Sergent Mbodj Abdel Kader SY

7 – Caporal Djibril Samba BAH

8 -Sergent Adama Yero LY

9 – 1ére classe Amadou Saïdou THIAM

10 – 1ére classe Mamadou Oumar SY

11 – 1ére classe Abdarahmane DIALLO

12 – 1ére classe Mamadou Ousmane LY

13 – Caporal Mamadou Demba SY

14 – Soldat Alassane Yéro SARR

15 – Caporal Amadou Mamadou BAH

16 – Sergent-chef Lam Toro CAMARA

17 – Sergent chef Souleymane Moussa BAH

18 – 2éme classe Oumar Kalidou BAH

19 – Sergent Amadou Mamadou THIAM

20 – Sergent Samba SALL

21 – 2éme classe Abdoulaye Boye DIALLO

22 – 1ére classe Cheikh Tidiane DIA

23 – 2éme classe Samba Bocar SOUMARE

24 – 1ére classe Moussa NGAÏDE

25 – 1ére classe Siradio LÔ

26 – 1ére classe Ibrahima DIALLO

27 – 2éme classe Abdoulaye Demba DIALLO

28 – 2éme classe Samba Demba Coulibaly

Faite à Dakar le 28 Novembre 2012

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Enrôlement : les Mauritaniens de France inquiets.

altL’enrôlement des populations de Mauritanie continue de susciter des inquiétudes, plus d’un an après son lancement. Exaspérés par les lenteurs constatées dans l’ouverture des centres à l’étranger, les ressortissants Mauritaniens de France ont ainsi répondu ce samedi 24 novembre 2012 à l’appel à manifester lancé par l’Organisation des Travailleurs Mauritaniens de France.
Dans la déclaration lue devant l’ambassade de Mauritanie en France (et dont copie a été remise quelques jours plus tôt aux autorités de ladite ambassade) les organisateurs ont lancé un appel pressant pour l’ouverture d’un centre de recensement qui doit prendre en compte « les contraintes spécifiques qui pèsent sur les Mauritaniens de l’extérieur».

Les retards accusés dans le recensement des Mauritaniens de l’extérieur peuvent avoir des conséquences parfois dramatiques dans certains cas. A l’expiration de leurs passeports, les résidents à l’étranger ne peuvent prétendre au renouvellement de leur titre de séjour. Quand on sait que celui-ci conditionne l’autorisation de travailler, on mesure la profondeur du drame dans lequel pourraient être plongés les concernés. « A l’expiration de nos passeports, nous devenons simplement des clandestins, sans travail, sans droits, sans possibilité de voyager. Un vrai désastre », confie un organisateur.

Autre cas, celui des Mauritaniens n’étant pas en situation régulière vis-à-vis de l’administration française mais pouvant facilement justifier de papiers prouvant leur nationalité Mauritanienne. L’opération d’enrôlement exigera-t-elle des titres de séjour à tous les Mauritaniens ? Imposera-t-elle la présentation de pièces mauritaniennes en cours de validité alors que certains ressortissants Mauritaniens sont retenus en France depuis plusieurs années sans pouvoir retourner renouveler leurs pièces en Mauritanie ? Les Mauritaniens pourront-ils se faire recenser sur la base de pièces comme un passeport ou une carte nationale d’identité (recensement de 1998) même arrivées à expiration ?

Les manifestants ont enfin remis au cœur du débat la question de la double nationalité : « Nous ne pourrions pas accepter que l’Etat Mauritanien refuse de recenser les enfants mauritaniens nés de parents mauritaniens en France ou ailleurs. Il s’agirait d’une remise en cause de la nationalité des mauritaniens nés à l’étranger et donc le droit de sang. Donc une infraction au code de la nationalité » ajoute le communiqué. Enfants soumis par ailleurs au paiement de frais de visas jugés exorbitants par les organisateurs.

Vendredi, M. Mohamed Ould Abdel Aziz confiait à KASSATAYA que les opérations de recensement allaient bientôt commencer en France, deuxième poste à ouvrir ses portes après l’Arabie Saoudite. Il avait également invité les Mauritaniens de l’extérieur concernés par la question de la double nationalité à lui adresser des demandes pour obtenir l’autorisation de conserver leur nationalité d’origine comme le stipule le nouveau code de la nationalité en Mauritanie. Pour M. Sediba Camara, membre de l’OTMF, « nous avons entendu les promesses ; nous attendons maintenant des actes pour pouvoir juger ».

 

Source: Kassataya

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Morsi, du super président au super dictateur?

altPrès de 6 mois après sa victoire électorale, le président islamiste Mohammed Morsi sort grand vainqueur de la crise à Gaza et  de la bataille diplomatique qui s’est jouée dans les coulisses. Tous les yeux des observateurs étaient tournés vers le Caire, haut lieu historique de la médiation dans le conflit israélo-palestinien. Morsi a plus ou mois été le chef d’orchestre des négociations. 24 heures avant la signature de la trêve, le président égyptien annonçait déjà l’obtenir dans la soirée. Il a été félicité tant par Washington que Paris. Au centre du jeu politique régional et international, c’est lui qui a obtenu la cessation des hostilités.  Sans remettre en cause les accords de paix avec Israël, Mohammed Morsi n’a pas tardé à rappeler son ambassadeur après l’assassinat du leader du Hamas Ahmad al Jabari. Autre action hautement symbolique, l’envoi du Premier ministre égyptien Hicham Qandil dans la bande de Gaza le 16 novembre dernier. Un effort reçu positivement par la société égyptienne solidaire de la cause palestinienne. Des prises de positions qui tranchent avec la politique de complaisance menée pendant plusieurs décennies par le raïs déchu Hosni Moubarak. Pour le spécialiste du Proche Orient, Dominique Vidal, la position de Mohammed Morsi n’est pas une surprise.

« C’est la conséquence des changements en Egypte et dans la région, à travers ce qu’on a appelé le Printemps arabe. Vous avez aujourd’hui des dirigeants qui sont eux-mêmes plus à l’écoute de leur population, dont le soutien aux Palestiniens est constitutif de leur identité »

Des évolutions politiques qu’Israël aurait, selon Dominique Vidal, sous-estimé en lançant une offensive sur Gaza. Israël se retrouve isolé et perd son allié historique égyptien.Les contraintes liées au rôle de l’armée, à son financement par les Etats-Unis, aux traités de paix avec Israël, laissent des marges de manœuvres au président Morsi.

« Une paix chaude peut se transformer en paix froide », souligne Dominique Vidal.

Morsi sort évidemment renforcé sur le plan régional et international. Mais qu’en est-il sur le plan intérieur? Les Egyptiens plébiscitent depuis longtemps une révision de la politique menée à l’égard du voisin israélien. Une grande partie de la population a donc été satisfaite des prises de positions du président islamiste.

Un régime au dessus des lois

Mais il ne faudrait pas que le super président se transforme en super dictateur…Une crainte alimentée par la déclaration constitutionnelle du président dans la soirée du 22 novembre. Une déclaration de 7 articles qui lui confère davantage de pouvoirs. Il a dans le même temps limogé le puissant procureur général du pays. La Haute cour constitutionnelle est clairement visée. La même qui a, à deux reprises, annulée les décisions du président islamiste. En juin dernier, elle s’était opposée à la volonté de Mohammed Morsi de rétablir le parlement que le tribunal avait dissous. En octobre, les juges ont poussé Mohammed Morsi à faire marche arrière quant à sa volonté de pousser le procureur général à démissionner.

« Le président peut prendre toute décision ou mesure pour protéger la révolution », a déclaré son porte-parole, Yasser Ali

Morsi, le pharaon

L’article 2 protège les décrets présidentiels pris depuis le 30 juin dernier de toutes remise en cause ou contestation. Ces lois et décrets sont « définitifs » et « exécutoires » et ne peuvent pas être contestées. Et cela même devant une instance judiciaire. Idem pour le Conseil de la Shura [chambre haute du parlement] ou l’Assemblée constituante, par ailleurs dominés par les islamistes. La justice ne peut pas ordonner leur dissolution. L’article 3 va plus loin en s’attaquant à la fonction du procureur général qui doit, selon l’article, être nommé par le président de la République pour une période de quatre ans.

Les partis libéraux et l’opposition ont rapidement réagi à une déclaration assimilé à une loi martiale, que 52% des votants égyptiens ne peuvent accepter.

Mohamed Morsi s’est proclamé « nouveau pharaon », a affirmé l’opposant et prix Nobel Mohammed El Baradei.

 

« Aujourd’hui Morsi a usurpé tous les pouvoirs et s’est proclamé nouveau pharaon d’Egypte. Un énorme coup porté à la révolution qui pourrait avoir d’épouvantables conséquences », a écrit El Baradei sur Twitter.

Morsi profiterait de son « capital légitimité » à l’internationale pour se débarrasser du procureur général et parfaire le contrôle des rouages de l’Etat. Plusieurs forces politiques ont appelé à des manifestations de masse sur la place Tahrir ce vendredi contre la déclaration constitutionnelle émis par le président Morsi.

Nadéra Bouazza

for slateafrique

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La Caraïbe, un territoire à géométrie variable

altA la confluence des trois Amériques, la Caraïbe en tant que territoire est issue d’un long processus de construction historique. Pourtant, ses limites restent de nos jours encore floues et varient selon les perceptions locales insulaires.

L’étymologie du nom donné à cette région est porteuse d’enseignements, elle est le soubassement des multiples perceptions que les habitants de la Caraïbe ont de leur territoire.

Le terme lui-même fût inventé par les Européens, et non par les Caribéens. C’est donc un exonyme, c’est-à-dire un nom qui nous a été imposé de « l’extérieur ». Le mot Caraïbe dérive de « Karib », le nom donné par les colons européens à l’un des derniers peuples « premiers » ayant survécu au génocide amérindien, témoin de la disparition quasi complète des trois millions d’habitants pré-colombiens des îles caribéennes.

Dans le langage de ce peuple, qui se nommait lui-même peuple Kalinago, le terme « karibna » désignait un homme, une personne. Dans le langage des autres peuples amérindiens de la Caraïbe, le terme désignait le peuple Kalinago et signifiait « brave, courageux ». Un langage créole se forma inévitablement pour permettre la communication entre les européens et les derniers kalinagos réfugiés dans les îles montagneuses de la Dominique et Saint-Vincent : le « baragouin ». De là et de leur contact précoce avec les autres peuples de la région (les Taïnos des Grandes Antilles notamment), les européens en vinrent à désigner les kalinagos par le terme de « karibna », puis de « karib ». Ils cherchèrent très tôt à présenter les kalinagos comme des cannibales, ce qui leur aurait donné la justification morale pour tenter de les « civiliser »… par la mise en esclavage.

C’est à partir de la racine « karibna » que naquit le terme « cannibale ». L’ensemble des toponymes utilisés de manière secondaire pour décrire cette région vient de la même origine. Le terme « Antilles », lui, dérive probablement de « Antillia », une île légendaire du Moyen Age — comme l’Atlantide — qu’on voit apparaître sur les cartes de navigation européenne à partir de 1424.

D’autres ont avancé l’hypothèse d’une étymologie latine désignant les « îles d’avant » (le continent). La dernière terminologie répandue, particulièrement dans le monde anglophone, est celle des « Indes Occidentales », rappelant l’erreur magistrale de navigation des premiers colons européens : lorsque Christophe Colomb débarque sur une petite île des actuelles Bahamas en 1492, il est certain de se trouver au Japon, à la porte des Indes… soit aux antipodes de sa localisation réelle. Ceci n’a rien d’étonnant quand on sait que Colomb lui-même affirmait dans son journal de bord que ses navigateurs, lorsqu’ils ont perdu la terre de vue depuis quelques jours, n’ont plus aucune idée de l’endroit où ils se trouvent.

Un territoire à géométrie variable

Si l’étymologie du terme « Caraïbe » trouve différentes origines, chacune élaborée historiquement par les peuples qui y ont vécu, les contours territoriaux de la Caraïbe semblent encore plus fluctuants.

Si n’importe qui ou presque peut pointer la région sur une carte, bien peu sont en effet capables de la délimiter. Si l’on ne prend en compte que les pourtours de la mer des Caraïbes, des îles comme par exemple la Barbade et les Bahamas en sont exclues, bien qu’étant des destinations caribéennes phares de l’industrie touristique.

Et que faire de ces pays de l’isthme centre-américain qui tournent le dos à la mer des Caraïbes, en s’ouvrant sur le Pacifique à travers leurs capitales et leurs ville-ports ? Que dire, à l’inverse, du Guyana, de la Guyane ou du Suriname, petits territoires continentaux d’Amérique du Sud complètement excentrés à l’est de la mer des Caraïbes, où une population métissée à large descendance africaine parle pourtant différents langages créoles typiquement caribéens ?

Une définition géographique bien trop limitée

La Caraïbe est avant tout une région marquée par une histoire particulière, celle de l’esclavage et des plantations de canne à sucre. C’est, selon un auteur portoricain, l’ « afro-amérique centrale », une région localisée à la fois au croisement de l’histoire et de la géographie. Une région située entre les deux Amériques, en position centrale, caractérisée par la domination de descendants de travailleurs forcés amenés d’Afrique et plus tard d’Asie. Cette mise en relation contrainte créera un attribut essentiel de la Caraïbe : la créolisation.

Il s’agit, d’après les martiniquais Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, d’une forme particulière de métissage dont les résultats sont totalement imprévisibles et chaotiques. Cette créolisation touche toutes les facettes des cultures caribéennes : langues (créoles jamaïcain, haïtien, guadeloupéen), croyances (vaudou haïtien, santeria cubaine, cultes baptistes, cultes rasta), etc.

Les universitaires caribéens proposent donc des définitions plus précises de la Caraïbe, pour permettre à tous de comprendre ce que sont les « différentes Caraïbes » : la Caraïbe insulaire (qui regroupe, en plus des îles, des territoires insularisés par d’autres facteurs que la mer, comme c’est le cas des Guyanes ou du Bélize), la Grande Caraïbe (qui englobe toute l’Amérique Centrale et le Nord de l’Amérique du Sud), les « Indes occidentales (West Indies) [1] », la Caraïbe du CARICOM [2], la Caraïbe de l’ACS [3], …

Une mosaïque identitaire

Comment les Caribéens aiment-ils se définir ? Quelle perception ont-ils d’eux-même ? Autrement dit, quel est leur sentiment d’appartenance ? Les Cubains, par exemple, se définissent largement comme des « Latinos » et non pas comme des Caribéens – exception faite de ceux originaires de Santiago de Cuba, une ville où la population d’origine africaine est beaucoup plus importante. A l’autre bout de la chaîne de volcans, les jeunes de Martinique et de Guadeloupe ont développé une identité particulière qu’ils nomment « antillaise ». Les Antillais sont, selon leur perception propre, les habitants de Martinique et de Guadeloupe. Opposant cette identité à celle des autres îles de l’archipel, ceci leur donne une place à part dans cet ensemble, à mi-chemin entre la France et la Caraïbe. Pourtant, lorsque l’on demande à des étudiants d’entourer sur une carte la Caraïbe, Cubains comme Martiniquais et Guadeloupéens s’incluent dans cet ensemble.

C’est un des nombreux paradoxes de la perception qu’ont les Caribéens de leur région. Les perceptions des limites de la Caraïbe varient considérablement. Le Guyana et le Belize tendent par exemple à être beaucoup plus rattachés à l’espace caribéen par les anglophones (particulièrement pour les habitants de Trinidad et Tobago) qui sont leurs voisins les plus proches.

Romain Cruse

Lemondediplomatique

 

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