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Détention Arbitraire de Notables du Village de Thiambene
Citoyen Thiambene – Depuis le lundi 1er juin 2015, le chef du village de Thiambène, l’Imam de la mosquée et le muezzin croupissent dans la prison de Rosso. Il leur serait reproché d’être les premiers responsables du village ayant conseillé aux femmes de récolter leurs manguiers pris en otage par une dame mauresque de la tribu des R’hahlas.
Ces femmes, qui se sont toujours constituées en Coopérative Agricole, cultivent leur champ au même titre que les hommes du village, gèrent leur mutuelle et s’acquittent de leurs devoirs ménagers et matrimoniaux, ne sont-elles pas assez responsables pour défendre leur propre bien acquis par la sueur de leur front ?
Le litige foncier opposant la Coopérative Féminine de Thiambène à la dame mauresque remonte aux événements douloureux de 1989, au cours desquels toute la population Wolof du village de Thiambène a été déportée au Sénégal. Avant leur déportation, les femmes possédaient déjà une plantation de manguiers cultivée dans une zone d’un périmètre de 35 hectares faisant partie des terres délimitant le village.
En 1995, les populations du village sont revenues au pays et ont pu récupérer leurs anciennes demeures qui étaient occupées par des rapatriés R’hahlas.
Toutefois, le périmètre de 35 ha n’a pu être réapproprié qu’à l’issue d’un règlement à l’amiable sanctionné par un protocole d’accord signé en date du 19/07/1995 par le Hakem de Rosso, le Chef d’arrondissement de Tékane, le Commandant de Brigade de la Gendarmerie de R’kiz et les représentants des deux parties en conflit.
Ce protocole d’accord stipule que « les habitants de Thiambène s’engagent à verser au profit de la Collectivité de Rahahla le 30/10/1995 le prix de 24 manguiers en raison de 2000 UM le pied, soit 48 000 UM…En conséquence, les deux parties sont averties que l’exploitation du terrain litigieux doit revenir définitivement aux habitants de Thiambène le 30/10/1995, sous réserve du respect de leur engagement ».
En effet, 24 manguiers s’étaient ajoutés à la plantation avant le retour des villageois du Sénégal. Conformément à ce contrat, les populations de Thiambene ont honoré tous leurs engagements.
Quelle ne fut la surprise des villageois lorsqu’une dame membre de la collectivité R’hahla réapparut huit ans après (2003) en possession des « documents » pour signifier aux femmes de Thiambene qu’elle est propriétaire du domaine et les intimer, avec l’appui des autorités administratives et sécuritaires, de quitter les lieux dans les plus brefs délais.
A ce jour, les populations de Thiambène et ceux qui les assistent n’ont pas vu le contenu ou reçu aucune information palpable concernant la nature des documents détenus par la dame.
Ce qui est certain, c’est que les autorités approuvent ces documents et accompagnent vigoureusement la dame dans sa démarche de spoliation de biens d’autrui. Des événements regrettables se sont déroulés presque chaque année depuis ce jour de 2003.
Les détails des faits seront étalés progressivement dans les prochaines publications puisqu’il s’agit d’un épisode sombre du litige. Il faudra comprendre par là des pratiques malsaines de « deux poids, deux mesures » et des flagrantes violations des droits humains.
Force est de constater que toutes les méthodes d’intimidation utilisées jusqu’à présent par la dame en connivence avec les autorités locales et forces de sécurité n’ont pas donné les résultats escomptés.
De ce fait, nous héritons, ici, d’une situation explosive qui n’a que trop duré du fait du laxisme d’autorités complices qui s’obstinent dans leur refus de faire manifester le droit pour des raisons qui laissent à réfléchir.
« En toute chose malheur est bon », car cette situation désolante est entrain d’éveiller la conscience collective de la communauté wolof de ce pays qui est toujours restée inoffensive et passive face aux manques de considération à son égard. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’un problème qui concerne uniquement cette communauté, mais qui affecte tout citoyen de ce pays épris de justice et/ou soucieux de l’avenir de la Mauritanie.
Face à cette situation d’atteinte grave à la dignité et aux droits humains, la coordination des actions de soutien pour le règlement du litige foncier de Thiambène, au nom de la communauté wolof de Mauritanie, exige:
• La libération immédiate et sans conditions des responsables du village encore détenus à la prison de Rosso sans aucune forme de procès ;
• Le règlement définitif de la question des terres du village et la restitution du périmètre de 35 ha aux véritables propriétaires ;
• Le dédommagement des villageois pour les pertes subies depuis plusieurs années ;
• Enfin, l’arrêt immédiat de l’intimidation et de la persécution des habitants de Thiambène par les autorités administratives locales et les forces de l’ordre.
La Coordination
thiambene2015@gmail.com
Cridem
Esclavage à Néma: l’ONG SOS-Esclaves demande des sanctions contre d’instruction
ALAKHBAR (Nouakchott)-Le président de l’ONG mauritanienne SOS-Esclaves, Boubacar Ould Messoud, a demandé des sanctions contre un juge d’instructions à Néma (Est) qu’il a accusé d’avoir violé la loi sur une présumée affaire d’esclavage.
Dans une déclaration à Alakhbar, O. Messoud a reproché au juge d’avoir remis en liberté une présumée esclavagiste sur “simple déclarations” de celle-ci.
L’affaire s’agit d’une vieille dame qui s’est plainte auprès de SOS-Esclaves contre « l’asservissement » de sa petite-fille par « une femme réclamant être la maitresse de la mère de l’enfant.»
L’accusée a été arrêtée par la gendarmerie puis déférée devant le procureur de Néma qui à son tour l’a renvoyée au juge d’instructions en question. “Le juge l’a ensuite libérée sur sa simple déclaration”. Elle aurait expliqué que c’est la grand-mère de l’enfant qui lui avait confiée la petite.
Parlement : les députés Tewassoul se retirent de la plénière pour protester contre les propos du ministre de l’hydraulique
Le groupe parlementaire du parti Tewassoul s’est retiré mercredi de la séance plénière du parlement pour protester contre des propos du ministre de l’hydraulique accusant les députés de mensonge.
Mohamed O. Khouna répondait à une question orale du député Tewassoul de Kiffa l’accusant de donner des informations erronées.
Dans sa réponse le ministre a accusé le député de mensonge, un qualificatif que les parlementaires lui ont demandé de retirer.
Devant son refus de s’excuser, les députés ont quitté la salle en signe de protestation. Ils sont revenus par la suite après que le président de la chambre ait convaincu le ministre de retirer ses propos, jugés indécent par le groupe parlementaire à l’endroit de leur collègue.
saharamedias
L’ editorial du calame: De profundis ?
Alors que le dialogue politique, dont on parle pourtant depuis plusieurs mois, n’en est à qu’à ses premiers balbutiements, ne dépassant pas le stade d’échanges de bons procédés et de déclarations d’intention, la Convention pour l’Unité et l’Alternance Pacifique et Démocratique – la bien nommée CUPAD, dernier avatar de la CAP, qui regroupe trois partis d’opposition : APP, Sawab et El Wiam – vient de jeter un énorme pavé dans la mare. Se sentant exclue du dialogue en gestation, elle a organisé, lundi dernier, une conférence de presse pour déclarer, d’emblée, qu’elle s’oppose à toute modification constitutionnelle relative au mandat présidentiel. La CUPAD a cité, nommément, les articles 26 et 28 de la Constitution qui fixent le mandat du Président de la République à cinq ans, « rééligible une seule fois ». Ainsi que l’article 29 par lequel le président investi jure « de ne point prendre ni soutenir, directement ou indirectement, une initiative qui pourrait conduire à la révision des dispositions constitutionnelles relatives à la durée du mandat présidentiel et au régime de son renouvellement, prévues aux articles 26 et 28 de la présente Constitution ». Une fois rappelés ces sacro-saints articles, la CUPAD prend, toutefois, la sibylline précaution de préciser qui si « la volonté des participants au dialogue s’exprime par un consensus en faveur de modifications constitutionnelles et dans ces conditions seulement, elle ne peut que les approuver ».
C’est ce qu’on appelle, en langage d’écolier, être hors sujet ou passer à côté de la plaque. Le dialogue n’ayant pas même connu un début de commencement, personne ne peut présager des thèmes qu’on y abordera, si jamais il a lieu. Ce qui est très loin d’être acquis. Comment expliquer qu’on jette ainsi, en pâture à l’opinion, l’idée qu’on puisse, ne serait-ce qu’un instant, penser à une modification de la Constitution ? Comme rien n’est gratuit en politique, on ne peut qu’avoir des doutes sur une telle sortie, en ce moment précis. Un ballon d’essai, pour voir comment réagiront les autres forces politiques ? Ou volonté de donner un coup de main au Président, au cas où celui-ci s’aventurerait sur ce terrain miné ? La CUPAD n’en est pas certes à son coup d’essai. Messaoud est déjà venu au secours d’Ould Abdel Aziz, lors de l’épisode de la « balle amie » et la CAP s’était présentée, seule, au dialogue de 2011 avec le pouvoir, brisant, du coup, les rangs de l’opposition. Ce n’est probablement pas un hasard, non plus, que Messaoud s’est fait recevoir, au Palais gris, au lendemain même de ladite conférence de presse. Mais, franchement, on a beaucoup de mal à concevoir en quoi tout cela pourrait être de nature à rétablir la confiance avec le FNDU… A moins que, justement, il ne soit question que de l’enterrer définitivement ?
Ahmed Ould Cheikh
le calame
L’ONU accuse le Mali de manquer de reconnaissance pour ses “sacrifices”
Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, s’est insurgé samedi à Bamako contre un manque de reconnaissance des autorités maliennes envers la force internationale dans ce pays, la Minusma au lendemain de la signature d’un accord de paix.
Il a par ailleurs souhaité que “le dialogue annoncé entre le gouvernement malien et la Coordination s’établisse sans délai” pour amener la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion à dominante touareg), qui exige des discussions supplémentaires pour signer l’accord, à la faire à son tour.
Lors d’une conférence de presse, M. Ladsous a dit “regretter que hier, durant les débats, l’impartialité de la Minusma ait pu être mise en question”, en allusion à la salve de critiques lancée par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta lors de la cérémonie.
“Depuis la Somalie (il y a plus de 20 ans, NDLR), aucune mission des Nations unies n’a été aussi coûteuse en vies humaines”, avec 35 tués en moins de deux ans pour la Minusma, a-t-il souligné.
Dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi, la Minusma avait déploré que “son impartialité soit régulièrement mise en cause et que ni sa contribution, ni ses sacrifices ne soient reconnus à leur juste valeur”.
A la clôture de la cérémonie de signature de l’accord par le gouvernement malien, plusieurs mouvements armés et la médiation internationale, le président Keïta a apostrophé le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU qui avait lu un message du secrétaire général Ban Ki-moon.
“Avons-nous jamais violé le cessez-le-feu? Jamais. Pour autant, M. Ladsous, il serait convenable que les Nations unies fassent preuve de justice et d’équité à cet égard-là”, a-t-il lancé, exigeant “un peu de respect pour notre peuple”.
“Que l’accord doive rester ouvert, nous y sommes favorables, pourvu qu’il ne soit pas une prise en otage pour le Mali et pour la paix au Mali. Je suis très clair là-dessus”, a ajouté M. Keïta.
– ‘Faire la différence entre groupes armés’ –
Dans le discours lu par M. Ladsous, le secrétaire général de l’ONU déplorait que “de graves violations du cessez-le-feu aient été commises de toutes parts ces dernières semaines”.
“Le dialogue doit continuer avec les groupes qui ne sont pas ici aujourd’hui, la possibilité qu’ils signent l’accord de paix à une date ultérieure doit rester ouverte”, affirmait M. Ban au sujet des rebelles.
L’accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d’indépendance du pays, en 1960. En 2012, il a été transformé en sanctuaire et en base d’opérations jihadiste, jusqu’au lancement de l’opération militaire française Serval en janvier 2013.
“Après cette signature, on va être en mesure de clairement faire la différence entre les groupes armés qui se sont engagés dans le processus de paix ou qui vont s’y rallier et ceux qui se situent en dehors de ce cadre et qui seront forcément assimilés aux groupements terroristes”, s’est félicité M. Ladsous.
Interrogé sur d’éventuelles violations du cessez-le-feu par l’armée malienne, il a dit ne pas en avoir connaissance, mais s’est étonné de la proximité des troupes de Bamako lors de chaque opération de la formation pro-gouvernementale Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia).
“Toutes les parties quasiment ont été responsables de violations du cessez-le-feu”, a précisé le responsable de l’ONU, appelant à l’arrêt immédiat des affrontements de ces derniers jours à Ménaka (nord-est), près de la frontière nigérienne “car ils alourdissent l’atmosphère”.
Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l’armée face à la rébellion, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.
Bien que les jihadistes aient été dispersés et en grande partie chassés de cette région par l’opération Serval, des zones entières échappent encore au contrôle des autorités.
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