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Assainir, assainir !
Les mêmes scènes se répètent chaque hivernage. Invariablement. À chaque pluie qui s’abat sur la capitale, les rues se gorgent d’eau qui finit par s’infiltrer jusque dans les maisons, rendant chaotique le déplacement des voitures et des piétons. Des mares se forment un peu partout, lies nauséabondes, lits de moustiques et autres bestioles tout aussi nuisibles…Avec les fortes précipitations successives qu’a connues Nouakchott cette année, la situation est plus que jamais invivable, particulièrement à Dar Naïm, Sebkha et El Mina où, délogées par les eaux, des familles entières sont obligées de quitter leur maison. Même Tevragh Zeïna, le quartier chic où une société chinoise avait installé, il y a quelques années, un système d’évacuation des eaux de pluie, n’a pas été épargné. Ses rues sont gavées d’eau et, en dehors des axes principaux, il est impossible de s’y déplacer.
Jusqu’à quand continuerons-nous à vivre un tel calvaire ? Jusqu’à quand la pluie, ailleurs bénédiction, restera-t-elle malédiction pour nous ?Est-il quelque part écrit que Nouakchott ne sera jamais une ville ordinaire dotée d’un système ordinaire d’évacuation des eaux usées ? Pourtant l’ancien Nouakchott, celui que les fondateurs avaient construit, était doté d’égouts. Mais l’improvisation et l’anarchie qui ont prévalu après 1978 ont fait pousser les nouvelles habitations comme des champignons sans le minimum d’infrastructures. Avec le résultat qu’on vit actuellement. Prix d’une viscérale inconséquence nationale, boulet du chacun pour soi, avec le bout du nez en seul horizon ? Si l’on veut vraiment assainir nos rues, commençons donc par assainir nos neurones…
Ahmed ould Cheikh
le calame
Détournements de deniers publics : L’impunité encore et toujours !
Le directeur de l’Inspection Générale de l’État (IGE), monsieur Hassan Zeïn, a organisé, il y a quelques jours, un point de presse sur ses activités lors des derniers six mois. On célébrait le troisième anniversaire du président Ghazwani à la tête du pays et une vaste de campagne sur ses réalisations était engagée par l’ensemble « gouvernement, parti INSAV et media publics ». Mais, au lieu de rassurer sur le processus engagé contre la gabegie, cette sortie de l’IGE n’a fait que confirmer ce que tout le monde savait : les détournements de derniers publics sont devenus le sport favori des responsables mauritaniens. À tous les niveaux.
Livrant le bilan du dernier semestre, l’inspecteur nous apprend ainsi que son service a pu mobiliser dix-neuf missions de contrôle en cent soixante-dix-huit regroupements urbains et cent quatre-vingt installations. Ces expéditions ont visé près de soixante milliards MRO entachées de dysfonctionnements. Sur ce total, environ 14 milliards n’ont pas été dépensés conformément aux normes. 2,7 milliards ont fait objet de demandes d’acquittement dont 1,3 milliard a été déjà remboursé, en plus d’autres détournements où les auteurs ont été condamnés.
Tout cela sonne comme un cinglant aveu d’échec, après le fameux rapport de la Commission d’enquête parlementaire (CEP) mais également ceux de la Cour des Comptes. Elle rassure d’autant moins que certaines personnes suspectées de tels vols restent libres de se pavaner dans nos rues et de squatter les bureaux de l’Administration ; certains sont même tout simplement réhabilités. Nombre de responsables mauritaniens se sont ainsi révélés très grands voleurs de biens publics. Puiser dans les caisses de l’État ne leur paraît pas illicite et, à entendre les propos du vérificateur général, on est en droit de s’en inquiéter. Le combat engagé depuis trois ans par Ould Ghazwani et les instruments mis en place n’ont pas dissuadé de subtiliser les biens publics ceux qui les gèrent. Une sorte de système de pillage organisé et très bien ancré. Sinon, pourquoi les autorités peinent-elles tant à concrétiser les engagements du président de la République dans la lutte contre ces pratiques ?
La réponse est très simple et coule comme les eaux de ruissellement qui déferlent et détruisent les habitations, les infrastructures et les cultures un peu partout dans le pays : les responsables volent parce que protection leur est assurée. Et donc leur impunité. Rien d’autre. Arrêtés ou tout simplement épinglés, ils sont couverts par la mobilisation de la tribu, des généraux et, qui sait, du sommet même de l’État. La multiplication des projets, programmes et commissions a favorisé la corruption. Le laxisme ou la complaisance dans le contrôle itou. Prenez la réhabilitation du tronçon de cent kilomètres entre Boutilimit et Aleg qui traîne depuis trois ans sans que la moindre tête ne tombe ni l’entreprise ayant hérité le marché ne soit dessaisie, voire sanctionnée. Idem pour les échangeurs de la Capitale.
En Mauritanie, voler n’est pas une honte, au contraire : c’est une fierté même pour le voleur et ses proches. On célèbre même la sortie de prison des personnes accusées ou reconnues de vol, un geste abominable si fermement condamné par notre sainte religion ; on immole même des chameaux et des bœufs. Difficile voire impossible d’arrêter cette saignée. La loi contre la gabegie n’y fait rien. Notre pays est pointé du doigt pour son opacité dans le climat des affaires et occupe la 152èmeplace sur les 190 que compte le classement Doing Business. Une honte !
On les reconnaît entre mille
En Mauritanie, on les reconnaît facilement, ces filous : ils changent à tout bout de champ de train de vie, de maison, de voiture, de quartier, de boubou, de parfum et autres lieux de vacances. Comment un simple chef de service peut-il s’acheter un terrain à Tevragh Zeïna, y bâtir une maison haut standing, disposer d’un bolide dernier cri, troupeau de chameaux, vaches et/ou caprins, ranch sur la route de Rosso, Boutilimit, Akjoujt et/ou Nouadhibou, envoyer son épouse et ses enfants en vacances au Maroc ou à Las Palmas ? Pour échapper à leur sort – la prison – les voleurs de deniers publics « arrosent » leurs proches et leurs supérieurs. La machine est très bien huilée, presque personne n’y échappe. Un véritable cancer qui a fini d’envahir tout le grand corps mauritanien. Quand un cadre est promu à un haut poste, toute sa tribu vient le féliciter et lui souhaiter bon vent… sans oublier, raconte-t-on, de lui dire : « pense d’abord à toi et aux tiens ». Une incitation au népotisme et au vol qui commence, comme tout le monde le sait, dès l’école où la triche est particulièrement ancrée.
La volonté du président de la République à lutter contre la gabegie connut son premier coup de griffe quand un contrôle à la BCM révéla la disparition, dans une caisse annexe de devises, de 938.000 euros et près de 600.000 dollars, ainsi que la découverte de faux billets de banque équivalents à 116.000 dollars et 127.000 euros. On peut ajouter l’affaire des Domaines et de leurs courtiers, celle du port de la Baie du repos qui a emporté son directeur, la disparition de documents au ministère des Finances, le dossier de l’hôpital Mère et Enfant, celui des trafics d’or à la frontière Mauritanie-Mali et enfin le vol de munitions à Aleg… La plupart de ses affaires ne sont pas élucidées, cela décrédibilise les engagements des pouvoirs publics à éradiquer la gabegie et la corruption. Au final, l’opposition et la société civile jappent, l’impunité se poursuit.
Dalay Lam
le calame
Mauritanie : un collectif suspend sa participation aux concertations sur le Passif humanitaire
Alakhbar – Le Collectif des Veuves de Mauritanie chez Houleye Sall a suspendu ses activités au sein du Cadre de Concertation des Rescapés Mauritaniens en Mauritanie-Europe et aux États Unis (CCRM-M/E/USA), selon une déclaration parvenue, mercredi à Alakhbar.
Le Collectif reproche au Cadre de Concertation de continuer à dialoguer avec les pouvoirs publics qui rejettent la mise en place d’une commission d’enquête sur les évènements du Passif humanitaire.
Le Passif humanitaire désigne les violations massives des droits de l’homme, commises, de 1989 à 1991, contre des populations noires de Mauritanie, sous le régime de l’ancien président Maouya Ould Sid’Ahmed Taya.
Le collectif a toutefois réaffirmé sa disponibilité à reprendre le dialogue selon quatre conditions :
– institutionnaliser une commission indépendante régie par une loi
– procéder aux investigations pour établir le droit à la vérité, faire la lumière sur ce qui est passé durant cette période sombre de l’histoire de la Mauritanie;
– apporter des réponses justes à la fois individuelle et collective aux crimes et abus commis ;
– offrir des garanties de non répétition
Depuis une année, les Coalitions des Organisations des Victimes du Passif humanitaire (CCRM-Mauritanie/CCRM-Europe-USA et CCVE) ont engagé un dialogue avec les pouvoirs publics sur la base d’une feuille de route soumise au président Mohamed Cheikh Ould Ghazouani le 24 Avril 2022.
Intempéries : Trois morts et des dégâts matériels enregistrés en deux jours
Alakhbar – Le comité ministériel chargé de la gestion des urgences, a publié le bilan des journées du 28 et 29 août 2022. Il fait état de trois (3) morts et de 27 habitations endommagées, par les pluies diluviennes, dans les quatre coins du pays.
Selon les bulletins n°28 et n°29 dudit comité, deux personnes sont décédées par noyade dans les localités de Sangrava et d’Aleg, situées dans la wilaya du Brakna. Le troisième décès a été signalé, dimanche, à Kaédi, dans la wilaya du Gorgol.
S’agissant des dégâts matériels, le bilan relève l’effondrement de 18 habitations, entre maisons et huttes dans le Hodh Chargui, au niveau des localités de “Medina Ajmane” et “El Wassiaa”. Neuf autres huttes ont été endommagées dans la commune de Mederdra, wilaya du Trarza.
D’après des données publiées la semaine dernière par l’agence Alakhbar concernant le nombre décès, et sur la base des bulletins du ministère de l’intérieur, 22 personnes, dont 12 enfants ont perdu la vie au cours des quatre dernières semaines.
Les mêmes données officielles, montrent que les wilayas du Gorgol et du Guidimagha sont les plus touchées. Elles comptent respectivement 6 et 9 morts à la suite des pluies torrentielles.
La CVE/VR dénonce la non-assistance du gouvernement aux populations sinistrées
CVE/VR – A l’instar de l’ensemble de nos compatriotes, la CVE/VR observe avec tristesse les dégâts humains et matériels consécutifs aux pluies qui se sont abattues sur la quasi-totalité du territoire national.
Ces intempéries ont encore une fois mis à nu les insuffisances et le manque de vision de nos gouvernants en matière d’infrastructures et de sens des priorités. Les images insupportables de maisons totalement détruites et de familles abandonnées à leur calvaire provenant aussi bien de villes et villages de l’intérieur telles que Kaédi, Sinthiou Boumaka (Gorgol), Chelkha (Hodh El Gharbi), Mederdra (Trarza), que de communes de Nouakchott telles que Sebkha, El Mina ou encore Dar Naim ;
les torrents d’eau et de boue dans lesquelles pataugent piétons et véhicules dans les avenues, rues et ruelles du pays, en particulier celles de la capitale, en disent long sur la démission et le laxisme du régime du Président Mohamed Cheikh Ould Ghazouani.
Les populations sinistrées attendent d’être sorties des eaux stagnantes dans lesquelles elles e sont retrouvées piégées avec ce que cela suppose comme drames en termes de morts par électrocution, par noyade ou encore en termes de risques de maladies de toutes sortes.
Au lieu de cela, le pouvoir de Mohamed Cheikh Ould Ghazouani nous sert des shows médiatisés de visite présidentielle éclair à Kaédi ou de gesticulations de ministres et de gouverneurs se donnant en spectacle devant des citernes censées évacuer les eaux mais qui n’y arrivent toujours pas. Au-delà du caractère dérisoire et ridicule des moyens mobilisés, c’est avec la vie des Mauritaniennes et des Mauritaniens que l’on est en train de jouer et il est temps que cela cesse.
L’urgence est à l’évacuation et à la prise en charge des citoyens abandonnés dans des habitats submergés devenus impropres à la survie. Il faut certes pomper les eaux qui rendent tout déplacement dans et entre nos villes sinon impossible tout au moins dangereux mais il faut surtout que l’Etat prenne ses responsabilités et mette en place des infrastructures dignes de ce nom. C’est le lieu de s’interroger sur les milliards d’ouguiyas qui avaient été investis pour bâtir un réseau d’assainissement et d’évacuation des eaux à Nouakchott après les inondations de 2013.
La CVE/VR exprime sa solidarité pleine et entière avec les populations sinistrées et condamne avec la dernière énergie les atermoiements du gouvernement. Il est urgent de prendre des mesures permettant à long terme de pouvoir faire face à de telles catastrophes liées au dérèglement climatique et dont la fréquence et l’intensité, à en croire les experts, ne feront que croitre dans les années à venir.
La CVE/VR invite, par la même occasion, le gouvernement à prendre au sérieux les menaces de submersion qui pèsent sur la ville de Nouakchott, située en dessous du niveau de la mer, et à agir en conséquence pour sauver ce qui peut l’être encore.
Nouakchott le 29/08/2022
La Cellule de Communication




