Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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La CVE/VR dévoile sa plateforme « Nous ne vivons pas ensemble, mais côte à côte, en nous tournant le dos », déclare Dr. Dia Alassane, président de la coalition

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Au cours d’une conférence de presse, tenuejeudi 20 février, par la coalition Vivre Ensemble/Vérité-Réconciliation (CVE/VR), son président, Dr. Alassane a déclaré : « nous vivons ensemble sans vivre ensemble, nous ne vivons pas ensemble, mais côte à côte, en nous tournant le dos ».

La CVE/VR venait dévoiler sa plateforme et sa vision de la Mauritanie, de son unité nationale et de sa démocratie…

En effet, explique son président, après la scission intervenue au sein de la coalition vivre ensemble, mise en place à la veille de la dernière présidentielle, la coalition qu’il préside a engagé un intense débat pour préparer et présenter aux mauritaniens sa vision de l’avenir de ce pays.

Une vision consignée dans un document de six pages, distribuée à la presse. Il retrace l’histoire politique de la Mauritanie, depuis le Congrès d’Aleg de 1958 jusqu’à nos jours, en passant par les évènements de 1966, 86 et 90. Et le conférencier de tirer un constat : les mauritaniens ne vivent pas véritablement ensemble, mais les uns à côte des autres, en se tournant le dos. C’est un véritable cloisonnement, s’inquiète le président Dia.

Interrogé sur la nouvelle dénomination de la coalition, Dr. Dia Alassane explique qu’elle vient se démarquer de l’autre coalition, mais aussi pour prouver combien elle est attachée au Vivre Ensemble.

Et pour la CVE/VR, pour vivre ensemble, indique le président Dia, il faut avoir le courage de se dire la vérité sur la cohabitation entre les différentes composantes du pays, mais aussi sur ce qui s’est passé depuis le congrès d’Aleg, sur les évènements de 1966, de 86 et 1989/90, sur la question des terres, sur la répartition des charges de l’état, des ressources du pays, sur la démocratie, sur la liberté d’expression … On ne peut pas continuer à faire comme si de rien n’était, à exclure des pans entiers de la population du pays des institutions et des rouages de l’économie. Résultat des courses, toutes ses composantes laissées en rade ont élevé la voix pour exprimer leur rejet du système qui régente leur pays.

Et Dr Dia Alassane de rappeler la publication du Manifeste des négro-africains de 1986, celui des Harratine, des Soninké, des Ouolof et des Maalimin… C’est un véritable délitement de l’Etat auquel nous assistons depuis quelques années. Et d’ajouter, nous ne vivons pas ensemble, mais côte à côte et en nous tournant le dos. C’est extrêmement grave pour l’avenir de ce pays, prévient Alassane Dia. En se parlant, en se disant la vérité, on finit par trouver une solution consensuelle aux problèmes du pays. Et c’est pour éviter l’ « irréparable » que la CVE/VR exige un débat national autour de l’unité nationale, une préoccupation première de la coalition.

Interrogé sur les dispositions du pouvoir à régler le problème de la cohabitation en Mauritanie, le président de la CVE/VR affirme que les autorités actuelles ne font montre d’aucune disponibilité afin d’apporter des solutions aux problèmes ainsi posés ; pire, elles renforcent l’exclusion des autres communautés. Pour étayer son assertion, il cite les résultats des différents concours de recrutements organisés par le gouvernement, les nombreuses nominations prises à chaque conseil des ministres et qui ne profitent qu’à une seule communauté.

Face à cette situation périlleuse, la CVE/VR appelle à la résistance mais aussi au sens de responsabilité de tous patriotes de toutes les composantes. C’est dans ce cadre que la CVE/VR a salué les rencontres avec les responsables du RAG/IRA et d’autres responsables. Le président Dia a profit d’ailleurs de cette occasion pour saluer les partis politiques et mouvements de la société civile et de jeunes venus assister à cette conférence qui marque le début effectif des activités de la CVE/VR.

Cette coalition comprend un conseil des présidents et un bureau exécutif. Tous les deux sont présidés par des jeunes. Pour Dia Alassane, ils s‘agit là de messages forts à l’endroit de la jeunesse, mais aussi un démenti cinglant à l’endroit de ceux qui déclarent que la coalition est minée par une querelle de leadership.

Le choix porté sur ma personne prouve, vu leur expérience, leur engagement au service de notre noble cause que ces messieurs que vous voyez autour de moi sont mus par l’intérêt de ce pays, pour qui, ils ont sacrifié leur temps et de leur énergie. Ils ont été arrêtes, emprisonnés, humiliés et privés de leurs droits. C’est l’occasion de leur rendre ici un vibrant hommage pour leur combat contre l’oppression et l’exclusion.

Le président Dia a remercié ses ainés pour leur posture responsable avant d’inviter les jeunes à assumer leurs responsabilités et à se montrer au travail pour être à la hauteur de la mission qui leur est confiée. Signalons enfin que la coordination du bureau exécutif est confiée à M. Guindo.

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LA DECOSTRUCTION MÉTHODIQUE DE L’HERITAGE DE ABDEL AZIZ

altOn assiste depuis quelques temps à la déconstruction méthodique de l’héritage de Abdel Aziz qui ,obstinément , avait poursuivi et consolidé l’œuvre du colonel ould Taya .Il faut s’en féliciter. Seulement , il ne faut pas que cette démolition soit faite à démi , ou ne serve que des interêts particuliers et partisans …Puisqu’on décide de se débarrasser de cet héritage néfaste du ‘’président des pauvres’’ ,et cela jusques dans ses moindres réalisations , autant le faire proprement …Re-changer la Constitution entend-on dire ? Très bien , mais alors il faut la revoir en revenant et sur la redéfinition de l’identité du pays et sur les bases clairement définies du vivre-ensemble entre Blancs et Noirs .Il faudrait également , pour aller au bout de cette logique , démanteler toutes ces 9 écoles spéciales monoéthniques , démanteler le secteur de la justice monoethnique , les commissions techniques et de supervision chargées de l’enrôlement tout aussi monoethniques ,sans omettre de réformer notre école aux fondements structurellement inégalitaires ,la commission des examens et concours , et enfin- les gros morceaux – les corps de commandements monocolores des forces militaires et paramilitaires ,le tissu économique aux mains d’une seule composante nationale .Il faudra aussi,sans tarder, abroger toutes ses loi scélérates qui baillonnent les libertés et notre démocratie ! On a remis Bouamatou , Chavi et consort dans leurs droits ,naturels , mais on oublie toutes ces autres victimes de Abdel Aziz, dont Ibrahima Sarr et moi-même , seuls locataires de walata de 1986 à demeurer privés de leurs droits à pension de retraite …pour leur opposition politique. il ne faudrait pas que la rectification soit au service du Systeme ou d’une categorie ! La justice pour tous , la justice partout , c’est la condition pour la renaissance de l’espoir et de l’esperance d’une Mauritanie fraternelle et éternelle .

Samba Thiam

22 février 2020

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Mauritanie: abandon des poursuites contre des opposants à l’ancien président

Mauritanie: abandon des poursuites contre des opposants à l'ancien présidentRFI Afrique – La justice mauritanienne fait un geste envers trois opposants à l’ancien pouvoir.

Les poursuites les concernant sont purement et simplement annulées. Deux d’entre eux, l’homme d’affaires Mohamed Bouamatou et l’ancien conseiller du président Compaoré, Moustapha Limam Chafi, voient également leur mandat d’arrêt annulé. Par ce geste d’apaisement, le président Ghazouani répond à une demande de l’opposition et se démarque aussi un peu plus de son prédécesseur.

Le premier concerné est Moustapha Limam Chafi, intermédiaire dans plusieurs affaires de libération d’otages. Cet homme de l’ombre et de réseau, au service pendant des années de la présidence burkinabè, a été empêché en 2011 de séjourner en Mauritanie suite à l’émission d’un mandat d’arrêt.

Le second n’est autre que le cousin direct de l’ancien chef de l’État, Mohamed Bouamatou, un richissime banquier.

Les deux hommes se sont brouillés suite à un différend financier. L’étau s’est ensuite resserré autour de l’homme d’affaires et de ses proches. Il est également accusé d’avoir voulu corrompre des sénateurs.

Moustapha Limam Chafi et Mohamed Bouamatou sont donc deux hommes très influents pour des raisons différentes, qui n’appartiennent à aucun parti politique et qui sont devenus au fil des années les bêtes noires de l’ancien pouvoir.

Camouflet pour l’ancien président

Les rétablir dans leur droit est un signal fort envoyé par le nouveau chef de l’État, d’abord en direction l’opposition qui réclamait le règlement de ces dossiers pour détendre le climat politique. Mais aussi en direction de Mohamed Ould Abdel Aziz. Cette annonce est une vraie gifle, auraient confié certains de ses proches. De fait, ce geste creuse un peu plus le fossé qui sépare l’actuel président de son prédécesseur depuis l’automne dernier.

Sans surprise, la décision de la justice mauritanienne est saluée aujourd’hui par William Bourdon, l’avocat de Mohamed Bouamatou.

« Ce n’est pas tout à fait une surprise, puisqu’il y avait des signes d’apaisement, mais c’est une annonce qui va dans la bonne direction, déclare-t-il. Ces procédures n’ont été possibles qu’en raison d’une instrumentalisation éhontée, systématique pendant des années, de la justice mauritanienne par Aziz, l’ancien président. Et, bien sûr, cela restaure l’honneur de Mohamed Bouamatou ».

« Ces années de persécution étaient insupportables, poursuit l’avocat. Elles l’ont conduit à l’exil, l’ont empêché d’être aux côtés de sa mère quand elle agonisait et d’assister aux funérailles. Ce bannissement a été d’une grande cruauté pour lui et sa famille. Donc, ce n’est que justice et il faut remercier le nouveau président Ghazouani d’avoir laissé la justice agir. Et c’est ce respect pour une justice indépendante, qui permet aujourd’hui d’envisager un classement définitif de ces procédures totalement fabriquées ».




RFI

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CVE/VR : CONFERENCE DE PRESSE

Image may contain: textLa coalition Vivre Ensemble/Vérité et Réconciliation , convie la presse nationale et internationale accréditée à Nouakchott à assister a la conférence de presse q’elle organise ce jeudi 20/ 02/ 2020, à partir de 16 heures a Azalai hôtel Marha. Vu l’importance de l’ordre du jour, la présence massive de tous, et, en particulier celle des militants et sympathisants de la CVE/ VR est vivement souhaitée.

Cellule de communication

Contact:
20 71 71 15 / 46 99 48 99

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Allocution du lauréat de la session 2020, Biram Dah Abeid, « Prix du Courage »

Allocution du lauréat de la session 2020, Biram Dah Abeid, « Prix du Courage »Biram Dah Abeid a reçu le prix courage 2020, Voici son allocution

Sommet de Genève pour la démocratie et les droits de l’Homme
Mesdames et Messieurs les membres de la coalition du Sommet de Genève

Chers membres du jury, honorable assistance

La session 2020 du « Sommet de Genève, pour les droits humains et la démocratie » me décerne, aujourd’hui, le diplôme du courage. Que l’honorable jury reçoive ma gratitude. Cependant, je souhaite exprimer une nuance : lorsqu’enfant, vous expérimentez l’injustice, l’héritez de vos aïeuls et risquez de la transmettre à votre descendance, l’affronter ne relève plus d’une option. Résister, tient, ici, de l’impératif de survie ; parce qu’il subsiste en vous un brin d’espoir, un résidu de volonté, votre humanité vous commande de vous battre, par réflexe ; votre corps et l’esprit qu’il abrite, même meurtris, vous enjoignent de relever la tête. Voici pourquoi, je ne pense mériter une si prestigieuse médaille ; nul ne doit être félicité d’aspirer – et d’agir – à une existence de bonheur et de paix, à l’ombre de l’équité.

Nous autres, noirs de Mauritanie, rejetons d’esclaves depuis des siècles ou victimes plus récentes de ségrégation, savons la rançon des efforts de relèvement que nous intime la lucidité de notre état. A l’image de tant de nègres au fil du temps et des civilisations, j’ouvrais les yeux sur le constat brutal de mon infériorité, laquelle m’expliquait-on, procède de ma peau sombre, des origines païennes de mes ancêtres et du vouloir de Dieu. Vous le voyez, un si mauvais départ ici-bas, m’exposait à devenir, tôt ou tard, l’ennemi public de quelqu’un. A partir de 2008, année de création de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M), j’ai cessé de courir devant le déterminisme de la lutte et accepté la fatalité du sacrifice.

En septembre, Ghaya Maiga, une fille mineure de 14 ans que ses maîtres exploitaient et frappaient, leur sera finalement livrée, selon l’injonction du juge d’instruction, malgré l’opposition théâtrale du procureur de la république. Ils s’empressèrent de la conduire, dans leur village, à plus de 1200 kilomètres et postèrent des images et messages de victoire, sur les réseaux sociaux ; en février 2020, déguenillé, déscolarisé et sans état civil, le garçonnet Beibbeu a fui l’enfer de la servitude congénitale. Au lieu de recevoir le secours de la loi, sera emprisonné et intimidé par les juges et gendarmes supposés le défendre. Il finira par retirer sa plaine et la demande de protection.

Dans le passé proche – et pour quelques uns encore aujourd’hui – nous mourrions au service d’une frange de nos compatriotes. Garder le bétail, creuser les puits, préparer la nourriture et la couche, accompagner les caravanes sous le soleil ardent, pieds nus, sans salaire ni horaire de travail, tel se présentait notre destin.

Nos femmes, à peine vêtues, se prêtaient au viol, notre progéniture servait de cadeau de noce ou de naissance. Dispersés en guise héritage, aux quatre points cardinaux, nous étions vendus et troqués, contre une génisse, un dromadaire, une perle en pâte de verre, un anneau de cheville ou une amulette miraculeuse. Voici, résumé, l’univers mental où, adolescent, je me retrouvais, en demeure de forger une identité et imaginer un avenir.

En avril 2012, las de m’inscrire, à chaque occurrence, dans la rhétorique des sacralisations imposées par nos maitres, je décidais, après la prière du vendredi, de brûler, devant témoins, les livres dits de « droit musulman » qui codifiaient l’institution de l’esclavage.

Aussitôt, les foules fanatisées submergèrent les mosquées et les rues, exigeant ma crucifixion ; des semaines durant, les médias publics et privés leur offriraient le monopole de la parole et le Chef de l’Etat de l’époque vint cautionner l’appel au meurtre. Arrêté au grief de rébellion vis-à-vis de Dieu, je n’ai dû mon salut qu’à la mobilisation de mes frères et de nos soutiens extérieurs.

Je ne regrette un tel geste et le referais, volontiers. Pour une raison qui m’échappe encore, les ambassadeurs du Maroc et de Russie me blâmèrent en public et celui de la Syrie me défendit, à la télévision du gouvernement. Aucun représentant du Monde libre ne m’apporta le soutien auquel je m’attendais, au nom des droits humains, des valeurs de laïcité, de l’idéal républicain ou du devoir d’ingérence.

Je vous épargne le récit sordide des humiliations et des sévices, à l’intérieur de deux mètres carrés, par temps de canicule, jour et nuit. Ironie du sort, c’est de ma cellule, que je fus élu député, dès septembre 2018. Les soldats en charge de me surveiller m’ont paru tristes de leur réclusion dans l’univers carcéral ; je les quittai, sans trop de regret mais avec un brin de pitié. Depuis décembre 2010, j’ai vécu quatre incarcérations. Mon organisation, toujours interdite, avoisine le record d’une vingtaine de procès et détentions accompagnées de torture. Aucun de nos tortionnaires n’a été inquiété.

A l’élection présidentielle de juin 2019, je talonnais l’actuel Chef de l’Etat, alors candidat des notabilités tribales et de l’armée. Malgré l’attestation massive de la fraude, je reconnus, le résultat erroné du vote. Ainsi, évitais-je, à mon bercail vulnérable, l’autodissolution dans une crise qui le livrerait au djihadisme violent, en embuscade alentour. Aux nouvelles autorités, j’ai tendu la main du dialogue ; je m’obstine à obtenir, d’abord, la reconnaissance d’associations et de partis réfractaires à la discrimination envers les noirs de filiation subsaharienne et l’annulation des poursuites contre d’illustres opposants en exil.

Nous œuvrons à abroger la loi d’amnistie qui protège, depuis 1993, les auteurs de déportation de masse, de torture et de tuerie, forfaitures commises entre 1986 et 1991, au titre d’une tentative sanglante de changement de la démographie et d’effacement de la diversité linguistique, pour que la Mauritanie, enfin “arabisée”, tournât le dos au Sahel, sa vocation.

Permettez-moi, ici, de vous montrer deux visages des victimes de la tentative de purification ethnique en Mauritanie : Houleye Sall, âgée de 80 ans, s’obstine, depuis bientôt trois décennies, à obtenir la réhabilitation de son fils unique. Un parmi des centaines d’autres suppliciés, le lieutenant Abdoulaye Sall mourut, à 31 ans, d’un écartèlement entre deux voitures en mouvement, sur ordre de ses supérieurs au sein de l’armée.

Notre souffrance n’est en rien imputable à l’Occident, encore moins à la colonisation ou à la traite négrière. Elle nous vient de l’intérieur de nos sociétés d’Afrique. Comme nos géniteurs et leurs devanciers, nous endurions la persécution, infligée par nos concitoyens arabo-berbères ; pourtant, ensemble, nous partageons, la foi religieuse, le culte et souvent la langue.

Sur un autre front, nous continuons à réclamer l’accès équitable à l’état-civil et aux listes d’électeurs car nous habite la certitude de représenter une majorité de la population ; le poids des suffrages, un jour, obligera nos juges à cesser de couvrir le crime d’esclavage et de banaliser le « négrocide » ; ils glorifieront le droit international, accepteront un minimum d’universalité et renonceront aux feintes du relativisme culturel. Un jour, la Mauritanie abrogera l’article 306 du code pénal dont le zèle post-coranique punit de mort, séance tenante, le refus de prier, le blasphème et l’apostasie, sans possibilité de repentir. J’ai failli en mourir. Appliquer les lois de Daesh et prétendre combattre le terrorisme relèvent de l’aporie et d’un mensonge létal. Mon pays, la Mauritanie constitue, à présent, l’environnement favorable à l’instauration d’une théocratie islamiste. Cette vérité taboue, je l’assume devant vous, aujourd’hui, en qualité de lanceur d’alerte.

Je salue, ici, les centaines de jeunes, les dizaines de lettrés et d’intellectuels, braves dissidents, issus des féodalités que nous nous acharnons à défaire ; ils portent haut et loin, l’élan de générosité et de volontarisme où je puise l’intensité et la constance de l’argument. Avec votre permission, je leur dédie ce prix du courage.

Honorable assistance, la distinction de l’année consolide mon engagement sur la voie de l’alternance pacifique, grâce au pouvoir des urnes. Certes je ne puis respecter les valeurs de qui m’opprime mais, jamais, je n’encouragerai un coup d’Etat, une sédition ou un quelconque usage de la force. Les mots, vecteurs d’idées subversives et de propositions de réforme, restent nos armes exclusives. Nous voulons persuader au lieu de susciter la crainte. La peur mène à la surenchère, la surenchère tue et nous aimons la vie.

Je vous remercie.

Source: https://senalioune.com

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