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L’Editorial du Calame : Règlement de comptes ?
Le Calame – Comme on s’y attendait, l’ex-Président Ould Abdel Aziz ne s’est pas présenté devant la commission d’enquête parlementaire. Non pas qu’il ait fait faux bond.
Il n’était tout simplement pas à Nouakchott et il n’y avait pas urgence. L’Assemblée nationale a élargi entretemps les domaines de compétence de ladite commission à d’autres dossiers tout aussi sulfureux. On peut donc un peu plus « charger la mule ».
Surtout que tous ceux qu’elle a appelés pour témoigner (trois anciens Premiers ministres, des ministres en activité ou en rupture de ban et divers autres hauts fonctionnaires), ont reconnu qu’ils n’étaient que de simples exécutants. Que tout se décidait en « haut lieu ».
Cela ne surprend personne, tant le pouvoir était concentré entre les mains d’un seul homme. Et lorsqu’il s’agissait d’affaires juteuses, l’intérêt du clan primait sur tout le reste. Ould Abdel Aziz va donc devoir assumer. Lâché de tous côtés et voyant ses flancs se dégarnir, va-t-il attaquer ? Ou plutôt se battre sur le plan juridique ? Il aurait, dit-on, commis un avocat français pour éclairer sa lanterne.
Répondre ou non à la convocation de la commission ? Est-il toujours « protégé » par la Constitution après son départ du pouvoir ? Moins circonspects, certains « constitutionnalistes » nationaux, à qui personne n’a rien demandé, se permettent depuis quelque temps d’affirmer qu’il ne peut comparaître devant la commission parlementaire puisque protégé par la Constitution…
De quoi je me mêle ? Ou étaient-ils, ces héros, lorsque ce même Ould Abdel Aziz qu’ils défendent urbi et orbi renversa notre premier président civil démocratiquement élu ?
Ou étaient-ils quand il brada notre ressource halieutique au profit de Polyhone Dong? Quand il fit détruire les plus vieilles écoles de Nouakchott, vendit leur terrain à ses proches et s’y employa de même avec le Stade olympique et l’école de police ? Ou étaient-ils quand il imposa au peuple un référendum illégal et supprimé tout aussi illégalement le Sénat, la chambre basse que la Constitution lui interdisait de dissoudre ? Quand il liquida l’Ener, la Sonimex, l’Agence d’accès universel et mis à genoux la Snim et la Somelec ? Quand il bradé le port et l’aéroport de Nouakchott au profit de ses fils et beaux-fils ?
Ces « honorables » juristes auraient mieux fait de se faire tout petits et oublier, tout comme les fonctionnaires qui acceptèrent de se compromettre avec un prédateur. Ou, pire, de l’aider à accomplir ses forfaits. Au lieu de crier haut et fort leur désaveu, taper du poing sur la table et rendre, à temps, dignement leur tablier, ceux-ci en sont aujourd’hui réduits à se cacher derrière l’argument de n’avoir fait qu’exécuter des ordres.
Ils n’en sortiront pas grandis et la dimension plurielle, partageable, de la responsabilité non plus. Un président des États-Unis, Harry S. Truman, eut, en son temps, la lucidité d’introduire dans le jargon politique la maxime « The Buck stops here», autrement dit, la responsabilité s’arrête ici, c’est à dire à son niveau. Président et chef de l’État, OuldAdel Aziz était de fait et en dernier ressort, le seul responsable de tout ce qui se faisait dans son administration. Il l’assumait. Il doit l’assumer à l’heure des comptes. Ceux-ci n’en seront pas pour autant réglés.
Ahmed Ould Cheikh
Le général Mohamed Ould Abdel Aziz: Incontrôlable ou incompris? (1ère partie)
Ely Ould Krombelé – Avant-propos
Cette adresse n’est pas une tribune encore moins un réquisitoire destinés à accabler un homme qui a déjà un genou à terre. Car depuis sa malheureuse et inopportune conférence de presse à son domicile nouakchottois, il semble que le nom de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz soit désormais associé à un climat soupçonneux et pourquoi pas manichéen du genre pour ou contre lui.
D’ailleurs un parent pour qui j’ai beaucoup d’estime, une fois mis au courant du projet du présent article, m’a dit “attention, sois prudent». Et il a raison. Je ne rentrerais pas dans ce jeu subtil, pour la simple raison que ceux qui vouent Aziz aujourd’hui aux gémonies, l’avaient hélas un moment comparé aux trois parques romaines, «maîtresses de la destinée humaine».
Le comble est que pour ces esprits étroits en panne d’inspiration, à la procédure inquisitoire, il n’est point facile de parler d’Ould Abdel Aziz sans une «insinuation latente” à l’égard du président actuel, Mohamed Ould Cheikh Ghazwani.
Eh bien, on peut parler d’Ould Abdel Aziz en bien ou en mal sans pour autant “épingler” Mohamed Ould Ghazwani, un président élu dont le souci est désormais le bien-être de sa population plutôt que d’inciter à tirer sur les corbillards…..
Alors que ces indigents de la pensée inique soient rassurés par le simple fait que je ne jouerais pas au carriérisme avantageux du célèbre griot maure Sedoum Ould Ndjartou qui suscitait une rivalité épique, mieux une émulation lucrative entre les guerriers Idowich du Tagant et les Oulad Mbarek ou leurs cousins les Oulad Nacer de l’Est-Mauritanien.
Là, dans le cas ponctuel de Mohamed Ould Abdel Aziz, il s’agit d’un ancien président de la République qui a raté “un virage” au crépuscule de sa vie politique, au moment même où tous s’attendaient à une sage décision de sa part. Triste sort pour notre “Wangrin” national, tout en admettant que l’erreur est humaine. Qui ne s’est pas trompé un jour dans sa vie, au moins une seule fois ?
Histoire injuste
C’est parce que tout homme est soumis à la sévérité du jugement de l’Histoire, qu’en toute chose, il faut considérer la fin. Quoique que vous fassiez, et selon que vous soyez «puissant ou misérable», l’Histoire ne retiendra de vous, le plus souvent que votre dernier soupir, votre dernier geste, votre dernier acte surtout quand celui-ci ou celui-là se prête à la condamnation de la doxa.
L’Histoire, encore elle, «cette vieille sorcière», dont on risque tous de rencontrer un jour le rôle funeste n’est heureusement pas une science exacte. Récit des événements du passé, elle s’érige d’abord en discipline subjective et somme toute “amorale».
Comme l’inconscient freudien qui prétend “nous gouverner et nous accusant de malades qui s’ignorent, elle refuse les auspices protecteurs, l’indulgence manifeste pour ne faire ressortir chez l’homme que le côté décadent, fallacieux, post-traumatique, un magma de représentations refoulées incompatibles alors d’avec les valeurs morales” que la société a érigées depuis des siècles en normes dogmatiques.
Au fait que retient-on de Napoléon Bonaparte? Non pas Austerlitz, ni même Aboukir, mais le plus souvent sa captivité sur l’île de Sainte-Hélène (où il finira ses jours), pour les uns, le rétablissement de l’esclavage aux Antilles pour d’autres; du géorgien Joseph dit Staline? Acteur incontournable du second conflit mondial, homme d’Etat avisé, que le goulag de Sibérie? Chez nous en Mauritanie, que vous inspire alors le grand bâtisseur et émir du Trarza Hédi Ben Ahmed Ben Demane ? Rien que….
Tertelasse.?!!! L’Histoire serait-elle tant injuste, aussi ingrate pour ne retenir chez les hommes (qui la font) que leur sombre destin, à savoir la faiblesse coupable d’un moment ou quelque erreur sur “l’échiquier», même après avoir surfé sur des lauriers?
Le “naufrage’’ récent de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a raté sa sortie de la scène politique et sociale, en cassant tous les codes de la déontologie et en donnant un alibi tranchant à ses concitoyens de disserter sur l’écriteau de son épitaphe, en bon ou mauvais président, se doit-il d’attirer notre attention.
Personnellement, j’ai cherché le moindre critère à décharge pour comprendre l’attitude de mon frère et ami Aziz et je doute d’en trouver. Sur ce cas précis, dois-je répéter. Voilà que nous sommes tous en droit de demander comment mais surtout pourquoi cette séance de masochisme ….ambiant, l’ancien président s’est-il infligée, suscitant de facto la désolation chez la majeure partie de l’intelligentsia et du parterre mauritaniens, composés entre autres de ses sympathisants, adversaires politiques ou détracteurs, toutes tendances confondues.
Le ver était-il longtemps dans le fruit? Qui est alors Mohamed Ould Abdel Aziz, cet homme qui nous a fait tant rêver avec des slogans probants au début, avant de faire chuter lui-même son buste du piédestal, en dopant du coup ses adversaires politiques d’abord et le simple citoyen lambda de la ferme volonté de l’auditionner devant une commission parlementaire pour “crimes économiques”?
1/De l’espoir au chaos
Un interlocuteur, qui semble baigner dans les secrets du microcosme politique nouakchottois depuis des lustres, m’a dit en ces termes, le mois de Mars dernier: «Ely, si ton ami Aziz n’était pas porté sur l’argent, il aurait été l’un des meilleurs présidents que l’Afrique ait produits, à l’instar de Kwamé Nkrumah du Ghana,Thomas Sankara, Jemal Abd Nasser, ou Mouammar Kadhafi “.
Et mon vis à vis d’ajouter: «Cet homme a le courage et l’allant patriotique suffisants, deux qualités indispensables aux dirigeants africains de nos jours, le plus souvent sous tutelle ou parapluie….exogènes. Téméraire, hargneux, impavide, iconoclaste, peu soucieux de son image, il est tout ça. Admettons.
Quant à la cupidité, c’est un fléau incurable qui englobe toutes les tares imaginables et surtout, elle est incompatible avec l’exercice d’un pouvoir irréprochable, synonyme de probité, de progrès social et économique. Cette cupidité est impardonnable si elle est couplée à l’avarice, comme on peut le constater chez l’ancien président.
Malheureusement, l’Histoire ne retiendra de cet officier que la grisaille, le côté tristement célèbre des événements dont il est l’acteur principal, à savoir les crimes économiques, qui ont abouti au détournement de centaines de milliards d’ouguiya.
Ainsi le nom d’Ould Abdel Aziz ne pourrait souffrir d’exception à cette logique que la discipline d’Hérodote semble nous imposer. D’ailleurs toi qui prétend connaître “ton Aziz” sous d’autres cieux probablement plus cléments et sincères, quand et d’où est-ce qu’il a contracté cet amour gargantuesque pour l’argent? Fermons les guillemets…..
Au début j’étais désemparé du fait que ce grand connaisseur de la scène politique mauritanienne puisse réduire le “naufrage” d’Ould Abdel Aziz à sa seule proximité d’avec le magot.
S’il y a de la vérité dans ce discours, il faut admettre également qu’un être humain c’est aussi l’assemblage de plusieurs circonstances psychique, intellectuelle, morale et sociale (éducation parentale, scolaire, fréquentation au moment de l’adolescence, à l’âge adulte surtout où la responsabilité se précise).
Ne dit-on pas que “l’homme naît naturellement bon et que c’est la société qui le corrompt” (Rousseau)? Mais enfin pour beaucoup de Mauritaniens et à propos de Mohamed Ould Abdel Aziz, “les faits sont faits’’, quelle que soit sa ligne de défense. Là, il ne s’agira pas de constater seulement les faits, gestes et dires de l’ancien président.
Nous devons pousser notre investigation au-delà des limites de la raison qui, pourtant, demeure notre seul instrument d’appréciation, notre baromètre de jugement, face au réel qui, lui par contre, risque à tout instant de nous surprendre. Car il y a chez Aziz plus de «visibilité compliquée que l’invisible pourtant simple».
En effet, dès qu’on évoque le cas spécifique de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, l’aiguille aimantée perd le Nord magnétique, la clepsydre se vide, le “temps suspend son vol’’. Même les observateurs les plus avertis, les journalistes objectifs, les commentateurs obstinés, et enfin les psys se noient en conjectures. Parce qu’Ould Abdel Aziz est une créature qui a sa propre weltanschauung, comme disent les penseurs Allemands.
C’est une “monade” insaisissable qui répond peu à la norme statistique sociale, et qui semble jouir de sa propre logique. Ah oui il y a la logique “illogique” de l’Ecole Mégarique, la logique constructive aristotélicienne et la très discutable logique azizienne. Alors Aziz serait-il un extraterrestre, un impérieux, un génie mégalo? Oui, il est un peu de tout ça.
Mais hélas, pourquoi en “petit homme vert», me diriez-vous, ses douze travaux d’Hercule échafaudés en deux mandatures, se sont tout simplement transformés en l’éternelle corvée des gnomes Joujé We Majoujé (Gog et Magog), ou plus prosaïque, en légendaire “service Denebja”? Pour comprendre le cheminement de la vie politique d’Aziz, il faut remonter à l’année 1994, dès son retour du Maroc, juste après son cours d’Etat-Major.
Où il voit que toutes les portes se sont refermées devant lui. Assis sur une pente raide, tirant le diable par la queue au moment où le cousin germain, feu Ely Ould Mohamed Vall, puissant directeur de la sûreté, brasse des millions par jour de la fédération des transports.
La hargne, le désir de se surpasser, l’ambition de se faire de l’argent coûte que coûte afin de dépasser “tous ces voleurs qui pillent les ressources de l’Etat’’ se précisent.
De 1994 à 2000, avant de reprendre le fameux Basep (bataillon présidentiel), qui lui permettra d’assouvir ses désirs, Aziz n’a pu se surpasser pour l’instant qu’en sport où il pouvait courir 20 km par jour sans se fatiguer.
Pour oublier les soucis et l”injustice”, la pratique sportive sera le seul remède, avant que les caves du palais ne s’ouvrent enfin pour lui. Ce qui est étonnant, c’est qu’à la fin de l’année 1980, je me souviens avoir amené Aziz au stade de Kaédi pour faire avec moi quelques tours du stade, et il n’a pu terminer les premiers 400 mètres que les mains déjà sur les hanches.
Quinze années plus tard, Aziz était capable de défier n’importe quel coureur de longue distance.!!!.Voilà une volonté digne d’un fantassin de l’Empire Ottoman! De 2005 (année du coup d’Etat contre Maawiya et qui a suscité tant d’espoirs) à 2007, il fallait laisser au ’’grand frère’’ Ely Ould Mohamed Vall le soin de diriger le pays.
De 2009 à 2019, il est inutile de vouloir réécrire l’histoire, nous la connaissons tous. Mais enfin ce qui est étonnant encore c’est le “naufrage” imprévisible d’Ould Abdel Aziz aussitôt après la passation de pouvoir entre lui et son frère, ami, compagnon d’armes Mohamed Ould Ghazwani.
Serions-nous en face d’une espèce d’homme incontrôlable comme le temps que nous subissons, ou d’un “géant” incompris des misérables créatures que nous sommes?
2/ L’ennemi de l’homme politique c’est d’abord sa famille, petite ou grande (Senghor?)
Selon les historiens, «si Hitler n’avait pas attaqué la Russie le 22 Juin 1941, peut-être qu’il serait mort dans son lit comme le dictateur espagnol Franco». Aussi si Aziz n’avait pas commandé le Basep (bataillon pour la sécurité présidentielle), il n’aurait probablement pas disposé de leviers pour conquérir le pouvoir. Aussi nous n’en serions probablement pas là pour parler de lui….
(A suivre, Inchallah)
Ely Ould Krombele, Vitry-sur-Seine, FranceÂ
cridem
Covid-19: Trump annonce la suspension temporaire de l’immigration aux États-Unis
RFI – Face à la crise économique provoquée par l’épidémie de coronavirus, le président américain a expliqué vouloir « protéger les emplois » des Américains.
Le tweet posté en fin de soirée n’est pas passé inaperçu. « À la lumière de l’attaque de l’Ennemi invisible, et face à la nécessité de protéger les emplois de nos grands citoyens américains, je vais signer un décret présidentiel pour suspendre temporairement l’immigration aux États-Unis », a tweeté Donald Trump lundi.
Une fois de plus, note notre correspondant à San Francisco, Éric de Salve, le président américain lie le Covid-19 à l’étranger, sous couvert de répondre aux 22 millions de nouveaux chômeurs dus à la pandémie.
Donald Trump, dont la limitation de l’immigration fait partie des thèmes de campagne, n’a pas donné plus de détails sur la manière dont il entend appliquer cette décision et pour combien de temps. Dès le mois de janvier, il avait restreint les déplacements avec la Chine où le nouveau virus est apparu en décembre, avant d’interdire les voyages entre les États-Unis et l’Iran, puis la plupart des pays européens à la mi-mars.
Octroi des cartes vertes et visas de travail bientôt suspendus ?
Le coronavirus, que le président qualifie d’« Ennemi invisible », a déjà tué plus de 42 000 personnes dans le pays, où 766 660 cas ont été enregistrés.
Selon le New York Times, les États-Unis pourraient même formellement stopper la délivrance de cartes vertes et de visas de travail dans les prochains jours, et ce pour une durée indeterminée. Washington fermeraient ainsi totalement l’immigration legale, et ce alors qu’en 2019 l’administration américaine a délivré plus de 462 000 visas.
Reste à savoir sur quelle base légale la Maison Blanche entend justifier une telle décision qui devrait être immediatement contesté devant les tribunaux.
Ces derniers jours, le pays a frôlé la schizophrénie, entre des mesures annoncées par les États pour tenter d’endiguer l’épidémie et un président, impatient de relancer l’économie, qui n’a pas hésité à soutenir sur Twitter les quelques Américains qui dans certains États manifestent pour la levée du confinement.
(avec AFP)
Arrestation de Mariem mint Cheikh – « Une véritable déclaration de guerre ! » clame l’IRA
Les partisans de Biram Dah Abeïd sont très remontés contre les autorités suite à l’arrestation de la militante Mariem mint Cheikh. Et de monter au créneau pour dénoncer une attitude qui semble inscrire le pouvoir en plein sillage de son prédécesseur. Cette arrestation leur paraît «Â une véritable déclaration de guerre. […] Mariem a été interpellée à Nouakchott le 13 Avril, en pleine rue, par des agents de la sûreté de l’État », renseigne l’organisation abolitionniste, qualifiant sa militante de «Â détenue d’opinion ».
«Â À l’heure actuelle, ses proches ignorent où elle a été emmenée et ce qu’on lui reproche.
Mais il ne faut pas être devin pour comprendre que ce sont les dernières publications de Mariem mint Cheik sur son compte Facebook qui ont suscité la réaction du pouvoir », indique IRA. Active sur les réseaux sociaux, Mariem écrivait en effet dans son post daté du 13 Avril à 11h55 : «Â Quand le pouvoir des Maures sera-t-il jugé pour les crimes d’esclavage et de racisme contre les communautés opprimées et démunies ? À quand un État de Droit où tous seront égaux ? […] Les gens sont fatigués. Celui qui ne tendait pas la main commence à le faire. Qu’Allah fasse que s’abatte sur les maures blancs (Bidhanes) une pandémie pire que le coronavirus ! »
Une phrase de trop ? En tout cas, «Â les autorités n’ont pas
hésité à saisir cette opportunité pour mettre en application les dispositions de la loi du 18 Janvier 2018 et déclencher ainsi une nouvelle offensive contre l’IRA », déplore le mouvement abolitionniste. Et de fustiger ladite loi incriminant la discrimination. «Â Ce jour-là, l’Assemblée nationale mauritanienne adoptait un texte qui définissait les concepts de discrimination, visant en particulier les discours de racisme ou de haine ou encore simple incitation à l’un ou l’autre,avec des peines pouvant aboutir à cinq ans d’emprisonnement et privation de tous les droits civiques. […] Dès sa publication, la loi souleva nombre de critiques de la part des organisations de défense des droits humains […] ».
 «Quelle sera l’accusation portée contre Mariem mint Cheikh qui dénonce sur son blog, depuis des années, la discrimination réelle à l’égard des Noirs et des Haratines ? Une discrimination reconnue par les instances internationales et les associations des droits de l’Homme mais constamment niée par le pouvoir ? Quel motif inventera l’État pour justifier l’arrestation d’une militante qui n’a fait qu’user de son droit à la liberté d’expression ? », s’interroge un communiqué d’IRA-Belgique. «Â Cataloguer les opposants d’un régime en criminels équivaut à s’autoproclamer dictature ».
Véritable levée de boucliers
L’arrestation de Mariem a soulevé une véritable levée de boucliers. Partis politiques et associations de droits humains ont exprimé leur indignation et exigent la libération immédiate de la militante. Pour SOS Esclaves, «Â l’arrestation de la militante Mariem mint Cheikh est intervenue de manière provocatrice et inhumaine, dénuée de tout respect des règlements nationaux et internationaux garantissant à tout détenu ses droits humains, comme l’information aux siens de son lieu de détention, l’assistance d’un avocat et la présentation devant les juges dans les délais légaux, ce qui n’a pas été respecté dans le cas de la militante Marieme mint Cheikh qui ressemble plus à une séquestration, sans aucune considération de la situation de son nourrisson ».
SOS Esclaves en appelle à la «Â nécessité d’appliquer les lois
loin de toute politique du deux poids deux mesures et de la dualité  des critères injustes » […] ; au «Â respect des libertés, des droits et [à] l’éloignement des modes opératoires de bandes, préjudiciables à l’honneur de l’autorité civile ». Il faut impérativement «Â permettre à la militante Mariem mint Cheikh de jouir de tous ses droits et donner immédiatement la permission aux siens de lui rendre visite ».
La CVE  demande la «Â libération immédiate de madame Mariem mint CheikhÂ
Pour la Coalition Vivre Ensemble (CVE), «Â cette arrestation dont les contours restent encore à élucider ressemble à un règlement de comptes et tout porte à croire qu’elle est liée au post de Mariem mint Cheikh sur sa page Facebook le 13 Avril, jour même de son arrestation, alors qu’elle porte un bébé d’un an en âge d’allaiter». Et de citer, insistant également sur les nombreuses réserves qu’elle avait suscitées à l’époque, la très décriée loi du 18 Janvier 2018 dont on peut maintenant constater les aspects pervers. «Â Soucieuse d’une Mauritanie juste et égalitaire », CVE exhorte au final le pouvoir à «Â plus de retenue et de clémence »Â et demande la «Â libération immédiate de madame Mariem mint Cheikh », tout en exigeant le «Â respect scrupuleux de toutes les formes de liberté ».
Synthèse K.T
lecalame.info
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Marième Cheikh, activiste abolitionniste victime de la loi sur la discrimination
L’Authentique – Selon un communiqué du mouvement antiesclavagiste (IRA) c’est au nom de la Loi 2018-023 portant incrimination de la discrimination du 18 juin 2018 que les autorités sécuritaires mauritaniennes auraient procédé, lundi 13 avril 2020 aux environs de 16 h, à l’arrestation de Marième Mint Cheikh, activiste de ce mouvement.
« Cette loi a été spécialement conçue pour bâillonner les activistes des droits de l’homme, notamment ceux du mouvement IRA, ainsi que la majorité haratine persécutée, pour les empêcher de dénoncer les injustices d’un système raciste et suprématiste » soutient-on au sein de ce mouvement.
Mais des sources proches de la justice affirment par contre qu’elle est poursuivie au nom de la loi de 2016 relative à la cybercriminalité. D’un autre côté, des pans de la communauté maure trouvent que Marième Cheikh est allée trop loin dans la stigmatisation des maures en implorant Allah que « s’abatte sur les maures blancs (bidhanes) une pandémie pire que le coronavirus ».
Certains estiment que « son combat contre l’esclavage et les disparités est juste mais peut bien se passer du discours haineux étant entendu que l’esclavage et les disparités affectent toutes les communautés nationales, même s’ils touchent de manière plus forte la communauté haratine ».
« Les gens sont fatigués. Celui qui ne tendait pas la main commence à la faire. Qu’Allah fasse que s’abatte sur les maures blancs (Bidhanes ) une pandémie pire que le coronavirus ».
Il s’agit là d’un des derniers postings de Marième Cheikh, membre fondatrice du mouvement abolitionniste IRA, bloggeuse de renommée et combattante chevronnée de la cause antiesclavagiste, qui lui aurait value d’être arrêtée le 13 avril 2020, « séparée de son bébé, et conduite dans une cellule de la Direction générale de la sûreté », selon des informations recueillies auprès de ses compagnons de lutte, après trois jours pendant lesquels, ils disent avoir ignoré l’endroit où elle était « séquestrée ».
Cette arrestation a été dénoncée par plusieurs partis et organisations des droits de l’homme, comme le Parti pour l’environnement (PMDE), le parti non encore reconnu RAG, bras politique du mouvement IRA, plusieurs associations en Europe, l’Association des femmes chefs de famille (AFCF), SOS Esclaves qui s’est insurgé dans un communiqué contre une arrestation « intervenue de manière provocatrice, inhumaine et dénuée de tout respect des dispositions des textes et conventions nationaux et internationaux garantissant à tout détenu tous ses droits humains, comme la permission aux siens de connaître son lieu de détention, d’avoir l’assistance d’un avocat et sa comparution devant les juges dans les délais légaux ».
Communiqué AFCF : http://cridem.org/C_Info.php?article=735019
Communiqué SOS Esclaves : http://cridem.org/C_Info.php?article=734989.
Dans un communiqué publié le 17 avril 2020, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) indique avoir rendu visite à Marième Mint Cheikh dans son lieu de détention, affirmant s’être informée de son état de détention et sur sa santé, avant de souligner avoir rencontré son époux et s’assurer que c’est elle-même qui a souhaité ne pas avoir son bébé avec elle.
La Commission s’est engagée à suivre son dossier pour s’assurer qu’elle jouira de l’ensemble de ses droits, droit à un procès équitable, droit à la visite de ses proches et de son avocat, ainsi que celui de jouir de l’ensemble des droits que lui garantit l’Etat de droit, y compris l’accès à des soins médicaux si elle le souhaite. (https://cndh.mr/fr/15-contenu-français/actualites-evenements/303-commission-nationale-des-droits-de-l-homme-communique).
Le Mécanisme national de prévention de la torture a également publié un communiqué le 17 avril 2020 dans lequel il déclare que son président a rendu visite à Marième Cheikh « afin de s’assurer des conditions de sa détention », soulignant plus loin que l’entretien privé entre le président du Mécanisme et la détenue, en présence de son mari, a permis de constater qu’elle « était bien portante et qu’elle avait reçu la visite de son mari et de son avocat » et qu’elle « tenait son bébé entre les bras ». (http://cridem.org/C_Info.php?article=735055)
Une arrestation à relent de déclaration de guerre
Pour les militants d’IRA, « l’arrestation de Marième Mint Cheikh, bête noire des esclavagistes et du pouvoir politique qui les soutient, est le signal d’une hostilité que le régime de Mohamed Cheikh Ghazwani compte ouvrir contre le mouvement IRA, sur la même lancée que son prédécesseur ».
Pour que cette arrestation soit facilement consommable auprès de l’opinion par le biais de la loi contre la discrimination, le nouveau pouvoir dans sa croisade contre IRA aurait usé de subterfuge, par le biais d’un nommé Bouceif Hmeiti, cadre à la SNIM de Zouerate qui a posté sur whatsap un vocal virulent faisant l’apologie de l’esclavage et s’attaquant aux haratines, selon les camarades de lutte de Marième Mint Cheikh.
Son arrestation sur la plainte de deux ONG jugées proches du pouvoir par les militants d’IRA, serait d’après eux le prétexte qui a été utilisé par le pouvoir mauritanien pour arrêter en même temps Marième Mint Cheikh, pourtant connue depuis longtemps pour ses postings dénonçant « le pouvoir des maures ».
« Seulement, si Bouceif Hmeiti a été relâché jeudi 16 avril, la militante antiesclavagiste reste toujours aux fers, les autorités lui refusant même de téter son bébé ou d’avoir la visite de ses parents, alors que les délais légaux de garde-à-vue (48 h) ont été largement dépassés », dénoncent ses proches.
Les sources à Zouerate affirment que Bouceif Hemeit avant sa remise en liberté conditionnelle a promis de ne plus récidiver et présenté ses excuses à tous ceux qui se sont sentis offensés par son vocal dans lequel il avait dit que les organisations et les syndicats ne s’occupent que de l’injustice touchant les Haratines et ne s’engagent pas pour celles commises à l’encontre des maures blancs.
L’arrestation de Mariem Cheikh a, en tout cas, galvanisé la jeunesse d’IRA dans ses différents démembrements à l’intérieur du pays et à Nouakchott, mais aussi à l’extérieur, eux qui, à travers communiqués et surchauffes sur la toile ainsi que les réseaux sociaux, se déclarent prêts à en découdre avec le pouvoir de Mohamed Cheikh Ghazwani.
« Nous sommes fidèles à notre rôle de résistants, comme au temps de Mohamed Abdel Aziz » ont-ils déclaré dans un posting (https://facebook.com/1320256252/posts/10217634828245419/?d=n)
Sur la même lancée, les démembrements du mouvement en Europe, notamment en France et en Belgique, ont publié des communiqués dénonçant cette arrestation.
Communiqué IRA-France : http://cridem.org/C_Info.php?article=735002 Communiqué IRA-Belgique : http://lauthentic.info/Social/article/MariemMint-Cheikh-militante-de-l-IRA-arretee-a-Nouakchott-La-loi-anti
Au nom de la résistance maure
L’arrestation de Marième Cheikh a suscité la levée de boucliers de certains mouvements naissants qui se veulent les portes-flambeaux de la communauté maure. Certains d’entre eux ont même salué la décision des autorités judiciaires d’arrêter la militante d’IRA, trouvant qu’il « faut stopper l’extrémisme du mouvement IRA par un extrémisme maure ».
Ces mouvements, accusés par les militants d’IRA « d’être la fabrication des Renseignements généraux et des milieux féodaux maures », accusent IRA et le mouvement négro-africain FLAM de vouloir diviser les Mauritaniens sur des bases raciales, tout en attisant les feux d’une confrontation intercommunautaire. Ils accusent Marième Mint Cheikh d’être le fer de lance de cette division raciale, à travers ses postings et ses provocations incessantes contre les « Bidhanes ».
Cette offensive des mouvements de jeunes maures contre les militants d’IRA et des FLAM est née du discours de Birame Dah Abeid à Genève, lorsqu’il a qualifié le pouvoir en Mauritanie d’apartheid. Depuis, « les attaques et les contre-attaques via les réseaux sociaux se sont multipliés entre ses différents camps, créant une atmosphère délétère qui risque d’empoisonner l’air de la cohabitation entre les différentes communautés » selon certains milieux maures dit « modérés ».
Sur youtube (https://www.youtube.com/watch?v=l_gqyjVUeno&fbclid=IwAR3bKmbSLBJMQ_PJD-S0W1cyCQ4iD99_hgIPh6muEr6R3_zrHRat5VRfOTk), Watsapp et Facebook, un groupe dénommé Front de défense des maures (FADDM) commence à diffuser des messages appelant à une confrontation armée avec les autres composantes, certains y traitant les haratines de « bâtards », soutenant que le pouvoir en Mauritanie ne peut être dirigé que par les Maures.
Sur d’autres plateformes, les maures sont également traités de tous les noms d’oiseaux par des jeunes activistes proches d’IRA.
Beaucoup d’observateurs s’étonnent d’ailleurs que leurs auteurs n’aient jamais été inquiétés, alors que certains parmi ceux-ci sont allés plus loin, en créant une carte de ce qu’ils appellent « l’Etat maure » qui englobe le sud de l’Algérie, du Maroc et le Nord du Mali (https://web.facebook.com/photo.php?fbid=664531747453675&set=a.129371750969680&type=3&theater).
La loi sur la discrimination
La Loi 2018-023 du 18 juin 2018 portant incrimination de la discrimination et du discours haineux sous l’aune de laquelle Marième Cheikh serait arrêtée, d’autres évoquant des charges sur la base de la Loi de 2016 sur la Cybercriminalité, a été pourtant dénoncée dès sa publication par toutes les organisations internationales des droits humains, les Nations Unies, Amnesty international et le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD).
Ces organisations reprochent à la loi de 2018 son absence de clarté juridique et une définition qu’elle donne de la discrimination non conforme à la Convention.
Ainsi, l’Etat mauritanien a été interpellé sur cette question par ces organisations qui ont perçu parmi certaines de ses dispositions des incohérences pouvant ouvrir la voie à des interprétations de nature à conduire à des restrictions dans l’exercice de certains droits humains.
Mieux, trois Rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont cosigné et adressé le 24 janvier 2018 une correspondance au gouvernement mauritanien, attirant l’attention sur les risques de bavure et les incohérences de cette loi pouvant conduire, notamment, au musellement des militants abolitionnistes ou autres promoteurs de l’égalité.
Le Gouvernement mauritanien avait réagi en 2018, à la communication conjointe des trois Rapporteurs spéciaux des Nations Unies, se rapportant à la loi relative à l’incrimination de la discrimination, indiquant que pour définir la notion de discrimination, les Rapporteurs ont demandé le recours au Pacte International Relatif aux droits civils et Politiques (PIDCP) ainsi qu’au Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) et à la Convention Internationale pour l’élimination de toutes formes de discrimination raciale, au motif, qu’ils sont supérieurs aux lois dans la hiérarchie des normes et ce, conformément à l’article 80 de la Constitution mauritanienne de 1991.
Le Gouvernement avait souligné que comme pour le droit français dont la Mauritanie s’inspire, dans l’ordre juridique interne, la Constitution mauritanienne a une primauté sur les engagements internationaux et notamment les traités.
En France, cette suprématie a été d’ailleurs affirmée par le Conseil d’Etat dans un « arrêt Sarran » du 30 octobre 1998. Selon cet arrêt, la suprématie des engagements internationaux conférée par l’article 55 de la constitution de 1958 « ne s’applique pas, dans l’ordre interne aux dispositions de nature constitutionnelle ».
En Mauritanie avec l’article 80 de la Constitution comme en France avec les articles 53 et 54 de la Constitution, la primauté de la Constitution sur l’ordre international est à tout point de vue sacralisée.
Il résulte que les engagements internationaux doivent être conformes à la Constitution et faire l’objet d’une ratification. Or la Loi de ratification peut être soumise à un contrôle, lorsqu’un engagement international est contraire à la Constitution.
Or, la Charia constitue un élément référentiel de premier ordre dans la Constitution mauritanienne dont la primauté sur les conventions internationales repose sur un principe de base constitutionnel.
En effet, la Constitution de 1991 dispose, non seulement, dans son préambule que la Charia est la seule source de droit en Mauritanie, mais aussi, respectivement dans ses articles 1 et 5, que la Mauritanie est une République Islamique et l’Islam, religion du Peuple et de l’Etat.
Dans un contexte national, où l’islam est l’unique source de droit et religion du peuple et de l’Etat, vouloir considérer la religion (articles 2 du PIDCP et du PIDESC) comme motif de discrimination prohibé, relèverait de l’impossible, avait répondu le gouvernement mauritanien aux Rapporteurs des Nations Unies
Cheikh Aïdara




