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Affaire Ferralla : les représentants des populations expriment leur refus de l’expropriation de leurs terres
Les représentants des populations de Feralla ont tenu ce matin une conférence de presse au siège du FONADH pour édifier l’opinion publique sur le processus d’expropriation de leur terroir.
Le porte parole des habitants Chérif Bâ a d’emblée campé le décor pour expliquer « Le point de départ de cette nouvelle poussée de fièvre sur les terres de la vallée ». Tout dit-il est parti de la crise politique et sécuritaire des années 1989-1991 « la période probablement la plus sombre de l’histoire de notre pays, au vu de l’ampleur des violations des droits de l’homme commises à l’encontre des populations de la vallée par le pouvoir d’Etat (exécutions extrajudiciaires, déportations massives, purges à grande échelle dans la fonction publique et l’appareil sécuritaire, expropriation des terres de culture et de bétail, humiliations de toutes sortes…) »
Eviter coûte que coûte une réédition des événements de 1989
Ce tableau apocalyptique dressé par Mr Bâ continue à hanter les populations de la vallée, 30 ans plus tard avec la persistance des problèmes du passif humanitaire, de l’enrôlement et l’accaparement des terres, des problèmes qui provoquent les crispations et les replis identitaires.
C’est ainsi souligne-t-il que : « le département de MBagne (Brakna) est aujourd’hui rattrapé par les stigmates de ces années sombres qui virent le pouvoir d’alors exproprier de paisibles paysans qui detenaient depuis l’aube des temps des terres de cultures héritées de leurs ancêtres. »
Aujourd’hui comme hier, ce sont ces terres appartenant aux populations Hébbiyabé et Yirlaabé situées dans la cuvette de Koylal qui sont dans la ligne de mire du pouvoir qui veut les octroyer aux voisins haratines des hameaux de Mbeydiya et Bouchama où se trouvent d’ailleurs les zones de culture de ces Haratines.
Ainsi selon le Porte Parole des populations l’Etat a concocté le plan d’expropriation et : « dissimuler la manœuvre, l’opération fut structurée autour de la création expresse d’une coopérative-colonie dénommée Ibn Khaldoun, la délivrance d’un agrément par l’Etat, et l’aménagement de plusieurs hectares pour le compte des dits Mussafrin (expatriés). »
Et pourtant ces haratines soi disant expatriés du Sénégal en 1989 et qui avaient occupés ces terres de Feralla sous mandat de l’Etat n’avaient occupé les lieux que pendant deux ans.
Mais près de trente ans après les voilà qui refont surface après avoir eu vent du lancement il y a deux ans du projet d’aménagement PARIIS financé par la Banque Mondiale. Et avec le lancement des travaux les populations qui n’ont pas été associées au projet ont vu les buldozers détruire leurs champs en rasant toute la production qui était prête pour la moisson. Depuis le 22 janvier, un mot d’ordre de mobilisation des populations a été lancé pour la récupération des terres spoliées depuis 1989, avec le sit-in organisé à la même date sur les terres de la cuvette de Koylal.
« Le pouvoir tente de créer un conflit entre populations locales et Haratines »
Depuis les dernières manifestations des populations et le passage sur les lieux le 10 mars dernier d’une mission d’experts de la Banque Mondiale, les travaux d’aménagement du projet sont suspendus mais les engins sont toujours sur les lieux.
Les autorités semblent vouloir cautionner l’injustice. En effet toutes les rencontres avec les représentants des populations n’ont pas porté des fruits.
Le blocage est apparu dès la première réunion avec le Hakem le 18 novembre 2019. La réunion s’était soldée par un échec. En effet le Hakem avait laissé entendre que les populations n’auront pas gain de cause. Il a dit à leurs représentants qu’ils iront seuls au front sans les politiciens du département. Et effectivement en dehors du Maire de Niabina Mr Alioune Sarr, aucun politicien appartenant à la zone n’a manifesté son soutien.
Le 3 février dernier, le ministère de l’intérieur a envoyé une délégation à Feralla dirigée par le géographe Wane Birane et proche du ministre. Là non plus aucun résultat tangible à cette réunion à laquelle a pris part le wali du Brakna et le Coordinateur du projet PARIIS.
Pour les représentants des populations il n’y a aucun doute, le pouvoir tente de créer un conflit entre populations locales et Haratines. Selon Mr Bâ : « Nous n’avons pas de problèmes avec nos voisins Haratines. C’est l’Etat qui veut nous opposer à eux ».
Et à en croire Mr Bâ, ces Haratines sont armés jusqu’aux dents par les autorités et ils disposent d’armes de pointe. Le 8 mars dernier ils ont fait une descente sur les lieux à bord de 7 charrettes bondés de monde et certains marchaient à pied. Ils étaient armés sous les yeux des autorités.
Mr Sidi, un représentant des paysans haratines de Dar El Barka a abondé dans le même sens : « La solution au problème est entre les mains de l’Etat. L’Etat veut qu’on s’affronte. Nous n’avons que la terre pour vivre et pour nous la prendre il faut savoir comment s’y prendre. L’Etat ne nous donne rien. Et si il ne même pas vous demander votre avis sur ce qui vous appartient, il ne faut rien attendre de lui. »
Il convient de souligner que le projet PARIIS profitera à 160 familles parachutées de l’extérieur.
Notons que cette conférence de presse s’est tenue en présence des représentants des partis politiques, de la société civile ainsi que des députés de l’Assemblée nationale.
Bakari Guèye
Le ministère des affaires étrangères se félicite de la nomination du diplomate mauritanien el-ghassim wane à la tête de la minusma
Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur a salué, mardi, la nomination de notre compatriote, le diplomate El-Ghassim Wane à la tête de la mission des Nations unies au Mali (Minusma), dans un communiqué de presse parvenu à l’AMI.
Dans le texte, le ministère souligne l’intérêt capital qu’accorde le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à la nomination des cadres mauritaniens compétents aux postes régionaux et internationaux.
Voici le texte du communiqué:
« Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur a appris avec une grande satisfaction la nomination du diplomate mauritanien, El-Ghassim Wane à la tête de la mission des Nations unies au Mali (Minusma).
Il saisit cette occasion pour mettre en relief le grand intérêt que le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouan attache au choix des cadres mauritaniens compétents pour occuper des postes régionaux et internationaux.
Le ministère rappelle les hautes qualités personnelles et le professionnalisme avéré qu’incarne M. El-Ghassim Wane.
Il salue, également, le rendement remarquable de son prédécesseur, SEM. Mahamat Saleh Annadif, et souhaite à tous les deux plein succès dans leurs nouvelles fonctions.
Le diplomate onusien El-Ghassim Wane avait occupé des postes internationaux. Il était à l’UA de 2009 à 2015 et puis de 2017 à 2019. Et à la section du maintien de la paix à l’ONU entre 2016-2017 ».
Source : Agence Mauritanienne d’Information (AMI)
M’bagne : les cultivateurs de Hebiyabé-Ferralla dénoncent un accaparement déguisé de leurs terres
Dans le cadre de la politique de réhabilitation des périmètres rizicoles du pays mené par le gouvernement mauritanien via le projet PARIIS, l’Etat a entrepris des travaux de réhabilitation du périmètre rizicole”Ibn Khaldoum” aménagé depuis 1989 au profit des rapatriés mauritaniens du Sénégal. Ce périmètre est localisé carré Ferralla, Dawalel MBagne et Bagodin. Il se situe exactement dans la cuvette dénommé Coylol Bilol qui s’étend sur des milliers d’hectares et permet à des centaines de milliers de cultivateurs traditionnels de (sur)vivre. Agriculteurs qui l’exploitent depuis des siècles. Grâce à un financement de la Banque Mondiale en partenariat avec l’Etat mauritanien d’un montant total de plus de 35 millions de dollars, ce projet a pu voir le jour. Il entre dans le cadre des activités du projet intitulé PARIIS (Projet d’appui à l’Initiative pour l’Irrigation au Sahel).
L’Etat a, en effet, entrepris les travaux sans avoir associé les principaux exploitants traditionnels de la cuvette de Coylol Bilol. Une cuvette qui reste le sein nourricier des milliers de paysans très pauvres des localités des communautés Hebiyaabe des localités de Feralla, Mbahe, Bagodine, Belelgawde, Boubou Awdi, Marana, Woloum Atar, Dawalel et Roufi Awdi relevant du département de Mbagne.
L’entreprise “NAJED”,qui a gagné le marché, a entrepris des travaux d’extension du vieux périmètre sans se concerter avec les exploitants. Dans la cuvette de Coylol Bilol où des cultures s’étendent à perte de vue, les engins agricoles de l’entreprise “NAJED” chargée de réaliser le travail d’aménagement ont failli arracher toutes les cultures de mil plantées dans la cuvette, selon plusieurs paysans contactés. N’eut été la menace des paysans d’organiser un sit-in sur place, “NAJED” aurait causé le pire en détruisant ces céréales nutritives. Heureusement le projet PARIIS s’est ravisé à la dernière minute.
Quant a l’autorité administrative (Hakem), elle a plutôt usé de menaces. L’utilisation du bâton contre ces pauvres paysans en lieu et place de la discussion avec les milliers de producteurs ou leurs représentants. Si les travaux d’aménagement continuent sans concertation avec les paysans, le cours d’eau Hounouko Diirol qui inonde la cuvette ne pourra plus injecter de l’eau dans la cuvette. Et bonjour les dégâts.
Des milliers de cultivateurs traditionnels vont grossir les rangs des chômeurs et accentuer l’exode rural. Nos autorités ont visiblement la mémoire courte. Ils n’ont pas encore tiré les leçons de la mort d’Abbass Diallo (Dabbano) ni des évènements de Darel Barka (Boghé) l’année dernière.
Les bénéficiaires directs du projet, à en croire un document qui porte la signature de PARIIS, sont au nombre de 10.300 ménages soit environ 61.800 personnes dont 42% de femmes. L’intensité des cultures de décrue est de 100%, peut-on lire dans le rapport de PARIIS.
10.300 ménages soit environ 61.800 personnes dont 42% de femmes vont bénéficier à terme des effets positifs du projet. Une grande partie de cette population paysanne risque d’aller en chômage si les choses se poursuivent.
Au lieu de favoriser les cultures de décrue, desquelles dépendent de centaines de milliers de paysans pauvres sans aucune source de revenu, il s’évertue à étouffer les agriculteurs traditionnels. Ça s’appelle l’utilisation de l’argent des bailleurs de fonds contre les pauvres, non ! Le silence du bailleur, la Banque Mondiale intrigue quelque peu, en plus.
Brahim Ely Salem
Santé : Trois décès à cause d’une fièvre hémorragique
Le gouvernement mauritanien a annoncé ce lundi 28 septembre le décès de trois personnes atteintes de la fièvre hémorragique communément appelée fièvre du Rift dont cinq cas ont été enregistrés au Tagant et dans l’Assaba. Le gouvernement note aussi des atteintes d’animaux par cette fièvre dans cinq wilayas du pays. Dans un communiqué conjoint, les ministères de la santé et du développement rural ont confirmé qu’il a été diagnostiqué des cas de contamination d’animaux dans les wilayas du Tagant, de l’Assaba, du Hodh El Gharbi, du Brakna et du Trarza. Selon le communiqué, les responsables de ces deux départements ont déclaré que dès l’apparition des premiers cas, des mesures de riposte contre cette maladie ont été entreprises. Dans leur communiqué, les deux ministères ont conseillé un certain nombre de mesures dont le chauffage du lait frais avant sa consommation, une très bonne cuisson de la viande, la séparation des animaux des lieux d’habitation, le lavage des mains avec de l’eau et du savon après contact des animaux, l’incinération des cadavres de bêtes mortes de cette maladie et dormir sous des moustiquaires imprégnées. Les deux ministères ont aussi demandé aux éleveurs de limiter la circulation de leurs troupeaux entre les wilayas et de signaler en urgence tout cas suspect de fièvre ou d’hémorragie aux centres médicaux les plus proches.
le calame
Relance économique : Un mauvais plan pour un bon ministre. Par Pr ELY Mustapha
Pr ELY Mustapha – Je ne sais si le peuple mauritanien est devenu autiste ou si ses dirigeants le prennent pour un faible d’esprit. Ce qui est certain, c’est que le peuple est totalement déconnecté de ses dirigeants, et ils agissent comme s’ils avaient un peuple sous tutelle.
Un peuple immature, pour lequel on décide comme on le ferait pour un mineur ou un déficient mental. Il est vrai que le niveau éducatif des masses a été maintenu depuis des décennies à un niveau qui rivalise avec celui de la mer. Les vrais sujets qui intéressent son devenir et l’avenir de générations entières, ne sont pas de son ressort.
On décide pour lui, on exécute et on le réduit aux limbes de la misère et de la pauvreté, et on envoie ses dirigeants « fautifs » sur les bancs des tribunaux pour corruption, pour blanchir ceux qui sont au pouvoir…Et puis aux prochaines élections le cycle des règlements de compte recommence et le peuple béat se fait encore avoir.
Il en est ainsi de ce plan de relance que le régime en place veut lancer et qu’il a déjà inauguré par un marché public, dont l’étude en déjà cours, de 10 échangeurs routiers pour Nouakchott !!! De l’inconséquence ou de l’inconscience !
Un peuple qui souffre de maladies, de malnutrition, d’absence d’infrastructures de base et de services domestiques élémentaire (eau potable, électricité…), dont l’habitat est inondé par les eaux sales usées et les immondices faute d’infrastructures sanitaires et le premier projet de la relance, c’est de lui construire 10 échangeurs routiers !
Alors, comme on l’a démontré dans un article précédent, que le parc automobile mauritanien est saturé dans l’anarchie et les véhicules hors d’usage et qu’il fallait commencer par assainir un secteur du transport catastrophique, pourri et suicidaire (voir l’article : « Infrastructure routière suicidaire : Entre ponts et carcasses. » ht1tp://www.cridem.org/C_Info.php?article=740114 ) !
Ceci n’est qu’un exemple de l’omnipotence de nos gouvernants, qui décident sans consulter, sans organiser la moindre consultation publique des bénéficiaires. Ils décident, empruntent, endettent le peuple et les générations futures et investissent avec les médiocres résultats que l’on connait et les conséquences catastrophiques que l’on met, aujourd’hui, sur le dos de dizaines de ministres, et autres sous-fifres de mandats présidentiels précédents que l’on envoie devant les tribunaux et c’est le peuple qui trinque !
271 milliards d’ouguiyas, pour le plan de relance économique. 271 milliards qui iront certainement en projets mal faits, en investissements improductifs, en marchés publics véreux et en résultats qui laisseront encore à désirer.
Pourquoi tout cela ?
I- Les causes de cette situation : les vecteurs de l’échec
1. Le peuple n’est consulté sur rien.
On utilise ses ressources et on réalise pour lui ce qu’il n’a jamais désiré. Et aucune consultation populaire même restreinte n’a été faite pour le plan de relance. Aucun forum, aucun sondage, aucune enquête auprès des bénéficiaires (exemple les Nouakchottois, sur les 10 échangeurs qui vont « dévorer » des milliards d’ouguiyas).
On ne consulte que les étrangers, les bailleurs de fonds notamment. On leur expose les projets et on obtient leur assentiment et on exécute. Ainsi le ministre des affaires économiques et de la promotion des secteurs productifs, Ousmane Kane, a exposé au palais des congrès de Nouakchott devant les partenaires techniques et financiers de la Mauritanie, le programme prioritaire élargi du président mauritanien Mohamed O. Cheikh Ghazouani, programme appelé « plan de relance économique » post coronavirus.
Cet exposé a été fait par le ministre devant les ambassadeurs, les membres des missions diplomatiques, les représentants des partenaires techniques et financiers, en plus du secteur privé. Et voilà la boucle est bouclée. Un peuple ignoré jusque dans ce qui le concerne !
2. Aucun modèle de développement
La Mauritanie ne suit aucun Modèle de développement, elle n’a même pas de plan de développement économique et social. Elle navigue à vue, avec des ressources non renouvelables et ne bâtit rien pour l’avenir.
Ne demandez surtout pas aux autorités publiques quel est leur modèle de développement, elles n’en ont pas. L’horizon de l’administration publique se limite à gérer le quotidien, à vivre avec les moyens du bord, légalement ou illégalement. L’horizon de ceux qui la dirigent ne va plus loin que la volonté de s’incruster là où ils se trouvent et continuer à perpétuer la médiocrité et la servilité à celui qui détient le pouvoir.
En effet, tout modèle suppose d’abord une volonté politique de le définir et de le mettre en œuvre à travers l’appareil de l’Etat. Ensuite ce modèle doit refléter une vision de société permettant de bâtir son avenir économique et social (réfléchi, concerté avec le peuple comme mentionné plus haut). Voir à ce propos mon article sur « La vision confisquée. » http://cridem.org/C_Info.php?article=738890 )
Or ni la première condition ni la seconde n’est remplie. Ni celui qui dirige actuellement le pays, ni ceux qui le soutienne ou le conseillent n’ont une vision pour le pays.
Quant à la seconde condition, elle entre dans la même perspective. L’administration publique minée par l’incompétence, le favoritisme et l’esprit de clans, subsistant sur des moyens dérisoires, affiche une incompétence notoire et de ce fait ne peut servir un quelconque modèle de développement.
Pas de vision économique eu sommet de l’Etat, pas d’administration viable, ni de structures techniques existantes, la Mauritanie végétera longtemps dans le sous-développement et il est probable qu’elle n’en sortira pas.
3. Des plans inutiles qui se perpétuent
Qui se souvient encore du plan de redressement économique et financier (PREF), du Plan de consolidation et de relance (PCR) qui asseyaient déjà la philosophie des Plans d’investissements publics (PIP) et la grande saga des cadres de lutte contre la pauvreté (CSLP), des Cadres des dépenses budgétaires à moyen termes (CDMT)et autres Budget consolidés d’investissement (BCI) etc. etc.
Qu’ont apporté ces plans au développement à la Mauritanie qui ont couvert des décennies de mauvaise gestion et de gabegie? Et pourtant ils ont été exécutés en temps de paix, avec des résultats catastrophiques que dire alors d’UN plan de relance qui s’exécute en période de crise ?
En effet, ce plan est un énième plan de relance économique et le pays est encore plus misérable. Mais où va-t-il donc se « caler » ce plan de relance de 241 Milliards ?
Dans la fameuse « Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) », adoptée par le conseil des ministres du 17 septembre 2015 et dont les gouvernements successifs ont fait tout un plat-programme ? SCAPP, qui ont l’ a bien démontrée n’ a été qu’une « Stratégie de Concussion accélérée et de Pillage public « (voir mon article « Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) ou « Stratégie de concussion accélérée et de Pillage public (SCAPP) » – http://cridem.org/C_Info.php?article=685056 )
Où va-t-il se développer, par rapport à La SCAPP qui est présentée comme le « nouveau référentiel sur lequel le gouvernement va bâtir la politique de développement pour la période 2016/2030, sur la base des Objectifs de Développement Durables (ODD), adoptés par l’Assemblée Générale des Nations Unies (ONU) en septembre 2016, et de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (UA). » ?
En effet, Combien de programmes ont été élaborés pour la relance et le pays fait toujours du surplace ?
Tous ces plans de stratégie et de relance ne sont que des cadres stratégiques servant à justifier la dépense. Sinon qu’est-il advenu du développement promis depuis l’instauration de ces plans depuis une quarantaine d’années ?
Le déficit budgétaire s’est-il résorbé ? Nos entreprises sont-elles devenues plus compétitives ? Notre tissu industriel est-il devenu une référence ? Nos infrastructures portuaire et routière sont-elles un exemple du genre ? Notre balance des paiements est plus que jamais déficitaires et l’endettement s’accroît vertigineusement. Le chômage est plus qu’inquiétant et le pouvoir d’achat des citoyens rivalise avec le niveau de la mer. Le niveau de vie du citoyen baisse suite à la contraction du patrimoine national… la pauvreté est quotidienne.
Et l’on croit au succès d’un énième plan de relance dans le cadre du programme « mes priorités » de Ghazouani. Et cela en exécutant en 30 mois (2020-2022) un plan engageant une enveloppe financière de 24,2 milliards de nouvelles ouguiyas, ce qui représente 8,5% du PIB ! Afin de créer les conditions appropriées pour un décollage économique durable, global et innovant !
On fera en 30 mois ce que tous les plans mauritaniens, en 30 ans et plus, depuis 1985 avec le PREF (Plan de redressement économique et financier) et autres planifications et stratégies, n’ont pu réaliser.
4. Une administration publique notoirement incompétente
Le premier promoteur des projets publics est bien l’administration publique. De son initialisation, à sa clôture en passant par son suivi-évaluation, l’administration est le moteur de ce processus et elle est la garante de sa bonne exécution de ses finalités et de ses résultats. Or lorsque l’administration publique est carente, quel plan de relance sera alors crédible ?
Lorsque cette administration est incapable de prendre en charge ce plan de relance, quels résultats va-t-on, escompter?
Lorsque cette administration est minée par la corruption, la médiocrité de ses cadres, par l’absence de compétences, quel plan de relance va-t-il réussir ?
Lorsque tout projet est considéré comme un « gâteau » que chaque composante attend pour en recevoir une tranche, de quel plan de relance parle-t-on ?
Que ce soit des projets publics exécutés en régie, ou en concession de service public ou par des opérateurs privés, leur chance de réussite est hypothéquée par l’administration publique elle-même qui de l’attribution du marché public à sa réception en passant par son suivi et exécution est le maillon faible et le danger dans tout investissement public. Or le plan de relance économique, n’est qu’une somme d’investissements.
II – Les conditions de viabilité d’un plan de relance économique
1. Inscrire le plan de relance dans une vision stratégique de développement
Un discours électoral sur lequel s’est bâti un ensemble d’engagements vagues appelés « mes priorités », dussent-ils être sincères d’un président de la République ne constituent nullement une vision de développement.
La vision est celle qui va guider et fédérer tout l’élan d’un pays, à travers ses forces créatrices, ses forces inventives et ses forces productives autour d’une esquisse d’un avenir commun, d’une représentation politique engagée qui pilote avec assurance et clairvoyance les étapes de la vie d’une nation.
Une telle vision, claire, partagée rationnelle attrayante pour tout un peuple, associé à sa réalisation, créant le sentiment d’engagement qui fait de l’impossible, le possible. Cette vision-là n’existe pas aujourd’hui. Il n’existe que des programmes politiques qui tous se ressemblent et sur lesquels des élus interchangeables s’engagent, le temps d’une campagne électorale.
La vision est celle du visionnaire, celui qui y croit, qui la traduit en discours charismatique, et qui par-dessus tout y met l’espoir possible face aux défis de l’incertain. Il y voit un chemin qui mène vers un but traduit en modèle de développement, viable, accepté, compris et partagé. (voir à ce propos mon article : « La vision confisquée » http://www.cridem.org/C_Info.php?article=738890 ).
2. Inscrire le plan de relance dans une concertation stratégique nationale
Un discours électoral d’un élu, n’est pas un engagement du peuple, notamment quand il s’agit de traduire « ses promesses » dans les faits à travers des réalisations économiques.
Il faudrait que le peuple soit consulté globalement pour les mesures impactant toute la nation (grands projets nationaux) et partiellement pour les mesures impactant des groupes, des catégories, des zones urbaines, rurales etc. Le cas récent de contestations locales contre l’attribution des terres paysannes dans le Guidimaka, à des multinationales étrangères est un exemple de l’ignorance dans laquelle est maintenu le citoyen par l’Etat.
Hélas, ces concertations ne sont à la mode que le temps de gagner des élections ou d’asseoir un pouvoir putschiste. Tel est le cas des « journées de concertation » durant la période de transition suite au coup d’Etat de 2005. Des journées de concertation qui n’ont été que de la poudre aux yeux qui ont endormis les masses et permis aux militaires d’asseoir leur régime, jusqu’à nos jours.
La Mauritanie est aujourd’hui endettée à 93% de son PIB et elle veut engager une relance économique sur laquelle aucun citoyen, ni ordres professionnels, ni groupements civils, ni associations n’ont été consultés.
Et c’est cela qui présage déjà de l’échec de cette relance économique, qui prend sa source dans une volonté unilatérale et qui fera certainement faillite. Car sans la participation et l’adhésion des concernés, les masses, le peuple, les bénéficiaires, de tels investissements qui seront engagés lourdement dans cette relance ressemblent en tous points, à l’investissement d’un patrimoine personnel d’une personne physique qui en décide comme elle l’entend et moins du patrimoine d’un peuple qui doit en décider à travers sa consultation.
Ainsi une consultation nationale sur les « 10 échangeurs routiers de Nouakchott » qui vont absorber des milliards, était obligatoire pour en déduire, son intérêt, son impact et surtout sa priorité par rapport à d’autres préoccupation des citoyens (exemple eau, électricité, santé, scolarité, sécurité etc..).
Tant que l’unilatéralité préside à l’investissement public en Mauritanie on continuera à investir dans des projets inutiles, qui ne servent que la corruption et la gabegie.
3. Assainir l’administration publique, mettre à niveau et recruter les compétences.
Ce programme de centaines de milliards d’ouguiyas, sera mis en exécution par une administration publique quasi-incompétente, qui est à l’origine de tous les affres du sous-développement que vit le pays. Le détournement des projets, des moyens financiers, des ressources de toutes natures sont la peste qui gangrène le pays.
La mauvaise gestion, l’absence de compétences fait que l’administration publique mauritanienne, est le boulet qui empêche la réalisation effective et la réussite de tout projet. Seuls 20 % du personnel public réalise son travail .70 % du personnel sont absents des lieux de travail et se présentent par intermittence
Au moins 80 % des fonctionnaires publics mauritaniens, n’ont pas de diplômes correspondant à l’emploi qu’ils occupent. La moitié des fonctionnaires publics ont de faux diplômes et des diplômes de complaisance. Le quart du Personnel Non Permanent (PNP) occupe des fonctions auquel il n’a pas droit, mais uniquement pour augmenter son salaire.
Un grand nombre de fonctionnaires de la Fonction publique ont acquis et fait valoir pour leur promotion des certificats professionnels fictifs délivrés par des centres de formation professionnels véreux. 80 % du personnel de la fonction publique mauritanienne, n’ont jamais reçu de formation continue ou de mise à niveau.
60% des fonctionnaires, ne connaissent même pas leurs champs de compétences et ce pour quoi ils ont été recrutés. Des centaines de postes ont été pourvus par complaisance et ceux et celles qui les occupent, n’ont jamais posé pied dans leurs services. Des milliers de postes techniques vitaux, de haute importance, sont occupés par des non-techniciens. Et très rares sont les fonctions qui correspondent aux profils métiers et aux compétences requises .
Et 100 % du personnel de la fonction publique sont recrutés sans recours à aucun référentiel métiers et compétences officiel.
Les inspections départementales des ministères sont inopérantes, souvent incompétentes et ne réalisent pas leurs missions.
Ainsi au vu de ces carences, si l’on devait ramener la productivité de l’administration publique mauritanienne à ses effectifs, sa contribution au PIB aux couts des facteurs est, depuis des décennies, inférieure à 7 % ! Alors que cette administration absorbe pour son fonctionnement plus de 54 % du total des dépenses budgétaires de l’État en 2020 (60 990 771 776 MRU)
Et c’est à travers cette administration-là qui doit prendre en charge le plan de relance économique. Certes l’actuel ministre de l’économie, s’exécutera, et plein de bonne volonté, le prendra à bras le corps, mais c’est un combat perdu d’avance.
En effet, si le plan mobilise des ressources importantes, il est mal desservi par les moyens humains, administratifs et techniques qui doivent le sous-tendre de bout en bout, de son initiation à sa clôture.
Un véritable plan de relance aurait dû d’abord commencer par poser les jalons de sa réussite qui sont :
– La consultation nationale, pour induire l’adhésion et la participation à son exécution
– La consultation des bénéficiaires pour déterminer les priorités d’investissement
– Le recrutement des compétences pour la mise en œuvre et l’exécution des projets
– La mise à niveau de l’administration gestionnaire pour l’encadrement économique et financier des projets.
– L’édiction d’un cadre juridique spécifique d’exécution et de responsabilisation des gestionnaires de ce plan.
– Edicter et publier pour le peuple les canevas d’exécution (programmes, objectifs, moyens) et les délais de réalisation pour les projets autonomes et les projets agrégés.
Rien de tout cela n’a été fait, et ce plan de relance ressemble étrangement à un plan « B », de l’imprévu, de l’inattendu, du bricolage dont l’objectif ultime est d’investir pour investir et sera un échec cuisant, comme tous les autres plans qui l’ont précédé l’ont montré.
Dans ce contexte et quels que soient les objectifs assignés à ce plan de relance (« limitation de la pauvreté et de l’extrême pauvreté, l’amélioration des infrastructures sociales, économiques essentielles etc. »), si les conditions précitées ne sont pas remplies, sa viabilité est sérieusement mise en doute.
Et dans cet environnement, d’ignorance des priorités du peuple, d’incompétence institutionnelle et administrative, de corruption et de mauvaise gestion caractérisées, qu’elle que soit la volonté du ministre en charge de ce plan de relance économique, sa bonne foi et sa compétence, ce plan ira rejoindre les échecs de plans parachutés et autocentrés sur la seule volonté du pouvoir politique. Sans vision d’avenir partagée, sans lendemains.
Et tout comme une hirondelle, dans un ciel bleu, ne fait pas le printemps, un polytechnicien, dans un Etat carent, ne fait pas les compétents.
Pr ELY Mustapha
cridem




