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Ghazouani : voici le livre des morts. Pr ELY Mustapha

Pr. ELY Mustapha — A la mémoire de ceux qu’on enterre aujourd’hui, encore, sur la route de Boutilimit et sur celles à l’asphalte sanguinolent de Mauritanie.
Ghazouani, Voici le livre des morts. Un livre blanc comme le linceul des victimes que l’on enterre encore aujourd’hui sur le routes de Mauritanie.
Non, c’est n’est pas une métaphore littéraire, mais une réalité brutale : 1 158 Mauritaniens tués sur les routes en une seule année selon l’OMS. Derrière chaque chiffre, une tombe, une famille brisée, un pays amputé de ses forces vives. Ce n’est plus une urgence nationale, c’est une hémorragie.
Le Livre Blanc sur les morts de la route en Mauritanie que nous t’adressons aujourd’hui est un réquisitoire rigoureux et implacable. Un document qui ne se contente pas de déplorer : il démontre, il accuse, il exige. Et il te regarde, Monsieur le Président, en tant que premier responsable du destin national.
Une tragédie nationale documentée
Les routes mauritaniennes ne sont plus des voies de circulation : ce sont des pièges mortels. Le taux de mortalité routière atteint 31,87 pour 100 000 habitants, l’un des plus élevés au monde. L’axe Nouadhibou-Nouakchott porte un surnom glaçant : « la voie rapide vers la mort ». Chaque jour, des dizaines d’accidents — dus à l’excès de vitesse, à des véhicules vétustes, à des routes criblées de nids-de-poule, à l’absence de signalisation — fauchent des vies. Et pourtant, le silence administratif persiste.
Des responsabilités établies, des fautes révélées
Ce livre blanc n’épargne aucune institution. Il établit de manière limpide :
• La faute de l’État dans le non-entretien des routes.
• La responsabilité civile et pénale des ministères de l’Équipement, de la Santé, de l’Intérieur et de leurs services.
• La négligence des assureurs, qui refusent d’indemniser les victimes ou retardent les paiements.
• La corruption endémique qui gangrène les contrôles techniques, les permis de conduire, et les radars inefficaces.
• Le sous-financement organisé de la sécurité routière : des millions pour les frais de réception et les cérémonies, des miettes pour les ambulances.
Ce n’est pas un rapport, c’est un acte d’accusation
À travers l’analyse budgétaire, juridique, technique et morale, ce document démontre que ces morts ne sont pas une fatalité. Elles sont le fruit de décisions, d’omissions, de complicités. Elles sont donc des crimes sans nom mais avec responsables.
Il rappelle que le droit mauritanien, la charia islamique et le droit international convergent : protéger la vie est un devoir impérieux. Ne pas le faire, c’est fauter, c’est trahir.
Ghazouani, en tant que responsable, tu n’as plus d’excuse
Tu as entre les mains la preuve. La preuve du massacre. La preuve de l’inaction. La preuve de la possibilité d’agir.
Les recommandations sont claires :
• Goudronner, entretenir, signaler.
• Former les conducteurs, sanctionner les fautes, lutter contre la corruption.
• Doter les hôpitaux, équiper les ambulances, responsabiliser les policiers.
• Introduire des systèmes numériques transparents, moderniser la gestion du transport.
L’histoire retiendra
L’histoire retiendra que sous ton mandat, une route pouvait être plus meurtrière qu’une guerre. Mais elle peut aussi retenir que vous avez agi.
Alors ce n’est plus le temps des slogans, mais celui du sursaut. Œuvre à laisser derrière toi non pas un cortège de deuils, mais un héritage de sécurité, de dignité, de responsabilité. Monsieur le Président, voici le livre des morts.
Pr ELY Mustapha
Pour télécharger le livre blanc:
https://drive.google.com/file/d/1PbeJpF1FnKDPPY3A_brSNY9KX0wMWvkY/view
Pour écouter le podcast sur ce livre:
https://youtu.be/6Ji1X6MXWzs
COMMUNIQUE DE PRESSE
Réunis en Assemblée générale plénière de restitution des travaux de la Commission technique, le 13 juillet 2025 au siège de l’UFP, nous, partis et courants politiques de l’opposition démocratique avons appris avec consternation l’intervention insolite des autorités mauritaniennes auprès du ministère de l’Intérieur du Sénégal à l’encontre des Présidents Biram Dah Ould Abeid et Samba Thiam.
L’opposition démocratique exprime son indignation face à ce qui apparaît comme un acte de provocation inacceptable, contraire à l’appel au Dialogue lancé par le Président de la République et à la nécessité d’un apaisement de la scène politique sur la base du respect des droits et libertés des citoyens ainsi que de l’Etat de droit.
Les partis d’opposition démocratique mauritaniens réaffirment leur solidarité avec les leaders politiques concernés, tout en exhortant les autorités des pays frères de ne pas céder aux manœuvres visant à ternir l’image de marque des opposants pacifiques, respectueux de l’hospitalité des pays frères.
Nouakchott le 13 juillet 2025
Les partis et mouvements de l’opposition démocratique
Quand le régime se plaint de Samba Thiam… au Sénégal !
Avec le système raciste, on atteint le summum de la bêtise : voilà qu’on va jusqu’à se plaindre auprès des autorités sénégalaises contre Samba Thiam, un citoyen mauritanien… qui vit en Mauritanie. Cette démarche, aussi absurde qu’inquiétante, révèle l’affolement grandissant d’un pouvoir aux abois, incapable de contenir les voix dissidentes, encore moins de répondre aux exigences de justice, d’égalité et de vérité.
Samba Thiam, militant historique des droits humains, voix respectable d’une opposition pacifique et intellectuelle, est devenu l’une des cibles préférées d’un régime qui redoute plus que tout la pensée libre, surtout quand elle émane d’un cadre noir-mauritanien. Le fait d’aller solliciter une médiation ou une mise sous pression des autorités sénégalaises, dans un dossier qui relève exclusivement de la souveraineté mauritanienne, traduit une double dérive : l’internationalisation abusive d’un contentieux interne et l’infantilisation des institutions mauritaniennes, qui se montrent incapables d’assumer un dialogue interne dans la dignité.
Cette manœuvre est d’autant plus grotesque que Samba Thiam ne vit ni en exil ni dans la clandestinité. Il s’exprime publiquement, circule librement, milite dans le cadre d’un parti légal — même s’il n’est pas reconnu par le régime, ce qui est en soi un scandale. Cela en dit long sur le niveau de panique qui règne au sommet de l’État, où toute parole non alignée est perçue comme une menace existentielle.
Mais ce recours à l’ingérence étrangère dans la gestion des voix contestataires n’est pas nouveau. Il illustre une stratégie bien connue des régimes autoritaires : délégitimer l’opposition en la présentant comme étrangère, manipulée ou déloyale, tout en cherchant à l’isoler diplomatiquement. Or, cette stratégie s’effrite, car l’opinion publique — en Mauritanie comme ailleurs — commence à voir clair dans ce jeu de diversion.
Le vrai problème n’est pas Samba Thiam. Le vrai problème, c’est ce pouvoir incapable de se réformer, de dialoguer sincèrement, de reconnaître les crimes du passé, de respecter les langues nationales et de garantir l’inclusion de toutes les composantes du pays. C’est ce système, profondément raciste et excluant, qui préfère s’acharner sur les symboles de la résistance pacifique plutôt que d’affronter les vérités qu’ils portent.
Quand un régime se met à redouter les mots plus que les armes, les idées plus que les intrigues, c’est qu’il touche les limites de sa propre légitimité.
Samba Thiam n’est pas un danger pour la Mauritanie. Il est au contraire un repère pour tous ceux qui croient en une nation juste, plurielle et réconciliée. C’est ce rêve-là que le système veut étouffer. Mais il est déjà trop tard…..Wetov
SY Mamadou
Source page facebook
Administration tribale et diversité en question : le cri d’alerte d’Al Housseine Ba
Dans une publication virulente sur Facebook, Al Housseine Ba dénonce la dérive tribaliste de l’administration mauritanienne et appelle l’opposition à aborder les questions de diversité et d’unité nationale dans le dialogue politique.
Dans une récente publication sur Facebook, l’activiste et intellectuel Al Housseine Ba dénonce ce qu’il qualifie de dérive tribale de l’administration mauritanienne. Il interpelle également l’opposition sur la nécessité d’aborder en profondeur les questions de diversité et d’unité nationale dans le cadre du dialogue politique en cours.
Nouakchott – Dans un message direct publié sur les réseaux sociaux, Al Housseine Ba n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive inquiétante de l’État mauritanien vers une administration dominée par les logiques tribales.
« Chazo n’est venu que pour accomplir la mission des autres : créer une administration tribale », écrit-il en référence au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, souvent surnommé « Chazo ». L’auteur accuse le pouvoir en place de renforcer une organisation étatique basée sur les appartenances claniques, au détriment d’une représentation équitable et nationale.
Selon lui, le pays, pourtant officiellement multiethnique, voit son administration se transformer en un système familial et tribal fermé, où les principes de diversité et de méritocratie semblent s’effacer. « Où est l’unité nationale dont parlent les hypocrites ? Où est la diversité ? », interroge-t-il avec virulence.
Ce coup de gueule intervient alors que la classe politique mauritanienne est engagée dans un processus de dialogue, censé apaiser les tensions et poser les bases d’un consensus national. Al Housseine Ba en appelle aux partis d’opposition, les exhortant à aborder « toutes ces questions majeures » dans les négociations en cours, et notamment celles liées à la représentativité, à l’égalité d’accès aux fonctions publiques et à la reconnaissance de la diversité culturelle du pays.
L’intervention de Ba illustre un malaise croissant chez une frange de la population mauritanienne, qui voit dans la concentration du pouvoir et des postes administratifs au sein de certains groupes une menace pour la cohésion nationale.
Un débat relancé sur la nature de l’État
Cette sortie vient raviver le débat, souvent évité, sur les fondements sociaux de l’État mauritanien. Si les Constitutions successives affirment l’unité et la diversité du pays, les critiques sur la tribalisation de l’administration ne sont pas nouvelles. Plusieurs observateurs, nationaux et internationaux, ont déjà souligné les risques d’un tel déséquilibre en matière de gouvernance et de justice sociale.
Vers un dialogue plus inclusif ?
Reste à savoir si les revendications exprimées par des voix comme celle de Ba trouveront un écho dans le cadre des discussions politiques actuelles. Les observateurs attendent des actes forts en matière de réformes structurelles et de promotion de la diversité. L’inclusivité du dialogue, la transparence du processus et la volonté réelle de rompre avec certaines pratiques anciennes seront des indicateurs majeurs du sérieux de l’engagement politique en Mauritanie.
Rédaction Rapide info
« L’arabisation comme instrument de domination : une lecture critique de l’héritage Daddah »
« L’arabisation comme instrument de domination : une lecture critique de l’héritage Daddah »
1. Moctar Ould Daddah : père de l’indépendance ou architecte de la domination beïdane ?
Dès ses mémoires Contre vents et marées, Daddah décrit un enseignement français qui favorisait les jeunes du Sud, marginalisant les arabophones :
« …les jeunes hassānophones, n’accédant pas à l’école moderne…, ne purent fournir en nombre suffisant les fonctionnaires subalternes dont l’administration française avait besoin. […] Lors de notre accession à l’indépendance, ce déséquilibre culturel… apparut insupportable aux arabophones… Pour ma part, je n’ai pas attendu l’accession à l’indépendance… pour penser que cette réhabilitation était inéluctable. »
Sa position est claire : l’arabe devait être réhabilité en priorité, comblant un déficit culturel créé par le colonialisme. Ce choix servit cependant un projet politique ciblé, favorisant une élite beïdane.
2. L’arabe comme langue identitaire et de civilisation
Daddah insiste sur le rôle symbolique et politique de l’arabe :
« L’arabe constitue l’essence identitaire de la Mauritanie, […] c’est notre langue de civilisation. Il s’agit d’un instrument de cohésion nationale, tandis que le français reste une langue utilitaire… »
Selon lui, l’arabe devait redevenir la langue dominante, non seulement fonctionnelle, mais identitaire, mettant ainsi en place un pilier linguistique de pouvoir.
3. Arabisation = stratagème de pouvoir beïdan
L’arabisation n’était pas un hasard historique : elle répondait à un dessein politique précis. En écartant les langues africaines (Pulaar, Soninké, Wolof, ainsi que les Haratines) de l’administration et de l’école, Daddah a constitué une machinerie hégémonique. L’arabe devint un filtre dans les concours, l’éducation, les recrutements — garantissant la suprématie culturelle de l’élite beïdane.
Aujourd’hui encore, le régime de Ghazouani poursuit ce modèle : les textes officiels sont désormais exclusivement en arabe, renforçant la dépendance des populations non arabophones. Une dynamique permanente d’institutionnalisation et de confiscation identitaire.
4. Une uniformisation identitaire dangereuse
Empêcher les langues africaines d’accéder aux écoles et forums publics, c’est nier la pluralité historique de la Mauritanie : un pont entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabe. L’arabisation exclusive ne construit pas l’unité ; elle impose un repli identitaire, occultant l’apport civilisationnel africain.
Cet effacement, ou cette “soudanisation”, fragilise la cité : la diversité n’est ni un obstacle ni un luxe, mais une ressource pour un vivre-ensemble équilibré.
5. Le français comme rempart d’inclusion
En Inde , où l’anglais a été maintenu comme langue du savoir afin d’empêcher l’hindisation culturelle exclusive. De même, officialiser le français, aux côtés de l’arabe, offre une voie de résistance à l’uniformisation. Ce n’est pas la négation de l’arabe, mais la nécessité d’un équilibre multilingue.
6. Le nouvel arsenal répressif : exclusion, uniformisation, impunité
2019 a vu l’institutionnalisation de l’arabisation : les débats nationaux excluent le français, les concours sont publiés uniquement en arabe, et la dissidence linguistique se heurte à la répression. Le contrôle de la langue devient une arme politique.
7. Repenser le contrat national : une refondation nécessaire
Tout projet national qui ne s’attaque pas à ce socle identitaire inégal est voué à l’échec. Il faut engager une refondation :
• Reconnaître toutes les langues (Pulaar, Wolof, Soninké) dans les écoles, l’administration et le débat public.
• Maintenir le français comme langue d’histoire, de savoir et de citoyenneté.
• Introduire l’anglais comme langue d’avenir, instrument de modernité et d’ouverture cosmopolite.
Ainsi, la Mauritanie redeviendra un pont entre cultures, non un monolithe.
Moctar Ould Daddah, en initiant l’arabisation du bled , a posé les bases d’un État mono-identitaire favorisant une élite dominante. Ce projet n’a jamais été achevé, mais poursuivi jusqu’aujourd’hui. Il s’agit moins d’une erreur historique que d’un choix politique délibéré. La refondation du contrat national requiert une relecture honnête de cet héritage, fondée sur l’égalité, la diversité linguistique et la justice.
En refusant l’effacement de la pluralité mauritanienne, on construit une nation plus juste, plus cohérente, à la hauteur de sa riche combinaison de patrimoines culturels…..Wetov
Sy mamadou





