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FLAMNET- RETRO: DECLARATION du MND de 1987.
Flamnet partage avec vous dans sa rubrique RETROSPECTIVE, en vue d’instruire la jeunesse sur ce long chemin vers la liberté, la fameuse déclaration historique du MND, après le ‘’coup d’Etat’’ manqué de 1987, dans laquelle le MND demandait notre châtiment. Pour les jeunes cette déclaration permettra de connaitre l’histoire politique en Mauritanie, surtout du MND, et de mieux comprendre nos divergences. Cette déclaration reste très instructive pour la jeunesse.
Bonne lecture.
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DÉCLARATION du MND /1987
Le 22 octobre dernier(1987), un putsch pas comme les autres a été déjoué de justesse ; un groupe de jeunes militaires Haal-Pulaar avait envisagé de renverser, par les armes, l’équilibre politique existant depuis 1960, entre les nationalités composant notre peuple. Imaginer pouvoir remettre en cause cet équilibre par la conspiration et la violence, à partir d’une position sectaire hostile à la majorité arabe et ne tenant aucun compte de l’avis et des intérêts réels des minorités négro-africaines, frise la démence. Tout le monde en convient aujourd’hui, la Mauritanie a échappé de peu à l’abîme de la guerre raciale.
Les putschistes avaient-ils conscience de conduire leur pays vers un drame à la libanaise ? La guerre raciale, qu’est ce donc sinon le suicide pour la Mauritanie ? Dans une telle catastrophe il n’y a aucun respect des « droits des Noirs » ; il n’y a aucune égalité à conquérir sauf l’égalité dans le malheur, la souffrance et la mort. Dans une guerre raciale, il n’y aura qu’un gagnant, les puissances étrangères interventionnistes, et un seul perdant : le peuple, tout le peuple mauritanien ! Les extrémistes réussiront peut-être à jouer aux seigneurs de guerre, disposant de leur groupe ethnique comme réserve de chair à canon, mais ne seront en réalité que de simples marionnettes manipulées par les forces étrangères qui les arment et les financent et qui seules décident du sort du conflit fratricide.
Le mouvement nationaliste négro-africain FLAM justifiait le recours à la violence raciale par l’existence d’une «situation d’Apartheid» en Mauritanie. Parce que qu’il y a des injustices, des inégalités, des manifestations d’oppression des minorités. Mais quel pays africain en est donc exempt ? De quels droits jouissent les minorités au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Zaïre, etc… Et dont sont privées celles de Mauritanie ?
Il est paradoxal que ceux qui prétendent être les porte-drapeaux de «la cause des Noirs» soient incapables, dans leur pensée et leur action, de dépasser les horizons étroits d’un seul groupe ethnique négro-africain. Depuis 1979, le nationalisme étroit négro-africain s’est enfermé dans une logique nihiliste : il dénonce une «situation d’Apartheid», mais ne formule aucune revendication
politique précise, ni ne cherche à convaincre l’opinion nationale, ni même les masses négro-africaines par aucun programme, ni des propositions déterminées. Et pourtant, avant même que l’opinion ne sache ce qu’il veut, le voilà qui en vient aux pires extrémités.
Phraséologie sur l’«Apartheid», actions terroristes, putsch, sont en fait les symptômes d’une inquiétante fuite en avant. Que les nationalistes étroits aient une opinion erronée sur les problèmes de coexistence entre nos nationalités est leur droit qu’on ne peut contester. Mais qu’ils incitent à la violence raciale et tentent même, par l’action terroriste et putschiste de mettre le feu à la maison commune est inadmissible ; c’est un crime contre notre peuple multinational. Dans les contradictions nationalitaires, un extrémisme en cache toujours un autre. L’événement du 22 octobre a donné prétexte à une campagne raciste hystérique et immonde dirigée contre les Haal-Pulaar. Des extrémistes exhortent les masses arabes à «leur donner une leçon» à «les écarter de tous les postes de confiance», à «leur faire traverser le fleuve», diffusent des rumeurs venimeuses inventées de toutes pièces. Il est non moins grave que certains fonctionnaires de l’état se comportent dans le même sens, voient en tout Haal-Pulaar un putschiste, un non citoyen potentiellement dangereux, à traiter de façon discriminatoire. Nous retrouvons ici aussi le même appel à la violence raciale qui précède l’action criminelle.
En fait, les extrémistes négro-africains et arabes se rejoignent. Ils ont le même but : détruire l’unité de notre peuple multinational ; les mêmes méthodes : exacerber et exploiter les mauvais sentiments et l’inconscience du peuple. Ces pyromanes sont aujourd’hui en cabale. Pour que la maison commune ne prenne feu, chacun doit veiller sur sa propre chambre. Les Négro-africains patriotes, surtout les Haal-Pulaar, ont le devoir de se démarquer de l’extrémisme du FLAM et du putsch manqué, les Arabes, de débusquer leurs extrémistes, de dénoncer toute propagande anti-Haal-pulaar et toute manifestation de discrimination et de chauvinisme officieux, au sein de
l’état.
En effet, l’enjeu patriotique principal est aujourd’hui la préservation de ll’unité nationale, et la seule stratégie qui vaille pour désamorcer les affrontements raciaux est précisément d’isoler les extrémistes au sein de leur propre groupe ethnique. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi s’interroger sur la signification de la crise actuelle pour éviter qu’elle ne se renouvelle en des termes plus dramatiques.
L’événement du 22 octobre n’était point un coup de tonnerre dans un ciel serein.
Remontons dans le temps :
– 1986 : agitation extrémiste du FLAM ; – 1979-80 : l’UDM, le MPAM, l’ODINAM (qui donneront naissance au FLAM) incitent aux affrontements raciaux; ‘
– 1966 : affrontements raciaux tragiques ;;
– 1961 : controverse raciale lors du Congrès constitutif du PPM. Entre tous ces événements, un fil conducteur ; il y a bien des problèmes qui gênent la coexistence fraternelle entre les nationalités composant notre peuple.
De quoi s’agit-il ? Au lendemain de l’indépendance, le souci des minorités négro-africaines était d’obtenir des garanties constitutionnelles contre toute tentative de marginalisation ou d’assimilation par la majorité arabe. A partir de 1966, l’introduction de l’arabe les inquiète relativement à l’avenir de l’accès aux emplois et de l’équilibre entre nationalités au sein de l’état.
Depuis 1983 l’inquiétude porte sur les conséquences de la mise en valeur de la vallée liée à l’après barrage, et de la loi foncière sur la propriété terrienne des Foutankoobe. Rien donc, au départ, que des préoccupations légitimes par rapport à des problèmes politiques réels. Et il est naturel que la cohabitation fraternelle de nos nationalités soit périodiquement en butte à des divergences d’approche et d’aspiration suivant les mutations politiques, culturelles et socio-économiques de notre pays.
Il est cependant inévitable que cela donne lieu à des manifestations de l’esprit étroit, à des tendances maximalistes qui posent mal ces problèmes, et partant, rendent plus difficile leur solution.
«L’UGOMS» en 1961-62 réclamait un fédéralisme ressemblant fort au confédéralisme et qui créait une partition de fait de la Mauritanie. Les “19”, en 1966, rejetteront l’introduction de l’arabe -langue de la majorité- dans le système d’enseignement. Depuis 1979, le nationalisme étroit baigne dans une grande confusion, ne sachant s’il est plus payant de se situer sur les positions des minorités opprimées qui réclament leurs droits, ou de faire de la surenchère au nom de “la majorité noire”, et en matière de réforme foncière de se contenter de préconiser l’interdiction par la violence, l’accès des Arabes aux terres de la vallée.
De son coté, le chauvinisme arabe ne posera pas mieux ces différents problèmes. En 1961-62, il réclamait «l’arabisation immédiate de l’enseignement», ne tenant aucun compte des intérêts culturels des négro-africains. A partir de 1966 ce slogan reviendra continuellement, farci de conceptions racistes du genre : «la Mauritanie n’appartient qu’aux arabes» ; «la minorité doit se soumettre à la majorité», «arrêt de l’immigration noire». En 1979-80, on pousse l’absurde jusqu’à réclamer la sortie de la Mauritanie des organisations «noires» : OMVS, CEAO, CDEAO.
Le regain de tension ethnique, sensible depuis 1978, est indissociable de deux facteurs : le rétrécissement de l’aire d’influence des idées patriotiques consécutif à la tentative de liquidation du MND en 1975, et surtout, l’exacerbation de la crise économique et sociale du système néocolonial, suite à la catastrophique et injuste guerre d’annexion du Sahara et aux retombées de la récession du capitalisme mondial. L’activité économique tournant au ralenti, le
marché de l’emploi s’est rétréci. Puis ce fut l’intervention des syndics des usuriers (FMI, BM), qui imposent, pour se faire rembourser et mieux nous dominer, la misère et le chômage. Il se comprend donc, qu’en Mauritanie, chacun se sente à l’étroit. Chaque emploi, chaque crédit ou marché devient l’enjeu d’une véritable foire d’empoigne entre tribus, régions, nationalités, races. D’où l’exacerbation de tous les particularismes depuis le début des années 80. Quant à la politique officielle de l’état mauritanien, depuis 1960, elle peut être résumée en deux mots : «porte close et bouche cousue». Au nom de l’unité nationale, interdiction de parler des entités qui la composent, d’évoquer l’existence de problèmes de coexistence. Officiellement le sujet est tabou. Dans la pratique, les courants particularistes arabes ou négro-africains ont les coudées franches pour manipuler tel ou tel secteur de l’état, suivant leurs visées. A ce jeu, il faut le dire nettement, le chauvinisme l’emporte en vertu de la loi du nombre et la menace de marginalisation ou d’assimilation devient plus sensible pour les Négro-africains. Et puisque les problèmes ne sont jamais abordés franchement et frontalement, ils s’accumulent, la confiance fait place à la méfiance, le pourrissement s’ensuit, et le particularisme s’oriente vers la surenchère et l’action extrémiste. Et lorsqu’une crise éclate, on en diffère la solution par le recours à des demi-mesures. Cette politique de l’autruche, en vogue dans la plupart des États néo-coloniaux d’Afrique, en interdisant l’examen franc et loyal des difficultés de coexistence entre nos nationalités, ne laisse le champ libre qu’aux mauvaises entreprises de ceux qui, sous le couvert de l’indifférence de l’état, trichent pour tirer toute la couverture à eux et de ceux qui tombent dans l’extrémisme.
La question nationale est certes, mal posée par l’extrémisme. Elle n’en est pas moins un problème réel. Et la meilleure arme contre l’extrémisme est justement de le poser correctement. En témoigne l’expérience de notre peuple. Il est significatif en effet que la seule pause dans la controverse raciale fut la période 1968-75 où le MND réussit à réduire à la passivité chauvinisme et nationalisme étroit en unissant toutes les forces vives de nos nationalités sur une plate-forme patriotique où la question nationale était posée franchement et équitablement, sur les bases suivantes :
– reconnaissance de l’existence des nationnalités (Arabes, Haalpulaar, Soninke, Wolof) et leurs aspirations particulières légitimes,
– affirmation que la solution juste et durrable de la question nationale ne peut être réalisée que dans un ordre d’indépendance et de démocratie politique et sociale, pour lequel il est prioritaire de lutter et, que le maintien de l’unité patriotique de tout notre peuple est la seule garantie pour le succès des revendications particulières immédiates de telle ou telle nationalité. Les contradictions entre nos nationalités sont des contradictions entre membres d’une même famille, à résoudre pacifiquement et équitablement. Elles sont secondaires par rapport à la contradiction entre le peuple mauritanien dans son ensemble et ses oppresseurs : l’impérialisme et le féodalisme.
Mettre ces contradictions secondaires au premier plan -ce que nous reprochons plus que tout aux extrémistes- c’est servir l’impérialisme et les forces rétrogrades en divisant le peuple; c’est en quelque sorte dire aux Mauritaniens : oubliez les geôliers qui vous martyrisent et que chacun de vous se préoccupe plutôt d’arracher une meilleure place à son compagnon de prison.
L’unité de notre peuple est la seule garantie pour nos intérêts généraux et particuliers. Il est urgent de la préserver en restaurant un climat de dialogue et de confiance. Dans ce but, que tous les patriotes réclament avec nous :
1°) la renonciation à la politique officielle de silence sur la question nationale et ouverture d’un débat national, dans les formes adéquates et démocratiques pour favoriser la compréhension mutuelle et la recherche de solution juste ;
2°) la liberté d’opinion pour tous -y compris les nationalistes négro-africains et arabes – à condition de condamner tout recours à la violence raciale et contre toute forme de culpabilisation de l’une de nos nationalités ou de discrimination à son encontre.
Non aux diviseurs de toutes espèces !
Vive l’unité de notre peuple !
Nouakchott 8 novembre 1987
LE MND
FLAMNET- RETRO: Quand le président Samba Thiam des FPC répond aux attaques malveillantes de Mohamed Ould Maouloud de l´UFP-MND
Nous sommes pour le Mnd ce que De gaulle fut pour Vichy
Ould Yessa aimait à dire, pour appeler à la vigilance, que lorsque ses “parents” voulaient dissimuler quelque chose aux Négro-africains, ils le diffusaient en arabe…
Ould Maouloud vient de faire une sortie à (Zaharachinguitty.info) –version arabe- où il chargeait les Flam – aujourd’hui FPC- .
Vous devinez que pour répondre aux critiques formulées, J’ai dû recourir aux services de traduction, oh combien délicate et inconvenante dans notre contexte !
La sortie de Maouloud , comme les sorties en général du Mnd –Ufp dirigées contre nous reposent, bien souvent, sur des accusations fallacieuses , des raccourcis faciles , s’ils ne recourent simplement à l’amalgame , aux dénigrements et à la calomnie . Il commence par relever les différences entre nous, enchaine sur sa critique pour finir par appeler à discuter …
Abordant la différence entre eux et Nous Maouloud affirme qu’elle se situait dans l’idéologie ; moi je dirais plutôt qu’elle tient à l’analyse de la situation interne –depuis toujours – ; elle réside, à mon sens , dans la perception et l’appréciation des hommes et des choses , dans la vision . Je continue de croire que nous nous réclamons tous deux de gauche, cette gauche nourrie à l’idéal de liberté et du progrès,… maintenant que le communisme est partout renié.
Commençons – pour fonder mon assertion- par comparer le regard , récent, qu’il portait sur la personnalité de Ould Taya qu’il jugeait ‘’ en patriote qui aimait son peuple …‘’ avec le mien qui considère ould Taya comme le plus stupide des Présidents , et l’incarnation même du mal absolu ; Ce camp d’en face nous reprocherait nos concepts : Système, “Apartheid mauritanien , Négro –africain ou Négro-mauritanien” , concepts qui les incommodaient au plus haut point … Là où mon organisation dénonce frontalement, avec force, l’oppression dont sont victimes les Négro-mauritaniens, eux louvoyaient, abordaient la question avec circonlocution ! Face à ce que nous qualifions de discrimination, de racisme structurel de l’Etat mauritanien, ils faisaient profil bas et ne trouvaient à opposer qu’ un ‘’compromis processuel et dynamique’’…
Face aux putschs militaires Awlad Nasr et Négro-africains, nous nous souvenons encore du double standard par eux adopté, malgré la différence de nature de ces deux évènements .
Notre Manifeste fut qualifié par lui et ses amis de document incendiaire qui ‘’ voulait mettre le feu à la maison commune ‘’, pour tenter de remettre en cause l’équilibre existant … ; l’équilibre existant !!!
Quelque part, nous sommes à l’égard du Mnd-Ufp ce que De Gaulle fut pour Vichy. De Gaulle combattait les Allemands qui avaient envahi la France et Vichy combattait De Gaulle ! Nous combattions le Système, le Mnd-Ufp nous combattait…
Bien sûr, de temps à autre , quelque Négros et quelque negrita montaient au créneau , versaient dans le ‘’discours flamiste’’ pour tenter de mystifier l’opinion négro-africaine , brouiller les cartes , afin de limiter les dégâts dans leurs rangs , chaque jour un peu plus clairsemés .
L’origine de notre contentieux avec le Mnd , vieux de trente ans , est à chercher dans la différence de morale politique ! Nous croyons à une certaine noblesse politique, qui se refuse au mensonge, à la calomnie de l’adversaire, aux coups fourrés, aux poignards dans le dos ! Un homme ça se retient disait le père de A CAMUS.
Pour revenir aux différences , celle essentielle –originelle- entre eux et Nous date , je crois , des années 70 , lorsqu’eux mettaient l’accent sur le combat contre l’impérialisme français , là où nous pensions qu’il fallait , pour justement réussir cette lutte contre l’impérialisme – consolider le front intérieur en s’attaquant d’abord ou simultanément aux discriminations rampantes des nationalités, déjà perceptibles . Ils pensaient que la lutte contre l’impérialisme était la contradiction principale, nous pensions le contraire. Ils développaient une approche marxiste de classes , là nous percevions déjà , au-delà des réserves et limites de cette approche dans le contexte africain – , que la lutte des classes glissait vers la lutte des races ; l’une était sur le point de recouvrir l’autre , dans notre contexte interne , pour devenir une . Bien que le cours de l’histoire aie confirmé nos vues, ils refusaient, malgré tout, de faire leur mea-culpa, et persistaient dans la fuite en avant …
Maouloud dit dans cette interview que le terme Négro-mauritanien avait été créé par nous, pour inclure les Haratines dans notre combat afin « de faire front contre les maures ».
Un peu de vrai, beaucoup de faux comme savent si bien le faire les élément du mnd ! Raccourci facile, pure vue de l’esprit …
Nous avons réinventé ce terme , non pas « pour faire un front contre les maures » comme le croit le président de l’UFP , mais pour faire front contre un Système inique , pernicieux ; cette démarche s’inscrit dans une logique naturelle qui veut que dans les luttes de factions , chaque partie cherche à créer un rapport de force qui lui soit favorable ; c’est de bonne guerre , il doit en convenir . S’il se trouvait des maures qui souhaitaient la préservation de ce Système, alors oui, nous ferions front contre eux. Que Maouloud nous dise donc dans quel camp il se situe ? Dans le camp des destructeurs du Système ou dans celui de ceux qui œuvrent à le perpétuer ? Dans le camp de l’immobilisme ou dans celui du changement ?
Notre souci, notre intention n’a jamais été de détacher les haratines des maures (blancs), ou de les avoir avec nous contre les Bidhaans, non ! Nous voulions , en progressistes, simplement soutenir leur juste lutte , en hâtant leur prise de conscience politique , et partant, leur émancipation … Cela nous l’assumons, et nous sentons fiers d’avoir presque réussi . Ce concept englobant , parallèle à celui de N-africains , visait aussi à distinguer le type de Noirs mauritaniens , pour l’étranger ; Il y avait ceux qui avaient été réduits en esclavage et perdu leur culture originelle , par assimilation , il y avait les autres, qui avaient échappé à cette traite négrière et donc avaient conservé , intactes , leurs langues et cultures d’origine ( wolofs , Bambaras , Pulaars , Soninko ) .
En tout état de cause ‘’ l’identité haratine’’- actuellement assumée – vient clore ce faux débat ; les Hratine , en effet, ont fait le choix , disent-ils, de n’appartenir ni au camp des kwar ni à celui des arabes …
Au finish , dirais-je à Maouloud , n’avions-nous pas , nous aussi , le droit d’user du slogan de l’internationale : ‘’prolétaires (… ) unissez-vous’’ , d’autant que nous sommes ( hratine et Kwar ) aujourd’hui et depuis toujours les véritables opprimés du Système en cours ? Nous n’excluons nullement les opprimés arabo-berbères, il ne tient qu’à eux de rejoindre nos rangs.
J’en viens maintenant à l’amalgame, la confusion , qu’aiment bien entretenir Maouloud et ses amis entre les deux nationalismes , qu’ils renvoient souvent , non sans cynisme , dos à dos ; Le nationalisme arabe – nationalisme arrogant , intolérant , impérialiste, et le nationalisme négro-africain qui demeure un nationalisme ouvert , patriotique . Si en théorie les Mawlouds prétendent se démarquer des premiers ( Nasseriens et Baassistes ) ’en pratique, ils ne sont pas très éloignés de ceux-là , de par leur quasi silence sur la réalité socio politique douloureuse , actuelle du pays .
En conclusion , ce type de critique émanant d’éléments intellectuels arabo-berbères évoquent, pour moi , les propos que Martin Luther King tenait à l’endroit des whites citizens , des whites moderates aux Etats-Unis .
King disait que les Blancs modérés , par leur position qui renvoyait dos à dos victimes et oppresseurs , contribuaient, en réalité , à renforcer l’oppression des Blacks américains . Ces whites moderates stigmatisaient les effets (tension) mais se gardaient de considérer les causes à l’origine de cette même tension. Ils étaient, ajoutait-il, plus dévoués à l’ordre qu’à la justice … ils préféraient la paix négative qui est absence de tension , à la paix positive qui est présence de justice . King terminait pour dire que l’injustice devra être exposée à la lumière de la conscience et de l’opinion nationale avec toute la tension que son exposition créée. C’est à cela que nous nous essayons.
Pour revenir enfin à son appel à discuter , bien sûr que nous sommes preneurs ; dès que l’opportunité sera offerte …mais cette discussion, je crois , ne pouvait tourner autour des ’idéologies…
Je ne puis, par ailleurs, ne pas noter ce paradoxe chez mon alter ego : il déterre la hache de guerre tout en appelant simultanément à discuter pour solder notre contentieux vieux de 30 ans ? Notre long et difficile compagnonnage , cette relation tempétueuse marquée par un déficit de confiance , par la méfiance , suscités par les coups fourrés , les coups bas , les dénigrements et la calomnie , ne saurait se pacifier sur une simple discussion , à moins …de forcer sur l’optimisme .
Mais enfin essayons toujours, même si l’on est persuadé qu’on ne change pas à 60 ans…
La lutte continue!
Samba THIAM- Président des FPC (Ex-FLAM).
www.flamnet.info
FLAMNET-RÉTRO: Interview du Président des FLAM , Samba Thiam au site www.flere.fr
Suite aux propos du président Mohamed ould Abdel Aziz, sur la mise en place de conseils régionaux qui devraient remplacer le Sénat, flamnet se propose de rediffuser sur sa rubrique ‘’RETROSPECTIVE’’, l’interview du président Samba Thiam accordée au FLERE en Avril 2012. Il s’y était prononcé sur la question touchant le Sénat à l’époque, et préconisait sa dissolution.
Revisitons le passé en relisant cette interview.
Né en 1949 à Sélibaby, M. Samba THIAM Président et membre fondateur des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM), n’est plus à présenter aux mauritaniens. Combattant acharné et inlassable pour la justice et l’égalité, il aura connu la prison pour avoir dénoncé la discrimination et l’accaparement de tous les leviers du pouvoir au profit d’une communauté entrainant une exclusion systématique des noirs de la gestion des affaires publiques. Chassé de la Mauritanie et refugié au Sénégal, M. THIAM séjourne actuellement aux Etats-Unis sans pour autant que sa détermination ne faiblisse.
Toujours très modeste et ayant magistralement conduit les FLAM à devenir une force incontournable dans le combat pour l’avènement d’une Mauritanie juste, assumant parfaitement ses positions et abordant les questions sans ambigüité, il revient sur la longue marche de la Mauritanie, le problème de l’esclavage, les obstacles à l’expression de la diversité, l’impossible définition de l’identité mauritanienne et la situation plus qu’inquiétante qui prévaut au pays actuellement entre autre.
Au moment où certains de nos compatriotes commencent à être habités par le doute par rapport à l’avènement d’une Mauritanie juste et égalitaire, il est important de recueillir les enseignements d’un connaisseur et combattant de longue date. Cette interview s’inscrit dans le but de la redynamisation du combat contre l’injustice et l’impunité qui sévissent en Mauritanie.
FLERE: En quoi les FLAM ont-elles contribué à l’évolution de la cause noire en Mauritanie?
SAMBA THIAM- Nous avons, croyons-nous , contribué à l’évolution de cette cause, en rompant d’abord ce mur du silence sur la réalité grossière en Mauritanie, que les régimes arabo–berbères s’attelèrent, de toutes leurs forces, à cacher à la face du monde. Nous croyons, également, avoir hâté et renforcé la prise de conscience tant chez les Négro-africains et les Haratines de leur condition d’opprimés, que chez une minorité de nos compatriotes arabo-berbères-qui grossit- sur le danger, à terme, de la situation. La question centrale de Cohabitation–notre crédo- ,que d’aucuns appellent, par euphémisme, la question de « l’unité nationale » est maintenant au cœur du débat actuel. Enfin, nous pouvons ajouter à ces acquis le retour, non pas à la sauvette, mais dans la dignité, grâce à notre ténacité, de ces milliers réfugiés du Sénégal !
Il ne fait aucun doute que n’eût été l’action des Flam, nous serions aujourd’hui dans la même situation que les Noirs du Maghreb; tels ces 5 millions d’algériens que l’on cache, comme une tare, au public, rélégués à la culture de l’olive, ou ces Noirs tunisiens, juste bons à régler la circulation !
Les Flam veillent, afin que d’autres puissent jouir de leur liberté d’action et de mouvement !
FLERE: Certaines langues disent, qu’après vingt ans d’exil et de combat les FLAM n’ont pas obtenu de résultats significatifs. D’ailleurs vous parlez vous même de la perpétuation du système inique à fondement raciste incarné aujourd’hui par le régime de Aziz, ne sentez-vous pas une certaine lassitude chez les militants ? Et l’heure n’est-elle pas venue pour le changement de stratégie ?
S.T : Arrêtez de nous parler de ce que pensent les « mauvaises langues » ! et puis quel sens donnent-ils au terme « significatif », fonction d’une perception toute subjective, très variable d’un individu à l’autre ?A quel degré décide-t-on qu’une action a été ou non significative ?
Ces gens, prompts à la critique facile, l’ont choisie comme mode d’action, face à notre engagement qui ne se dément pas, et qui leur donne mauvaise conscience ! Voilà tout ! Quoique nous fassions ils trouveront, de toute façon , toujours à redire !
J’ai déjà dit plus haut que ce débat, à mots couverts, sur la question nationale qui s’invite aujourd’hui sur l’arène politique, ce retour des réfugiés, et même cet amendement constitutionnel récent sur «le droit à la différence », qui renvoie, en fait, au concept d’identité du pays, réactualisé par nous, tout cela est à mettre, directement ou indirectement, à l’actif des Flam , quoi qu’en puissent penser nos détracteurs.
J’ajouterais même que la promotion sociale d’un bon nombre de Haratines et de Négro-africains, de par leur position au sein de l’Etat, n’a été possible, depuis Ould Taya jusqu’à Aziz, que grâce à notre Discours qui gène et que l’on cherche à déconstruire, par des réadaptations, des réajustements.
Bref, affirmer que les Flam n’ont pas obtenu de « résultats significatifs », c’est manquer de sens d’observation ou de bonne foi tout court !
Trouvez-vous, franchement, qu’avoir réussi à faire ramener, après 18 ans d’exil, plus de 20.000 réfugiés que les régimes arabo-berbères souhaitaient voir fondus dans la population sénégalaise, n’est pas significatif ? Qu’avoir développé la prise de conscience chez les opprimés ça n’est pas grand’chose ? Qu’avoir réussi, jusqu’ici, à protéger les Noirs mauritaniens du sort, peu envieux, réservé à leurs confrères du Maghreb, c’est peu de chose ? pas significatif ?
Que tout ceci soit insuffisant, j’en conviens; mais que rien dans notre action ne fut significatif , je ne puis le concéder !
Un Système enraciné, depuis 50 ans, ne disparaît pas comme ça, d’un tour de main ! C’est par petites touches que cela se fera, et pas d’un seul bloc, à moins d’un changement radical de rapports de force; il y’a tous les coups antérieurs portés à l’arbre, et il y’a le dernier après lequel celui-ci s’abat; lequel (ou lesquels) serait le plus significatif ?
Pour notre part, nous continuons de porter des coups au Système … Qui fait mieux ?
Concernant maintenant le changement de stratégie, je vous invite à relire les résolutions issues de notre congrès, tenu au mois de Mai dernier à Paris, en 2011.
FLERE : Les FLAM n’ont-elles pas besoin d’un rajeunissement de la classe dirigeante pour donner un nouveau souffle au mouvement ?
S.T – La “classe dirigeante” des Flam est, pour l’essentiel , jeune ; il n’y a qu’à revoir notre Bureau exécutif ainsi que tous les responsables de nos sections pour le constater ! Ce sont nos militants qui décident et choisissent, librement, leurs dirigeants , il faut le rappeler ; comparée à la classe politique nationale, la direction des Flam me semble très jeune !
Mais si, par contre, vous faites allusion à la « longivité du Président des Flam », je vous répondrais que je partage totalement ….; je ne cesse d’appeler à la relève ! Je puis vous assurer que la place est à prendre ! Nous sommes entrain de préparer les conditions de passation du témoin ; seules des circonstances exceptionnelles ont retardé, jusqu’ici, les choses !
FLERE: La multiplicité des mouvements et partis politiques voulant porter la cause noire en Mauritanie, sans jamais parvenir à s’entendre, (querelles de personnes…) ne constitue t-elle pas un obstacle à la cause ?
S.T – Quelque part, oui ! Mais nous devons garder l’optimisme, car si les chemins sont multiples, ils conduisent tous au même objectif, partagé ! Evidemment si chacun faisait sienne cette pensée de Thierno Bocar, selon Hampathé Ba, « savoir parfois rire de soi » disait-il, les luttes de préséance, les conflits d’égos seraient tellement amoindris….
FLERE: La forme unitaire de l’Etat mauritanien n’est-elle pas un obstacle à l’expression de la diversité ? Et quelle place doivent occuper les langues dites « Nationales » ?
S.T – Cette forme unitaire actuelle constitue, en effet, un obstacle à l’expression de la diversité, pour épouser les contours de l’Unitarisme et non pas de l’Unité! On a cherché à unifier, c’est-à-dire à niveler, gommer les différences ! Or c’est ce qu’il ne faut pas, justement ! Il faut unir et non pas unifier !
La forme d’unité la plus appropriée pour cette Mauritanie-pluri-culturelle et multi-ethnique- à notre avis, c’est l’Autonomie ; nous avons choisie cette option, traduite en projet, et vous verrez quand il sera rendu public, combien ce projet sied à la réalité de notre pays !
Concernant la place des langues nationales, nous avons toujours affirmé que l’égale dignité des communautés nationales passe, aussi, par l’égalité de traitement de leurs langues et cultures. Voilà pourquoi toutes les langues nationales doivent être officielles, langues de travail – d’apprentissage et de formation- pour l’éveil des consciences ou l’éducation des populations .
FLERE: L’esclavage en Mauritanie est une forme de discrimination la plus inhumaine. Les Flam acceptent-elles de prendre en charge cette question? Pourquoi vos détracteurs vous accusent de manque de volonté sur ce terrain ?
S.T -Vous dites bien « nos » détracteurs, comme vous parliez, plus haut, de ces (mauvaises) « langues ». Un détracteur c’est rarement objectif,… plutôt de mauvaise foi !
Nous avons pris cette question de l’esclavage en charge, dans le manifeste dès 1986, au moment où presque personne n’en parlait plus, après le fameux procès d’intimidation de Rosso. Quelques articles-scoop, du genre « la Mauritanie, pays aux 100.000 esclaves » paraissaient, rarement, ici ou là !
J’ajoute que nous avons, les premiers, contribué à internationaliser ce dossier en 1990 , au Congrès du parti communiste Français, tenu à Paris. Dans toute notre production, cette question est en bonne place. Qui d’autre a fait mieux ?
C’est sur nos traces qu’a marché SOS-esclave, dont le travail a contribué à amplifier la question; l’AHME a suivi, puis l’IRA, avec sa méthode plus agressive, donnant au dossier plus de répondant , disons le …
Bref nous n’avons jamais quitté ce terrain de lutte, et n’avons jamais lâché ce dossier !
Si nous n’avions pas été là, cette question n’aurait peut-être pas eu l’ampleur qu’elle a aujourd’hui; Elle serait, à l’heure actuelle, étouffée, reléguée aux oubliettes!
FLERE: Les combats contre l’esclavage et le racisme sont-ils indissociables selon vous ? Comment comptez-vous vous organiser pour rassembler ceux qui en sont victimes et qui sont en ordres dispersés depuis l’indépendance de la Mauritanie ?
S.T – Oui je le crois, tout à fait ! Indissociables tant sous l’angle pigmentaire, que sous l’angle de classes!
Ces combats nous semblent si bien liés que nous avons toujours pensé que la fin, définitive, de l’esclavage passe, nécessairement, par la fin du racisme d’Etat! Sortir de l’esclavage pour les Haratines, sans livrer bataille pour la fin du racisme d’Etat, reviendrait, simplement, à changer de ghetto ! Ils auront gagné la bataille sur le déni d’humanité qui les frappe mais, inévitablement, retomberont dans celui de citoyenneté !
Voilà pourquoi le mouvement Haratine se devrait d’avoir une vision plus globale, plus lointaine des choses, une vision prospective en somme …
FLERE : La majorité des Harratines n’a pas été recensée car dépourvue de pièces d’état civil, pourquoi, selon vous, il y a une certaine fébrilité de la part des ONG ou certains partis politiques de prendre en charge de façon pragmatique cet épineux dossier ?
S.T -Je parlerais plutôt de frilosité …
Vous devez comprendre qu’il existe, chez nous, deux types d’Opposition; l’Opposition au Système -hors du Système -, et l’Opposition dans le Système !
Avez-vous entendu l’opposition arabo-berbère dénoncer avec vigueur et constance ce projet d’enrôlement à caractère raciste? non! l’avez–vous vue s’opposer, vigoureusement, à la tentative de spoliation massive des terres qui nous guette? Non ! Ou plaider vigoureusement pour la restitution des terres spoliées des réfugiés ?exprimer, même à mi-voix, la pleine reconnaissance du pulaar, soninké et wolof comme langues officielles ? non plus!
Les visions de cette Opposition et celle du régime sur l’identité du Pays et sur les questions cruciales sont très voisines, pour ne pas dire identiques !
Encore une fois il y’a Opposition et Opposition !
FLERE: On parle beaucoup de l’esclavage des maures, selon certains maures, l’esclavage existe aussi au sein de la communauté négro-africaine, pourquoi les Flam ne sont pas montées au créneau pour dénoncer ce système discriminatoire incompatible avec les valeurs que vous prônez : Unité, Liberté, Egalité ?
S.T -Les Flam dénoncent toutes les tares sociales, où qu’elles se trouvent, qui affectent les composantes nationales, sans distinction .
Seulement, il faut quand même préciser que la réalité des formes d’esclavage en milieu négro-africain et arabo-berbère est totalement différente .
Résiduel en milieu négro-africain, l’esclavage s’y pose plutôt en terme de statut social. Nulle part, ici, les descendants d’esclaves ne se voient empêchés d’hériter de leurs ascendants; il est impossible de forcer quelqu’un à travailler pour un Maître ! L’ancien esclave et son descendant jouissent pleinement de leurs biens et propriétés; il est simplement impensable, dans ce milieu, qu’un homme puisse en vendre un autre, comme une vulgaire marchandise !
Voilà pourquoi nous (Flam) mettons davantage l’accent sur le second, beaucoup plus inhumain, que sur le premier-plutôt résiduel-qui se résorbera doucement, par l’urbanisation, la scolarisation, et le développement économique.
FLERE : Qu’est ce qui caractérise la féodalité négro-africaine et en quoi constitue t-elle un handicap à l’unité de cette composante ?
S.T -Vous devriez plutôt chercher la bonne réponse (scientifique) du côté des chercheurs …
Mais, je crois, pour ma part, que ce qui caractérise la féodalité négro-africaine ce sont ces stratifications, ces statuts en paliers … Bien entendu cela gène, quelque part, l’unité de cette communauté. On n’a pas compris que la division initiale des groupes sociaux était une division du travail, et non de classes sociales ou d’hiérarchisation des statuts ; le système de castes assurait, à l’origine, un rôle de régulation en attribuant à chaque groupe social une fonction. C’est après qu’il s’est produit une sorte de glissement vers une hiérarchisation qui, du reste, ne repose sur aucune base objective !
Cela dit, il faut quand même nuancer et cesser de considérer le facteur « castes », comme l’obstacle majeur à l’unité; en effet, face aux événements de 1986-89, ces différences de castes, de classes ou de statuts se sont évanouies. Contre le racisme d’Etat les Négro-africains ont fait bloc, sans considération de leur origine sociale !
Ajoutons, également, que la question des castes ne comporte pas que des inconvénients, à en croire Cheikh Anta Diop; « la création du système des castes assure plus de permanence et d’équilibre que celui du système des classes en Occident» dit-il ! C’est d’ailleurs une des raisons, entre autres, qui explique pourquoi il n’y eut pas de révolutions en Afrique, ajoute –t-il plus loin .
Autre temps autres mœurs?
FLERE: Pensez-vous que la communauté Maure vive une exclusion de quelque manière que ce soit de la part du système ?
S.T – Une partie de la communauté maure vit sa part d’exclusion, incontestablement; dans la stigmatisation de classe ( Zénaga, forgeron ), dans la redistribution des richesses, etc… On dit que la mentalité tribale bidhaani fonctionne en cercles concentriques; c’est d’abord moi , ensuite ma famille, puis mes cousins, ma fraction, ma tribu, et enfin mon ethnie ! Comme le Pouvoir est y perçu, généralement, comme une vache à lait, les retombées qu’on en tire, forcément, ne seront pas les mêmes chez tout le monde ! Plus on s’éloigne du centre des cercles, plus la part de gâteau s’amenuise; ceux qui sont en dehors de ces cercles sont simplement exclus du partage .
Il est clair que certains segments de la communauté bidhaan vivent leur part d’exclusion.
Mais cette réalité ne doit pas, toutefois, occulter ou atténuer une autre réalité, toute aussi têtue : la communauté bidhaan, dans son ensemble, bénéficie, bel et bien, des retombées du Système discriminatoire en cours, en terme de développement de sa langue et de sa culture, en terme de reconnaissance pleine et entière de sa citoyenneté, voire de sa suprématie, consacrée par le Système, sur les autres composantes nationales …
FLERE : Avez-vous de bonnes relations avec les abolitionnistes qui sont actifs à l’intérieur de la Mauritanie, (SOS-ESCLAVES, IRA-MAURITANIE) et ceux de l’extérieur, (L’Association des Harratine de Mauritanie en Europe ?
S.T – Nos relations avec ces organisations et Associations sont bonnes.
FLERE : Les FLAM comptent se redéployer en Mauritanie, nombreux sont vos militants qui ont été condamnés sans avoir purgé leurs peines, ne craignez vous pas que l’Etat mauritanien rouvre certains dossiers pour vous mettre les bâtons dans les roues afin de procéder à des arrestations arbitraires à l’image des années sombres 1987-1989?
S.T – D’abord je ne crois pas qu’il existe des peines, pendantes, pour un seul flamiste.
Ensuite en matière de lutte, le risque de répression est toujours là, inhérent à l’action! On ne peut donc s’arrêter sur ce type de considération. Quand la nécessité l’impose ou que le peuple a besoin de vous, ce risque- là disparaît ou passe au second plan !
FLERE: La jeunesse mauritanienne s’interroge sur la véracité de l’accusation portée contre les militaires négro-africains d’avoir voulu fomenter un coup d’Etat, quelle est votre version des faits pour mettre en lumière cette affaire ?
S.T – Je crois deviner, derrière votre question, un dépit, largement partagé du reste … ; mais je dois vous apprendre que je n’étais ni acteur ni témoin de cet évènement. Je pense, malgré tout, qu’avec les versions, croisées, et les choses écrites la- dessus par des témoins vivants, on peut raisonnablement, donner foi à la véracité de cet évènement !
A mon sens la question n’était pas de savoir s’ils avaient, oui ou non, tenté un putsch, mais plutôt, s’ils avaient, eux- aussi , le « droit » d’en tenter un, au même titre que d’ autres ! S’ils avaient le culot d’oser, comme tous ceux-là qui les avaient précédés, pour nous rendre notre dignité d’homme ! Ou si le traitement excessif qui leur avait été infligé était juste ? ( 3 peines capitales pour une tentative… dans la tête ! ), en comparaison à celui réservé aux auteurs de tentatives sanglantes, et qui furent non seulement impunis, mais promus !
Toute la question, en fait, c’est bien cette politique à deux vitesses qui prétend construire un pays !
FLERE : Pourquoi les Flam n’ont pas introduit une plainte collective au niveau du Tribunal Pénale Internationale, l’ONU et à l’Europe pour exiger le jugement des criminels de l’armée mauritanienne?
S.T – Ecoutez, on ne peut quand même pas nous demander, dans cette lutte, d’être présents partout, et partout devant, sur tous les fronts !
Et puis on ferait des jaloux, vous connaissez les mentalités !
FLERE: Croyez-vous que la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), prenne en charge de façon efficiente les problèmes fondamentaux du racisme de l’Etat, de l’esclavage et du passif humanitaire ?
S.T – Je vous ai déjà dit qu’il y’a deux types d’opposition en Mauritanie : L’Opposition au Système ( hors du Système) et l’Opposition dans le Système !
FLERE: La Mauritanie traverse ces derniers temps une crise multiforme, (enrôlement contesté, grève à l’Université, spoliation à grande échelle des terres du Sud, l’opposition qui appelle à un coup d’Etat), quelle lecture faites-vous de cette situation ? Et quelles conséquences en tirez-vous ?
S.T – En effet, on observe une situation plutôt agitée ces derniers temps, et qui n’est pas sans dangers.
A mon sens, cela tient en partie à la navigation à vue, trop suffisante, trop sûre d’elle-même, du Président Aziz, qui ne satisfait personne ! Mais cela tient aussi aux positions, quelque peu versatiles, d’une certaine opposition qui porte, quelque part, la responsabilité historique de ce qui nous arrive, actuellement!
Rappelons que ce fut une partie de cette Opposition, prétendue démocratique, qui soutint, à bout de bras, le Général putschiste ! Ce fut encore une partie de cette opposition qui cautionna des accords, qu’elle savait, par avance, utopiques, condamnés, contribuant ainsi , à installer Aziz dans la légitimité , dont il avait tant besoin ! Et c’est aussi une fraction de cette même Opposition qui était allée à la soupe !
Et voilà que maintenant cette même Opposition marche, pour demander le départ de Abdel Aziz !
N’y a-t-il pas là un manque de cohérence voire de crédibilité ?
Aziz « dégage ! », entend-on clamer ! Très bien, mais pour mettre qui à la place ?
Enfin, je pense, pour relativiser un peu, que toute cette agitation n’est peut être pas si mauvaise que ça ! Ce peuple, habitué à plier l’échine sous le joug militaire , maintenant se redresse pour dire non à ses dirigeants !
C’est bon signe et c’est sain pour la Démocratie !
FLERE : Si les FLAM prenaient le pouvoir aujourd’hui, quelle sera la première grande mesure à prendre ?
S.T – L’appétit du pouvoir n’a jamais caractérisé les Flam, c’est connu; sa conquête, ne fut jamais leur préoccupation centrale, orientée surtout vers la solution du problème de la cohabitation , d’où qu’elle vienne et quelqu’en soit l’agent .
Votre question me prend donc de court, vous le comprenez !
Mais si je devais, malgré tout, m’essayer à l’exercice , je prendrais non pas une mais trois mesures : je supprimerais le Sénat, fermerais l’ISERI et m’attelerais à mettre en place les conditions pour la tenue d’un dialogue national ( sur la cohabitation et l’esclavage) et la convocation d’au moins quatre Etats Généraux .
Le premier est un gaspillage de ressources et ne correspond pas à notre réalité ; La Mauritanie ne « pèse» pas encore un Sénat, ni économiquement ni démographiquement; Et, du reste, les communautés se feraient très bien représentées, et de manière encore plus équilibrée, au niveau des trois pôles que sont la Présidence, la Primature, l’Assemblée nationale .
Le second – l’ISERI – ne donne ni à boire ni à manger, et comporte de surcroît un risque , potentiel , non négligeable! Nos « Mahadras » traditionnelles nous suffisent, largement!
Enfin quatre secteurs méritent des réformes urgentes (l’Armée, l’Education, la Justice, l’Emploi des Jeunes)
FLERE : Question : votre dernier mot ?
S.T– D’abord les enseignements à tirer de la situation du nord du Mali et du Sénégal -à méditer par les mauritaniens – qui montrent , dans le premier cas, que l’on ne peut étouffer, sans danger, indéfiniment les aspirations légitimes des minorités , et dans le second, que le cadre démocratique , qui permet l’expression concurrente des idées et des projets , est peut-être le plus sûr moyen pour la résolution des problèmes, y compris les problèmes d’identité !
Un message aux mauritaniens, ensuite, pour dire que rien est encore perdu. Nous n’avons pas franchi la ligne de rupture, alors reprenons-nous ! On peut encore faire de ce pays un havre de paix et de fraternité, où il fait bon vivre pour tout le monde !
Je ne puis terminer, bien sûr, sans vous remercier de m’avoir accordé cette interview.
Propos recueillis par : BA Tidjane, Dicko Hanoune, BA Youssouf.
09 Avril 2012
Suite aux propos du président Mohamed ould Abdel Aziz, sur la mise en place de conseils régionaux qui devraient remplacer le Sénat, flamnet se propose de rediffuser sur sa rubrique ‘’RETROSPECTIVE’’, l’interview du président Samba Thiam accordée au FLERE en Avril 2012. Il s’y était prononcé sur la question touchant le Sénat à l’époque, et préconisait sa dissolution.
Revisitons le passé en relisant cette interview.
FLAMNET-RÉTRO: INTERVIEW AVEC SAMBA THIAM PRESIDENT DES FPC : « Assurer l’avenir en acceptant de sacrifier le présent »
Dans le cadre de la rubrique “RETROSPECTIVE” nous revisitons le passé. Aujourd’hui nous vous proposons la rediffusion de cette interview du Président Samba Thiam -président des FPC- accordée au Rénovateur Quotidien à quelques jours de l’élection présidentielle de 2014. Déjà il appelait l’opposition à se concentrer sur le ” risque du 3em mandat ”. Relisez
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« Assurer l’avenir en acceptant de sacrifier le présent »
Le Rénovateur Quotidien a réalisé l’interview suivante avec le leader des FLAM Samba Thiam , portant sur le diagnostic établi par le mouvement sur cette élection présidentielle dont le coup d’envoi sera donné ce jeudi soir à 00h, avec comme toile de fond, une absence d’un grand pan du microcosme politique mauritanien à des échéances boycottées pour « vice » de transparence selon les milieux opposants. Ci-après l’intégralité de cet entretien :
Question : Quelle Lecture faites-vous de la Présidentielle ?
Samba Thiam : Pour répondre à cette question, il ne serait peut-être pas superflu de passer en revue les principaux acteurs impliqués dans ces élections, tenter de cerner la pertinence des stratégies mises en jeu, toucher deux mots sur le danger des éternels “faire valoir”.
Il y’a d’abord le camp du pouvoir que dirige un militaire, déguisé en civil, qui a du mal à se reconvertir. Puis il y a un chef d’Etat assez sûr de son bilan pour ignorer superbement les injonctions de l’opposition. D’où son refus de céder au moindre compromis, contribuant ainsi à maintenir la Mauritanie dans la catégorie des républiques bananières.
Si la revendication pour un gouvernement de transition ou d’union nationale peut être récusable, une Ceni consensuelle, indépendante, et une cour de recours à équidistance des parties, constituent la condition sine-qua-non de toute élection qui se veut transparente et crédible. Aller donc aux élections sans voir ces préalables satisfaits reviendrait simplement à accorder une caution morale à cette mascarade d’élection. C’est mon point de vue.
Il y’a ensuite le camp de l’opposition dite “radicale “ regroupée au sein du FNDU qui, a mon sens, ne donne pas l’impression de sérier, correctement les priorités… A chacun sa stratégie, bien entendu, mais à la place du FNDU, dont on devine les forces et faiblesses à l’image du FNDD, je me serai plutôt focalisé sur les échéances à l’horizon de 2019.
J’aurai mis l’accent sur des dispositions qui verrouilleraient toute velléité de briguer un 3em mandat par le Président.
Ceci pour dire que tout en menant, fermement, la négociation a l’issue incertaine – convenons-en – sur les nécessaires conditions de transparence, il fallait également, comme par diversion, peser sur le verrou autour du 3em mandat, sans omettre de prendre l’opinion internationale à témoin.
Sans réduire la pression autour de ses revendications légitimes , faire pour ce 2eme mandat “ bon cœur” car, pour qui sait lire les expériences africaines, on sait que rien ne saurait dissuader ou empêcher Abdel Aziz de rempiler ; à l’image de bien de ses pairs africains ; absolument rien ! Bref, il valait donc mieux s’assurer l’avenir en acceptant de sacrifier le présent…
Enfin, j’ai pressenti chez cette opposition(FNDU) comme une sorte d’attente, un espoir secret, que le général finirait par céder, qu’il reviendrait sur les législatives passées… cet espoir, illusoire, va contribuer quelque part, je crois , à paralyser cette opposition dans l’élaboration d’une contre- offensive précise, rapide et adaptée à la situation. J’ai entendu, il est vrai, parler de marches…, stratégie bien timide de contre-offensive à mon goût !
Il y’a, par ailleurs, ces alliés du Pouvoir – éternels alliés des Pouvoirs -, je veux nommer ces partis satellites, à vie, qui gravitent autour de tout régime qui survient, démocratique ou despotique ! Ces partis- sangsues entravent considérablement notre marche vers l’implantation d’une véritable démocratie en Afrique, en général, et chez nous en particulier.
Il y’a, enfin, ces fameuses personnalités “indépendantes”, et ces leaders politiques d’envergure nationale, en démocrates déclarés qui affichent publiquement leur dégoût pour le régime , stigmatisent toute compromission avec lui , mais s’accommodent fort bien de conseillers gracieusement prêtes par l’UPR du général !!!
On ne peut, à la fois, prendre goût à accompagner les dictatures militaires et prétendre œuvrer à l’avancement de la démocratie ! Au moment ou d’autres font leur mea-culpa sur leurs erreurs passées, ceux-là persistent et signent ! Ils disent aller aux élections alors que les populations pour les droits desquelles, ils prétendent se battre ne peuvent voter, faute d’avoir été enrôlées ! Ils affirment que les dés sont pipés mais tiennent quand même mordicus à compéter …
Question : Que de paradoxes qui brouillent les pistes et les convictions ! Tout ceci n’est- il pas, au fait, dicte par un gout prononce pour le show politique ?
Samba Thiam : Rien, disait Edward Said , à juste titre , ne défigure plus l’image de l’intellectuel que le vacarme patriotique, le reniement théâtral, les silences prudents…
Dernier élément du champ, ces partenaires internationaux dont nous connaissons tous l’attachement primordial à la sécurité et qui restent favorables à Aziz, jugé comme l’homme de la situation !
Il serait donc illusoire de compter sur leur soutien. Nous avons encore Dakar en mémoire… Pour toutes ces raisons il eût été, peut être , plus judicieux de sacrifier le présent pour préserver l’avenir, comme je le disais plus haut .. Telle est mon opinion.
Question : Vous n’êtes donc pas concernés par ces élections ?
Samba Thiam : Non, vous avez pu le constater à travers mes propos, même si nous n’y sommes pas indifférents. Rappelons au passage que nous voulons penser par nous- mêmes , pour nous- mêmes et au besoin avec les autres , mais nous refusons que d’autres pensent pour nous sans nous !
Voila qui explique , en partie, pourquoi nous ne sommes ni dans le camp du pouvoir, ni dans celui du FND-u malgré une proximité de vues avec ce dernier sur certains aspects de l’analyse de la situation .
Question : Pour quelles raisons ?
Samba Thiam : Pour nous ces élections sont sans enjeu parce que nous pensons que notre problématique est ailleurs ; et que cette problématique ne peut être résolue par des élections ; c’est notre conviction.
Nous le constatons, depuis 50 ans des élections passent et repassent, sans que cela ne change quoi que ce soit dans notre condition d’exclus ! Mieux, nous croyons fermement que ce ballet d’élections contribuent à cacher, voire à banaliser notre exclusion. Alors, si l’on devrait se résoudre a aller aux élections , par la force des choses, autant au moins le faire avec grâce et style !
Rappelons que notre problématique tourne autour d’un Système que nous voulons détruire et que d’autres, – ils sont légion et de tous les bords – s’évertuent à préserver. Un Système qui tire sa source de l’idéologie Afrikaner : “Annihiler la force numérique et la force de travail que représentent les Noirs afin de les transformer en instruments, sans qu’aucune possibilité ne leur soit laissée de sortir de cette situation ”.
Nous œuvrons pour des changements en profondeur, visant à refonder la Mauritanie sur des bases égalitaires, justes, démocratiques, afin de garantir son unité, préserver sa stabilité assurer son avenir.
Comme le disait si bien quelqu’un, construire un pays qui accepte sa diversité , cultive la solidarité, partage ses richesses. Sur ce chapitre la, le camp du pouvoir comme celui de la vieille ’opposition classique, dans ses composantes essentielles, se limitent aux questions périphériques … Tout le monde parle d’unité nationale mais personne ne met le doigt sur la plaie ; Personne ne veut nommer les douleurs ! Voila qui justifie notre position de « ni, ni… « .
Question : Y a-t-il parmi les candidats quelqu’un qui porte un projet proche du vôtre ?
Samba Thiam : Oui, il y’en a …Mais je ne puis lui accorder mon suffrage pour les raisons évoquées plus haut, encore moins donner un mot d’ordre en ce sens qui, s’il devait y en avoir un, irait certainement dans le sens du boycott.
Propos recueillis par Md O Md Lemine
FLAMNET-RÉTRO: Interview du camarade SOW IBRAHIMA MIFO
Dans le cadre de cette rubrique rétrospective, nous vous proposons aujourd’hui la rediffusion de cette interview du VP, Ibrahima mifo Sow, accordée au Quotidien de Nouakchott du jeudi 26 juillet 2012.
Bonne lecture.
Interview de Sow Ibrahima Mifo Vice-président et chargé à l´organisation et à l´orientation politique des FLAM
« La place des Flam est naturellement du côté de ceux et celles qui posent la question nationale et sociale comme une priorité absolue à résoudre ».
Les forces de libération africaines de Mauritanie (FLAM) après des décennies d’exil, ont décidé de regagner leur pays pour continuer le combat. Comment se fera ce retour, comment les FLAM vont se positionner sur la scène politique, quelles sont les implications humaines de ce retour….Nous avons interrogé, Sow Ibrahima Mifo, Vice-président et chargé à l´organisation et à l´orientation politique des FLAM.
LQN: Quand sera effectif le retour annoncé des FLAM en Mauritanie?
IBRA: Les Flam ont déjà commencé à reprendre effectivement pied sur le sol national avec le retour de notre section sénégalaise conduite par notre camarade Mamadou Wane. Avant cela, nos émissaires s’étaient rendus en Mauritanie pour y engager des missions de terrain, de contacts. Notre retour est désormais un processus irréversible mais nous tenons à le mener en bon ordre, en étapes contrôlées. L’enjeu de cet évènement est si important que nous devons en maitriser tous les facteurs concourants. Et ils sont aussi divers que complexes, allant des préjugés et des appréhensions à apaiser, des exigences politiques et administratives à ménager jusqu’aux carrières et des vies de familles à réorganiser. Mais je peux vous assurer que nous sommes à l’œuvre, et qu’il ne s’agit plus qu’une question de mois jusqu’au parachèvement de notre redéploiement dont le couronnement sera le retour de notre Président en compagnie d’un nombre important de nos militants.
LQN: Entre l’opposition degagiste, qui demande le départ de Ould Abdel Aziz du pouvoir, l’opposition dialoguiste, qui a pris langue avec le pouvoir, la majorité présidentielle …Une fois en Mauritanie, où se situeront les Flam dans la scene politique?
IBRA: La place des Flam est naturellement du côté de ceux et celles qui posent la question nationale et sociale comme une priorité absolue à résoudre. Nous nous allierons avec les Mauritaniens, de quelque bord qu’ils soient, qui se préoccupent de débarrasser notre pays du plus grand danger qui menace son existence et compromet son avenir, à savoir les discriminations raciales et sociales érigées en règles immuables de gestion de la Mauritanie. Nous avons bon espoir que notre retour impulsera l’émergence d’un vaste pôle patriotique dont l’ambition première sera de guérir la Mauritanie de sa périlleuse fuite en avant en la réconciliant avec sa diversité.
LQN: La première option pour les Flam, c’est la création d’un parti politique. Y a-t-il une seconde option comme la fusion avec un parti politique.
IBRA: La seule option absolument intangible pour les Flam est le devoir de poursuivre en Mauritanie le combat qu’elles ont initié, il y a bientôt 30 ans, et pour lequel nous restons plus mobilisés que jamais. Il s’agit de déconstruire le système raciste et esclavagiste qui aliène et assujettit la vaste majorité de nos populations pour offrir, en lieu et place, un nouveau contrat d’unité nationale fondé sur les principes de liberté, de justice et d’égale dignité de nos identités. C’est un sacerdoce pour nous, une mission vitale pour la Mauritanie, et pour la mener à son terme, les Flam ne lésineront sur aucune opportunité.
LQN: Après des décennies d’exil, une intégration dans les pays d’accueil, le retour au pays pour y mener le combat politique, humainement, ça pose des difficultés…
Et comment pouvait-il en être autrement quand on sait que pour beaucoup cela dure plus d’un quart de siècle! Pendant ce temps, il a fallu vivre, s’adopter à de nouvelles réalités. Mais rassurez-vous, il n’y aura pas de drame car les Flamistes, en hommes et femmes de foi et de convictions, ont toujours su mettre l’appel du devoir militant au dessus des situations de convenances personnelles. Pour nos militants, les moyens de l’exil ne peuvent servir qu’à assurer le succès du retour.
Propos recueillis par Khalilou Diagana- Le Quotidien de Nouakchott du jeudi 26 juillet 2012.





