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FLAMNET –RETRO : VII congrès des FLAM, le discours d´ouverture du Président Samba THIAM
Camarades du conseil national
Camarades du Bureau national
Camarades Secrétaires généraux des Sections
Camarades délégués,
Camarades congressistes
Honorables invités, Mesdames et Messieurs
Dans la vie des organisations politiques, les Congrès, au-delà des retrouvailles joyeuses qu’ils permettent, constituent surtout des moments de pause destinés à faire le point, à ouvrir des perspectives et à réajuster, au besoin, méthodes et stratégies de lutte.
Mesdames , Messieurs les invités, c’est pour nous un immense plaisir de vous accueillir aujourd’hui parmi nous, en ce 7ème Congrès des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM ).
Votre présence ici, chers invités, témoigne sans nul doute , de votre sympathie pour notre Organisation qui découle, certainement, de l’intérêt que vous portez à son noble et long combat qui se mène voilà 28 ans; un combat dont le sens ne saurait être mieux rendu, par ces mots de CESAIRE :
« notre lutte est un sursaut de dignité,
un refus de l’oppression,
un combat contre l’inégalité,
une révolte contre un Système fondé sur des préjugés , des présupposés qui aboutissent à une hiérarchie …., elle est l’affirmation de notre droit à la différence … , une sommation à tous d’une reconnaissance de ce droit ! »
Notre combat, en un mot, est un combat pour l’Egalité dans la citoyenneté, pour l’Unité dans la diversité et la complémentarité, pour la Démocratie authentique dans une Mauritanie reconstruite sur des bases et valeurs nouvelles.
Une longue marche vers la liberté, difficile et pénible, parsemée d’embûches, au cours de laquelle des camarades sont tombés. Je pense à Touré Zakaria tombé sur le champ de bataille, à Mama Sow, militant exemplaire arraché à la fleur de l’âge, stoique, combatif, demeuré actif alors même qu’il luttait contre la terrible maladie; je pense à Aboubakry Kalidou Ba, dont l’engagement inébranlable, était resté frais, juvénile et tonifiant.
Mes pensées vont également à Sarr Amadou, Sy Saidou et Ba Seydi autres héros sacrifiés de la cause, fauchés sous les balles du peloton d’exécution , sans oublier tous ceux-là qui s’étaient investis, à leur manière, dans cette lutte de libération, comme Saidou Kane, Mamadou Samba Diop et tant d’autres .
Mesdames et Messieurs je vous invite à consacrer une minute de silence à leur mémoire, à jamais éternelle !
Quel sacrifice y’a-t-il de plus cher ou de plus sacré que celui de la vie ?
Ces êtres, partis pour toujours, nous interpellent quelque part, individuellement, nous soldats de la cause, à faire un examen de conscience sur la profondeur de l’engagement personnel de chacun de nous, dans cette noble lutte pour notre libération .
Mesdames, Messieurs les invités ,
nous sommes heureux, aujourd’hui, de partager avec vous nos soucis qui, croyons-nous, sont aussi quelque part les vôtres – face à l’actuelle situation politique interne , pleine de menaces sur notre devenir dans notre pays .
Si, au tout début de sa prise de pouvoir le Président Ould Abdel Aziz avait suscité quelque espoir –aujourd’hui évanoui- à travers quelques promesses et tentatives de réformes amorcées , force nous est de reconnaître que le Système a, maintenant, repris le dessus.
L’équilibre souhaité par nous dans la représentativité des communautés au sein de la haute ’administration reste presque ignoré , la question du passif humanitaire semble évacuée dans son fond, le retour entamé des réfugiés est brutalement arrêté , alors qu’ils sont des milliers encore à l’exterieur à demander à être rapatriés; et ceux qui l’avaient été vivent dans des conditions intenables, privés jusqu’aux pièces d’identité. ; la question des terres de la vallée est rendue plus aigue, par une spoliation quasiment déclarée ces derniers mois, et la question de l’esclavage enfin, laissée en l’état !
Même constat amer avec nos mouvements associatifs basés à l’extérieur, qui essaient courageusement de soulager les souffrances grandissantes des populations de la vallée du fleuve, mais se heurtent , invariablement, dans leurs initiatives, hier comme aujourd’hui, à l’hostilité de l’administration .
Ainsi leurs tentatives comme celle de créer des banques de développement, ou des banques de céréales pour adoucir les dures périodes de soudure , se voient bloquées ou interdites – , tout comme l’envoi de matériel d’équipement soumis à des tracasseries administratives sans fin, s’il n’était simplement confisqué, ou encore ces maternités bâties par nos immigrés, dans l’espoir de réduire le taux de mortalité de femmes en couche, qui sont laissées quasiment sans personnel!
Bref ces associations font tout cela, pour tenter de soulager, tant soit peu, la misère grandissante des populations locales, mais sans succès; sans succès parce que le Système politique en place, à caractère ethniciste et raciste, s’y opposait ! Comme il s’opposait à toute tentative, interne, de mise en place de coopératives de consommation villageoises, et décourageait tout rayonnement de centres d’alphabétisation en Pulaar, Soninké ou Wolof, perçus comme des foyers de subversion; parce que pour la Mauritanie officielle il n’y a d’alphabétisation digne d’attention que l’alphabétisation en langue arabe , car les langues négro-africaines sont perçues au mieux comme des dialectes, sinon des idiomes .
Enfin, -dernier constat, récent -ceux qui se dressaient contre l’esclavage étaient menacés, agressés, écroués, et lorsque des Etudiants s’affrontaient à l’université de Nouackchott comme advenu en Avril dernier, le régime, sélectivement, réprimait la seule composante négro- africaine; et pour couronner le tout cette mise en place d’une commission mono-ethnique chargée du recensement d’ une population pluri-ethnique , -dont nous dénoncerons les résultats –
Le régime, par toutes ces pratiques, est entrain de révéler sa vraie nature : une dictature camoufflée, arrogante, répressive et raciste, qui oeuvre à préserver le même Système discriminatoire, à l’image des régimes militaires arabo-berbères qui l’avaient précédé !
Comme ces derniers, le Régime du président ould Abdel Aziz élude les questions centrales pour n’aborder, au petit bonheur la chance, que les questions peripheriques, techniques, secondaires .
L’espoir de réformes profondes a complètement fondu , le Système étant de retour, en force .
Voilà pourquoi les déclarations récentes à propos des sépultures et de la situation des fonctionnaires negro -africains victimes de purges ethniques sont un leurre, un rideau de fumée , destiné à nous divertir , a endormir notre vigilance .
Face à cette situation inquiétante , grave à tous égards, que font nos Organisations ?
Rien, sinon que chacune reste dans son clocher, jouant au leader, chacune organise ses propres manifestations , détermine ses partenaires et ses alliances en fonction d’affinités du moment , crée et gère son propre site internet au gré des humeurs, rivalisant d’ardeur dans la chasse aux visiteurs !
Nos sites électroniques doivent être des instruments de combat dirigés contre le Système, et non servir à l’auto-flagellation.
Mesdames, Messieurs les invités, représentants des Ong et des partis politiques nationaux,
Ahmed Sekou Touré disait « qu’il est des instants, dans la vie des nations et des peuples, qui semblent déterminer une part décisive de leur destin … »
A mon sens, l’instant d’aujourd’hui constitue, pour nos organisations qui mènent de l’exterieur la résistance, ce moment décisif; S’unir ou périr tel est le sens et l’alternative de l’instant, tel est l’enjeu du moment pour nous en particulier, et pour la mouvance négro- africaine, en général.
Au vu de notre situation générale qui ne cesse de se dégrader a tous egards, la seule voie qui mérite aujourd’hui d’être explorée est celle de l’Unité, à tout le moins, l’unité d’action .
L’unité la plus large possible avec les forces patriotiques, démocratiques et progressistes qui partagent, avec nous, les mêmes aspirations. Cette Unité-là nous l’avions toujours souhaitée et nous continuerons de la rechercher, car l’issue du combat commun en dépend .
Il n’y a plus de place pour la lutte en ordre dispersé , devant la persistance d’un système discriminatoire à caractère raciste, qui rend notre avenir dans ce pays chaque jour plus incertain.. A situation nouvelle, stratégie nouvelle .
Le moment est venu , nous semble-t-il, de nous remettre en cause.
Camarades congressistes, camarades flamistes, ces remises en cause s’adressent aussi à vous, à nous .
Nous avons porté, presque seuls, pendant près de 20 ans, tout le poids de la lutte. Nous devons nous saisir maintenant de toute ’opportunité offerte d’en partager le fardeau avec d’autres forces; mieux nous devons forcer ces opportunités.
Il serait illusoire de croire qu’ une organisation, même toute puissante, au vu des conditions internes de plus en plus difficiles et complexes, fût en mesure de venir à bout, toute seule, du Système en cours.
L’heure semble donc venue de travailler encore, plus fort, pour l’unité de la résistance dans la fusion des forces et des énergies, si nous voulons ensemble hâter la fin du Système.
Les réformes de l’Armée, de la haute administration, de l’Education, en conformité avec l’identité bi-ethnique et multiculturelle du pays, la fin de l’esclavage, le renforcement de la démocratie nous semble constituer une base naturelle de convergence !
Il nous faut, camarades , nous préparer à prendre, au cours de ces assises, les décisions courageuses qu’impose l’évolution de notre organisation , voire sa survie .
Camarades militants ,
je suis d’habitude , par tempérement peut-être , avare de compliments , très peu porté vers les discours laudatifs, encensés, ou les flatteries , mais aujourd’hui, je me dois d’y déroger , en vous rendant un hommage mérité !
Vous vous êtes levés tôt pour dénoncer l’oppression dont nous sommes victimes, au moment où personne ne songeait à le faire , et après 28 ans , vous tenez toujours bon, sans jamais verser dans la compromission, malgré l’adversité en tout genre .
En effet , nous avions été nombreux sur la ligne de départ , prêts pour la résistance , mais combien parmi nous ont décroché en chemin, pour avoir manqué de souffle ? mais dont les coeurs battaient toujours pour l’organisation.
Vous êtes restés fidèles au poste, attachés à l’organisation, debout, toujours prêts à répondre à l’appel du devoir , en dépit des conditions souvent impitoyables de l’exil.
Recevez donc ici mes hommages appuyés .
Continuez dans cette voie même si le chemin paraît encore long .
Je ne voudrais pas terminer sans féliciter les camarades venus de si loin , prouvant , une fois de plus , leur détermination à répondre à chaque fois que l’organisation avait besoin d’eux ! Je voudrais aussi féliciter la section Europe pour l’ activisme qui la caractérise depuis toujours , et qui a permis de maintenir, vivante, l’Organisation en France. Féliciter et remercier, enfin, la commission d’Organisation et de suivi, pour les efforts déployés, afin de réussir son pari !
Messieurs les représentants des organisations amies, Personnalités amies , mesdames et messieurs,
nous vous exprimons ici notre reconnaissance et toute notre gratitude, pour dire combien votre soutien nous fut précieux toutes ces années , et pour redire que nous avons encore besoin de votre solidarité , car notre route, dans cette quête de liberté que sommes déterminés à poursuivre, pourrait -être encore longue.
Camarades congressistes, mesdames et Messieurs, je déclare ouvert le 7ème congrès des Forces de Liberation Africaines de Mauritanie (Flam ).
Vive les FLAM !
Paris le 28 mai 2011
FLAMNET- RETRO: Quand le président Samba Thiam des FPC répond aux attaques malveillantes de Mohamed Ould Maouloud de l´UFP-MND
Nous sommes pour le Mnd ce que De gaulle fut pour Vichy
Ould Yessa aimait à dire, pour appeler à la vigilance, que lorsque ses “parents” voulaient dissimuler quelque chose aux Négro-africains, ils le diffusaient en arabe…
Ould Maouloud vient de faire une sortie à (Zaharachinguitty.info) –version arabe- où il chargeait les Flam – aujourd’hui FPC- .
Vous devinez que pour répondre aux critiques formulées, J’ai dû recourir aux services de traduction, oh combien délicate et inconvenante dans notre contexte !
La sortie de Maouloud , comme les sorties en général du Mnd –Ufp dirigées contre nous reposent, bien souvent, sur des accusations fallacieuses , des raccourcis faciles , s’ils ne recourent simplement à l’amalgame , aux dénigrements et à la calomnie . Il commence par relever les différences entre nous, enchaine sur sa critique pour finir par appeler à discuter …
Abordant la différence entre eux et Nous Maouloud affirme qu’elle se situait dans l’idéologie ; moi je dirais plutôt qu’elle tient à l’analyse de la situation interne –depuis toujours – ; elle réside, à mon sens , dans la perception et l’appréciation des hommes et des choses , dans la vision . Je continue de croire que nous nous réclamons tous deux de gauche, cette gauche nourrie à l’idéal de liberté et du progrès,… maintenant que le communisme est partout renié.
Commençons – pour fonder mon assertion- par comparer le regard , récent, qu’il portait sur la personnalité de Ould Taya qu’il jugeait ‘’ en patriote qui aimait son peuple …‘’ avec le mien qui considère ould Taya comme le plus stupide des Présidents , et l’incarnation même du mal absolu ; Ce camp d’en face nous reprocherait nos concepts : Système, “Apartheid mauritanien , Négro –africain ou Négro-mauritanien” , concepts qui les incommodaient au plus haut point … Là où mon organisation dénonce frontalement, avec force, l’oppression dont sont victimes les Négro-mauritaniens, eux louvoyaient, abordaient la question avec circonlocution ! Face à ce que nous qualifions de discrimination, de racisme structurel de l’Etat mauritanien, ils faisaient profil bas et ne trouvaient à opposer qu’ un ‘’compromis processuel et dynamique’’…
Face aux putschs militaires Awlad Nasr et Négro-africains, nous nous souvenons encore du double standard par eux adopté, malgré la différence de nature de ces deux évènements .
Notre Manifeste fut qualifié par lui et ses amis de document incendiaire qui ‘’ voulait mettre le feu à la maison commune ‘’, pour tenter de remettre en cause l’équilibre existant … ; l’équilibre existant !!!
Quelque part, nous sommes à l’égard du Mnd-Ufp ce que De Gaulle fut pour Vichy. De Gaulle combattait les Allemands qui avaient envahi la France et Vichy combattait De Gaulle ! Nous combattions le Système, le Mnd-Ufp nous combattait…
Bien sûr, de temps à autre , quelque Négros et quelque negrita montaient au créneau , versaient dans le ‘’discours flamiste’’ pour tenter de mystifier l’opinion négro-africaine , brouiller les cartes , afin de limiter les dégâts dans leurs rangs , chaque jour un peu plus clairsemés .
L’origine de notre contentieux avec le Mnd , vieux de trente ans , est à chercher dans la différence de morale politique ! Nous croyons à une certaine noblesse politique, qui se refuse au mensonge, à la calomnie de l’adversaire, aux coups fourrés, aux poignards dans le dos ! Un homme ça se retient disait le père de A CAMUS.
Pour revenir aux différences , celle essentielle –originelle- entre eux et Nous date , je crois , des années 70 , lorsqu’eux mettaient l’accent sur le combat contre l’impérialisme français , là où nous pensions qu’il fallait , pour justement réussir cette lutte contre l’impérialisme – consolider le front intérieur en s’attaquant d’abord ou simultanément aux discriminations rampantes des nationalités, déjà perceptibles . Ils pensaient que la lutte contre l’impérialisme était la contradiction principale, nous pensions le contraire. Ils développaient une approche marxiste de classes , là nous percevions déjà , au-delà des réserves et limites de cette approche dans le contexte africain – , que la lutte des classes glissait vers la lutte des races ; l’une était sur le point de recouvrir l’autre , dans notre contexte interne , pour devenir une . Bien que le cours de l’histoire aie confirmé nos vues, ils refusaient, malgré tout, de faire leur mea-culpa, et persistaient dans la fuite en avant …
Maouloud dit dans cette interview que le terme Négro-mauritanien avait été créé par nous, pour inclure les Haratines dans notre combat afin « de faire front contre les maures ».
Un peu de vrai, beaucoup de faux comme savent si bien le faire les éléments du mnd ! Raccourci facile, pure vue de l’esprit …
Nous avons réinventé ce terme , non pas « pour faire un front contre les maures » comme le croit le président de l’UFP , mais pour faire front contre un Système inique , pernicieux ; cette démarche s’inscrit dans une logique naturelle qui veut que dans les luttes de factions , chaque partie cherche à créer un rapport de force qui lui soit favorable ; c’est de bonne guerre , il doit en convenir . S’il se trouvait des maures qui souhaitaient la préservation de ce Système, alors oui, nous ferions front contre eux. Que Maouloud nous dise donc dans quel camp il se situe ? Dans le camp des destructeurs du Système ou dans celui de ceux qui œuvrent à le perpétuer ? Dans le camp de l’immobilisme ou dans celui du changement ?
Notre souci, notre intention n’a jamais été de détacher les haratines des maures (blancs), ou de les avoir avec nous contre les Bidhaans, non ! Nous voulions , en progressistes, simplement soutenir leur juste lutte , en hâtant leur prise de conscience politique , et partant, leur émancipation … Cela nous l’assumons, et nous sentons fiers d’avoir presque réussi . Ce concept englobant , parallèle à celui de N-africains , visait aussi à distinguer le type de Noirs mauritaniens , pour l’étranger ; Il y avait ceux qui avaient été réduits en esclavage et perdu leur culture originelle , par assimilation , il y avait les autres, qui avaient échappé à cette traite négrière et donc avaient conservé , intactes , leurs langues et cultures d’origine ( wolofs , Bambaras , Pulaars , Soninko ) .
En tout état de cause ‘’ l’identité haratine’’- actuellement assumée – vient clore ce faux débat ; les Hratine , en effet, ont fait le choix , disent-ils, de n’appartenir ni au camp des kwar ni à celui des arabes …
Au finish , dirais-je à Maouloud , n’avions-nous pas , nous aussi , le droit d’user du slogan de l’internationale : ‘’prolétaires (… ) unissez-vous’’ , d’autant que nous sommes ( hratine et Kwar ) aujourd’hui et depuis toujours les véritables opprimés du Système en cours ? Nous n’excluons nullement les opprimés arabo-berbères, il ne tient qu’à eux de rejoindre nos rangs.
J’en viens maintenant à l’amalgame, la confusion , qu’aiment bien entretenir Maouloud et ses amis entre les deux nationalismes , qu’ils renvoient souvent , non sans cynisme , dos à dos ; Le nationalisme arabe – nationalisme arrogant , intolérant , impérialiste, et le nationalisme négro-africain qui demeure un nationalisme ouvert , patriotique . Si en théorie les Mawlouds prétendent se démarquer des premiers ( Nasseriens et Baassistes ) ’en pratique, ils ne sont pas très éloignés de ceux-là , de par leur quasi silence sur la réalité socio politique douloureuse , actuelle du pays .
En conclusion , ce type de critique émanant d’éléments intellectuels arabo-berbères évoquent, pour moi , les propos que Martin Luther King tenait à l’endroit des whites citizens , des whites moderates aux Etats-Unis .
King disait que les Blancs modérés , par leur position qui renvoyait dos à dos victimes et oppresseurs , contribuaient, en réalité , à renforcer l’oppression des Blacks américains . Ces whites moderates stigmatisaient les effets (tension) mais se gardaient de considérer les causes à l’origine de cette même tension. Ils étaient, ajoutait-il, plus dévoués à l’ordre qu’à la justice … ils préféraient la paix négative qui est absence de tension , à la paix positive qui est présence de justice . King terminait pour dire que l’injustice devra être exposée à la lumière de la conscience et de l’opinion nationale avec toute la tension que son exposition créée. C’est à cela que nous nous essayons.
Pour revenir enfin à son appel à discuter , bien sûr que nous sommes preneurs ; dès que l’opportunité sera offerte …mais cette discussion, je crois , ne pouvait tourner autour des ’idéologies…
Je ne puis, par ailleurs, ne pas noter ce paradoxe chez mon alter ego : il déterre la hache de guerre tout en appelant simultanément à discuter pour solder notre contentieux vieux de 30 ans ? Notre long et difficile compagnonnage , cette relation tempétueuse marquée par un déficit de confiance , par la méfiance , suscités par les coups fourrés , les coups bas , les dénigrements et la calomnie , ne saurait se pacifier sur une simple discussion , à moins …de forcer sur l’optimisme .
Mais enfin essayons toujours, même si l’on est persuadé qu’on ne change pas à 60 ans…
La lutte continue!
Samba THIAM- Président des FPC .
www.flamnet.info
FLAMNET-RETRO : Mauritanie-Perspective : Problématique de L’unité nationale | Contribution de Samba THIAM- Inspecteur de l´Enseignement et Président des Forces Progressistes du Changement(FPC)
En raison du contexte national actuel, des débats houleux à l’assemblée nationale, et d’une audience publique en perspective au niveau du sénat le vendredi prochain, flamnet se propose de rediffuser sur sa rubrique ‘’RETROSPECTIVE’’, la contribution à l’unité nationale du président Samba Thiam. C’était dans le cadre d’une invitation à un diner débat organisé par Mauritanie- perspectives autour du thème « Unité nationale » Mr Samba Thiam, Inspecteur d’Enseignement et Président des Forces Progressistes du Changement (FPC), avait produit cette contribution.
Bonne lecture !
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Je voudrais, avant d’entrer dans le vif du sujet, saluer l’initiative, en même temps, rendre hommage aux initiateurs du projet, de par leur posture d’intellectuel, dont le rôle « n´est pas de plaire ou de séduire mais de porter la plume sur la plaie, de dire ce qui est ». Un rôle, par-dessus tout, « de vigile, d’alerte au danger, à la manière des Oies du Capitol ».
Au regard des menaces de péril en la demeure l’initiative est bien venue, opportune plus que jamais, et reflète, par ailleurs, la sagesse et un patriotisme certain. Je ne puis également ne pas souligner son caractère mémorable et historique. En effet, pour la première fois, dans l’histoire de notre pays, on choisit de parler du problème de « l’unité nationale », rien que de l’unité nationale. Directement, frontalement, posée comme thème central, sans amalgame…
La seule petite réserve que je me permets d’émettre ici est relative à la démarche choisie, qui consiste à agencer des thèmes, cloisonnés, que l’on nous propose de traiter. Or, à mon humble avis, aborder ainsi ces thèmes, de manière isolée, sans qu’ils ne découlent de l’analyse préalable de la problématique générale (l’unité nationale), risquerait de nous mener vers de fausses pistes, car on les traiterait à vide, en leur apportant des réponses essentiellement techniques, sans lien apparent avec la problématique centrale qui, elle, est éminemment politique. Pour me résumer, j’aurais plutôt suggéré de définir et cerner d’abord « la problématique de l’unité nationale », de laquelle découlera le traitement des thèmes choisis, parce que les problèmes et disfonctionnements existant, ici et là, dans tel ou tel secteur particulier, résultent, en fait, de cette problématique –cause première – d’essence politique. Si l’Enseignement est actuellement en dérive et que la justice ne fonctionne pas, ou que la discipline et l’équité se soient envolées dans l’Armée, c’est bien à cause des idéologies …
A la réserve plus haut, j’ajouterai une recommandation, nécessaire me semble-t-il, à savoir les dispositions psychologiques à attendre de chacun des intervenants pour réussir ce débat : esprit d’ouverture et d’écoute, franchise et réelle volonté de chercher et trouver des solutions…
Entrons maintenant dans le vif du sujet.
Les questions qui surgissent sont du type quelle problématique ? Comment se caractérise-t-elle ? Quelles en sont les causes ? Quelle(s) solution(s) s’il en existe ?
Il y a un réel « problème d’unité nationale » ou de cohabitation, incontestablement; L’unité actuelle (bancale, osons le dire) semble menacée de voler en éclats. Pourquoi ?
L’unité est en danger, en raison principalement, me semble-t-il, de la rupture du fragile équilibre entre les composantes nationales, au sortir de la colonisation; Hier nos communautés nationales se partageaient les charges, aujourd’hui une seule composante nationale, un groupe ethnique s’arroge tous les droits, contrôle, voire monopolise, pour l’essentiel, tous les rouages de l’Etat, tous les secteurs de la vie publique, à cause ou par la complicité de l’Etat. La réalité des pouvoirs politique, économique, diplomatique, militaire, culturel, social, médiatique, reste aux mains d’une seule composante nationale, excluant quasiment Négro-africains et Haratines ; Cette discrimination -ou racisme d’Etat- ouvertement menée, suscite, en réaction, un fort sentiment d’injustice, des frustrations, de l’exaspération , et par-dessus tout un sentiment d’inutilité chez les victimes, à leur pays ; or , « personne, pas même un saint, ne peut vivre sans le sentiment de sa valeur individuelle » nous dit J.H. Griffin . La grande Justice, d’essence politique, que l’Etat est censé garantir et distribuer à tous, a fait place, aux inégalités nombreuses, aux injustices flagrantes, érigées en Système de gouvernement.
Pour illustrer mon propos Je citerai quelques exemples marquants, caractéristiques de cette discrimination :
Dans les forces armées et de sécurité le corps de commandement est composé essentiellement d’Arabo-berbères, Négro-africains et Haratines, constituant le gros de la troupe, se retrouvent au bas de la pyramide; Comme par provocation, la langue arabe vient d’être instituée dernièrement comme langue de cette institution, excluant, de facto, les Négro-africains déjà épurés de la grande muette depuis les évènements de 1986-1990.
_ Si nous considérons le gratin scolaire, c’est-à-dire nos « grandes Ecoles », comme l’école des mines, l’école de médecine, l’école polytechnique, l’école de la magistrature et de la haute administration, le Prytanée militaire, l’école des officiers, nous constatons que toutes ces écoles recrutent à 99 % dans la composante arabo-berbère. Il faut souligner que la base même de l’exclusion raciale ou du groupe Négro-africain ce sont les réformes scolaires engagées en séries, qui visent à imposer et à instrumentaliser la langue arabe, à des fins de discrimination, d’assimilation et de domination. A côté du français, langue étrangère face à laquelle tous les enfants ont des chances égales, on a imposé non seulement la langue arabe, mais on l’a imposé en la fragmentant, en matières éclatées – cinq (5) – affectées du coefficient deux ou trois (2 ou 3), pénalisant ainsi exclusivement les élèves négro africains. L’échec massif des élèves et étudiants négro-africains aux examens et concours est imputable, en grande partie, à cet état de fait.
Il est bon de comprendre, comme le rappelait quelqu’un, que l’unité nationale ne se fait pas, forcément autour d’une langue; l’unité se fait lorsqu’on parle le même langage, plutôt que la même langue…
_ Au niveau des médias il n’y a pas mieux; pas un seul n’a été cédé à un négro-africain; pis, après 21h-22h toutes les chaines privées et publiques émettent en langue arabe ou hassanya jusqu’au matin; une portion congrue est accordée aux langues nationales africaines, et encore dans des périodes de plus mauvaise écoute !
Pour clore ces illustrations, examinons la représentativité des communautés nationales au parlement :
_Le parlement mauritanien compte 203 parlementaires (sénateurs et députés confondus); parmi les 203 parlementaires il y’a 150 Arabo-berbères soit (73 %), contre 20 Haratines et 33 Négro-africains, alors que les deux dernières composantes constituent près de 80 % de la population totale ! Second cas, non moins flagrant de discrimination, entre autres : le Guidimakha – région Sud-compte 20.7000 âmes et la région de l’Adrar 62.000 âmes ; cette dernière est représentée au parlement par 5 députes et 4 sénateurs alors que le Guidimakha, 3 fois plus peuplé, ne compte que 6 députés et 2 sénateurs. Où est donc l’équité ?
Je vous fais l’économie des secteurs de la justice, de l’Economie, (banques et entreprises privées et publiques) où certaines composantes sont quasiment absentes; un enrôlement au dessein obscur, exécuté par des commissions mono-ethniques censées recenser une population pluriethnique; enrôlement qui divise le couple, la mère et l’enfant, octroyant à l’un le statut de mauritanien, à l’autre celui d’apatride !
Le journaliste Dahane ould Taleb Ethmane, dans une recherche intitulée « partage régional des hautes fonctions de l’Etat », menée en 1990 (Mauritanie-Nouvelles), affirmait que « l’Etat mauritanien apparait comme un compromis entre les grandes tribus ». Le chercheur Olivier Leservoisier, dans « Question foncière en Mauritanie » ressortit des travaux de Dahane la part de « pouvoir » attribuée aux Négro-africains dans l’Etat : « pouvoir politique 12%, pouvoir économique 6%, pouvoir administratif 21%, pouvoir diplomatique 12%, pouvoir militaire 15% ».
Que reste-t-il de ces chiffres au regard de la réalité de 2014 ? Rien …
Au vu de ces illustrations de discriminations et d’inégalités criantes, nous pouvons affirmer que nos difficultés actuelles de coexistence pacifique résultent essentiellement de l’absence de justice; non pas la justice au sens restreint du terme, mais la grande justice, d’essence politique comme le dirait Yehdih Bredeleil; celle assurée par l’Etat dans tous ses démembrements. Cette Justice symbolisée par l’équité, l’égalité des chances, l’égalité des droits effectifs, l’égalité devant la loi garantie par l’Etat, impartial, sur lequel le faible et la victime peuvent s’appuyer; l’Etat – le nôtre – est malheureusement devenu, hélas, l’instrument au service d’un seul groupe ethnique, au service des membres puissants de ce groupe ethnique. Le vivre- ensemble doit avoir pour socle et condition le respect de la diversité (culturelle, ethnique, religieuse etc), sinon il ne se justifie pas.
Souvent, on nous oppose l’argument du nombre (majorité) pour justifier l’ordre inique actuel, comme si la « minorité », pour avoir se droits, devait dépendre de la générosité de la majorité !
L’une des sources principales des problèmes d’unité que nous rencontrons est à chercher dans le soubassement idéologique de nos dirigeants qui ont manqué de vision, s’obstinant à vouloir faire de ce pays un pays arabe, exclusivement, « au mépris de la réalité factuelle de sa diversité »; s’y ajoute le flou ayant entouré l’usage, sans clairvoyance, des concepts d’unité, de nation, d’Etat-nation, à revisiter … Que voulaient nos pères fondateurs ? Que voulons-nous ?
Voulons –nous Unir ou unifier nos nations ? Cherchons-nous à construire l’unité ou à faire de l’unitarisme ?
En optant pour l’unitarisme à la place de l’Unité, l’on gommait, de facto, toute identité qui n’était pas arabe, afin d’accoucher, au forceps, une « nation » arabe, au mépris de toute identité non arabe. Nos pères fondateurs et leurs successeurs se sont fourvoyés dans l’option du concept d’Etat-nation – qui n’existe toujours pas – à la place de l’Etat multi-nations, plus adapté à la réalité africaine, fédérateur de la pluralité des nations, des langues et cultures. Le concept d’Etat-nation est inadapté à la réalité africaine plurinationale, à logique différentielle et segmentaire, selon M Tshiyembe, l’Etat-nation, rappelle par ailleurs Cheikh Anta Diop dans « Civilisations ou barbarie », suppose au préalable des nations rendues homogènes par la violence … Ce qui n’est pas notre cas !
En vérité, si notre unité est actuellement mise à mal, c’est parce qu´en réalité, elle a toujours été une unité de façade, bancale, et qu’elle ressemblait davantage à « l‘unité du cavalier et de sa monture » ! L’explication de notre crise actuelle d’unité pourrait se résumer simplement par cette formule triviale : hier la monture acceptait de subir ce qu’elle refusait, aujourd’hui elle se cabrait et refusait de se faire monter. C’est aussi simple que ça !
Quelles solutions ?
Avant d’exposer mes propres vues sur les solutions possibles, je voudrais revenir sur celles évoquées, ici et là, vis-à-vis desquelles je nourris des réserves, de fortes réserves…
D’abord « la solution par l’Islam »…
Si l’Islam, comme le prétendent certains, était un facteur à 100% unificateur, on n’aurait pas assisté à la naissance de tous ces schismes dès sa prime enfance, tout de suite après la disparition du Prophète Mohamed (paix sur lui).
J’observe, par ailleurs, que « l’Islam mauritanien », au regard de ses expressions et prises de position, de ses silences… est un Islam particulier, à deux vitesses, voire hypocrite … Enfin, à supposer que l’Islam soit la bonne solution à nos problèmes, où sont les musulmans pour l’appliquer ?
Enfin, je récuse cette solution au regard des expériences historiques de l’Inde, du Pakistant, du Bengladesh, de l’Irak et du Soudan qui ont prouvé que le facteur déterminant de la bonne coexistence était, non pas le facteur réligieux, mais le facteur ethnique.
Examinons maintenant « la solution par la Démocratie » que soutiennent d’autres courants
J’affirme, d’emblée, qu’elle n’emporte pas non plus mon adhésion …
En effet, il nous souvient que la Démocratie de l’Apartheid n’avait pas éliminé la discrimination raciale et les bantoustans en Afrique du Sud ; tout comme la Démocratie made United States –première démocratie du monde – s’était accommodé de la ségrégation raciale, et demeure encore familière du racisme au quotidien ! Que dire enfin de notre « démocratie mauritanienne » qui s’est toujours fort bien accommodé de l’esclavage et du racisme, du déni d’humanité et de citoyenneté ? On voit bien que sous une égalité de principe peuvent se camoufler discrimination ethnique et esclavage !
Ajoutons que la citoyenneté – socle de la démocratie – contrairement à la vision libérale, ne peut être disjointe de l’ethnicité nous rappelle M Tshiyembe ; « La vison communautariste insiste sur l’impossibilité d’une telle séparation ». Bref une citoyenneté, ethno-culturellement neutre, qui impulse et guide, seule, l’individu quand il interagit sur l’espace public, est une citoyenneté abstraite, une fiction, une utopie …encore plus dans le contexte africain. « La mobilisation citoyenne est bien souvent imparablement culturelle et ethnique » soutient Souleymane Bechir Diagne. Peut-être, se demandait-il, faut –il penser l’ethnicité comme forme de citoyenneté …
Non, la solution par la démocratie ou par l’Islam n’était pas la mienne ; Elle me semblait trompeuse, fallacieuse …Mais si elle devrait malgré tout s’appliquer à défaut de mieux , il faudrait alors qu’elle aie pour socle des règles pré-établies fondant les modalités de l’unité, à la manière de la Suisse, de la Belgique, de la Bosnie, du Liban, ou de la Birmanie .
Ces réserves étant faites, quelles solutions ?
* La Solution par les lignes principielles, base essentielle de toute solution juste, viable et durable …
Si nous devions rebâtir notre unité, construire la bonne unité – la vraie – celle-ci devra reposer sur des bases justes, sur les lignes principielles que voici : Egalité, égale dignité, respect mutuel, respect des différences, partage équilibré du pouvoir, justice sociale.
Peu importe les solutions spécifiques des uns et des autres, pourvu que ces lignes en constituent le socle.
De ces lignes principielles découlera, par voie de conséquence, une modification radicale de notre vision de l’unité en cours, une nouvelle redéfinition de l’identité du pays, une rupture totale d’avec nos pratiques actuelles…
Voilà pourquoi, pour être en phase avec cette démarche de rupture, nous proposons l’autonomie.
Une fois la problématique de l’unité passée au crible, on s’acheminera alors vers la réconciliation nationale dont le processus se déclinera en trois étapes :
– Apaisement du climat social (par un train de mesures positives d’apaisement, allant dans le sens du règlement global du passif humanitaire et des effets collatéraux de l’enrôlement, doublé d’un appel fort en direction des organisations anti-esclavagistes à rassurer)
– Débat national devant déboucher sur des solutions consensuelles portant sur les grands axes de réformes constitutionnelle ( charte de la cohabitation, séparation des pouvoirs, partage équilibré du pouvoir, droits et devoirs de l’opposition, gouvernement consensuel ou, au contraire , contrôle des actions du gouvernement de la majorité par l’opposition, etc), institutionnelle (direction collégiale à présidence rotative , observatoire national des libertés et de la cohabitation , etc ) suivront alors, et alors seulement
– Les Etats généraux … (de l’Armée, de l’Education, de la Justice, de l’Administration)
Les problèmes sont inhérents aux sociétés et aux groupes humains. Nous avons les nôtres …
Nous devons donc replacer notre problématique de coexistence, en dépit de son intensité et de son acuité , dans le cadre de la lutte naturelle entre groupes humains, inscrite dans l’ordre naturel et normal des choses, régie par des lois naturelles ( lois de sociologie)…
Bien que nos gouvernants aient, par leurs politiques nocives, une large part de responsabilité dans ce qui nous arrive, il n’empêche que des lois naturelles nous gouvernent, à l’emprise desquelles on n’échappe pas … ; il en est ainsi, selon Ceikh Anta Diop, de la loi–disons de proximité – qui pose que « lorsque des groupes ethniques partagent le même espace, ils ont tendance, chacun, non pas à assujettir mais à assimiler l’autre » ; une autre loi stipule que « Lorsque le pourcentage de la minorité augmente la lutte des classes a tendance à se transformer en lutte des races » . Comprendre ces phénomènes aide à replacer notre problématique dans la juste mesure des choses. Il existe d’autres lois, telle la loi de la distance, la loi du phénotype etc, qui expliquent, à leur tour, la nature des rapports entre groupes humains …
Mais il y’a les lois de la nature, et il y’a la volonté des hommes …
Avec une volonté forte, clairement affirmée, de la vision, l’on vient à bout de l’emprise des lois, l’on réussit à déplacer des montagnes, à résoudre, en un mot, toute problématique, fut-elle complexe et délicate. Il suffit de vouloir, car nous dit l’adage, rien, absolument rien ne peut arrêter une volonté sans réserve.
Le bon sens nous souffle à l’oreille que l’exclusion est socialement explosive, politiquement corrosive, économiquement mauvaise, alors ressaisissons-nous; faisons comme les Birmans, en nous demandant comment, chacun pour sa part, pourrait contribuer à la grandeur de la Mauritanie.
Il nous faut nous ressaisir …
La lutte continue !
Samba Thiam
Inspecteur de l’Enseignement Fondamental
Président des Forces Progressistes du Changement (FPC)
Décembre 2014.
FLAMNET RETRO: Pour une coopération plus éclairée (2eme partie) : par SAMBA THIAM président des FPC.
’’ Annihiler la force numérique et la force de travail que représentent les Noirs pour les transformer en simples instruments, sans qu’aucune possibilité ne leur soit laissée de sortir de cette situation ’’. N Mandela
Rien ne distingue ce but ultime de l’idéologie afrikaner, ici décrit, des objectifs politiques de la plupart des régimes mauritaniens, en particulier celui du Président Ould Abdel Aziz !
Voilà qu’après la main mise sur tous les leviers essentiels, le Système va boucler la boucle, à travers l’action du Président ould Abdel Aziz qui se tourne maintenant vers le dernier carré, jusque là préservé : les terres de la vallée du fleuve. Cela semble se dessiner à travers un comité interministériel, à pied d’œuvre depuis juin 2016, ouvert aux bailleurs de fonds, naturellement, mais qui restera sourd aux complaintes légitimes des populations concernées, comme toujours!
Pour une coopération plus éclairée…
Ce qu’il faut déplorer dans cette situation c’est qu’il se trouve, hélas, des partenaires internationaux qui, consciemment ou inconsciemment , accompagnent cette politique ; en effet, certaines institutions internationales, certains partenaires étrangers participent de cette dangereuse entreprise de spoliation, par leur apport multiforme dans ce secteur ; a travers leurs programmes d’appui, leurs financements …Or sans crever l’abcès, c’est-à-dire sans œuvrer au rétablissement préalable de la vérité sur l’occupation des terres-qui possède quoi-, sans affirmation claire du caractère intangible du droit de propriété, sans apaisement des rancœurs et des frustrations accumulées toutes ces années à cause des injustices nombreuses , il ne serait ni judicieux, ni raisonnable de s’engager dans ce secteur . Il serait illusoire de vouloir exploiter de manière efficiente et productive ce secteur agricole durablement ; illusoire d’espérer en tirer des bénéfices probants ; plutôt, on risquerait de créer ou précipiter les conditions d’instabilité explosive, sans plus. A titre d’illustration, peut–on légitimement envisager un projet d’exploitation ou d’extension des manguiers des femmes de Thiembene sans risques ? Serait-il moralement juste de s’approprier le fruit de leur labeur pendant des années, de transformer de facto un cas de flagrante injustice en fait accompli, définitivement accompli ?
Enfin il ne faut pas que la raison de sécurité l’emporte sur celle (des risques) du chaos social éminemment plus dangereux…
Attention toutefois, que l’on nous entende bien : la vallée du fleuve doit voir son potentiel agricole mis en valeur, exploité au bénéfice de tout le peuple mauritanien. Seulement, ce développement devra tenir compte de certains principes, reposer sur la concertation avec les populations concernées à associer, respecter l’espace vital des villages et certains droits séculiers (accès à la terre pour les paysans, accès au fleuve pour les pécheurs, couloirs de parcours et d’accès à l’eau pour les éleveurs). Ainsi et ainsi seulement, on s’acheminerait vers un développement réfléchi, apaisé, qui profiterait à tous. Voilà pourquoi nous pensons que tout plan d’exploitation de cet espace devrait se décliner en paliers, ci-après :
–La Zone du ‘’ Waalo’’- ou partie inondable- sera affectée aux populations locales que l’Etat accompagnera
– Les investisseurs nationaux et sous–régionaux se verront attribuer le moyen Dierri -12km du fleuve,
-Les Investisseurs internationaux (le grand capital ) occuperont le haut Dierri -20km du fleuve et au de-là-.
Enfin s’il y a réforme foncière, elle devra être une, la plus équitable possible, applicable du Nord au Sud, d’Est en Ouest avec la même impartialité.
D’ores et déjà nous ne pouvons que déconseiller fortement tout financement de projets agricoles de partenaires dans la vallée du fleuve, avec le statu-quo actuel ; tout comme nous décourageons les appuis au secteur de la justice dans laquelle Negro-africains et haratines ne se reconnaissent pas ; Ils n’y sont pas représentés, ne peuvent s’y exprimer (N-africains), ni en attendre des verdicts impartiaux. Une justice enfin, où on ne donnait pas aux juges honnêtes de dire le droit. A nos yeux l’appui visant à ‘’ rendre cette justice plus forte,’’ comme se le proposent certains partenaires au développement, mérite d’être questionné, car il ne serait pas de nature à favoriser la cohésion nationale, pour accentuer et consacrer la marginalisation des Négro-mauritaniens.
Pendant l’occupation algérienne Albert Camus eut à tenir ces propos sur la Justice française qui lui valurent bien des quolibets:‘’ entre votre Justice et ma mère je choisis ma mère’’, dit-il. C’était sa manière de dénoncer la justice française appliquée pendant la guerre d’Algérie, exigeant une autre justice plus conforme à celle incarnée par la rigueur et la droiture de sa vertueuse mère !
Citation qui ne saurait mieux traduire le ressenti actuel des Négro-africains à l’égard de la justice mauritanienne perçue comme une justice partisane au service d’une entité, une justice des riches et des puissants pourvoyeuses de cellules …Nous sommes des assiégés !
Nous sommes des assiégés, en survie !
Dans le livre titré ‘’ la vallée du fleuve Sénégal ’’ de B Grousse et Sidy M Seck, Ed karthalla 1991, le mauritanien Ba Boubacar Moussa révèle -page 265- : ‘’ dans un rapport confidentiel, le ministre de l’intérieur écrit’’ :
“Les halpulareen tentent de déstabiliser la Mauritanie en remettant en cause son arabité. La base sociale sur laquelle se développe ce particularisme tributaire de l’hégémonisme sénégalais, c’est la composition ethnique du peuplement local actuel, majoritairement halpulareen. En modifiant radicalement la composition de ce peuplement, on prive ce particularisme de toute possibilité de développement à moyen terme’’.
C’est on ne peut plus clair !
La majorité des mauritaniens victimes des évènements Sénégalo-mauritaniens de 1989, expulsés du Sénégal se sont vus bloqués sur la ligne du fleuve, contraints et forcés de s’y installer alors qu’ils avaient, pour la plupart, émis le désir de regagner leurs régions d’origine…Ils furent autorisés à occuper villages et champs de Négro-africains déportés, non encore restitués à ce jour, comme pour le carré de manguiers des braves dames de Thiembene …
L’esprit du rapport confidentiel était en marche …
La déportation des populations négro-africaines au Sénégal et au Mali s’inscrit dans le même sillage ; comme le refus obstiné de ramener les (12000) déportés mauritaniens au Mali, qui participe de la même logique …
On le voit, le rapport était en application…La descente vers le Sud n’a donc pas été que ‘’spontanée’’ ou sous la poussée de la sécheresse, contrairement à certaines affirmations ; elle fut inspirée, suscitée et même encouragée… pour des motifs obscurs.
L’esprit de ce rapport-circulaire était en marche. IL est en marche, non plus localement, mais à l’échelle nationale avec le Président Abdel Aziz ; au niveau des forces armées et de sécurité, de la Police, de l’Administration, de la Justice, des Ecoles spéciales, des médias , à travers cet ’enrôlement biométrique aux commissions techniques mono ethniques et ces conseils de ministres ; l’esprit de cette circulaire se poursuit encore et se reflète jusque dans l’organisation du sommet arabe récemment à Nouakchott où nous avons été tenus absents ; Arabité oblige, toutes les émissions en langues nationales pulaar , soninke , wolof ont été suspendues , le temps d’un sommet… Or l’Unité ne peut se fonder sur l’assentiment des peuples en présence, dans l’acceptance et le respect réciproques. Dès lors qu’une des parties est perçue comme une gène, voire un boulet au pied l’Unité n’est plus viable !
Le Président, son compère de l’état major et la dame de la CUN, par leur action conjuguée, tentent de parachever au pas de course l’infâme projet, amorcé en 1960, considérablement aggravé par Ould Taya dans les années 1980. Le Président veut développer ce pays, ce qui, en soi, n’est pas une mauvaise chose; ce qui est mauvais par contre est qu’il veuille le développer sans Nous,- nous Négro-africains et Haratines- chose inacceptable, encore une fois !
Un pays, une Nation, un Etat viable ne sauraient se construire de cette façon là…En conséquence toute coopération dans ces conditions devient donc questionnable.
Dans son allocution du 12 juillet 2016, l’ambassadeur des Etats-unis à Nouakchott, évoquant la question de l’esclavage, disait, je cite : «les histoires de nos deux pays ont de tristes similitudes. Comme la Mauritanie, nous luttons pour surmonter les séquelles de notre passé, et pour construire un meilleur pays pour tous les citoyens ». A cette différence qui échappait peut-être à son Excellence : si aux Usa l’esclavage a été vaincu c’est parce qu’il y eut des consciences torturées, des intellectuels et des hommes de foi qui n’en pouvaient plus de transiger avec leurs consciences, torturées ; ce n’était pas le cas en Mauritanie où l’on fait surtout semblant … En Mauritanie l’hypocrisie et le ‘’faire semblant’’ sont entrés dans les mœurs …
Isselmou O Abdel kader disait au cours d’une rencontre publique récente que 90% de l’économie de Kaédi était aux mains des familles maures ; Dire 90% de l’économie de toute la vallée du fleuve aurait été plus proche de la réalité ! « Si l’on ne peut vivre ensemble qu’au prix de l’oppression à l’égard d’une composante, c’est une position pas raisonnable et qui, surtout, n’est pas tenable » soutenait Yehdih.
Il faut reprendre Aleg …
S’il s’était agi de corriger le déséquilibre issu du legs colonial on aurait compris ! C’eût été légitime, parce que c’eût été faire justice; mais l’on s’attela, plutôt, à éliminer la composante négro-africaine des sphères de la vie publique, totalement! Evidence, hélas, que le Pouvoir en place et une bonne partie de l’élite arabo-berbère s’obstinaient à nier! Or il ne pouvait y avoir d’unité ou simplement de rencontre avec l’autre sans la reconnaissance de l’autre dans son altérité …
Au vu de toutes ces données, appuyer ou financer donc le secteur agricole ou celui de la justice ou encore des forces armées et de sécurité mono ethniques actuelles, sans créer au préalable les conditions d’égalité, d’équité et de justice entre les composantes nationales dans ces secteurs, ne serait ni plus ni moins qu’aggraver cet état de siège. Ce serait apporter une caution à notre exclusion, soutenir et légitimer la domination d’une composante nationale sur les autres. Nous sommes des assiégés en état de survie ! Voilà pourquoi l’appui à ces secteurs doit être questionné, encore une fois…
Il faut reprendre Aleg qui fut un raté ! Il faut rediscuter des conditions de coexistence, du vivre ensemble. Les partenaires et amis de la Mauritanie se doivent donc de faire preuve de claire voyance et davantage de vigilance et de prudence dans leur coopération avec l’Etat ou le régime mauritanien, buté, de nature éthniciste, aux tendances autocratiques, répressives et prédatrices ….
Samba Thiam
Président des Forces Progressistes du Changement FPC
Nouakchott, le 31 juillet 2016
FLAMNET-RETRO : REGARD CRITIQUE POST- DIALOGUE : PAR SAMBA THIAM PRESIEDENT DES
Dans le document final de l’accord politique on a, de nouveau, parlé comme dans toutes les réformes administratives, politiques et scolaires précédentes ‘’ du renforcement de la langue arabe ‘’. Il faut soutenir ce renforcement de la langue arabe , mais le soutenir pour la nationalité arabo-berbère …Il n’est plus question de l’appliquer aux Négro-africains car , pour ces derniers , ce ‘’renforcement’’, dans le passé et le présent récent, s’est toujours traduit par davantage d’exclusion . Avec ce ‘’renforcement de la langue arabe’’ on a cherché à faire de l’unitarisme plutôt que l’unité ; Obstinément, on s’évertue à vouloir gommer l’autre identité du pays . Oui donc au renforcement de la langue arabe, mais pour les Arabo-berbères ;au titre du respect de l’ identité négro-africaine qui s’impose et exige, enfin, l’enseignement et l’officialisation immédiate des langues nationales wolof , pulaar , soninke et bambara au même titre que l’arabe ; identité pour identité…
Il n’y a pas de majorité en matière d’identité, tout comme il n’y a pas de majorité en matière de vérité. Rappelons au passage que le stade de promotion ou du choix des caractères pour la transcription de ces langues est un stade dépassé.
L’élite arabo- berbère ne semble pas se résoudre à admettre que l’Unité nationale suppose la reconnaissance de l’autre et dans son identité et dans son altérité! Qu’elle requiert l’égale dignité, l’acceptation et le respect réciproque, l’équité et l’égalité des chances devant les opportunités.
Voilà pourquoi nos langues pulaar , soninke , wolof et bambara doivent être érigées en langue de travail et d’alphabétisation des masses pour en faire de bons citoyens et des acteurs de développement avertis. L’indépendance culturelle, tant prônée , ne doit pas rester sélective . Elle doit rimer avec l’indépendance culturelle de tous , sans esprit partisan …
IL ressort par ailleurs du même accord politique que l’on s’acheminerait vers une consultation référendaire autour de certains points , dont les emblèmes nationaux , à modifier . Il nous semble plutôt que le contenu central de ce référendum, s’il avait lieu , doit d’abord porter sur la question fondamentale, première, du‘’ vivre ensemble’’ à trancher .Voulons-nous , oui ou non, vivre ensemble ‘’? Sur quelles bases, si la réponse devait être affirmative ? A quel prix ? Car comme le soulignait Yehdih : << Un pays est d’abord fondé sur une volonté des diverses parties de coexister , de vivre ensemble , dans la paix . Sans ce choix et cette volonté c’est une partie perdue >>.
Tout le reste constitue des points corollaires à cette question . S’il advenait que la réponse du peuple fût oui, alors forcément la constitution devra être ouverte afin d’y insérer les principes régulateurs du vivre –ensemble qui touchent à la redéfinition du pays ( la Mauritanie est un pays islamique , arabe et négro-africain ), à sa re-caractérisation ( la Mauritanie est bi-raciale , multi ethnique et pluriculturelle ) et aux principes , affirmés, d’équité et d’égalité en droits et devoirs des communautés et des groupes nationaux en présence .
Au sortir du dialogue national inclusif il y a lieu nous semble-t-il, pour rassurer sur la volonté réelle de changement de politique, de poser un certain nombre d’actes concrets qui répondent à des attentes pressantes. Il s’agit , entre autres , de déclarer l’officialisation de toutes les langues nationales , d’acter la représentativité des langues et cultures dans les médias nationaux , de rectifier le processus d’enrôlement à travers une recomposition plus équilibrée et des commissions techniques régionales et de la commission centrale de supervision; de ramener les refugiés du Mali enfin, de geler provisoirement toute occupation ou cession de terres, en attendant la mise en place d’une réforme globale plus juste . Ces points ne requièrent pas de débat particulier pour relever plutôt de l’initiative du Président de la république.
Si la Mauritanie connait depuis les années 60 des problèmes récurrents, c’est en raison du projet, inavoué, tenace, d’assimilation du groupe négro-africain… impossible à réaliser. On a cherché- on cherche toujours- à copier la réalité du Maghreb, où les populations noires sont reléguées au bas de l’échelle sociale, assujetties aux basses besognes, totalement effacées de la superstructure…C’est une voie sans issue parce que notre histoire et nos trajectoires respectives sont totalement différentes …
L’histoire des populations noires du Maghreb ( 80 millions d’âmes si on inclut l’Egypte ) est complètement différente de celles des populations noires du Waalo , du Tekrour, du Guidimakha . Les premières sont le produit de la traite négrière , surajoutées au substrat négroïde – groupe des vaincus assimilé- ; les secondes( les négro-africains )- autochtones sur la terre de Mauritanie -, ont, quant à elles , vécu libres, avec leur organisation sociale et politique propres ; celles -là ont gardé intactes leur culture, celles-ci ont été assimilées, acculturées et déracinées au double sens du terme .
Telle est la première raison qui justifie pourquoi il faut renoncer à copier le Maghreb…
La seconde raison tient à la proximité du Sénégal et du Mali voisins qui, par l’osmose permanente entre populations, rend tout projet d’assimilation voué à l’échec ; à moins d’un rideau de fer à nos frontières…
Et puis il y a la condition des haratines appelée à évoluer, en raison du vaste mouvement des peuples et des idées induit par la mondialisation…
L’intelligence de la situation , la bonne compréhension, lucide, de ces faits doit nous amener à modifier notre vision et sur les choses et sur notre devenir en commun qui ne peut plus se fonder sur des rapports de domination au travers de projet assimilationniste … Les tenants d’une telle entreprise doivent y renoncer, encore une fois … en dépit de ce que postule la loi de ‘’proximité’’ entre groupes humains . Ces gens doivent enfin intégrer cette vieille donne que ‘’ les hommes naissent libres et égaux en droits ’’, et qu’ils restent fiers de leurs cultures respectives.
Cette reconversion des mentalités devra également s’accompagner d’un changement de perspective…
Efforçons-nous de changer de perspective , ce serait tout bénéfice…
Au lieu de nous entre-déchirer sur un gâteau miniscule, que les uns veulent accaparer pour eux seuls ,à tout prix, travaillons plutôt à en augmenter la dimension… Autrement dit, mettons- nous, ensemble, au travail pour créer plus de richesses , assez de richesses… suffisantes pour le plus grand nombre …
Comment y parvenir ?
En ouvrant les opportunités, en octroyant plus de liberté, en libérant davantage les énergies … Si l’on donnait les mêmes possibilités au lumpen prolétariat du groupe arabo- berbère- laissé pour compte- que l’on accordait aux éléments négro-africains et haratines les plus dynamiques et les plus talentueux les mêmes possibilités et les mêmes opportunités , immanquablement nous accroitrions notre richesse en densifiant notre classe moyenne …En nous départissant de toutes considérations subjectives , pour ne retenir , dans le choix des hommes, que le profil . Des hommes dynamiques , des hommes d’éthique , des hommes talentueux , trempés dans la transparence…
Cette richesse, ainsi créée, détendra nos rapports sociaux assez tendus du moment, et réduirait, ipso-facto , la dépendance actuelle du plus grand nombre et, en dernière conséquence , la quantité de frustrations et de rancœurs accumulées toutes ces années qui, inévitablement, conduisent au conflit, à la violence… Alors que nous devrions nous atteler à panser la plaie des tragiques évènements du passé , à construire la paix ; et la paix ne peut se bâtir durablement sans l’éradication de ces innombrables inégalités et injustices, flagrantes . Aujourd’hui nous vivons tous, nantis comme démunis tous confondus, un stress permanent né de l’inquiétude et de l’angoisse grandissantes d’un lendemain incertain .Changeons donc de perspective …
Changeons de perspective en choisissant de vivre dans la gaieté , la fraternité , le partage …Partager les richesses, partage la joie et les peines ,partager les plaisirs et les douleurs , la souffrance et l’aisance …La vie est si courte !
Une problématique dernière qui aurait dû figurer en bonne place dans le document final : comment venir à bout du désordre généralisé si nous devions conserver le modèle d’Etat centralisé actuel ? On ne peut rien construire dans le désordre …
Samba Thiam
Inspecteur de l’Enseignement Fondamental
Président des Forces Progressistes du Changement (FPC)
1 Novembre 2016.
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