Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Category Archives: Les FPC et la Presse

Pdt du parti FPC: O. Abdel Aziz est «communautariste»

Pdt du parti FPC: O. Abdel Aziz est «communautariste»Le chef du parti non encore reconnu FPC, (Forces Progressistes du Changement), ex-Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM), a accusé le président mauritanien d’être “un communautariste qui prétend combattre le même phénomène.

Le président “Mohamed Ould Abdel Aziz se comporte plus comme un président de la communauté arabo-berbère qu’un président de toutes les composantes de la Mauritanie”, a déclaré le numéro 1 du parti FPC, Samba Thiam. Il animait un point de presse lundi à Nouakchott.

Et pour lui, “ce communautarisme” s’est manifesté dans le recensement “discriminatoire à l’égard des Négros mauritaniens et des Harratines” (descendants d’esclaves) dont les manifestations “sont souvent réprimées” contrairement à d’autres “qui protestent devant les grilles de la présidence sans être inquiétés”.

Samba Thiam a dans le même contexte estimé aussi que “la décision de faire de la langue arabe celle des armées mauritaniennes est un autre exemple de ce communautarisme qui exclut les Négros africains de l’institution militaire”.

Pour ce qui est enfin de la reconnaissance du nouveau parti FPC, son président a informé qu’une demande d’autorisation a été introduite et que “la balle est dans le camp du pouvoir”.

Source: http://www.fr.alakhbar.info

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Le président Samba Thiam des FPC, Invité de SAHEL TV

altINVITÉ: Le Président Samba THIAM des Forces Progressistes pour le Changement (FPC) EX-FLAM, sera l´invité de la chaine privée SAHEL TV aujourd´hui à partir de 22: 00, heure de Nouakchott. Une émission à ne pas rater. LLC!

WWW.FLAMNET.INFO

 

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M.Ibrahima Mifo Sow, vice-président des Forces Progressistes du Changement, ex-FLAM :

alt”Le changement de nom ne remet pas en cause ni notre discours, ni nos options, encore moins notre détermination à combattre l’ordre inique qui régit notre Etat’’

Le Calame : La tenue du congrès des FLAM devenues, depuis, le 30 août dernier, forces progressistes du changement a suscité diverses réactions. Pour certains milieux « arabo-berbères », les pouvoirs publics devraient empêcher la tenue de ce congrès parce que tout simplement, ils estiment que  ce mouvement développe un discours  « extrémiste, raciste » voire  « sécessionniste » surtout après la publication du texte sur l’« autonomie ».

Pourquoi, à votre avis, ce mouvement continue-t-il à susciter  tant de « méfiance », voire de « peur »  de la part d’une grande partie de la communauté beïdane?

Ibrahima Mifo Sow: En tentant d’empêcher la tenue de notre congrès en Mauritanie sur la seule base de l’opinion, hostile, de ces “milieux arabo-berbères”, comme vous le dites, le pouvoir prouve, a postériori, le peu de souci qu’il fait de l’intérêt général. Dans le cas du congrès des Flam, comme dans l’incident tout récent de Niabina, une ethnie met en branle l’administration et la force publique, dont elle assure le monopole exclusif, pour mettre au pas les autres. Le droit n’a aucun sens ici, seuls doivent prévaloir l’opinion et les fantasmes de cette ethnie. Voilà où se situe le vrai extrémisme, avec son corollaire d’injustices et d’intolérance.  Il faut qu’on se le dise, l’oppression conduit inéluctablement à la révolte. Et le concert de cris de ras-le-bol qui se lèvent actuellement de tous les milieux discriminés sonne comme un signe avant-coureur de danger que les tenants du statu quo oppressif se refusent, malheureusement, à entendre.

En tout cas, nous, sous sommes sortis de l’exil avec les meilleures intentions possibles. Nous avons cru que le moment était venu pour que les Mauritaniens se parlent, en toute sincérité, débattent avec la volonté d’apporter des solutions consensuelles aux problèmes qui plombent la cohabitation de nos ethnies. Nous n’avons jamais prôné ni la division du pays, ni la violence comme option irréversible pour régler nos contradictions politiques. Au contraire, même aux moments les plus tragiques de l’histoire de notre pays, nous ne nous sommes jamais départis de notre disposition au dialogue et à la concertation. Malheureusement, l’opinion maure a été durablement et profondément abusée par l’idéologie vicieuse de la culture de l’irrationnel entretenue, des années durant, par Maouiya, avec l’aide de ses maitres à penser, en suscitant une solidarité de corps face à un ennemi fantasmé, pour se maintenir au pouvoir en dépit de son inaptitude et son incompétence.

Dans une émission sur Radio Nouakchott, le président des FPC a tendu la main à cette composante à laquelle il voudrait  désormais parler pour dissiper justement ces « méfiances  et craintes» De quelle stratégie disposez-vous pour relever ce qui ressemble fort à un gros challenge?

Nous allons continuer à nous investir dans la campagne de communication et de contacts directs pour mieux nous faire connaitre et mieux faire appréhender nos idéaux de partage et de complémentarité. La tâche ne sera pas aisée d’autant plus que l’espace de communication reste encore exclusivement contrôlé par des lobbies réfractaires au changement et hostiles à la diversité. Notre volonté s’inscrit, cependant, dans une logique de long terme pour venir progressivement à bout des résistances et des peurs pendant longtemps entretenues. D’ailleurs, quand on voit certaines figures s’afficher ouvertement à nos côtés, on se dit qu’on est en bonne voie.
 

Le texte sur l’autonomie a fait beaucoup jaser. Pour certains, « les négro-mauritaniens réclament désormais l’indépendance du sud du pays.» Pouvez-vous expliciter davantage ce texte qui n’est, comme votre président l’a réitéré sur la même radio, qu’une « proposition politique » adressée à l’opinion politique nationale ?

Maintenant que le texte sur la proposition d’autonomie a été rendu public, j’espère que les supputations délirantes sur les prétendues velléités sécessionnistes des Flam se tasseront. Mais il y a fort à parier qu’il s’en trouvera toujours des sceptiques qui vont douter de la bonne foi de notre organisation, devenue désormais FPC, en criant à la ruse de guerre ou d’invétérés contempteurs poursuivant l‘interminable procès d’intention qu’ils instruisent depuis tant de temps contre nous. Les uns et les autres tenteront de nous installer dans des débats distractifs qui évitent de chercher justement les bonnes solutions à la mauvaise cohabitation.

Justement, à ce propos, le tout nouveau président de l’UPR, Ould Maham vient de qualifier ouvertement les FLAM d’être une organisation séparatiste et a condamné son projet d’autonomie qui menace, selon lui, la cohésion du peuple mauritanien et l’intégrité du pays. Que répondez-vous à cette critique?                

Il fait dans la démagogie et la stigmatisation. Face à des questions délicates qui exigent analyse et circonspection, ce n’est pas de l’invective que l’on attend d’un responsable politique de son rang, à moins que le rôle que le président Aziz lui a fait endosser, par cooptation, à la tête de son parti ne lui sied pas du tout. La cohésion et l’intégrité dont il parle ne se maintiendront pas par de simples incantations. Seuls des actes et de la volonté politique allant dans le sens de la justice et de l’inclusion pourront garder ensemble nos communautés, diverses, et aux intérêts quelquefois divergents. Qu’il prenne donc le temps d’apprendre son rôle et aussi de lire calmement notre proposition.

Revenons à l’esprit et à l’intention de notre proposition de réorganisation territoriale et administrative de notre pays, autrement appelée projet d’autonomie.

Nous partons d’un constat patent: l’Etat unitaire centralisé actuel a échoué dans sa mission de réaliser la république des citoyens. A la place, ce sont plutôt des groupes de populations intrinsèquement motivés par leur  appartenance communautaire, tribale ou ethnique et  en état de belligérance plus ou moins latente autour du contrôle du pouvoir. La faute en incombe aux régimes successifs qui n’ont pas pu s’affranchir du carcan identitaire, ils ont installé plus généralement des politiques d’hégémonie raciale, et quelquefois de favoritisme tribal qui ont fini par exacerber les antagonismes de groupes. La situation de la coexistence de nos communautés apparait de plus en plus délétère. Il est donc un choix à faire entre garder un système inadapté à nos réalités,  que nous n’avons d’ailleurs pas choisi, et dont la nocivité a été prouvée, ou, tenter une gouvernance de proximité, plus à même de répondre, croyons-nous, aux attentes spécifiques de chacune de nos communautés tout en préservant l’indivisibilité de notre Etat.

Pour nous l’autonomie consiste à décentraliser au maximum le pouvoir en confiant certaines  prérogatives aux collectivités locales constituées à partir du redécoupage du territoire en quatre régions autonomes sur la base des critères qui allient vocation économique (vocation minière, agricole, pastorale…) et appartenance à des aires historiques et culturelles de nos entités. Il s’agit en fait de l’autogestion des communautés de leurs propres affaires  au plan économique, social et culturel sans préjudice pour l’ensemble national. Le pouvoir central conserve tous les attributs de la souveraineté comme l’armée, la monnaie, la diplomatie…

Notre solution par l’autonomie a, en résumé, un double avantage. D’’abord, l’administration régionale issue directement des communautés en question sera nécessairement plus proche des préoccupations des administrés, et ensuite les tensions tant intertribales autour des enjeux du pouvoir qu’inter- communautaires au sujet des droits culturels et linguistiques s’en trouveront réduites.

Au lendemain du congrès, une fronde s’est déclarée parmi les cadres du mouvement qui ont décidé de contester la légitimité du congrès, sa « débaptisaion ». Comment en est-on arrivé là et qu’entendez-vous faire pour y faire face ?

Oui, il y a un groupe de militants qui ne partage pas la décision de changer la dénomination de notre organisation. Il faut dire d’abord que l’unanimité s’est faite, à l’issue de débats inclusifs au sein de toutes nos structures, sur la tenue de ce congrès extraordinaire convoqué pour parachever le programme de réimplantation de notre organisation dans le champ politique national, même si à l’arrivée, pour des raisons d’indisponibilité et de convenance, certains membres pressentis n’ont pu faire le déplacement.  Ensuite, moi, je constate que ce changement de nom, qui est, du reste, une forte demande de notre base intérieure, ne remet en rien en cause ni notre discours, ni nos options, ni encore moins notre détermination à combattre l’ordre inique qui régit notre Etat. C’est cela l’essentiel. Gardons cet essentiel et allons de l’avant pour faire face, unis et soudés, aux défis coriaces qui veulent mettre en échec l’ambition que nous avons pour la Mauritanie reconstruite.

La clarté de vision et l’audace imparable de notre projet de société vaillamment défendues par notre président et nos militants ont pris à défaut, sur le terrain, les partisans du système discriminatoire. C’est ce  qui explique l’hystérie haineuse qui s’est emparée collectivement de tous les pans du système contre nous. Notre division ne pourra que prêter main forte à nos détracteurs. L’heure donc doit rester à notre union sacrée pour faire face. C’est pourquoi, je demande à ceux qui en seraient tentés, en notre sein, de reporter, pour importants qu’ils sont, les débats sur les symboles et les procédures.

De bonnes volontés s’investissent déjà dans la recherche de solutions qui vont ramener la sérénité au sein de nos rangs, c’est à dire tous ceux qui sont de conviction flamiste, quel que soit le nom que prendra la structure qui nous rassemblera pour prendre en charge, ensemble, les causes justes pour lesquelles nous avons tant donné. La lutte doit continuer

Propos recueillis par Dalay Lam

 

Le Calame

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L’interview du président des FLAM en Arabe sur le site Mushahide.com.

زعيم حركة “أفلام” يتحدث عن الوحدة الوطنية والعبودية

 

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b_300_230_16777215_0___media_images_Copie_de_DSCF8588.JPGاعتبر زعيم حركة أفلام صمبه أتيام، ان تعاطي الطبقة السياسية الموريتانية مع وثيقة الحكم الذاتي التي صدرت عن حركته يكتنفه الغموض، مضيفا انه لم يلتقي أي رد فعل سياسي رسمي يعبر عن موقف الأحزاب الموريتانية اتجاه الوثيقة سواء بالقبول أو الرفض.

 
وأكد “أتيام” في مقابلة مع “المشاهد”، ان وثيقة الحكم الذاتي التي أصدرتها الحركة خلال مؤتمرها الأخير، تشكل أساسا للتعايش السلمي بين مكونات المجتمع الموريتاني، حيث تضمن لكل مكونة خصوصيتها وعيشها الكريم في إطار دولة موحدة، داعيا القوي السياسية الي فتح حوار حول الوثيقة وتقديم الاقتراحات بشأنها، مؤكدا انه إذا كانت هناك مقترحات أحسن من ما تضمنته الوثيقة، فإن الحركة مستعدة للتنازل عن بعض مقترحاتها شرط إيجاد بدائل أفضل منها.

وبخصوص اللغط الذي أثير حول دعوة حزب التكتل لمؤتمر الحركة الأخير، قال صمبه أتيام، انه نتيجة للعراقيل التي وضعها النظام في سبيل الحيلولة دون عقد المؤتمر أدي الي عدم تسلم بعض الجهات دعواتها ومن ضمنها حزب التكتل، مضيفا انه ومع ذلك، فإن الحركة سبقت وان دعت الحزب في مناسبات كثيرة إلا أنه لم يلبيها، مستبعد أن يكون عدم حضور الحزب بسبب ما ذهب إليه البعض انه مقاطعة لحركة تدعو الي تفكك موريتانيا، مشيرا الي استقباله في السابق من زعيم الحزب الرئيس احمد ولد داداه في بمكتبه، متسائلا هل يمكن ان يستقبل الرئيس ولد داداه شخصا يدعو الي فك عري الوحدة الوطنية.

وفيما يخص نظرة حركته عن مشكل العبودية في موريتانيا، قال صمبه أتيام، ان الظاهرة مازالت موجودة في موريتانيا، إلا ان انتشارها يختلف من المدينة الي الريف، حيث أنها مازالت في الريف موجودة بشكلها التقليدي، اما في المدينة فإن الظاهرة تأخذ شكلا آخر.

ودعي أتيام، الي تطبيق صارم للقوانين المجرمة للعبودية، وتبني إستراتيجية اجبارية للقضاء عليها، وخلق برامج اقتصادية وثقافية لإعادة كرامة ضحايا الظاهرة.
وفيما يخص الوثيقة السياسية والاقتصادية والاجتماعية للحراطين، فأعرب صمبه اتيام اتفاقه مع النقاط الواردة فيها، خاصة أنها تضمنت نفس المطالب التي جاءت في بيان حركة “أفلام” 1986، مؤكدا ان كل المعلومات الديموغرافية الواردة في الوثيقة صحيحة، إلا انه بخصوص الولوج الي الوظائف، فانه يري أن الأكفأ للوظيفة هو الأحق بها، رافضا التعيين في الوظائف علي أساس اللون او العرق او الجنس، محذرا من نفس السياسة المتبعة اتجاه النساء، حيث تم تخصيص مناصب لهن ويلجها في بعض الأحيان من ليست لديهن الكفاءة لذلك.
وحول بيان مجموعة “أفلام” الرافضة لتحويل الحركة الي حزب سياسي، قال صمبه أتيام، ان القرار تم اتخاذه خلال مؤتمر عام للحركة بإجماع المؤتمرين وهو قرار شرعي، مضيفا ان هناك ستة أشخاص فقط هم من عارض هذا القرار، ومع ذلك فإنهم علموا بمؤتمر الحركة قبل انعقاده بستة او سبعة أشهر، وانه كان بإمكانهم الحضور الي المؤتمر والدفاع عن وجهة نظرهم.
معتبرا ان النضال قد طال لثلاثين سنة، وان هناك من يرحلون عنه ويتخذون طرقا أخري، إلا قطار النضال سيبقى مستمرا، وسيكون هناك مناضلون جدد دائماً للقضايا العادلة.

واختتم زعيم “افلام” مقابلته بالحديث حول أسباب عودتهم الي موريتانيا، قائلا ان ذلك من اجل تعريف الموريتانيين بمشروعهم السياسي ورؤيتهم لموريتانيا، بعد عقود من التشويه وشيطنة خطاب الحركة، مضيفا انهم جاؤوا الي موريتانيا من اجل بناء دولة مكتملة ومتكاملة، وعلي ان ذلك هو غايتهم في أفلام، داعيا النظام الي تفهم ان التعايش السلمي ضرورة تفاديا للمواجهات المستقبلية، مؤكدا انه لكي ينجح الأمر لابد من حوار صريح تناقش فيه جميع القضايا، وأيقاظ المجتمع وتوعيته وإتباع الحق ولو كان مع الأقلية.

 

 

 

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Mauritanie: «L’autonomie ne divisera pas le Nord et le Sud ni les Maures et les Noirs » (S. Thiam-Interview)

Samba Thiam, Pdt des FLAM, Forces de Libération Africaines de MauritanieALAKHBAR (Nouakchott)-Samba Thiam, président des FLAM, Forces de Libération Africaines de Mauritanie, a été l’invité d’Alakhbar cette semaine. Il est revenu largement sur le projet d’autonomie des FLAM qui a suscité une polémique au sein de la classe politique.

« Nous avons pensé à l’autonomie parce que nous sommes intimement convaincus que l’Etat unitaire, tel qu’il est actuellement ne fonctionne pas. Il est même porteur de danger…, a estimé Samba Thiam dans cette interview accordée  à Alakhbar, à l’occasion.

Il a affirmé cependant que cette idée d’autonomie a été « chargée négativement à tort (…) Quand on parle d’autonomie, certains pensent à une séparation Nord-Sud (…)» Mais elle veut dire, pour simplifier, une décentralisation très poussée». 

 

ALAKHBAR: Après 23 ans d’exil les FLAM reviennent avec un projet d’autonomie.  Qu’est ce que cela entend?

 

« La Mauritanie demeure telle quelle »  

Samba Thiam: L’Etat unitaire n’a pas fonctionné dans sa forme actuelle. Il nous éloigne  les uns des autres. Nous avons  alors imaginé une autre réorganisation territoriale et administrative d’où  l’idée d’autonomie. Permettez-moi de préciser cependant qu’il ne s’agit pas d’une séparation du Nord et du Sud. Notre intention n’est pas de diviser le pays ni de porter atteinte à l’intégrité territoriale.  La Mauritanie demeure telle quelle.  Et pour revenir sur le dysfonctionnement de l’Etat, je vais citer Mokhtar Ould Daddah (1er président de la Mauritanie) qui avait pris le pouvoir en 1960. Tout le monde lui avait fait confiance.  Mais, il procéda a réorganiser  ce territoire sur des bases injustes.  Il a accepté que le découpage régional tienne compte des entités politiques arabo-berbères à l’image des émirats du Trarza, du Brakna, du Tagant de l’Assaba et de l’Adrar. En revanche, nos régions historiques qui reflétaient notre identité  ont été absorbées. Le Waalo a été dissous dans le Trarza. Pourtant le Waalo était une entité politique, même   s’il  développait des relations intimes, matrimoniales avec l’Emirat du Trarza. Le Fouta a été amputé de certaines parties  rattachées au Brakna. Et le Guidimakha a été dissous dans l’Assaba. Nous allons donc restituer ces entités politiques  historiques tant  du côté  Arabo-berbère que  Négro-africains. 

Il y a autre chose: les Mauritaniens, inter-tribus, rivalisent durement pour accéder au pouvoir.  Les tribus sont en conflit permanant  pour conquérir  le pouvoir. Dans la réorganisation que nous proposons il sera  crée quatre grandes régions autonomes.  Cela limitera ou réduira ces conflits pour le pouvoir ainsi que les tensions entre Négro-africains et Arabo-berbères. Il y aura ainsi moins de sollicitations pour  le gouvernement central.

ALAKHBAR: Certains ne vous entendent pas de cette oreille. Par exemple, le nouveau président de l’UPR, Ould Maham, vous qualifie de “promoteurs de la séparation” du pays. Il y a aussi des partis politiques qui ont ce même sentiment. Que répondez-vous ?

Samba Thiam: J’aimerais d’abord entendre la réaction des partis d’opposition. Je suis curieux de savoir ce qu’ils en  pensent.  Ils ne l’ont pas exprimé publiquement. Pour Ould Maham, je l’ai lu. Mais, je dirais simplement que c’est une position ridicule, parce que le projet d’autonomie est  publié sur notre site d’information et envoyé en Arabe et Français sur d’autres sites. Allez-y. Lisez-le. Si cela vous parait une séparation du Nord et du Sud vous me direz comment. Il y a des gens  qui veulent nous mettre dans un corset et nous faire dire ce que nous n’avons pas dit. Certains souhaiteraient qu’on dise: « Les FLAM veulent diviser les Noirs et les Maures». Ce n’est pas ce que nous disons. Si quelqu’un refuse de voir le soleil vous avez beau le lui montrer il ne le verra pas. C’est ce qui est arrivé à Ould Maham. Il vient d’arriver. Il  fait du zèle pour plaire à l’opinion au sein de  l’UPR ainsi qu’à une certaine catégorie de l’opinion maure. C’est de bonne guerre.

ALAKHBAR: Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a promis, lors de sa deuxième investiture, de faire face à ceux qui cherchent à diviser le peuple mauritanien. Les FLAM se sentent-elles visées?

« La Mauritanie est à la fois négro-africain, harratin et arabo-berbère »

Samba Thiam: Si Ould Abdel Aziz l’a dit peut-être qu’il vise les FLAM. Je ne l’exclus pas, vu qu’il a voulu empêcher la tenue de notre congrès. Ould Abdel Aziz a peut-être dû adhérer à la thèse des lobbies qui nous qualifient de « diviseurs et d’extrémistes qui constituent  le pendant des Baasistes». Mais nous ne nous sentons nullement concernés par ses propos. Nous ne sommes pas des diviseurs. Il y a malheureusement des préjugés têtus. Certains ne cherchent pas à comprendre, parce que simplement les politiques menées depuis Maouya Ould Sidi Ahmed Taya jusqu’à nos jours ont déformé les esprits. Cela fait que certains ignorent qui sont les FLAM. C’est pourquoi quand nous sommes revenus au pays, je suis allé voir les sommités intellectuelles  et d’affaire arabo-berbères pour leur expliquer qui sommes-nous et quel est le discours que nous véhiculons. Un discours qui ne divise pas, mais redresse. Il faut redresser ce pays sur des bases d’égalité et de justice. Il faut aussi comprendre que ce pays n’est pas exclusivement arabo-berbère. Il est à la fois négro-africain, harratin et arabo-berbère.

ALAKHBAR: Jusqu’où Monsieur Thiam comptez-vous défendre ce projet d’autonomie ?

Samba Thiam: Nous le défendrons jusqu’au bout.

ALAKHBAR: Imaginez-vous déjà des obstacles ?

Samba Thiam: Il y en aura forcement. Quand vous avez des idées nouvelles,  vous ferez forcement face à des résistances, surtout que l’idée a été chargée négativement à tort. Quand on parle d’autonomie, certains pensent à une séparation Nord-Sud. Et puis, l’autonomie n’arrange pas ces lobbies qui veulent la perpétuation  de la suprématie des uns sur les autres.

ALAKHBAR: Vous avez beaucoup parlé d’autonomie sans précision de zone géographique. Au Mali, par exemple les Touaregs réclament l’autonomie d’un espace bien défini qu’ils appellent « Azawad ». Et vous ?

Samba Thiam: L’autonomie a deux niveaux. Il y a d’abord sa justification, que j’ai évoquée, et sa matérialisation sur un espace donné. A ce  propos, nous allons créer quatre grandes régions à vocation. Le Tiris et l’Adrar, regorgeant  de ressources minières, vont, par exemple, constituer une région à vocation minière. Les deux Hods et l’Assaba seront une région à vocation pastorale, le Guidimakha, le Fouta et le Waalo la région agricole et le Tagant, le Brakna et le Trarza agro-pastorale.  Le nouveau  découpage du pays en grands espaces offrira plus d’opportunités de travail aux fils de ces terroirs. En permettant à  ces collectivités de gérer leur propre terroir, on réduira les tensions pour l’accès au pouvoir central.  Cela diminuerait également les  détournements  des biens de l’Etat, car, chaque région va travailler à se développer, tout en établissant de bonnes relations avec les autres, dans une sorte de saine émulation

ALAKHBAR: Quelles seront les compétences de ces nouvelles régions ?

Samba Thiam: Il faut ôter certaines compétences au pouvoir central et les octroyer  aux nouvelles régions. Les populations locales vont gérer leur terroir, dans certains secteurs comme  l’économie régionale, l’administration, la culture, la police locale etc.  Elles vont  également élire quelqu’un à qui elles ont confiance. On ne leur parachutera plus un gouverneur inconnu  qu’elles ne connaissent pas.  Prenons l’exemple des deux Hods et de l’Assaba, ça sera une  région. Mais le Hod el-Chargi, le Hod el-Gharbi et l’Assaba vont envoyer des représentants que  j’appelle«  commissaires de gouvernement» un  exécutif avec le gouverneur de la région.  Un  parlement qui  légiférera au niveau régional sera également élu. 

Le pouvoir central gardera, lui, les attribues de souveraineté: défense du territoire, relations internationales, télécommunications, transports aériens et politique monétaire. 

ALAKHBAR:  Vous laissez l’idée d’autonomie pour parler d’une réorganisation territoriale et administrative, qui touche tout le pays, avec la création de 4 nouvelles régions et de 8 provinces. N’Y a-t-il pas une confusion dans votre approche ?

 

“Imaginez  cette autonomie comme une décentralisation très poussée.”

 

Samba Thiam: La confusion est dans vos têtes dans lesquelles on a mis l’idée de séparation. Mais l’autonomie que nous proposons ne signifie pas  indépendance. En Espagne, par exemple, les Castillans et les Basques, les Catalans vivent l’autonomie, bien  que partageant le même territoire. Au Nigéria, les Etats sont autonomies, mais pas séparés. Pour ce qui est de l’Azawad, c’est un autre cas. Les mouvements du Nord-Mali ont clairement demandé l’indépendance et la réclament pour  la partie nord. Ce n’est pas notre cas. Nous avons présenté un projet d’autonomie qui concerne toute la Mauritanie. Pour simplifier, comme cela  crée une confusion chez-vous, imaginez  cette autonomie comme une décentralisation très poussée. Il s’agit de donner aux régions une certaine capacité autonome pour qu’elles ne dépendent plus du gouvernement central sur certaines questions.

ALAKHBAR: Les FLAM ont-elles perdu leur force de mobilisation à cause d’une longue absence et  qu’elles veulent aujourd’hui attirer les regards sur elles en lançant cette idée d’autonomie ?

Samba Thiam: Non. Il ne s’agit pas d’une tactique ou de calcules politiciens. Nous avons plutôt pensé à l’autonomie parce que nous sommes intimement convaincus que l’Etat unitaire, tel qu’il est actuellement  ne fonctionne pas. Il est même porteur de danger et d’exclusion, et les risques de dérapage sont énormes. Nous voulons donc endiguer ces menaces. Certes, nous venons de rentrer et  nous n’avons pas encore suffisamment de base, mais si l’on discute de nos idées, cela veut dire qu’elles ne sont pas aussi absurdes que ça et qu’elles ont  de la substance. L’objectif est donc d’interpeler les Mauritaniens et leur dire : « Voilà la solution que nous proposons. Si vous pensez qu’elle n’est pas la meilleure, proposez ’autre chose ». Il est cependant hors de question qu’on reste sans rien faire face a ce problème,  ni impulser le débat sur ces questions de fond.

ALAKHBAR: Ce projet d’autonomie ne risque-t-il pas d’exacerber les réclamations identitaires  que connait actuellement le pays ?

Samba Thiam: Pourquoi ne cherchez-vous pas plutôt  à comprendre d’abord les causes de ce réveil identitaire! Il est dû à une mauvaise gestion des communautés et du pays depuis l’indépendance. Il y a maintenant  une prise de conscience,  qu’il faut interpréter ou décrypter comme étant une alerte. On doit permettre aux gens de prendre en charge leur destin: la gestion de leur terroir si l’on veut vraiment apaiser ce réveil identitaire.

ALAKHBAR: Quand  et comment comptez vous présenter votre projet au public ?

Samba Thiam: Le document a été publié et les journalistes et notabilités intellectuelles et politiques l’ont reçu et lu. 

ALAKHBAR: Vous n’avez donc pas besoin d’aller vers les populations?

Samba Thiam: Si nous ne sommes pas d’accord avec le pouvoir ou avec la classe politique et les intellectuels, nous irons en ce moment vers les populations et leur demander : « ce projet d’autonomie des FLAM vous convient-il ? » Si on leur pose la question et on les laisse se déterminer, je suis convaincu qu’elles  vont y adhérer. Faut-il encore qu’on lève la confusion qui recouvre ce projet pour que les populations le perçoivent clairement.

ALAKHBAR: Deux partis politiques le RFD et l’UFP n’ont pas été invités au 8e congrès des FLAM. Si cela est exact, comment l’expliquez-vous ?

Samba Thiam: Si nous n’avions pas invité le RFD, nous n’aurions pas eu  tort. Le RFD a refusé l’invitation à venir nous accueillir à l’aéroport lors de notre retour au bercail. Le parti a aussi décliné l’invitation à notre première conférence de presse, puis  à la célébration de l’anniversaire de notre mouvement. Ce serait alors normal de ne pas l’inviter. Mais pour ce cas précis, nous avons encore invité le RFD. Le congrès, il y a eu un dysfonctionnement au niveau de la commission technique et d’organisation, c’est ce  qui explique  que l’invitation du RFD n’a pas été portée. Mais elle toujours au siège.

« l’UFP se positionne comme notre ennemi »

Par contre, nous n’avons pas invité l’UFP, parce qu’ils créent la confusion autour de nous et  empêchent d’engager le débat avec les nationalistes. Ils nous taxent d’extrémistes à tort par besoin de positionnement  en disant: « Il y a des extrémistes négro-africains et d’autres arabes, choisissez-nous alors. Nous sommes les bons ».  Et quand ils tenaient leur congrès, ils nous avaient ignorés. En réalité, l’UFP se positionne comme notre ennemi. Lors de notre retour au pays, leur représentant a eu la courtoisie de venir nous dire bonjour à notre siège. Mais en plein dîner il taxa les FLAM d’extrémistes. Il a fallu qu’on se retienne pour ne pas le mettre à  la porte. Je vais ajouter que nous avons invité Ladji Traoré et Touré Mamadou en tant que personnalités et pas  le parti APP de Messaoud. Nous ignorons celui qui nous ignore.

ALAKHBAR: Vous avez l’ambition de vous transformer en parti politique avec une nouvelle appellation « (Forces  Progressistes du Changement (FPC) » Le nom «Les FLAM » vous gêne-t-il désormais ?

Samba Thiam: Quand vous faites de la politique, il faut être animé de bon sens. Le terme « FLAM » a été tellement diabolisé par le régime de Ould Taya et par certains partis politiques! Certains n’écoutent même pas notre discours, a cause du sigle négativement charge. La communauté arabo-berbère est complètement intoxiquée, sur le sigle. Pire, chez les Négro-africains, on fuit dès qu’on entend le mot “FLAM”.

ALAKHBAR: Pourquoi fuient-ils?

Samba Thiam: Parce que Ould Taya avait associé répression et FLAM. Il frappait les gens en les qualifiant de flamistes.

ALAKHBAR: Pourquoi avez-vous attendu jusqu’à l’arrivée de Ould Abdel Aziz au pouvoir pour revernir au pays ?

 

« Sur le plan du maintien du système, Ould Abdel Aziz ne fait pas exception »

Samba Thiam: Le retour n’était pas possible avec Ould Taya. Il avait bouché les oreilles et fermé les yeux et menait sa politique de chasse et de répression des Nègres. Nous étions jetés en prison et bouclés pendant cinq ans.  Fallait-il alors revenir pour être bouclés de nouveau.  Ce serait  du temps perdu ! Et quand Ely Ould Mohamed Vall était venu au pouvoir, il traitait les FLAM  et les refugiés « d’aventuriers » ce qui n’était pas encourageant. A son arrivée, Sidi Ould Cheikh Abdallahi a tenu un discours de pardon reconnaissant l’existence de problèmes comme je les ai décrits. Il a aussi compris que ce pays est peuplé à la fois d’Arabo-berbère et de Négro-africains. Il avait accepté de nous recevoir lors de son séjour aux Nations-Unies, mais en nous invitant à revenir au pays et à discuter avec la classe politique. Il nous offrait ainsi une opportunité de revenir et d’exprimer nos idées sans crainte. Lorsque le pouvoir de Sidi a été renversé nous avions déjà pris la décision de rentrer au pays. Le président Sidi n’était plus là, mais il fallait prendre le risque.  Nous ne sommes donc pas retournés parce que Ould Abdel Aziz a instauré la démocratie ou parce qu’il a fait mieux que les autres. Il est certes mieux que les autres sur certains aspects de développement et de résolution de certaines questions du Passif humanitaire. Mais sur les questions de fond, comme le maintien du système, il est comme Ould Taya. Ould Abdel Aziz construit des goudrons et lutte contre les terroristes- Je précise d’ailleurs que nous sommes des musulmans et que les terroristes ne doivent pas nous apprendre l’Islam. Il a aussi réparé plus ou moins certaines injustices commises comme le rétablissement des fonctionnaires négro-africains qui ont été arbitrairement  radiés. Ce sont là de bonnes choses.  Mais sur le plan du maintien du système Ould Abdel Aziz ne fait pas exception. Il construit de grandes écoles pour seulement les Arabo-berbères. Il lance également un enrôlement à l’Etat civile biométrique à travers la mise en place de commissions uniquement composées d’Arabo-berbères. Comment des commissions mono ethniques vont-elles recenser équitablement une population pluriethnique ! De ce point de vu-là il n’y pas de changement.

ALAKHBAR: Peut-on avoir des détails sur votre rencontre avec le président Ould Abdel Aziz ?

Samba Thiam: Demandez les détails à Ould Abdel Aziz. Nous l’avons en tout cas dit en deux mots que, d’une part, nous l’appuyons sur certaines bonnes choses comme la lutte contre le terrorisme et  contre le détournement des biens publics et la gestion du patrimoine national. Là nous sommes d’accord, parce qu’un pays ne peut pas se développer si chacun vole les biens de l’Etat et en use comme un patrimoine paternel ! Nous lui avons en revanche fait constater le déséquilibre dans le règlement des grandes questions comme celles qui concernent le déséquilibre dans le traitement des  composantes nationales. Vous savez, nous ne nous opposons pas à la personne de Ould Abdel Aziz. Il ne s’agit pas d’une opposition crypto personnelle.  Nous sommes plutôt une opposition constructive et responsable. Nous reconnaissons ce qui a été fait de positif,  nous soulignons  les manquements et dénonçons les dérives.

ALAKHBAR: Le président vous a-t-il promis une reconnaissance comme parti politique ?

Samba Thiam: Je lui ai exprimé mon point de vu là-dessus. Vous pouvez lui demander sa réponse.

ALAKHBAR: Qu’allez-vous faire si vous n’êtes pas reconnues comme parti politique?

Samba Thiam: On verra le moment venu.

ALAKHBAR: Si vous devenez un parti, comment allez-vous vous positionner par rapport aux autres formations politiques ?

Samba Thiam: Nous sommes une opposition hors du système. Il y a une opposition qui veut que ce pays soit seulement arabe. Celle-ci s’oppose au régime, cherche à accéder au pouvoir et ne demande pas un changement fondamental des choses. En ce qui nous concerne, nous voulons changer fondamentalement les choses  de manière viables et durable. En d’autres termes, nous sommes  différents de l’opposition classique qui ne pose pas les questions essentielles.

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