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Mauritanie: « Les négro-africains sont liquidés», Samba Thiam-FPC
ALAKHBAR (Nouakchott)- «…Le deuxième type de tension que le découpage de la Mauritanie en quatre régions pourra résoudre c’est la question ethnique. Aujourd’hui les négro-africains sont liquidés, ils n’existent plus dans le gouvernement. Or si on assoie la décentralisation sous cette forme-là les négro-africains se sentiront moins frustrés», a déclaré Samba Thiam, président des Forces Progressistes (FPC). (Interview).ALAKHBAR: Vous avez dit, en conférence de presse, que le Ministre de l’Intérieur n’a pas répondu à la lettre de la Cour suprême relative à votre recours après le rejet de la demande de reconnaissance des FPC. Comment expliquez-vous ce silence ?
Samba Thiam: Le Ministère de l’intérieur n’a pas répondu à l’injonction de la Cour suprême parce que tout simplement il manque d’arguments. Le Ministère n’a pas suffisamment d’arguments solides et crédibles pour étayer sa thèse. À moins que l’Etat ne se sente pas comme tel et que le plaignant, quel qu’il soit et en tant que citoyen, est écrasé.
ALAKHBAR: Aujourd’hui, vous retournez vers la Cour suprême pour qu’elle tranche le contentieux. Avez-vous confiance en cette Cour?
Samba Thiam: Nous accordons le bénéficie du doute à la Cour suprême, même si nous savons le degré de rapport entre notre justice et le pouvoir exécutif. La Cour suprême droit trancher entre les deux parties: les FPC et le Ministère de l’Intérieur. L’une a suivi normalement et régulièrement les textes. L’autre a transgressé les textes. Il faut que la Cour suprême tranche le contentieux. C’est ce que nous demandons. Rien de plus.
Pourquoi les FCP parlent de « deux poids deux mesures » après la reconnaissance par le Ministère de l’Intérieur d’un nouveau parti: Alliance Nationale Démocratique ?
Samba Thiam: Pour ce qui est de la demande de reconnaissance des FPC, le Ministère de l’Intérieur a donné sa réponse de manière voilée à travers deux articles. L’article 6 de l’ordonnance qui régit les partis politiques et l’article 11 de la Constitution pour dire que les FPC ne répondent pas aux dispositions de parti politique. En deux mots, ils veulent dire que nous sommes un parti ethnique. Mais comment peut-on expliquer les images de ce nouveau parti diffusées à la télé et qui n’ont montré que des Arabo-berbères. On n’a pas vu de Négro-africains. Et puis, nous, les FPC, avons nos propres arabes dans notre parti. Le ministre de l’Intérieur l’a constaté dans le dossier.
ALAKHBAR: N’êtes-vous pas un parti ethnique ?
Samba Thiam: Pas du tout. Toutes les formations politiques mauritaniennes sont des partis à dominante. Voilà la réalité. Le RFD, Tawassoul et ADIL sont des partis à dominante arabo-berbère. Et le MPR, et l’AJD/MR sont à dominante négro-africaine tout comme les FPC. Oui, on peut retrouver des Arabes et des Négro-africains au sein des partis politiques mauritaniens, mais les dominantes restent un peu la manière dont ces partis sont constitués. Hier, ce parti nouvellement l’a montré de manière pire ! On n’a pas vu de Négro-africains avec eux. On nous accuse, nous, d’être atteints de gale et d’autres individus qui montrent les mêmes signes les mêmes symptômes ne sont pas frappés et sont reconnus.
En vérité, le régime du Président Ould Abdel Aziz veut saper l’opposition crédible. Toute opposition qui veut être une vraie opposition il n’en veut pas; il faut la casser. En revanche, il accorde et crée toute opposition prête à le soutenir. Vous avez l’exemple du parti des jeunes, un parti satellite à l’image de cette nouvelle formation politique que le Ministère de l’Intérieur vient de reconnaitre.
ALAKHBAR: Monsieur Thiam, on ne vous entend plus parler d’autonomie. Cela était-il une simple idée passagère ?
Samba Thiam: C’est notre position. Nous continuerons à la maintenir et à la préconiser. C’est dans l’intérêt de la Mauritanie. Le découpage du pays en quatre grandes régions règlera deux types de tension. La première: c’est au niveau tribal chez les Arabo-berbères. Toutes les tribus veulent être au gouvernement, ce qui n’est pas possible. Mais en leur donnant un espace où elles pourront s’exprimer on réduira les frustrations. Le deuxième type de tension que ce découpage pourra résoudre c’est la question ethnique. Aujourd’hui, les négro-africains sont liquidés, ils n’existent plus dans le gouvernement. Or si on assoie la décentralisation sous cette forme-là les négro-africains se sentiront moins frustrés. La tension interethnique va être limitée. Parce que nous aurons notre propre région à gérer. Donc l’autonomie est une solution, de mon point de vu, pour pacifier et développer la Mauritanie.
ALAKHBAR: mais « autonomie » ne veut-elle pas dire « indépendance du sud de la Mauritanie », comme vous accusent certains ?
Samba Thiam: Pourquoi ce ne serait pas l’indépendance d’Atar plutôt que celle du sud de la Mauritanie ! Cela est un non sens. C’est plutôt un projet qui couvre l’ensemble du territoire qui permettra en même temps à la Mauritanie de préserver son unité. Aussi, le gouvernement central restera unique et gardera les attributs de souveraineté comme l’armée, les relations internationales, les télécommunications, etc. le reste sera généré au niveau des régions.
Le président des FPC déplore un déficit de démocratie en Mauritanie
Le leader des Forces Progressistes pour le Changement (FPC)-ex Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM), Samba Thiam, a déploré la situation politique du pays dont «la démocratie est prise en otage par une junte militaire déguisée » depuis plusieurs années, mardi au cours d’une conférence de presse.
M. Thiam a dénoncé « un système inique et dangereux pour l’unité nationale, qui travaille à annihiler toute forme d’opposition crédible, en sapant les fondements de la démocratie et qui conduit la Mauritanie vers la pensée unique et un parti unique, alors que sans opposition, point de démocratie ».
La Mauritanie est actuellement gouvernée par Mohamed Ould Abdel Aziz, un général à la retraite, arrivé aux commandes à la suite d’un putsch militaire le 06 août 2008, qui a par la suite gagné 2 scrutins présidentiels : le 18 juillet 2009 et le 21 juin 2014.
La direction des Forces Progressistes pour le Changement (FPC)-mouvance nationaliste négro-africaine, est rentrée en Mauritanie début 2013 après une trentaine d’années d’exil.
La demande de reconnaissance du mouvement en tant que parti politique légal a été rejetée par l’administration.
Samba Thiam et ses camarades ont introduit un recours « pour excès de pouvoir » devant la Cour Suprême.
le calame
Conférence de presse des FPC : « La constitution offre des moyens d’expression que le pouvoir veut nous refuser, nous allons nous battre pour recouvrer ce droit-là », dixit Samba Thiam
Le président des forces progressistes du changement (FPC), M. Samba Thiam a tenu, ce matin, un point de presse au siège de son parti. Une occasion pour lui d’expliquer aux journalistes et militants présents la situation que vit son parti depuis le refus que le ministère de l’intérieur a opposé à sa demande de reconnaissance, mais aussi de se prononcer sur certaines questions de l’heure.
Le président Samba Thiam est d’abord revenu sur le processus de recours que les FPC ont engagé contre la décision « illégale et injuste » du ministère de l’intérieur de ne pas reconnaître son parti.
Et de rappeler: “nous avons déposé un dossier conforme aux textes, on nous a fait attendre 8 mois pour nous brandir l’article 11 de la Constitution et l’article 6 de la loi 91-024 régissant les partis politiques.” Or, observe le président des FPC, selon les rumeurs, le même ministère de l’intérieur s’est hâté de reconnaître un parti, en l’occurrence, AND en moins d’une semaine, après le dépôt de sa demande.
Comme nous l’avons toujours dit, le pouvoir en place pratique la politique de deux poids, deux mesures, déplore Samba Thiam avant d’ajouter : “on nous a opposé les 2 articles précités pour nous refuser la reconnaissance, mais la réalité était autre, on refuse de reconnaître le FPC parce que le pouvoir le considère comme un parti de négro-mauritaniens, avec un discours qui dérange, voilà la réalité. Or comme tout le monde le sait, en Mauritanie, les partis politiques sont à dominante ou négro-mauritanienne ou arabo-berbère,” fait remarquer Samba Thiam.
Revenant sur l’action en justice en cours, il indique: « en bons patriotes, soucieux de travailler dans la légalité et conformément aux dispositions de la Constitution, nous avons, face au refus, usé du droit que nous octroie cette dernière, à savoir un recours devant les tribunaux ». L’action se poursuit donc devant la justice, la chambre administrative de la Cour Suprême a saisi, par lettre, en date du 2 décembre 2015, le ministère de l’intérieur qui dispose d’un délai de 30 jours pour répondre. Le délai est dépassé, le département n’a pas réagi, nous espérons que la Cour Suprême dira le droit.
A question de savoir ce que feront les FPC en cas de refus du ministère de l’intérieur de répondre à l’interpellation, ou du refus de la haute Cour de dire le droit, le président des FPC dit préférer attendre, mais indique que son parti est déterminé à s’exprimer pour user des moyens d’expression qu’octroie la Constitution.
Abordant le deuxième point de sa conférence de presse, le président du FPC a fustigé la « tendance du régime à museler les libertés, à prendre en otage la démocratie mauritanienne ». Aujourd’hui, déplore Samba Thiam, le gouvernement en place cherche, par tous les moyens à réduire en silence toute opposition démocratique crédible, c’est notre cas, mais aussi celui d’IRA…La création du parti de Ould Ahmed Aicha, d’ AND participe justement de cette manœuvre du pouvoir qui vise à casser les forces démocratiques, or, une véritable démocratie se fonde sur une majorité qui gouverne et une opposition constructive, ce qui est, regrette le président des FPC loin d’être le cas chez nous. Face à cette menace qui pèse sur l’avenir de la démocratie mauritanienne, Samba Thiam demande à l’opposition démocratique et aux forces patriotiques et progressistes de s’y opposer.
Répondant à une question relative au dialogue politique que l’opposition et le pouvoir réclament, le président des FPC fait observer qu’un dialogue dans les conditions actuelles sera loin de parvenir à un consensus national parce que même si Aziz affirme qu’il ne briguera pas un 3e mandat, il faut rester prudent et vigilant, parce que chaque camp a son agenda qu’il veut faire passer. Ce qu’il nous faut, précise M. Thiam, c’est plutôt un débat national qui prenne en charge les questions de l’unité nationale.
le calame
Debat sur l’unité nationale FPC,Tawassoul et Sawab
Vous pouvez suivre en intégralité le débat sur l’unité nationale à la télévision Mourabitune entre Samba Thiam des FPC, Jemil Mansour de Tawassoul, et Horma de Sawab.
Première partie: https://www.youtube.com/watch?v=QDkRR7RCezY&feature=share
Deuxième partie : https://www.youtube.com/watch?v=Y0mEH73yHrM
Troisième partie: https://www.youtube.com/watch?v=CSzPnSPYnEg
Quatrième partie: https://www.youtube.com/watch?v=DVAqFZCyt7Y
Debat sur l’unité nationale FPC,Tawassoul et Sawab
Ecoutez le Président Samba Thiam des FPC à partir de la 18eme minute. Comme d’habitude il n’a pas mâché ses mots. Une autre Mauritanie est possible. Les lignes bougent. Nous sommes sur la bonne voie… Car la vérité est que la Mauritanie ne guérira pas de son instabilité tant qu’elle n’aura pas osé affronter la question lancinante de la cohabitation de ses peuples. Le président SAMBA THIAM en est convaincu. Il le dit à haute et intelligible voix. Il le dit avec cette éloquence qui refuse l’emphase et le superflu. Avec Samba THIAM comme interlocuteur, c’est la politique qui retrouve ses lettres de noblesse.
La lutte continue!!
Suivez le débat au lien :
https://www.youtube.com/watch?v=QDkRR7RCezY&feature=share






