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FLAMNET-AGORA: La Mauritanie: Deux discours mêmes conséquences, une autre attitude s’impose !
La Mauritanie: Deux discours mêmes conséquences, une autre attitude s’impose !
Mes remerciements à Cire Ba et Rouguiyatou Ngaide dite Coumba pour leurs ‘’pressions’’ amicales. Tout le mérite de cette réflexion leur revient.
Il suffit de très peu d’attention pour saisir la différence dans la manière dont les Noirs et les Maures perçoivent la situation politique en Mauritanie. Il est plutôt aisé de constater la profonde divergence entre les courants qui défendent l’arabité intégrale du pays et ceux de la mouvance noire qui militent pour la reconnaissance effective du droit à la diversité des différentes communautés mauritaniennes. Cependant, il est beaucoup moins compréhensible quant à la différence d’interprétation de la situation politique entre l’Elite noire et la composante maure dite des ‘’progressistes’’. Bien que ces derniers se réclament, pour la plupart, du côté de l’opposition aux militaires depuis le règne de Ould Taya, mais l’unicité de vision entre eux et les représentants de la communauté noire désavantagée tarde encore à se matérialiser.
En effet, les progressistes maures ont du mal à digérer la notion d’existence du système de discrimination raciale que leurs compatriotes noirs dénoncent. Le plus souvent, ils jugent la situation politique à partir de leurs sentiments personnels et des relations de proximité qu’ils ont avec telle ou telle autre personne de la communauté noire. Au demeurant, le plus souvent très superficielles car ils font fi des réalités institutionnelles et de la globalité des intérêts communautaires en présence. En général, ils lisent les difficultés de la cohabitation qu’à travers cette seule notion connue sous l’appellation de ‘’passif humanitaire’’. Celle qui fait référence, chez nous, aux violations massives des droits de la communauté noire non Harratine durant la période des années 1989-92
Ainsi, ils reconnaissent que le régime de Taya est responsable du tort à l’égard de la communauté noire du sud, mais ils hésitent encore de la réparation adéquate à apporter à ces torts. Ils deviennent nostalgiques de la période des gouvernements civils d’avant 10 Juillet 1978, car synonyme du temps de la symbiose entre les différentes communautés mauritaniennes. Ils refusent de voir que l’état de la situation politique actuelle trouve ses sources à partir de notre indépendance, par le biais d’une volonté manifeste d’arabisation généralisée du pays. C’est pourquoi, ils s’irritent à chaque fois qu’un Noir fasse état de l’existence du système de discrimination raciale en Mauritanie. Ils pensent que cette notion de système est très englobante. Ils s’en offusquent prétextant que tous les maures ne sont pas racistes et ne partagent pas la même ligne politique avec les autorités militaires dirigeantes. Mieux, pour refuter la thèse du complot racial, ils soutiennent la participation régulière de cadres noirs dans les différents gouvernements, c’est-à-dire de la gestion de l’Etat, depuis l’indépendance du pays. Alors, la notion du racisme en Mauritanie serait de l’exagération des politiciens extrémistes noirs. Ce sont ces convictions qui les conduisent à jouer aux équilibristes. Par exemple, ils feront partie de ceux qui associent le problème des Mauritaniens noirs victimes de la déportation au Sénégal avec celui des Maures expatriés à la suite des évènements de 1989. A noter que, même si cette décision émanait du pouvoir, il n’en demeure pas moins que la majorité de nos ‘’progressistes’’ a participé ou au moins n’a pas dénoncé l’ambiguïté de ce choix. Par ailleurs, je suis partisan d’une solution aux problèmes de nos compatriotes expulsés du Sénégal, mais je trouve inapproprié le mélange de genre. Chose qui tente d’absoudre la responsabilité de l’État mauritanien dans son acte racial contre des citoyens noirs. Il est aussi fréquent, dans cet esprit d’équilibrisme, de voir dans leur discours des reproches ‘’aux extrémistes de tous bords’’. Ainsi, ils mettent dans un même panier, les racistes maures et leurs victimes noires qui ont eu le tort de dénoncer leur situation de discriminés. Ils ne réalisent pas que cette attitude qui consiste à vouloir décrédibiliser les représentants de la cause noire et à inhiber la conscience collective des victimes ne fait qu’approfondir le fossé entre nos communautés. Finalement, les deux discours, celui des extrémistes maures et de ceux des progressistes parmi eux aboutissent à un seul résultat, celui qui consiste à maintenir la population noire le plus longtemps possible sous la domination du maître maure. Si vraiment, ces progressistes veulent mériter leur statut avec un changement honnête et réel, ils doivent revoir leur position. Avant tout d’abord, ils devraient se rendre compte que la population noire a vécu et continue de vivre un traumatisme profond. Alors, tout signe d’hésitation marqué par des si, des mais, et autres réserves dans leurs discours ne fera que conforter le sentiment de méfiance et de soupçon à l’égard de l’ensemble des politiciens maures et voir même au-delà. Pour un traumatisé et frustré que chacun de nous est ( la population du sud ) toute nuance à l’égard de notre situation d’opprimé pourrait suffire comme preuve que le maure est un ennemi et un raciste. Car pour un traumatisé, il n’y a pas de demi-mesure c’est l’adage ‘’tu es avec moi, ou tu es contre moi’’ qui compte. Alors les plus cyniques d’entre nous ne verront dans leurs actions qu’une stratégie planifiée et coordonnée par la classe politique maure pour pérenniser le racisme et la domination contre la population noire.
Plus curieux encore, et selon certaines sources, le président Abdoul Aziz, lui-même, – que l’on dit être un progressiste et absolument « pas raciste » -, reprocherait à l’Elite noire son ingratitude à son égard.
Puisque, pense-t-il, malgré des efforts énormes consentis pour cette communauté à laquelle il ne doit rien, ses leaders continuent de l’attaquer et de le vilipender. Évidemment, il y a un certain nombre de problèmes particuliers en ce qui concerne l’assertion du Président. Bien que Mohamed Ould Abdel Aziz n’ait été indexé d’aucune infraction personnelle et directe sur les évènements des années de braise mais en tant que ancien responsable de la sécurité de Ould Taya, il est de fait et de droit un élément de son régime. En tant que tel, il doit être considéré comme responsable même en dehors de toute faute directe. Par ailleurs, au nom de la continuité de l’Etat, il ne peut pas se soustraire aux obligations que lui imposent la déontologie et la morale liée au fonctionnement des institutions étatiques. Malheureusement, ce sentiment du Président est partagé par nombre de compatriotes maures qui se disent ne pas être impliqués aux causes du malheur de la population noire mauritanienne. Par conséquent, ils ne se voient d’aucune obligation à notre égard, même si ils sont conscients de la réalité du problème.
A suivre
Mamadou Barry dit Hammel
USA.
Baccalauréat 1974 – 2015 : le résumé d’une succession d’incompétence qui dure depuis 41 ans, 2015 : taux de réussite à la première session 7.46%, Lettre Moderne 3%,…
On dit souvent qu’une image veut mieux que 1000 mots, les deux figures suivantes montrent l’évolution du taux de réussite au baccalauréat toutes les filières confondues de 1974 à 2010 (figure 1) et l’évolution du nombre d’inscrits à cette épreuve pour cette même période (figure 2).
Nous pouvons en tirer une conclusion :
– aucun gouvernement n’a réussi à mettre en place un système éducatif du secondaire capable de préparer efficacement les élèves mauritaniens aux études supérieures tant en qualification qu’en nombre durant cette période.


Le nombre d’inscrits ne cesse de croitre de façon considérable tandis que le taux de réussite ne cesse de chuter de la même façon, l’enseignement ne fonctionne pas du tout.
Il y a eu le plan stratégique de lutte contre la pauvreté (www.cslp.mr) qui a démarré en 2006, dans le volet éducation, un objectif de réussite au baccalauréat de 30% pour 2010 était la cible, de 2006 à 2014 on n’a jamais réussi à dépasser les 10% à la première session.
En plus de l’incompétence de nos dirigeants à gérer l’éducation, des réformes éducatives non objectives souvent nuancées de politisme sont venues s’y ajouter, d’où l’aggravation de la situation, aujourd’hui on est tous convaincu que le système éducatif mauritanien est chroniquement malade, les résultats de cette année le démontrent.
Pour la série Lettre Moderne un taux de réussite de 3%, les mathématiques 18%, Sciences Naturelles 7,5%, Lettre originale 8,3%, TM 35.5%.
Il faut remarquer que le taux de réussite de la série TM n’est pas significatif par rapport au niveau général, car c’est 38 élèves sur 107, le nombre d’inscrits ne représente que 2.5 pour 1000 du total des inscrits par contre la filière lettre moderne représente 21,43 % du total des inscrits soit 214 pour 1000.
Nous attendons avec impatience une communication pour faire savoir aux candidats au bac et à tous les Mauritaniens que malgré les désagréments causés par les réseaux sociaux, l’année de l’enseignement à enregistrer un taux de réussite de 7,46%, on fera mieux l’année prochaine en vendant 3 écoles.
Félicitation à Ibrahim Mohamed Moustapha développeur de l’application qui permet de consulter les résultats du bac via ce lien
http://41.188.113.135/consulbac/
Source : Kalidou Sarr
21 juin 1958: Proclamation de la République Islamique de Mauritanie
21 JUIN 1958 AUTONOMIE DE LA MAURITANIE, LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE EST PROCLAMEE LE 28 NOVEMBRE 1960
28 NOVEMBRE 1958 :
Proclamation de la République Islamique de Mauritanie, État membre de la Communauté .
La capitale est fixée à Nouakchott alors que celle du Territoire de Mauritanie était à Saint-Louis du Sénégal.
L’inauguration de Nouakchott comme capitale est commémorée par un timbre émis le 29 novembre (Y&T AOF No PA 28).
Inauguration de Noakchott |
Deux timbres seulement seront émis par la république autonome (Y&T Mauritanie No 138/139).
La proclamation de la République de Mauritanie est célébrée par un timbre(Y&T Mauritanie No 138). Une oblitération premier jour grand format double cercle est utilisée “PREMIER JOUR / NOUAKCHOTT // REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE / 20 JANV. / 1960 // (drapeau)”.
FDC République mauritanie |
Le courrier de service de la République autonome est affranchi en timbres de service de l’A.O.F..
Courrier officiel Mauritanie |
| Lettre officielle du cabinet du Premier Ministre de Mauritanie affranchie avec deux timbres de service d’AOF 5F + 20F, oblitérés Saint-Louis 7/11/59 (La capitale de Nouakchott n’est pas encore terminée, le gouvernement est encore à Saint-Louis). |
Mokhtar Ould Daddah |
Le premier Ministre Omar Ould Daddah, fervent mulsulman refusera, en conformité stricte avec sa religion, que son portrait figure sur un timbre ou une oblitération.
Pour les premiers pas philatéliques de la République de Mauritanie voir le chapitre“De l’autonomie à l’Indépendance postale de la Mauritanie”
https://www.youtube.com/watch?v=AuYBJR1X-fs
https://www.youtube.com/watch?v=v1pc9vfG6g0
Source: http://www.histoire-et-philatelie.fr/pages/005_decolonisation/1020_communaute_francaise_2.html
FLAMNET-AGORA: Tournée dans la vallée du fleuve: voulez-vous que je vous dise Monsieur le Président ? par Samba THIAM-Président des FPC
Nous avons vu le Président dans ces tournées avec leur côté festif, populiste ! Qu’est- ce qui pousse donc le président à entreprendre, en cette période de grande canicule, ces visites ? Une chose est sùre, Aziz s’étant révélé jusqu’ici en homme futé, habile dans la manoeuvre, incite à penser qu’il n’a pas agi par altruisme.
Derrière ces bains de foule, tout porte à croire à un agenda caché. Quelle serait la nature de cet agenda ? conjectures.
Préparer les conditions pour un changement de constitution? ballon d’essai, prise de pouls? petits vers un réferundum ? rien n’est à écarter.
Mais, prenons le Président au mot quand il affirme aller à la rencontre des populations pour s’enquérir de leurs problèmes. Accordons –lui le bénéfice du doute, mais alors disons lui qu’ il s’y est mal pris; il ne peut pas rencontrer ces populations. Il ne peut pas les rencontrer, pour s’entourer des laudateurs qui font barrage . Ces mêmes hommes, recyclés, empêchent ces populations de l’approcher ou de poser leurs problèmes ; il arrive même qu’en amont, au cours des réunions préparatoires d’accueil, des hommes et des femmes, soupçonnés de non conformisme à la ligne du « oui AZIZ », se voient d’office écartés du cercle des ‘’privilégiés’’. Voilà qui expliquerait peut-être, en partie, les dérapages constatés ici et là, au cours de cette tournée; n’exprimaient-ils pas quelque part la volonté du grand chef, lui même? le Président ne l’aurait-il pas voulu ainsi, étant allergique à toute contrarieté, ne souhaitant entendre aucun discours critique; rien que des louanges. Un militaire dressé à donner des ordres ou à en éxécuter s’accommode mal de la contradiction. L’hypothèse tient la route, sinon les images des protestataires d’Aleg ne seraient pas absentes des écrans officiels, les jeunes de Boghé, en brassards rouges, n’auraient pas été battus par des éléments du Basep, se substituant aux forces de police, ou les rouspeteurs potentiels de Darel barka et de Rosso neutralisés, avant même la visite du Rais, ou encore ces courageuses dames de Thiambène – emprisonnées arbitrairement quelques jours déjà avant cette visite – exfiltrées en catimini de Rosso pour Nouakchott. Braves dames auxquelles nous exprimons ici toute notre solidarité active, et qui, par leur exemple, nous indiquaient le seul chemin de l’honneur qui vaille : résister
Kaëdi, Lexeiba, Mbagne, Aleg, Bogheé, Rosso, aujourd’hui Sélibaby, on assiste partout au même spectacle; bain de foule; youyous !
Certains ont eu tendance à plaindre, voire critiquer ces populations. Je m’en abstiendrai, parce qu’à mon sens ces populations obeissaient simplement aux lois de foule, et non parcequ’elles restaient particulièrement admiratives d’Abdel Aziz. On se rappelle encore avec quel faste le Président–tyran, Ould Taya en l’occurrence, avait été accueilli à Boghé, bourgade pourtant des plus endeuillées du fleuve, pendant les années de braise. Non, ces populations, étaient des victimes innocentes. Les responsables de ce cirque, bien monté, n’étaient autres que ces laudateurs éternels qui finiront, si rien n’est fait, par perdre la vallée du fleuve et au-delà, puisqu’ils peuplaient aussi le nord et le centre. Les mêmes laudateurs sous Ould Taya, les mêmes sous Sidi qui maintenant ceinturaient Aziz. Toujours les mêmes, inondant le prince de fleurs, lui masquant la triste réalité sur les misères quotidiennes et le désespoir des populations.
Le prince ne prend généralement conscience du jeu néfaste de ces gens que le jour où il est emporté; lorsqu’il est trop tard. Et c’est cela qui pourrait arriver aussi à Aziz! l’adage populaire dit bien ‘’jamais deux sans trois ‘’!
Les Problèmes des populations du fleuve, Monsieur le Président, – si je devais vous les conter- se déclinent en «sentiment de frustration, d’exclusion », de ras le bol qui se reflètent dans les dépossessions et spoliations des terres, à travers un enrôlement séléctivement ethniciste qui en fait des apatrides, un découpage administratif et territorial des plus injustes, une déperdition scolaire des plus élevées du territoire du fait d’un Enseignement régional sciemment saboté au Sud au travers des réformes savamment conçues pour un tel effet; une très grande misère enfin de ces populations.
Dans la vallée du fleuve, oubliée des infrastructures majeures, nous, ses ressortissants, devons seulement nous contenter de quelques cartons de yaa-boys, quelques boutiques Emel, quelques lopins de terre irrigués par ci, quelques ponts par là, de l’électricité pour les grosses bourgades, voilà à quoi nous ‘’avons droit’’. Réalisations, modestes certes, mais réalisations tout de même, à mettre à l’actif du Président actuel, en comparaison du vide total des années 60 et post –indépendance.
Malheureusement l’effet positif de ces réalisations a été anéanti, balayé par l’autre versant négatif de la politique du Président Aziz, qui a accentué le sentiment profond de non appartenance à ce pays, en nous; La superstructure reste globalement interdite aux Négro-mauritaniens; chercher à diriger ce pays c’était faire preuve de toupet ! Accéder aux responsabilités dans la haute administration, bénéficier d’entreprises privées, gérer les grandes boites de l’Etat , entrer dans le secteur bancaire, envoyer ses enfants dans les Ecoles supérieures du futur, telles l’école des mines, l’école de médicine, l’école polytechnique, l’école de magistrature suprême et de la haute administration, l’école des officiers, le Prytannée militaire, c’était trop demander pour leurs enfants. Y prétendre, c’était nourrir des ambitions démesurées, exagérées, injustifiées … pour des « Sénégalais ». Nominations mono-ethniques des conseils de ministres, télévisions et radios privées ou publiques mono-ethniqus, forces de Police mono-ethniques, corps de commandement des forces armées mono- ethnique, commissions d’enrôlement mono-ethniques, voilà l’explication du sentiment de ras le bol , du malaise général perceptibles dans toute la vallée du fleuve, que vos laudateurs s’efforceront sûrement de vous cacher, monsieur le Président.
Le mal-être profond, le vide, engendrés par la perte de dignité et le déni de citoyenneté des Négro-africains ne pouvaient être meublés par…des projets, fussent-ils importants; ou par la ‘’lutte contre la pauvreté’’…. C’est beaucoup plus profond que ça. Non, une nation ne pouvait se construire de cette façon!…”half free half slave”, déplorait Lincoln.
Enfin quelque chose que vous ne semblez pas comprendre monsieur le Président : Lorsque les populations négro- africaines visitées s’adressaient à vous en français, c’était par courtoisie, par respect pour votre personne, dans le souci de communiquer avec vous. Vous, en retour, leur répondiez en hassanya tout court; sans vous souciez de ce qu’elles pouvaient ressentir !
Vous avaient-elles compris ? avaient-elles été choquées ? vous vous en moquez ! ceci porte un nom monsieur le Président.
Certaines vieilles habitudes ont la vie dure ! Vous ne semblez pas comprendre ou accepter que chacun soit fier de ses racines et de sa culture, sans dénigrer ni mépriser personne… Un PNDC qui ne tiendrait pas compte pleinement de cette donne est voué à l’échec, – soit dit en passant- à l’attention de l’ honorable et courageuse Mint Aïnina.
Dernier éclairage enfin, Mr le Président, vous, comme beaucoup d’autres Mauritaniens issus du sérail, ne cessez de convoquer ou d’évoquer ‘’l’unité nationale’’, mais juste comme un slogan creux ! Parce que cette unité que l’on invoque tout le temps, que l’on scande en permanence comme une litanie, on veut juste la garder telle qu’elle est, c’est-à –dire «l’ unité du cavalier et de sa monture »! Cette unité là, nous n’en voulons plus !
Vous avez par ailleurs, Monsieur le Président, au cours de cette tournée, semblé, dans vos propos, vous en prendre aux activistes, les accusant de nuire à l’unité nationale … Au contraire ! Ces activistes remplissaient leur devoir de citoyens honnêtes; patriotes sincères et courageux, ils dénonçaient les dérives et les véritables fossoyeurs de l’unité nationale. Si l’unité nationale est mise en mal aujourd’hui, malgré quelques tentatives de réparations timides et superficielles des dérives du Colonel despote, il faut en chercher les causes dans l’autre facette de votre politique décrite plus haut.
Ces youyous populaires ne vous y fiez pas trop. Taya était parti au moment où il se prenait pour le messie.
Prenez garde Monsieur le Président, ouvrez les yeux sur ces laudateurs, ne perdez pas de vue où ils avaient mené Ould Taya. Si vous saviez combien parmi eux riaient sous cape !
Reprenez- vous, resaisissons-nous, il n’est pas encore tard …
La lutte continue !
Samba Thiam
Président des FPC
Nouakchott 11 juin 2015.
FLAMNET-AGORA: Quand le président Samba Thiam des FPC(ex-Flam) répond aux attaques malveillantes de Mohamed Ould Maouloud de l´UFP-MND
Nous sommes pour le Mnd ce que De gaulle fut pour Vichy
Ould Yessa aimait à dire, pour appeler à la vigilance, que lorsque ses “parents” voulaient dissimuler quelque chose aux Négro-africains, ils le diffusaient en arabe…
Ould Maouloud vient de faire une sortie à (Zaharachinguitty.info) –version arabe- où il chargeait les Flam – aujourd’hui FPC- .
Vous devinez que pour répondre aux critiques formulées, J’ai dû recourir aux services de traduction, oh combien délicate et inconvenante dans notre contexte !
La sortie de Maouloud , comme les sorties en général du Mnd –Ufp dirigées contre nous reposent, bien souvent, sur des accusations fallacieuses , des raccourcis faciles , s’ils ne recourent simplement à l’amalgame , aux dénigrements et à la calomnie . Il commence par relever les différences entre nous, enchaine sur sa critique pour finir par appeler à discuter …
Abordant la différence entre eux et Nous Maouloud affirme qu’elle se situait dans l’idéologie ; moi je dirais plutôt qu’elle tient à l’analyse de la situation interne –depuis toujours – ; elle réside, à mon sens , dans la perception et l’appréciation des hommes et des choses , dans la vision . Je continue de croire que nous nous réclamons tous deux de gauche, cette gauche nourrie à l’idéal de liberté et du progrès,… maintenant que le communisme est partout renié.
Commençons – pour fonder mon assertion- par comparer le regard , récent, qu’il portait sur la personnalité de Ould Taya qu’il jugeait ‘’ en patriote qui aimait son peuple …‘’ avec le mien qui considère ould Taya comme le plus stupide des Présidents , et l’incarnation même du mal absolu ; Ce camp d’en face nous reprocherait nos concepts : Système, “Apartheid mauritanien , Négro –africain ou Négro-mauritanien” , concepts qui les incommodaient au plus haut point … Là où mon organisation dénonce frontalement, avec force, l’oppression dont sont victimes les Négro-mauritaniens, eux louvoyaient, abordaient la question avec circonlocution ! Face à ce que nous qualifions de discrimination, de racisme structurel de l’Etat mauritanien, ils faisaient profil bas et ne trouvaient à opposer qu’ un ‘’compromis processuel et dynamique’’…
Face aux putschs militaires Awlad Nasr et Négro-africains, nous nous souvenons encore du double standard par eux adopté, malgré la différence de nature de ces deux évènements .
Notre Manifeste fut qualifié par lui et ses amis de document incendiaire qui ‘’ voulait mettre le feu à la maison commune ‘’, pour tenter de remettre en cause l’équilibre existant … ; l’équilibre existant !!!
Quelque part, nous sommes à l’égard du Mnd-Ufp ce que De Gaulle fut pour Vichy. De Gaulle combattait les Allemands qui avaient envahi la France et Vichy combattait De Gaulle ! Nous combattions le Système, le Mnd-Ufp nous combattait…
Bien sûr, de temps à autre , quelque Négros et quelque negrita montaient au créneau , versaient dans le ‘’discours flamiste’’ pour tenter de mystifier l’opinion négro-africaine , brouiller les cartes , afin de limiter les dégâts dans leurs rangs , chaque jour un peu plus clairsemés .
L’origine de notre contentieux avec le Mnd , vieux de trente ans , est à chercher dans la différence de morale politique ! Nous croyons à une certaine noblesse politique, qui se refuse au mensonge, à la calomnie de l’adversaire, aux coups fourrés, aux poignards dans le dos ! Un homme ça se retient disait le père de A CAMUS.
Pour revenir aux différences , celle essentielle –originelle- entre eux et Nous date , je crois , des années 70 , lorsqu’eux mettaient l’accent sur le combat contre l’impérialisme français , là où nous pensions qu’il fallait , pour justement réussir cette lutte contre l’impérialisme – consolider le front intérieur en s’attaquant d’abord ou simultanément aux discriminations rampantes des nationalités, déjà perceptibles . Ils pensaient que la lutte contre l’impérialisme était la contradiction principale, nous pensions le contraire. Ils développaient une approche marxiste de classes , là nous percevions déjà , au-delà des réserves et limites de cette approche dans le contexte africain – , que la lutte des classes glissait vers la lutte des races ; l’une était sur le point de recouvrir l’autre , dans notre contexte interne , pour devenir une . Bien que le cours de l’histoire aie confirmé nos vues, ils refusaient, malgré tout, de faire leur mea-culpa, et persistaient dans la fuite en avant …
Maouloud dit dans cette interview que le terme Négro-mauritanien avait été créé par nous, pour inclure les Haratines dans notre combat afin « de faire front contre les maures ».
Un peu de vrai, beaucoup de faux comme savent si bien le faire les élément du mnd ! Raccourci facile, pure vue de l’esprit …
Nous avons réinventé ce terme , non pas « pour faire un front contre les maures » comme le croit le président de l’UFP , mais pour faire front contre un Système inique , pernicieux ; cette démarche s’inscrit dans une logique naturelle qui veut que dans les luttes de factions , chaque partie cherche à créer un rapport de force qui lui soit favorable ; c’est de bonne guerre , il doit en convenir . S’il se trouvait des maures qui souhaitaient la préservation de ce Système, alors oui, nous ferions front contre eux. Que Maouloud nous dise donc dans quel camp il se situe ? Dans le camp des destructeurs du Système ou dans celui de ceux qui œuvrent à le perpétuer ? Dans le camp de l’immobilisme ou dans celui du changement ?
Notre souci, notre intention n’a jamais été de détacher les haratines des maures (blancs), ou de les avoir avec nous contre les Bidhaans, non ! Nous voulions , en progressistes, simplement soutenir leur juste lutte , en hâtant leur prise de conscience politique , et partant, leur émancipation … Cela nous l’assumons, et nous sentons fiers d’avoir presque réussi . Ce concept englobant , parallèle à celui de N-africains , visait aussi à distinguer le type de Noirs mauritaniens , pour l’étranger ; Il y avait ceux qui avaient été réduits en esclavage et perdu leur culture originelle , par assimilation , il y avait les autres, qui avaient échappé à cette traite négrière et donc avaient conservé , intactes , leurs langues et cultures d’origine ( wolofs , Bambaras , Pulaars , Soninko ) .
En tout état de cause ‘’ l’identité haratine’’- actuellement assumée – vient clore ce faux débat ; les Hratine , en effet, ont fait le choix , disent-ils, de n’appartenir ni au camp des kwar ni à celui des arabes …
Au finish , dirais-je à Maouloud , n’avions-nous pas , nous aussi , le droit d’user du slogan de l’internationale : ‘’prolétaires (… ) unissez-vous’’ , d’autant que nous sommes ( hratine et Kwar ) aujourd’hui et depuis toujours les véritables opprimés du Système en cours ? Nous n’excluons nullement les opprimés arabo-berbères, il ne tient qu’à eux de rejoindre nos rangs.
J’en viens maintenant à l’amalgame, la confusion , qu’aiment bien entretenir Maouloud et ses amis entre les deux nationalismes , qu’ils renvoient souvent , non sans cynisme , dos à dos ; Le nationalisme arabe – nationalisme arrogant , intolérant , impérialiste, et le nationalisme négro-africain qui demeure un nationalisme ouvert , patriotique . Si en théorie les Mawlouds prétendent se démarquer des premiers ( Nasseriens et Baassistes ) ’en pratique, ils ne sont pas très éloignés de ceux-là , de par leur quasi silence sur la réalité socio politique douloureuse , actuelle du pays .
En conclusion , ce type de critique émanant d’éléments intellectuels arabo-berbères évoquent, pour moi , les propos que Martin Luther King tenait à l’endroit des whites citizens , des whites moderates aux Etats-Unis .
King disait que les Blancs modérés , par leur position qui renvoyait dos à dos victimes et oppresseurs , contribuaient, en réalité , à renforcer l’oppression des Blacks américains . Ces whites moderates stigmatisaient les effets (tension) mais se gardaient de considérer les causes à l’origine de cette même tension. Ils étaient, ajoutait-il, plus dévoués à l’ordre qu’à la justice … ils préféraient la paix négative qui est absence de tension , à la paix positive qui est présence de justice . King terminait pour dire que l’injustice devra être exposée à la lumière de la conscience et de l’opinion nationale avec toute la tension que son exposition créée. C’est à cela que nous nous essayons.
Pour revenir enfin à son appel à discuter , bien sûr que nous sommes preneurs ; dès que l’opportunité sera offerte …mais cette discussion, je crois , ne pouvait tourner autour des ’idéologies…
Je ne puis, par ailleurs, ne pas noter ce paradoxe chez mon alter ego : il déterre la hache de guerre tout en appelant simultanément à discuter pour solder notre contentieux vieux de 30 ans ? Notre long et difficile compagnonnage , cette relation tempétueuse marquée par un déficit de confiance , par la méfiance , suscités par les coups fourrés , les coups bas , les dénigrements et la calomnie , ne saurait se pacifier sur une simple discussion , à moins …de forcer sur l’optimisme .
Mais enfin essayons toujours, même si l’on est persuadé qu’on ne change pas à 60 ans…
La lutte continue!
Samba THIAM- Président des FPC (Ex-FLAM).
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