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Coup d’État en Mauritanie : les tribus ont pris le pouvoir. Par Pr ELY Mustapha
“Il n’est pas des nôtres celui qui appelle au tribalisme. Il n’est pas des nôtres celui qui combat pour le tribalisme. Il n’est pas des nôtres celui qui meurt pour le tribalisme.”
Hadith du Prophète Mohamed que la paix soit sur lui
(Sunan Abu Dawud 5121, Livre 41, Hadith 133)
“Ô peuple ! Votre Seigneur est Un et votre père [Adam] est un. Un Arabe n’a aucune supériorité sur un non-Arabe, ni un non-Arabe sur un Arabe ; un blanc n’a aucune supériorité sur un noir, ni un noir sur un blanc, si ce n’est par la piété et les bonnes actions.”
Sermon d’Adieu (Khutbatul Wada) du Prophète Muhammad (PSL)
(Musnad de l’Imam Ahmad ibn Hanbal (hadith n° 23489)
Sahih al-Bukhari (partie du long hadith du Sermon d’Adieu)

La mort institutionnelle de l’Etat
La Mauritanie contemporaine offre un cas d’école de la déliquescence institutionnelle : l’État, en tant qu’entité régulatrice, n’existe plus. À sa place s’est imposé un système de gouvernance parallèle, dirigé par des tribus arabo-berbères qui contrôlent les leviers économiques, sécuritaires et politiques du pays.L’État mauritanien fonctionne comme une coquille vide, où les tribus dictent lois, budgets et nominations Ce « coup d’État silencieux » ne s’est pas produit en une nuit, mais résulte d’un processus historique de captation des ressources et de neutralisation méthodique des institutions.
Aujourd’hui, analyser la Mauritanie sans placer les logiques tribales au cœur de l’équation relève de la cécité académique.
I- Les racines historiques de l’hégémonie tribale
La colonisation française : architecte précurseur du tribalisme mauritanien moderne
L’administration coloniale française a codifié les hiérarchies tribales en s’appuyant sur des chefs tribaux comme relais locaux, marginalisant les Haratines (descendants d’esclaves) et les AfroMauritaniens. Ce système néopatrimonial a survécu à l’indépendance (1960), les élites tribales reproduisant les schémas de domination via le parti unique La réforme foncière de 1983, permettant l’expropriation des terres afro-mauritaniennes au profit des tribus, a marqué un tournant. En 1989, des purges ethniques chassèrent des milliers d’afro-mauritaniens, redistribuant leurs terres à des alliés tribaux du régime.
L’emprise des tribus sur les institutions politiques mauritaniennes est profonde et multiforme. Au cœur du système se trouve un monopole parlementaire et exécutif sans précédent. Les tribus arabo-berbères contrôlent 72 % des sièges au Parlement et 85 % des postes exécutifs. Cette domination n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une stratégie délibérée de captation du pouvoir. Les clans Awlad Bu Sba et Smassid, en particulier, ont réussi à s’arroger les ministères-clés tels que la Défense, l’Intérieur et les Finances, leur permettant ainsi de verrouiller l’ensemble des décisions stratégiques du pays. Cette mainmise sur les institutions trouve ses racines dans l’histoire post-coloniale de la Mauritanie. Sous la présidence de Moctar Ould Daddah (1960–1978), le Parti du Peuple Mauritanien (PPM) a institutionnalisé le tribalisme en cooptant systématiquement les chefs tribaux, transformant de facto l’État en un outil de légitimation et de renforcement des hiérarchies traditionnelles.
Le tribalisme comme doctrine d’État
Aujourd’hui, les tribus contrôlent 72% des sièges parlementaires et 85% des postes exécutifs. Les tribus dominantes (Awlad Bu Sba, Smassid, Oulad Delim) ont transformé l’appareil d’État en outil de prédation, utilisant les lois et budgets publics pour consolider leurs fiefs économiques.
Le processus électoral lui-même est devenu un théâtre où se joue la domination tribale. Le parti au pouvoir, El Insaf, alloue 65 % de son budget (estimé à 4,8 millions de dollars par an) à la mobilisation électorale des communautés arabo-berbères. Cette stratégie repose sur un système élaboré de clientélisme, où des concessions de terres et des promesses d’immunité judiciaire sont échangées contre des votes. L’oppression politique des opposants issus des communautés marginalisées est monnaie courante. En 2014, la candidature présidentielle de Biram Dah Abeid, militant anti-esclavagiste, a été systématiquement sabotée. Des partisans subissaient des confiscations de terres, illustrant la collusion entre pouvoir religieux, économique et politique au service des intérêts tribaux.
II- L’économie capturée : Tribus contre Trésor public
Les secteurs-clés sous contrôle tribal
La captation des ressources économiques par les tribus dominantes illustre de manière flagrante leur influence sur le gouvernement. Dans le secteur minier, stratégique pour l’économie mauritanienne, la tribu Awlad Bu Sba, étroitement liée à l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, a mis en place un système de perception de « royalties informelles » sur l’exploitation du fer à Zouérat. Ce mécanisme opaque permet de détourner entre 8 et 12 millions de dollars par an des revenus de la SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière), privant ainsi l’État de ressources cruciales pour son développement. Le secteur des pêcheries n’échappe pas à cette logique prédatrice.
Les coopératives tribales basées à Nouadhibou ont réussi à s’octroyer le contrôle de 38 % des exportations de poulpe vers l’Union Européenne, grâce à un système de quotas opaques négociés au plus haut niveau de l’État. Cette mainmise leur assure des revenus annuels de l’ordre de 14 millions d’euros, au détriment des communautés côtières non-arabo-berbères et du Trésor public.Soit:
• Pêcheries : Les coopératives tribales de Nouadhibou contrôlent 38% des exportations de poulpe vers l’UE, générant 14 millions d’euros annuels via des quotas opaques-
• Mines : La tribu Awlad Bu Sba perçoit des «royalties informelles » sur l’exploitation du fer à Zouérat, détournant 8 à 12 millions de dollars/an des revenus de la SNIM (société minière nationale).
Or et drogue : Les tribus Reguibat et Oulad Delim contrôlent 30 % du trafic de cannabis marocain (270 tonnes/an) et 15 % de la cocaïne sud-américaine transitant par le Sahel, avec des complicités douanières (150–300 €/véhicule).
Les systèmes de prédation sont variés et multiples. Parmi ceux utilisés: l’Intégration (Hawala) et la Syndication des ressources.
L’Intégration (Hawala): Des bureaux de change tribaux de Nouakchott ont traité des millions de dollars de dons intraçables du Golfe, tirant parti des liens tribaux pour contourner la surveillance de la Banque centrale mauritanienne.
La Syndication des ressources : Le contrôle sur les collectifs de pêche artisanale permet aux tribus de rediriger les cargaisons de poulpes à destination de l’UE vers les marchés de Dubaï, capturant des millions de dollars de profits illicites.
La prédation systémique
La structure étatique de Solidarité, destinée à lutter contre la pauvreté, canalise 40% de son budget (6 millions de dollars) vers des «projets» tribaux servant à acheter des loyautés tribales. Parallèlement, l’État perd 220 millions de dollars/an via la contrebande d’or, facilitée par l’absence de scanners financiers à 88% des postes frontaliers.
III. L’effacement de l’État de droit
Justice sélective et impunité tribale
Le Conseil Supérieur de la Magistrature, dominé à 60% par des tribus, bloque les enquêtes visant les élites tribales. En 2011, le président Aziz a gracié 30 trafiquants de drogue condamnés, tous issus de tribus influentes. En 2023, une saisie de 1,2 tonne de cocaïne à Nouadhibou a été étouffée quand les enquêteurs ont découvert des liens familiaux avec un ancien ministre de la Défense.
L’instrumentalisation du système judiciaire
L’instrumentalisation du système judiciaire au profit des intérêts tribaux est un autre exemple frappant de cette influence.
L’impunité dont jouissent les membres des tribus dominantes est devenue systémique. En 2011, un cas emblématique a choqué l’opinion publique : le président Aziz a gracié 30 trafiquants de drogue condamnés, tous issus de tribus influentes. Cette décision, prise par décret présidentiel, a démontré de manière éclatante la subordination du pouvoir judiciaire aux intérêts claniques. Plus récemment, en 2023, une affaire de trafic de drogue à grande échelle a mis en lumière les mécanismes de protection tribale. Une saisie de 1,2 tonne de cocaïne à Nouadhibou, qui aurait dû conduire à des poursuites judiciaires d’envergure, a été rapidement étouffée lorsque l’enquête a révélé des liens familiaux entre les trafiquants et un ancien ministre de la Défense.
En 2024, à l’occasion de l’enquête sur le clan Cheikh Eyah, un système de blanchiment de 30 millions de dollars via des bureaux de change à Nouakchott et des exportations frauduleuses de poulpe vers Dubaï a été mis à jour. Les charges ont été abandonnées en 24 heures pour « vice de procédure » – un scénario classique de protection tribale.Cette affaire, au-delà de la présomption d’innocence qui doit prévaloir à l’égard des présumés, illustre non seulement la sophistication des réseaux financiers tribaux, mais aussi leur capacité à neutraliser le système judiciaire.
Ces exemples illustrent comment le système judiciaire, censé être le garant de l’État de droit, est devenu un instrument au service des intérêts tribaux.
Armée et sécurité : des milices tribales déguisées
L’armée et les forces de sécurité n’échappent pas à l’emprise tribale, compromettant sérieusement la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’État mauritanien. 90 % des postes d’officiers supérieurs sont occupés par des tribus. Les promotions au sein de l’armée sont basées non pas sur le mérite ou les compétences, mais sur l’allégeance tribale, créant ainsi une force armée plus loyale envers les clans qu’envers l’État. Cette situation est exacerbée par l’existence de milices tribales quasi-autonomes. Le cas le plus flagrant est celui de la tribu Oulad Delim, qui dispose d’une force paramilitaire de 800 hommes, armée via des réseaux libyens. Cette milice patrouille les frontières et contrôle des territoires entiers sans aucune supervision ou contrôle de l’État central, illustrant la fragmentation de la souveraineté nationale au profit des intérêts tribaux.
Enfin, les alliances entre certaines tribus du nord et des groupes jihadistes représentent peut-être la manifestation la plus inquiétante de cette influence tribale.. Cette collusion entre intérêts tribaux et réseaux terroristes non seulement sape les efforts de lutte antiterroriste de l’État mauritanien, mais pose également un défi sécuritaire majeur pour toute la région sahélienne.
IV. Conséquences : un pays en déliquescence
La Mauritanie n’est plus un État au sens wébérien du terme (soit une communauté humaine, qui à l’intérieur d’un territoire déterminé (…) revendique pour elle-même et parvient à imposer le monopole de la violence physique légitime), mais une constellation de fiefs tribaux régis par des lois parallèles.
Les « élections » ne sont que des mises en scène validant des rapports de force claniques.
Ainsi , pour faire face à ces mécanismes de prédation, toute réforme devra nécessairement passer par :
• La restitution de 30% des actifs miniers et halieutiques aux coopératives non tribales
• Le renforcement des tribunaux anticorruption sous supervision internationale
• Le déploiement de douanes intelligentes (IA, blockchain) à Nouakchott et Nouadhibou
Sans rupture radicale, la Mauritanie restera un État fantôme, où la citoyenneté s’efface devant l’appartenance tribale.
Les exemples concrets n’en finissent plus qui démontrent que l’État mauritanien fonctionne aujourd’hui comme une coquille vide, où les tribus dictent les lois, contrôlent les budgets et décident des nominations clés.
Cette hégémonie tribale, héritée de l’ère coloniale et renforcée par des décennies de clientélisme, explique l’échec persistant des tentatives de réformes démocratiques et la perpétuation des crises humanitaires et sécuritaires que connaît le pays.
Toute analyse ou initiative politique concernant la Mauritanie doit impérativement prendre en compte cette réalité tribale qui structure profondément la gouvernance du pays.
La Mauritanie se trouve, donc, à un carrefour critique. Sans une action décisive pour freiner le pouvoir tribal et reconstruire les institutions étatiques, le pays risque de compléter sa transition d’un État fragile à un simple consortium tribal, où la gouvernance est effectivement mise aux enchères au plus offrant et où la citoyenneté se réduit à l’allégeance clanique.
La disparition de l’État mauritanien n’est pas une menace lointaine ou une préoccupation théorique – c’est la réalité vécue par des millions de personnes piégées dans un ordre néoféodal, qui les détruit, les appauvrit et qui a supplanté la gouvernance moderne. Le défi à venir est monumental, nécessitant non seulement des changements de politique mais une réinvention fondamentale de la relation entre l’État, les tribus et les citoyens dans la société mauritanienne.
L’alternative – accepter la suprématie tribale comme un fait accompli – condamnerait la Mauritanie à un avenir d’inégalités croissantes, de dégradation environnementale et d’insécurité perpétuelle, avec des répercussions ressenties bien au-delà de ses frontières dans une région déjà volatile.
Il y a environ 1431 ans, le 9è jour de Dhul-Hijjah, alors qu’il se tenait dans la vallée d’Uranah au Mont Arafat, le Prophète Muhammad (SAW) a délivré son sermon d’Adieu (Khutbatul Wada) :
« Ô Peuple, prêtez-moi une oreille attentive, car je ne sais si après cette année, je serai de nouveau parmi vous. Par conséquent, écoutez très attentivement ce que je vous dis et apportez ces paroles à ceux qui n’ont pas pu être présents ici aujourd’hui.
Ô Peuple, tout comme vous considérez ce mois, ce jour, cette ville comme sacrés, considérez la vie et les biens de chaque musulman comme une responsabilité sacrée. Restituez les biens qui vous sont confiés à leurs propriétaires légitimes. Ne blessez personne pour que personne ne vous blesse. Rappelez-vous que vous rencontrerez en effet votre Seigneur et qu’il évaluera en effet vos actes. (….)
Mais qui aujourd’hui, l’entend encore ?
« Si vos cœurs n’étaient pas absorbés par les paroles et que vous n’en raffoliez, vous entendriez ce que j’entends. » (Hadith du Prophète Mohamed que la paix soit sur lui)
Certainement pas par des gouvernants d’un Etat pris en otage par des tribus, avec laquelle l’Alliance avait été formellement interdite par le prophète Mohamed (PSL) de son vivant.
Paix aux innocents.
Pr ELY Mustapha
Dialogue politique : Moussa Fall choisi par le président Ghazouani pour la coordination
Sahara Médias – Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a confié la coordination du prochain dialogue national à l’homme politique Moussa Fall.
Cette décision a été prise lors d’un iftar (rupture du jeûne) organisé par le président en l’honneur de la Fondation de l’opposition démocratique, des chefs de partis politiques et des candidats aux dernières élections présidentielles, dimanche soir au palais présidentiel.
Au cours de cette rencontre, Ould Ghazouani a évoqué le prochain dialogue national qui, selon lui, sera lancé dans quelques semaines.
Ould Ghazouani a annoncé que Moussa Fall, homme politique mauritanien et figure nationale, serait chargé de la coordination du dialogue.
Moussa Fall est une figure du consensus national qui, jusqu’à récemment, était actif dans l’opposition. Il a une longue histoire dans la politique mauritanienne.
Ould Ghazouani a demandé à tous les partis politiques de lui faire parvenir leurs propositions pour le prochain dialogue national.
Ould Ghazouani a annoncé son intention d’organiser un dialogue national global lors de son discours d’investiture au début du mois d’août.
Il a décrit le dialogue national à venir comme étant inclusif, n’excluant personne et n’éludant aucun sujet.
Depuis lors, le gouvernement, représenté par le Premier ministre, a tenu une série de réunions avec les partis politiques pour préparer le dialogue.
cridem
Bureau du député Biram Ould DahAbeid : Déclaration
Le Calame – Un communiqué de l’Agence mauritanienne d’information (Ami), rapporte, le 19 février 2025, l’échange d’allocution entre le Premier ministre et l’Ambassadeur de l’Union européenne, au titre du dialogue politique, qu’implique l’Accord d’association Acp-Ue.
Le volet de la concertation stratégique couvre des domaines complémentaires qui vont de l’économie, au développement, en passant par la sécurité, la migration et la protection des droits humains. Chacun des deux orateurs a relevé le niveau très élevé de la coopération, non sans souligner que la Mauritanie en bénéficie désormais davantage que tout autre pays d’Afrique.
La partie mauritanienne a exprimé le besoin de « mobiliser les fonds et les ressources nécessaires » en vue de consolider sa stabilité, dans un environnement certes en proie à une multiplication des crises multidimensionnelles.
Compte tenu de l’importance de l’évènement et de ses retombées sur le front intérieur, il convient de formuler, ici, quelques observations, à l’endroit de l’Ue, notre partenaire de toujours, dont nous apprécions la résolution, déjà ancienne, à propager les valeurs de l’universalisme et de la non-violence :
1. Aujourd’hui, la gouvernance de la Mauritanie n’offre les garanties minimales de transparence et de gestion vertueuse. Les niveaux vertigineux de corruption et d’impunité,que tolère le pouvoir du moment, jettent un discrédit empirique, sur ses intentions et son discours. Tout, là, n’est qu’affichage, manipulation et petites ruses de cleptomanie, comme le rappelle le gâchis du Port de Ndiago, parmi d’autres fiascos du genre. Les dernières révélations au sujet du détournement d’un concours financier de l’Agence française de développement (Afd), témoignent de l’acuité du trompe-l’œil, de la façade à l’arrière-cour :
2.Le soutien de l’Ue, tant qu’il s’exerce sans une conditionnalité assumée en public, selon des mécanismes de suivi et de reddition des comptes, équivaut, de facto, à une complicité avec les affameurs de la population. D’une telle imprudence résulterait, par réaction de dépit, l’essor de la démagogie, du populisme insurrectionnel et de la désinformation, au profit de puissances et de fauteurs de guerre nullement intéressées à promouvoir la démocratie et la centralité de l’individu.
3.Le seul dialogue susceptible de porter la semence de l’équité et de la paix est, d’abord, domestique. Quand les Mauritaniens auront discuté de l’avenir commun et décidé, ensemble, la reconnaissance des partis et des associations encore maintenus en deçà de la légalité, alors, oui, l’Ue pourra se prévaloir de parler à un peuple uni, dans la diversité de ses composantes.
Au lieu de continuer à soutenir le conglomérat des factions tribales et d’encourager son appétence à la prédation, les partenaires multilatéraux du pays seraient bien inspirés de comprendre combien l’invasion migratoire du sud au nord découle, en premier, de l’échec des élites du Continent. Peu importent les millions d’euros dépensés, les programmes d’endiguement aux frontières ne sauraient mettre un terme au sauve-qui-peut généralisé.
Le problème s’avère d’une gravité et d’un potentiel de désordre insoupçonnés. Peut-être le temps est-il venu, pour l’Europe et le Monde libre, de se livrer à l’autocritique salutaire, sous peine de poursuivre leur déclin, au bénéfice de la tyrannie.
Dakar, le 21 février 2025
Diplomatie Mauritanienne : Forces et faiblesses dans un monde en mutation. Par Pr ELY Mustapha
Pr. ELY Mustapha — « L’anarchie internationale est ce que les États en font » (Wendt A. Social Theory of International Politics)
La Mauritanie, pays sahélien situé à la croisée des enjeux géopétropolitiques du Maghreb et du Sahel, a déployé une diplomatie marquée par une stratégie d’équilibre, des alliances économiques ciblées et une gestion prudente des tensions régionales durant ces dix dernières annés.
Comme le souligne Hans Morgenthau dans Politics Among Nations (1948), « les États agissent rationnellement pour maximiser leur pouvoir et leur sécurité dans un système international anarchique ».
Cette logique réaliste a guidé notre pays dans son approche d’équilibre entre le Maroc et l’Algérie, lui permettant de maintenir une stabilité relative dans un contexte volatile. Cependant, cette diplomatie rencontre également des défis structurels, illustrant les limites des théories classiques face à des enjeux hybrides.
Forces de la diplomatie mauritanienne
1. Médiation régionale et neutralité stratégique
La Mauritanie a consolidé son rôle de médiateur neutre dans les conflits régionaux, en particulier autour du Sahara Occidental. En maintenant des relations équilibrées avec l’Algérie et le Maroc, elle applique une stratégie d’équilibre des puissances (balance of power), théorisée par Kenneth Waltz (Theory of International Politics, 1979).
Comme l’écrit Waltz, « dans un système multipolaire, les petits États peuvent tirer profit des rivalités entre grandes puissances pour préserver leur autonomie ». Cette posture a permis à la Mauritanie d’éviter de s’aliéner l’un ou l’autre camp, tout en servant de pont discret entre les parties prenantes.
Cependant, John Mearsheimer (The Tragedy of Great Power Politics, 2001) rappelle que « l’équilibre des puissances est toujours précaire dans les régions polarisées » – une réalité illustrée par les pressions croissantes du Maroc et de l’Algérie sur Nouakchott.
2. Diversification des partenariats économiques
La diplomatie économique mauritanienne incarne les principes de l’interdépendance complexe de Robert Keohane et Joseph Nye (Power and Interdependence, 1977), selon lesquels « les interactions économiques multilatérales réduisent les risques de conflit et augmentent la résilience ». En attirant des investissements chinois (37 % des exportations), marocains et européens, la Mauritanie a limité sa dépendance.
Cependant, Samir Amin (L’accumulation à l’échelle mondiale, 1970) met en garde : « Les économies périphériques restent captives des puissances centrales si elles n’industrialisent pas leurs ressources ». Ce piège se reflète dans le déficit commercial chronique (7 % du PIB en 2023), lié aux importations chinoises à bas coût.
3. Intégration aux initiatives internationales
L’alignement sur les Objectifs de développement durable (ODD) et la ZLECAF relève du constructivisme d’Alexander Wendt (Social Theory of International Politics, 1999), pour qui « les normes internationales façonnent les identités et les intérêts des États ».
En adhérant à ces cadres, la Mauritanie a renforcé sa crédibilité auprès du FMI, obtenant 86,9 millions de dollars pour des réformes. Toutefois, Stephen Krasner (International Regimes, 1983) souligne que « l’efficacité des régimes internationaux dépend de la capacité des États à internaliser les normes » – un défi face aux retards dans la transition numérique mauritanienne.
4. Gestion sécuritaire proactive
La réussite sécuritaire du pays s’appuie sur la théorie de la sécurité humaine développée par Mahbub ul Haq (Reflections on Human Development, 1995), selon laquelle « la sécurité ne se limite pas à l’absence de guerre, mais inclut la lutte contre la pauvreté et l’exclusion ».
En combinant modernisation militaire et programmes communautaires, la Mauritanie a évité les attaques terroristes depuis 2011. Cependant, Amartya Sen (Development as Freedom, 1999) rappelle que « la liberté politique et sociale est un pilier de la sécurité durable » – un enjeu face à la marginalisation persistante des Harratines.
Faiblesses et limites structurelles
1. Dépendance économique et vulnérabilité externe
La Mauritanie illustre les thèses de la théorie de la dépendance d’André Gunder Frank (The Development of Underdevelopment, 1966) : « Les pays exportateurs de matières premières sont structurellement vulnérables aux chocs externes ».
Les retards dans le projet gazier GTA et la domination chinoise dans les exportations minérales en sont des manifestations. Pour Samir Amin, une « déconnexion contrôlée » via l’industrialisation serait nécessaire pour briser ce cycle.
2. Pressions géopolitiques contradictoires
La neutralité mauritanienne est érodée par les rivalités de pouvoir décrites par Mearsheimer : « Les grandes puissances cherchent toujours à dominer leur région, menaçant l’autonomie des petits États ». Le corridor atlantique marocain et les pressions algériennes via le Polisario placent Nouakchott dans un dilemme stratégique typique des zones d’influence concurrentes.
3. Défis de gouvernance interne
Comme le souligne Douglass North (Institutions, Institutional Change and Economic Performance, 1990), « les institutions inefficaces entravent le développement, même en présence de ressources abondantes ». La corruption et la faible collecte fiscale en Mauritanie limitent l’impact des réformes, malgré les financements internationaux (sur ces aspects voir mes précédents articles sur les finances publiques mauritaniennes).
4. Limites de la diversification diplomatique
Les projets d’énergies renouvelables stagnants rappellent les critiques de Walt Rostow (The Stages of Economic Growth, 1960) : « La modernisation ne peut être importée ; elle requiert des institutions locales solides ». Sans capacités techniques endogènes, la diversification reste superficielle.
Pour sortir des écueils théoriques et pratiques, la Mauritanie doit hybrider les approches :
– Équilibre des puissances et sécurité humaine : Comme le suggère Ul Haq, « investir dans le développement local pour consolider la stabilité ».
– Interdépendance et déconnexion contrôlée : Appliquer les clauses de contenu local préconisées par Amin pour transformer les ressources en industries.
– Constructivisme et néo-institutionnalisme : Renforcer les institutions, car « les normes sans capacités internes sont illusoires » (Krasner).
En conclusion, la diplomatie mauritanienne a, de notre point de vue et sur 10 ans (de 2015 à 2025), illustré à la fois les forces et les limites des théories des relations internationales. Si le réalisme explique sa neutralité tactique et l’interdépendance ses alliances économiques, les théories critiques (dépendance, sécurité humaine) révèlent ses vulnérabilités structurelles.
Comme l’écrit Wendt, « l’anarchie internationale est ce que les États en font » – pour la Mauritanie, l’enjeu est de transformer sa position géostratégique en un projet de développement inclusif, ancré dans des réformes institutionnelles audacieuses.
Pr ELY Mustapha
Septembre 1986 : Procès de plusieurs cadres et intellectuels noirs mauritaniens, après la publication du « Manifeste du négro mauritanien opprimé » (le verdict)
Septembre 1986 : Procès de plusieurs cadres et intellectuels noirs mauritaniens, après la publication du « Manifeste du négro mauritanien opprimé » (le verdict)
Par
FLAM
24 septembre 2018
Temps de lecture 9 minutes
Le N° Parquet 922/86
938/86.
-Représentée par Ahmad Cheikh Lematt.
-Les prévenus : Djigo Tafsirou, Saïdou Kane, Ly Djibril Hamet, Ibrahima Abou Sall, Thiam Samba, Sow Amadou Moctar, Diallo Aboubacar, Guèye Oumar Mamadou, Abdoullahy Barry, Sarr Ibrahima, Sy Mamadou Oumar, Sarr Abdoullah, Sy Mamadou Youssouf, Idrissa Bâ, Ten Youssouf Guèye, Bâ Mamadou Saïdou, Kane Mamadou Yéro, Aly Tandia, Aboubacri Khalidou Bâ, Nbini Sow, Fatimettou M’baye.
-Jugement n° 395/86 du 20, 1407 Hégire correspondant au 25/9/1986 J.C.
– Jugement contradictoire de première instance.
-Résumé du Jugement :
.Condamnation des dix premiers prévenus à 5 ans de prison ferme, une amende de cent mille ouguiyas, la privation totale des droits civiques et nationaux pour une période de 10 ans et l’interdiction de séjour durant cette même période.
. La condamnation des sept prévenus suivants à 4 ans de prison ferme, cinquante mille ouguiyas d’amende, la privation totale des droits civiques et nationaux pour une période de 3 ans et interdiction de séjour pour la même période.
.La condamnation des quatre derniers prévenus à 6 mois de prison ferme.
L’ensemble des prévenus ont été condamnés aux dépens et droits d’enregistrement.
Au nom d’Allah le Clément le Miséricordieux
REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE
Honneur – Fraternité – Justice
MINISTERE DE LA JUSTICE ET DE L’ORIENTATION ISLAMIQUE
TRIBUNAL REGIONAL DE NOUAKCHOTT (Chambre mixte)
Au nom d’Allah le Puissant, et Suprême
(La Chambre mixte)
Dans son audience publique tenue au Palais de Justice de NKTT à la date fixée pour le Jugement, le jeudi 13 Mouharam 1487 Hégire correspondant au 25 septembre 1986 à 15 heures 14 minutes.
-Sous la présidence de M. Mohamed Lemine 0/ Moustapha, Président par intérim.
-L’assistance de MM. Dine 0/ Mohamed Lemine et Ben Amar 0/ Veten, assesseurs.
-La présence de M. Mohamed 0/ Bididi, greffier.
– Le Ministère Public était représenté par M. Ahmed Cheikhna 0/ Lematt, substitut du Procureur de la République,
a rendu le Jugement suivant relatif à l’affaire opposant le Ministère Public aux prévenus dont les noms suivent :
-Djigo Tafsirou, né en 1947 à Bokhe (Boghé), fils de Mohamed Guidado et de Djieynaba Djigo, marié, ingénieur agronome, ancien Ministre de la Santé et des Affaires Sociales et actuellement conseiller du Ministre du Développement Rural.
–Kane Saïdou, né en 1947 à Demett (Sénégal), fils de Mamadou Saïdou et de Moly Kane, marié, inspecteur général de l’enseignement secondaire (histoire, géographie), sociologue chercheur.
–Ly Djibril Hamet, né en 1946 à Loboudou (Boghé), fils de Hamet Ly et de Koudi Seck, inspecteur de l’enseignement fondamental en service à l’Institut des langues.
–Ibrahima Abou Sall, né le 19/6/1949 à flairé M’bar (Boghé), fils de Lembott Samba Sall et de Khadijatta Abdoulaye Sakho, professeur d’histoire à la Faculté des lettres et des sciences humaines à l’Université de NKTT.
– Thiam Samba, né en 1948 à Sélibaby, fils de Samba Thiam et de Diouldé Bâ, inspecteur de l’enseignement fondamental.
–Sow Amadou Moctar, né en 1958 à Kaédi, fils’de Abdoulahy Oumar Sow et de Diéynaba Samba, ingénieur du Génie Civil en service actuellement à la Direction des Bâtiments au Ministère de l’Equipement, célibataire.
–Diallo Aboubacar, né en 1946 à M’bagne, fils de Demba Ardo et de Koumba Bodé, infirmier d’Etat en service au Service de la Médecine préventive à la Direction de la Santé à Nouakchott, marié.
– Guèye Oumar Mamadou, né en 1950 à M’boyo (Boghé), fils de Mamadou Kadio et de Dabi Mamadou, agent de police révoqué, en service actuellement à la Banque Arabe Lybienne Mauritanienne, marié.
–Abdoullahy Barry, né en 1955 à Kiffa, fils de Hamidou Barry et de Fatimettou M’bareck, Conseiller au Ministère des Affaires Etrangéres, Chef du Département Europe Orientale au Ministère des Affaires Etrangéres, marié.
–Aboubacri Khalidou Bâ, né en 1933 à Monguel, fils de Khalidou
Bâ et de Fatmatou Bâ, professeur chercheur à l’Institut des langues, marié.
–Nbini Sow, née en 1964 à Kaédi, fille de Sow Samba et de Miniel Kane, sans profession, veuve.
-Fatimettou M’baye, née en 1950 à Dioudé, fille de Ibrahima M’baye et de Bintou Kane, titulaire d’une maîtrise en Droit à l’Université de Nouakchott, veuve.
LA PROCEDURE
Attendu que la Cour était saisie de l’affaire des deux dossiers n° 922-938/86 par le 3e Cabinet d’Instruction, en vertu de l’article 163 du C.PP et conformément aux articles 318 et 319 du même Code.
Attendu qu’étaient présents les avocats défenseurs mandatés
Maître Diabira Maroufa représentant les prévenus : Sarr Ibrahima, Djigo Tafsirou, Aboubacar Khalidou Ba, Sy Amadou Youssout, Aboubacar Diallo, Sy Mamadou Oumar, d’une part, et Me Bal Ahmed Tidjiane représentant les prévenus : Ly Djibril Hamet, Thiam Samba, Sow Amadou Moctar, Kane Mamadou Yéro et Ba Idrissa, d’autre part, se sont également présentés avant la comparution des prévenus • Maîtres Yahya 0/ Abdel Khahar, Adama Diop, Mohamdi 0/ Sabah, Ali Cama, Diagana Mamadou et Mahfoud 0/ Bettah en tant que défenseurs bénévoles de tous les prévenus et ont demandé la traduction de toutes les interventions qui auront lieu au cours de l’audience. La Cour avait satisfait cette demande. L’intervention de Maître Diagana Mamadou se résume ainsi : « J’ai assisté à plusieurs audiences au service de l’intérêt de la défense et de l’État mauritanien, par conséquent notre Justice ne doit pas enfermer mes clients dans des cellules » (l’entre-crochets est illisible et truffé de fautes de frappe, c’est une traduction approximative).
Maître Bal a demandé le renvoi de l’affaire pour avoir le temps d’examiner le dossier.
Attendu que la Cour a satisfait les demandes de la défense saut celle relative au renvoi de l’affaire à propos de laquelle elle avait laissé les dossiers à la disposition des avocats pour les examiner quand ils le veulent.
Attendu que la Cour a demandé la comparution des prévenus, et qu’au moment où le premier prévenu se présente à la barre, les avocats se sont retirés de la salle.
Attendu que la Cour, après avoir vérifié l’identité des prévenus, a demandé à chacun d’eux d’écouter avec attention et l’avait informé qu’il était accusé de complicité dans des réunions non autorisées, de publication et de diffusion de tracts touchant l’intérêt public et de propagande à caractère raciste (actes prévus et sanctionnés par l’article 9 de la loi 008173 du 23/01/1973 relative aux réunions publiques et les articles 16 et 17 de la loi 109/63 relative à l’organisation et diffusion du dépôt légal, l’article 22 de la même loi modifiée par la loi n° 138/66 du 13/07/1966, l’avait informé qu’il avait la liberté de se défendre soi-même ou de mandater pour sa défense qui, parmi les présents, venait à son aide. Il a été informé que la présence d’un défenseur de l’ordre des Avocats n’est pas exigé par la loi dans un cas pareil.
Attendu que les prévenus ont refusé de mandater aucun défenseur, conditionnant leur réponse par la présence des avocats retirés et refusant de choisir d’autres défenseurs.
Attendu que la Cour s’est adressée au Ministère Public qui avait demandé l’application de l’article 9 de la loi n° 008/73 du 23/01/1973 et des articles 16 et 17 de la loi n° 109/63 et de l’article 22 de la même loi modifiée par la loi n° 138/66 du 13/07/1966.
Attendu que la Cour avait demandé à chacun des prévenus s’il lui reste quelque chose à dire et qu’ils s’étaient refusés à parler.
Attendu que l’affaire était mise en délibéré et renvoyée pour vider le délibéré le 25/09/1986.
LES MOTIFS
Attendu que la défense s’était retirée do con propre gré, violant ainsi les dispositions de l’article ler du décret 114/83 du 28/04/1983 modifiant les articles 1 et 20 du décret, 076/80 créant l’Ordre National des Avocats, article qui stipule que l’avocat doit respecter tout ce qui se rapporte aux tribunaux ou à l’intérêt des parties à juger.
Attendu que les prévenus avaient refusé de répondre, et que le refus à une réponse est considéré comme la reconnaissance légale de leur accusation conformément aux textes de Cheikh Khalil (en stage) (s’il refuse de répondre, la prison, la correction et puis un jugement sans l’obliger à jurer) et aux explications de
cet auteur dans la « Touhfa » où il est dit : « qui refuse la reconnaissance ou la négation etc… »),
Attendu que toutes sortes de preuves, de la reconnaissance expresse à la connaissance tacite et aux présomptions claires, ont confirmé que les prévenus étaient bien coupables de l’accusation adressée contre eux et qui signifiait la complicité dans les réunions non autorisées, la publication et la diffusion de tracts touchant l’intérêt public à la propagande à caractère raciste.
Attendu en outre que cette culpabilité a suscité des manifestations visant l’anarchie et la destruction illégale de biens privés.
Attendu que l’obéissance à l’Imam est obligatoire et que sa désobéissance qui entraîne la dissidence à l’Islam, la division de toutes les parties légitimement unies, est interdite par Allah et son prophète, prière et bénédiction sur lui, avait dit à ce sujet (hadith très sommaire et non compris).
Attendu qu’il est reconnu que toute personne réputée pour son anarchisme et sa criminalité doit être longuement emprisonnée et enchaînée et ne doit jamais être libérée.
Cette peine servira son intérêt propre, celui des siens et de l’ensemble des musulmans, comme le stipule la « Tabsira » d’Ibn Farhoun à la page 121 tome TI en plus de ce qui a été stipulé par « Al Miyar » aux pages 148 et 149 du tome XI au sujet de la désobéissance de l’Imam. Mais la peine par correction (Taazir) n’est pas limitée, elle est en fonction du degré de gravité de l’infraction ou du crime, du degré de faiblesse, de ténacité et de résistance physique et morale du coupable. Sans oublier que l’Imam 1alick a autorisé d’infliger des corrections (Taazir)
plus fortes que la peine des « Hadoudas ».
Attendu que les conditions de ce jugement étaient réunies pour corriger par Taazir ces prévenus. Et qu’il est obligatoire de prononcer immédiatement tous jugements dont les conditions étaient réunies.
Pour ces motifs et après délibération légale sur tous les aspects de’l’affaire, et à l’appui et en application des textes cités plus haut et des textes suivants:
LES TEXTES
Khalil : « toute personne majeure jouissant de sa liberté totale est condamnée sur son aveu, etc. … ». Khalil encore : « la Baghiya est un groupe de gens rebelles à l’ordre de l’Imam, etc. … » Al Mawaq : dans ce texte, page 277 tome 6, Ibn Alarabi a dit ne pas contester le pouvoir de celui qui l’a désigné et celui qui le détient et non celui qui en a le droit, etc.
Khalii encore : « L’imam est sanctionné par Taazir pour désobéissance à Allah, etc. … et encore s’il refuse de répondre, la prison, la correction et un jugement sang l’obliger à jurer, etc. » Al Firdaws : « Les jugements dont les conditions sont réunies doivent être rendus immédiatement, etc.Les articles 9 de la loi n° 008/73 du 23/01/1973 et 16 – 17 de la loi n° 109/63 et l’article 22 de la même loi modifiée par la loi 138/66 du 13/07/1966 et les articles 5, 36, 37, 38 et 449 de la loi n° 162/8 portant organisation du Code pénal mau-
LE JUGEMENT
La Cour a condamné par jugement contradictoire de premier ressort les prévenus dont les noms suivent :
Djigo Tafsirou, Saïdou Kane, Ly Djibril Hamet, Ibrahima Sall, Thiam Samba, Sow Amadou Moctar, Diallo Aboubacar, Guèye Oumar Mamadou, Abdoullahy Barry, Sarr Ibrahima,
à la prison ferme pour une période de 5 ans, 100000 UM d’amende et privation totale des droits civiques pour une durée de 10 ans et l’interdiction de séjour durant la même période dans les régions suivantes : Tiris Zémour, Dakkhlet NDB, District de NKTT, Trarza, Gorgol, Guidimakha.
Sy Mamadou Oumar, Sarr Abdoullah, Sy Mamadou Youssouf, Ten Youssouf Guèye, Bâ Mamadou Saïdou, Kane Mamadou Yéro,
à la prison ferme pour une durée de 4 ans, 50000 UM d’amende, la privation totale des droits civiques durant 5 ans et l’interdiction de séjour pour cette même période dans les régions ci-dessus citées.
Aly Tandia, Aboubacri Khalidou Bd, Nbini Sow, Fatimettou M’baye,
à la prison ferme pour une période de 6 mois.
L’ensemble des prévenus sont condamnés aux dépens.
Le Greffier Le Président
(signé illisible) (signature et cachet illisibles)
Traduction conforme, sous réserve de mauvaise transcription de noms propres, de passages non compris à la suite d’erreurs de frappe ou d’abréviations ou textes incomplets.




