Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Objection: des faits historiques sur les années de braise et “le printemps” des lettres ouvertes en Mauritanie ( 1986- 1991)

Sans esprit polémique, je veux juste apporter quelques éclaircissements sur des faits historiques irréfutables sur les premières dénonciations des exactions du régime de terreur de Ould Taya.

Certains veulent apparemment réécrire l´histoire récente de notre résistance et nous faire croire que les dénonciations des crimes du régime militaire ont commencé avec la période des lettres ouvertes d´avril 1990 ou de la “démocratisation” bridée du colonel despote ould Bothaya. Que nenni !

A la vérité historique ces lettres ouvertes de quelques personnalités mauritaniennes au CMSN n´ont pas été les premières à dénoncer les exactions commises contre les Négro-mauritaniens pendant ces années de braise.

En tant qu´un des membres et principaux responsables du département de la presse et à l’information des FLAM à l´époque avec mon ami et camarade Ciré Ba qui dirigeait le département, je peux dire, des archives de presse à l´appui, que les FLAM, principale force d´opposition ouverte au Système pendant ces années de braise, furent les premières à dénoncer l´épuration ethnique au sein de l´armée, la terreur dans la vallée du fleuve et les violations des droits humains en Mauritanie.

C´est suite à notre déclaration reprise par la presse internationale que le ministre mauritanien de l´information de l´époque feu Mohamed Lemine Ould Ahmed (ancien militant du mouvement ablitionniste d´El Horr) fut obligé de reconnaitre les faits et d´annoncer la découverte d´un soit-disant « complot » fomenté par des militaires et des civils noirs dont des anciens prisonniers Flamistes et rescapés la prison mouroir de Oualata.

Nous avons été les premiers à saisir Amnesty International par son responsable de la zone Afrique de l´Ouest de l’époque notre frère Tiébilé Dramé devenu ministre des affaires étrangère du Mali avec le régime de ATT et Rakia OMAR de Human Rights watch.

C´est d´ailleurs l´annonce, à partir de Londres, par Amnesty International de la mort de plus de 200 militaires négro-africains et la confirmation de ces atrocités par différents témoignages qui ont provoqué un véritable choc dans l´opinion publique. Comme sonnés par la révélation de ces horreurs, différentes personnalités et organisations ont tenu à exprimer leur stupeur et leur indignation.

L´UTM, syndicat proche du pouvoir, parlait d´un véritable génocide et estime que « les traitements inhumains et dégradants infligés à la majorité des citoyens arrêtés constituent une menace pour tous et pour chacun et peuvent conduire le pays à la dérive ».

Le groupe des « 50 » et qui avait comme porte-parole sur RFI le cinéaste feu Med Hondo, réclamait la constitution d´une commission d´enquête sur ces massacres dans leur déclaration signée le 10 avril 1991. Sans oublier la lettre ouverte des 125 du 17 mai, la lettre ouverte des femmes des disparus. Jeune Afrique, la voix de Taya, sous la plume de François Soudan, qualifiera ces lettres ouvertes “d´excessives et diffamatoires” voire malsaines dans son numero du 19 au 25 juin 1991.

En France, même le P.S s´est vigoureusement élevé contre ces exactions. Cependant les citoyens mauritaniens se mobilisaient pour dire leur dégoût, comme en témoigne l´historique manifestation organisée à Paris le 13 avril 1991 par les FLAM, le FRUIDEM, Le CSMD entre autres.

Pour la petite histoire nous avons été derrière la courageuse déclaration de notre frère “déserteur” Cheikh Fall dans les colonnes de Libération et sur les ondes de RFI et cette sortie avait sauvé plus d´un prisonnier dans les geôles d´horreur de Ould Taya. Mon ami et frère Mahamadou Sy rescapé et l´auteur de “L´Enfer d´Inal” peut le confirmer aussi.

Ce sont nos camarades de la section FLAM-Europe qui ont accompagné Cheikh Fall dans les différentes rédactions de la presse hexagone pour alerter l´opinion internationale sur les crimes contre l´humanité qui s´opéraient dans les geôles du régime sanguinaire du colonel Ould Taya.

Les lecteurs de BILAL (devenu le Flambeau), notre organe d´information de l´époque, ont certainement toujours en mémoire son émouvante interview avec les détails de tous les massacres, les circonstances d´exécution de nombreux détenus, impliqués arbitrairement dans la prétendue tentative de coup d´état de décembre 1990.

Dans toutes nos déclarations et notamment dans celle du 8 mai 1989 consécutive à ce qu´on appelle pudiquement “les évènements”, nous n´avons eu de cesse dénoncer le racisme d´Etat et de réclamer l´avènement d´une réelle démocratie en Mauritanie.

En 1986 déjà, nous avions dénoncé, dans “Le manifeste du négro-mauritankien opprimé”, l´existence d´une discrimination raciale dont la poursuite et l´aggravation ne pouvaient qu´hypothéquer l´existence de notre pays. A l´époque cependant, il ne s´était pas trouvé suffisamment de bonnes volontés dans les mouvements politiques concurrents pour formuler avec autant d´exigence que nous, la revendication d´une réelle égalité entre tous les citoyens mauritaniens.

Le livre Blanc que nous avions publié en octobre 1989- sous le titre ” Radioscopie d’un Apartheïd méconnu ” et qui a été largement repris par la presse internationale revenait sur la terreur dans la vallée et les assassinats de nos camarades dans les geôles de Oualata. Nous étions seuls dans la dénonciation. C´est encore sous notre pression et de certaines ONG que Ould TAYA fut contraint de transférer nos camarades de la prison mouroir de Walata à celle d’Aïoun avant de les libérer.

Que les évènements, plus douloureux, les uns que les autres, qui se sont succédés dans notre pays depuis cette date, aient cruellement confirmés nos analyses, ne saurait être pour nous l´occasion d´une quelconque délectation. L´important est ailleurs : il est dans la reconnaissance par tous de la nature raciste de la politique conduite par l´ETAT mauritanien.

Pendant ces années de braise ( 1986- 1991) les FLAM qui étaient relativement au début seules sur ce terrain de la dénociation du régime raciste et militaire, avec l´arrestation et la détention de nos camarades à Oualata et l´exil forcé des autres, n´ont pas manqué d´apprécier à sa juste valeur le document des jeunes Maures mauritaniens appelés “Mouvement des démocrates indépendants” d´avril 1989, sous le titre “Plus jamais ça” qui dénoncait les tueries en Mauritanie et au Sénégal et rappelait le processus de répression ethnique en vigueur dans notre pays depuis 1986.

Pour la petite histoire le tract a été rédigé Rue des Écoles à Paris puis expédié, à Nouakchott, sous pli fermé, avec mention “dossier d´inscription Sorbonne”. A l´époque nous avions loué le courage de ces jeunes compatriotes maures, comme nos amis Jemal Ould El Yessa, Béchir El Hacen et Abdallah Ould Kebd qui, émergeant du troupeau ont eu l´audace de reconnaitre et les posant, les graves problèmes de cohabitation que connait toujours notre pays et nous avions exprimé notre disponibilité à travailler avec eux pour le triomphe de nos justes positions.

Cette preuve palpable de disponibilité à travailler avec ces compatriotes arabo-berbères ne nous a pourtant pas dispensé des critiques malveillantes des vieux chevaux chauvins du Système.

Notre lutte a été détérminante pour acculer le pouvoir à des concessions, force nous est de reconnaitre que celui-ci, cruellement isolé au plan diplomatique avec la défaite de leur mentor Sadolf Hussein de l’Irak, a subi de fortes pressions internationales qui l´ont amené à lâcher du lest.

Les observateurs n´avaient pas manqué de faire le rapprochement entre les visites á Nouakchott du ministre francais des affaires étrangères Mr Roland Dumas et de Mr Michel Vauzelle, président de la commission des affaires étrangères de l´assemblée nationale française et sur le discours du 15 avril 1991 du colonel Ould Taya dans lequel il annoncait une série de mesures visant entre autres, à l´instauration d´un multipartisme et l´adoption d´une constitution qui serait soumise au peuple par un référendum dont la date avait été fixée au 12 juillet 1991.

Rappelons que Mr Vauzelle a été saisi directement par des Flamistes lors d´une rencontre à Paris le 27 mars 1991 où il nous avouait avoir mis en garde la Mauritanie et lié l´aide de la France à certaines conditions. Il nous avait aussi exprimé son émotion devant les exactions et humiliations dont les Noirs de Mauritanie sont victimes.

Face à notre pression permanente et celle des ONG des droits humains (Amnesty International, Human Right Watch, FIDH, entre autres..), de personnalités, de partis politiques, de l’engagement à notre côté de certains grands décideurs politiques, le régime ethnogénocidaire, totalement discrédité, et parfois privé de financements d’institutions internationales, fut contraint et ne pouvait que céder. C´est alors que dans l´affolement, “le syndrome malien”, aidant, il se mit à annoncer des mesures vite interprétées à l´époque comme un tournant démocratique en Mauritanie.

Heureusement que chaque jour qui se lève apporte son lot d´éclairage au drame mauritanien, permettant ainsi le recentrage des débats autour des vrais problèmes que les mentors du régime, leurs porte-faix et autres chauvins panarabistes ont essayé de brouiller tant bien que mal. La vérité par delà les passions, les errements et aveuglements qui peuvent la brouiller momentanément, finit toujours par s´imposer en se frayant son chemin.

Demain il fera jour et la lutte continue!

Kaaw Touré.

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« Mauritanité », quand tu nous tiens !:

Nous sommes dans un pays où certains ont réussi à usurper à leur propre profit notre bien commun, la « Mauritanité », et à partir de leur position de simple citoyen, comme tous les autres, dictent pourtant aujourd’hui celui qui est mauritanien et celui qui ne l´est pas; celui qui est patriote et celui qui ne l´est pas, qui doit voter et qui ne doit pas voter.

Qui doit être enrôlé et qui ne doit pas être enrôlé. Ils définissent pour leurs propres concitoyens ce que veut dire « le patriotisme », ce que veut dire la « Mauritanité », qu´ils confondent souvent et à dessein avec « mauritude »!

La particularité de cette singularité dictée est dans sa manifestation concrète: l´emprisonnement de tous les dissidents et insurgés à l´ordre injuste établi, l´assassinat des centaines de militaires et civils dont ils doutent le « patriotisme », la déportation manu militari de plusieurs dizaines de milliers de leurs propres concitoyens au Sénégal et au Mali et l´exil forcé de milliers d´autres en Europe, en Afrique et en Amérique.

Et cette fumeuse et fameuse « mauritanité » particulière et particulariste continue encore à faire des ravages dans l´administration, dans l´armée, dans les médias et dans la vallée avec les nouvelles colonies du peuplement, des expropriations des terres, inspirées certainement du régime sioniste de » Sammba alaa Daande en » au proche Orient !

L´unité nationale oui nous sommes pour parce que nous n’avons que la Mauritanie comme patrie mais nous sommes contre une certaine unité, l´unité du cavalier et du cheval. Nous voulons d’une unité qui respecte la dignité de chaque Mauritanien et garantisse l’équilibre entre toutes les composantes nationales.

Pour nous, sauver la Mauritanie ne passe pas forcément par l’imposition d’une unité coûte que coûte mais par la mise en place de fondements inébranlables parce que intrinsèquement justes et égalitaires. L’unité, en soi, n’est pas une fin mais un moyen pour construire » le mieux vivre ensemble », dans une Mauritanie viable parce que réconciliée avec elle même.

Nous avons très tôt revendiqué la démocratie en Mauritanie au moment où certains rasaient les murs ou collaboraient avec le Système éthnogénocidaire pendant les années de braise en exigeant, depuis des décennies, une égalité de droits et de devoirs pour tous les citoyens.

Notre combat consiste non seulement à dénoncer des oppressions culturelles, économiques et politiques réelles, mais aussi à proposer des solutions alternatives qui renforcent la culture démocratique en réconciliant la Mauritanie avec sa vraie identité. Ce combat est actuel. Nous ne nous satisfaisons pas d´une démocratie qui se résume au rituel des élections, auxquelles d´ailleurs la majorité noire est exclue de fait.

Nous assistons à une démocratie de facade parce que biaisée, dans ses fondements injustes. Comment parler de démocratie là où il y a déni de citoyenneté pour les Négro-africains et déni d´humanité pour les Haratines/esclaves? Voilà pourquoi nous ne nous satisfaisons pas d´une démocratie qui se résume au rituel des élections, et pour laquelle du reste la majorité noire est laissée pour compte.

Il faut être dupe pour croire à des miracles pour les prochaines échéances électorales. L’opposition n’a pas été associée en amont et en aval dans tout le processus.

La CENI est composée en majorité par des retraités du parti au pouvoir, qui ont servi tous les régimes à commencer par son président le tristement célèbre ancien gouverneur dans le Sud pendant les années de braise et ancien ministre du colonel despote ould Taya.

L’avancée démocratique, véritable suppose la prise en charge sans tricher, du problème fondamental de la question nationale et sociale ou du « Vivre ensemble » qui menace « l’unité nationale » de façade, car les vraies bases démocratiques supposent le nivellement des citoyens, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. Tout le reste n’est que discours creux et démagogique! Il faut se ressaisir. Il est temps de se surpasser pour outrepasser l’impasse.

Demain il fera jour et la lutte continue !

Kaaw Touré

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Écho du Rwanda à la Mauritanie

Le 7 avril 2024, j’ai écouté le discours émouvant prononcé par Président Paul Kagame lors de la commémoration du 30e anniversaire du génocide au Rwanda. En écoutant, mes pensées ne pouvaient que se tourner que vers les nombreux Mauritaniens qui ont été injustement assassines ainsi que leurs veuves et orphelins qui souffrent actuellement de traumatismes similaires. Nous espérons que l’écho retentissant de ce message se répercutera á la Mauritanie et au-delà.

La présence du Président Mauritanien Mohamed Cheikh Ould Ghazouani à cette cérémonie hautement chargée d’émotions rappelle ostensiblement que « chickens come home to roost, » ce qui veut dire qu’on va toujours être rattrapé par nos erreurs.

Je ne peux m’empêcher de penser à ce qui pouvait se passer dans son esprit lorsque Président Kagame racontait et partageait ces histoires horribles qui mettaient en évidence l’ampleur de cette terreur.

Quelles leçons va-t-il tirées de ce moment propice à l’enseignement ? Voit-il un parallèle entre les deux tragédies ? Son silence doit-il être interprété comme une confirmation d’un déni de justice pour les victimes tout en protégeant les auteurs ?

Croit-il dans son cœur et dans son esprit que les crimes qui ont entrainé la mort de nombreux pères, fils et maris noirs mauritaniens et qui ont endeuillé leurs familles sont différents de ceux du Rwanda ?

Plus important encore, va-t-il appris quelque chose et si oui, comment compte-t-il appliquer ces leçons apprises afin que le pays puisse panser ses blessures ? J’espère sincèrement que cette commémoration du 7 avril incitera Président Ghazouani à répondre à l’appel persistant à la justice des victimes et de leurs familles en appliquant la justice transitionnelle conformément aux normes internationales et bonnes pratiques.

Comme cela a été clairement indiqué, ces crimes aussi odieux ne peuvent rester impunis. Sans aucun doute, ils résisteront à l’érosion du temps jusqu’à ce que la justice soit rendue. Le déni de justice n’est pas une option viable. En fait, la seule issue est de faire preuve de courage moral en s’attaquant véritablement à ce problème qui dure depuis trop longtemps.

La mort et la destruction laissent des cicatrices ouvertes qui ne peuvent être ignorées ou espérer qu’elles vont disparaitre d’elles- mêmes sans justice réparatrice. Comme au Rwanda, les blessures de la Mauritanie doivent être pansées. Nous devons repousser le «Start buttons» pour un nouveau départ.

En conclusion, nous adressons notre sincère expression de solidarité au peuple rwandais pour ce qu’il a enduré, et dénonçons la tragédie humaine en cours qui a coûté la vie à d’innombrables innocents Palestiniens dans leur patrie de Ghaza.

Le génocide, où qu’il soit commis, est une attaque contre notre humanité que nous ne pouvons en aucun cas tolérer. Des crises et des tragédies surviennent lorsque les dirigeants en charge manquent de sens moral. Il est de notre responsabilité collective de nous unir contre un tel mal afin que la paix et l’amour puissent s’épanouir.

Bakary Tandia, Human Rights Advocate
New York City, le 8, Avril 2024

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Sénégal: Bassirou Diomaye Faye a prêté serment et devient le cinquième président du pays

RFI-Afrique – Bassirou Diomaye Faye a prêté serment ce 2 avril 2024 à Diamniadio. Il est devenu le cinquième président de l’histoire du pays. Il succède à Macky Sall, chef de l’État de 2012 à 2024.

Au Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, qui était il y a un peu plus de deux semaines encore un candidat de l’opposition en prison ainsi que le candidat de substitution d’Ousmane Sonko – leader des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) – et qui a élu dès le premier tour de la présidentielle du 24 mars 2024, vient donc d’être investi cinquième et plus jeune président de l’histoire de son pays.

« Devant Dieu et devant la Nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de président de la République du Sénégal, d’observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois », a-t-il déclaré, la main droite levée, devant des centaines d’officiels sénégalais et huit chefs d’État africains au Centre des expositions de la ville nouvelle de Diamniadio, près de Dakar.

Bassirou Diomaye Faye a prononcé son discours d’investiture sous un tonnerre d’applaudissements.

Debout, l’écharpe verte, et le collier doré de l’ordre national du Sénégal barrant sa poitrine, le visage sérieux, dans son costume sombre, Bassirou Diomaye Faye a commencé par rendre hommage aux Sénégalais qui l’ont élu, relate notre correspondante Léa-Lisa Westerhoff. « Le 24 mars, c’est le Sénégal qui a gagné », a-t-il insisté sous les applaudissements.

Bassirou Diomaye Faye n’a pas manqué de revenir sur ce bras-de-fer de trois ans entre le président sortant, Macky Sall, et son parti, le Pastef. Bras-de-fer qu’il a mené en prison, mais dont il retient l’urgence de retrouver une cohésion nationale et un climat apaisé dans le pays. Un discours fédérateur et humble à l’image de ses déclarations précédentes.

Le jeune président s’est dit conscient du profond désir de changement des Sénégalais. Il a promis d’y travailler inlassablement, promis la stabilité, et la promotion de l’intégration africaine, plus de solidarité aussi avec les pays voisins face aux enjeux de sécurité. « Je souhaite un pays d’espérance, un pays apaisé, avec une justice indépendante et une démocratie renforcée, telle est ma promesse devant Dieu. » Voilà comment le président a conclu ce discours sous un tonnerre d’applaudissements et ces cris « Diomaye président ! »

C’est donc ainsi qu’a pris fin cette cérémonie d’investiture dans le hall d’exposition très bruyant du Centre de conférences de Diamniadio, en périphérie de Dakar.

Bassirou Diomaye Faye est ensuite attendu au Palais, au centre-ville, par le président sortant pour la passation de pouvoir. Macky Sall n’a pas assisté à cette cérémonie d’investiture ce mardi matin.

Huit chefs d’Etat étrangers ont fait le déplacement, comme le Nigérian Bola Ahmed Tinubu par exemple, président de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), mais aussi le président de la Mauritanie, de la Gambie, de la Guinée-Bissau ou encore de la Guinée Conakry.

Particulièrement remarquée aussi, l’invitation qui avait été donnée aux trois dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Ce sont finalement les présidents des parlements de transition du Mali et du Burkina Faso qui sont venus. Et, selon des sources proches du président, Bassirou Diomaye Faye tenait à leur tendre la main aujourd’hui. Car il aimerait œuvrer à leur retour au sein de la Cédéao. L’investiture qui se termine marque, en tout cas, la troisième alternance par les urnes dans l’histoire du Sénégal.

RFI

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FLAMNET- RETRO: Où allons-nous ? Par Samba THIAM président des FPC

Quand des tentatives de parjure se profilent  à l’horizon et que les Ulémas observent sans rien dire,

Quand un Chief –justice encourage  de vive voix la violation de la loi  fondamentale  dont il est censé être le garant,

Quand la sacralisation de « l’avoir »l’emporte sur tout, alliée à la fourberie, à l’hypocrisie, au  mensonge,

Quand  l’honnêteté cesse  d’être  une valeur cardinale, que la société se délite  pour  hisser  au pinacle  ceux  qui  pillent l’Etat,

Quand nos bouches convoquent  sans  arrêt  l’Islam  pendant  que ses principes essentiels ( honnêteté,  probité , hygiène , amour du prochain) sont à tous les instants foulés au pied,

Quand l’Unité nationale  est scandée en toute occasion , à chaque ‘’ Ifthar ’’ comme une cantique, sans  en crever l’abcès , et que  persiste cyniquement   ‘’l’unité du cavalier et de sa monture’’,

Quand la mère de famille  chérit  plus le fils qui  rapporte de l’argent  aux sources douteuses  que le fils  diplômé, mais  hélas au chômage,

Quand le traditionnel respect  dû aux  personnes âgées, aux parents, aux  aînés lentement  s’évanouit,

Quand de pauvres patients des hopitaux nationaux se voient cyniquement  réorientés  vers des cliniques privées de ceux-là mêmes  qui les traitent , pourtant fonctionnaires de l’Etat -,  

Quand  une ‘’épaulette’’ intimide le citoyen lambda, et même  porte la main sur un fonctionnaire dans l’exercice de ses  fonctions, dans l’impunité  totale,

Quand la jeunesse, se détourne des idéaux d’antan et se laisse porter par la frénésie de l’enrichissement  à tout prix, tout de suite, le souci de nomination  du compte en banque, de la villa, de la voiture, 

Quand des plaintes ici  ou là sont mises sous le coude  parcequ’un  puissant serait  passé par là,

Quand l’élite arabo-berbère continue de garder le silence  devant la voie dangereuse  et  sans issue, jusqu’ici empruntée, et que l’autre élite – la plus concernée – choisit de se coucher,  

Quand la loi est considérée comme une contrainte inutile à contourner, sans valeur aucune, juste  bonne pour les autres,

Quand cette loi et le Prince ne font qu’un, la loi c’est le Prince, le Prince la loi,

Quand l’Etat reste perçu  comme une fiction , au mieux comme une vache à lait  au service du clan, de la tribu,

Quand, en toute impunité, chaque portion de  l’espace public est squattée,  transformée en boutique, en mosquée  pour piéger ou capturer, en prédateurs, la manne  du Golfe,    

Quand des cours de l’Ecole publique sont bâclés, voire  séchés  au profit d’une course à toute vitesse vers les Ecoles privées, ou  que des infirmiers refusent des gardes nocturnes au détriment des malades pour ces mêmes  cliniques,  

Quand la détention préventive devient parfois plus longue  que celle des condamnés eux- mêmes,

 Quand l’Administration tombe en déliquescence,  que chacun porte sous le bras  son dossier d’une administration à l’autre , ou le gage aux démarcheurs,

Quand pour le moindre droit  auprès de cette Administration  le bakchich  semble devenu de  règle,

Quand on crache sur les murs  de l’hôpital et que l’on s’étale sur le perron devant la salle de consultation sans remontrances  aucune,  

Quand des ordures partout jonchent les rues , les coins des maisons, que des fosses septiques à ciel ouvert empestent l’air,

Quand des détenus de droit commun encombrent les prisons alors que les villes  ploient  sous les déchets,

Quand la circulation routière, des plus anarchiques, en rajoute par des  infractions à deux  vitesses de caractère sexiste,

Quand les mendiants envahissent les rues  et se plantent au beau milieu de la chaussée en toute liberté,

Quand des malades mentaux, armés de gourdin, se dressent menaçants sur la chaussée, comme pour forcer l’ aumône  des conducteurs,

Quand, sans scrupules, on brûle  le feu rouge, ou passe un taxi au coffre ouvert chargé de passagers sous l’oeil indifférent de jeunes agents qui dévisent à l’ombre des arbres,

Quand  Nouakchott envahie par des hordes  de chiens errant, d’ânes, de chèvres et de vaches  devient la norme, 

Quand partout, enfin, règne la chienlit, le désordre total qui ne semble  plus géner personne,

Quand personne ne se sent ni indisposé ni concerné , personne ne se sent fautif, que seul  l’Etat –providence-est  tenu pour responsable,

Quand………

Où donc allons-nous pardi ?

Il ne sera manifestement pas aisé de redresser cette Mauritanie  profondément en crise qui a perdu ses repères, à  moins que Dieu nous dote  d’un  homme d’Etat, un vrai; des « épaulettes » ? surtout pas !

La lutte continue ! 

                                                                Samba   Thiam

Nouakchott  18 –Juin- 2016.

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