Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Vent de fronde en Turquie

alt« Il est assez tentant d’y voir [dans les manifestations en Turquie] un islamisme de gouvernement contesté par une mouvance laïco-républicaine, à l’inverse de la place Tahir au Caire, où un pouvoir laïco-républicain était aux prises avec la révolte d’une nébuleuse islamiste… »

Ainsi questionné par Mediapart le 4 juin 2013, Levent Yilmaz, professeur d’histoire à l’université Bilgi d’Istanbul, répondait :

« La nuit de samedi (1er juin) a donné lieu à des ralliements qui défient ce genre de typologie. On a même vu des supporters de clubs de football ennemis s’entraider, tant l’appel à la fois puissant et unanime des réseaux sociaux avait fait son œuvre : un brassage impressionnant, sans les caractéristiques, les particularismes et les exclusives attachés aux mouvements partisans.

L’opposition institutionnelle renonce, du reste, à tenter de récupérer ce mouvement et son million de Turcs contestataires, qui relève donc de l’événement populaire spontané, sans idéologie préconçue, aux mains d’individus responsables allant jusqu’à nettoyer la place et son square après les charges policières. »

Passons sur la question du journaliste… et la définition de la lutte en Egypte comme opposant une nébuleuse islamiste à un pouvoir laïco-républicain (on croit rêver), mais la réponse de Yilmaz s’inscrit en faux contre les simplifications qui ont cours sur la Turquie, mais aussi sur le monde arabe (Tunisie, Egypte) et qui réduisent la vie politique à un affrontement entre deux blocs.

Pour une bonne revue de ce qui s’écrit sur la Turquie, on peut consulter le site d’Alain Bertho, « Anthropologie du présent », qui suit les événements au jour le jour.

Et aussi le blog d’Etienne Copeaux, « Un pas de côté dans les études turques ».

Oui, le Parti de la justice et du développement (AKP) est issu d’un mouvement islamiste proche des Frères musulmans. Mais il est important de faire un bilan objectif de ce qu’il a réalisé depuis son accession aux affaires en 2002 et qui s’est traduit par deux nouvelles victoires aux élections législatives en 2007 et en 2011 (cette année-là avec près de 50 % des suffrages).

La plus importante avancée réalisée par ce parti a été la mise à l’écart de l’armée, qui est rentrée dans ses casernes (sur cet affrontement, lire « Qui gouverne la Turquie ? »). Jusque-là, cette institution faisait la pluie et le beau temps, et pesait d’un poids politique démesuré, régulièrement dénoncé par l’Union européenne. Car il est clair qu’il ne peut y avoir de progrès démocratique quand l’état-major décide des affaires essentielles. Un des problèmes de l’opposition dite de gauche (le Parti républicain du peuple, CHP) est qu’il est incapable de choisir entre son allégeance à l’armée et la démocratie. Ce parti est traversé par des courants nombreux et a été incapable de représenter une solution de rechange à l’AKP (il a obtenu environ 26 % des suffrages en 2011).

Sur un site passionnant consacré au football et à sa place au Proche-Orient, « The Turbulent World of Middle East Soccer » (avec une place importante accordée aux ultras, les supporteurs des clubs dont on connaît le rôle surtout en Egypte), James Dorsey note, le 2 juin :

« Contrairement aux manifestations de masse qui ont renversé les dirigeants dans les pays d’Afrique du Nord, les protestations en Turquie visent un dirigeant démocratiquement élu qui a remporté trois élections avec une majorité respectable, a présidé une période de croissance économique importante et repositionné son pays comme une puissance régionale avec des ambitions mondiale. Elles ont également eu lieu dans un pays qui, contrairement aux pays arabes, et malgré tous ses défauts, est démocratique et a une société civile remuante et fortement développée. »

Il faudrait ajouter que c’est aussi ce gouvernement qui a eu le courage d’ouvrir des négociations avec les « terroristes » du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Alors, que s’est-il passé ? Pourquoi une manifestation écologique au cœur d’Istanbul s’est-elle transformée en fronde ?

Deux facteurs ont joué, au moins de manière indirecte, et provoqué un certain mécontentement : le ralentissement économique (notons que, malgré leur diminution sensible dans les années 2000 (PDF), les inégalités restent importantes en Turquie) ; une hostilité grandissante à l’activisme d’Ankara en Syrie.

Mais la responsabilité principale de la révolte incombe à celui-là même qui fit le succès de l’AKP, Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre. Grisé par ses réalisations, il cherche à tout prix à consolider son pouvoir, à faire rédiger une constitution présidentielle qui lui permettrait de briguer la charge de chef de l’Etat, méprise ses adversaires, multiplie les initiatives brouillonnes.

Le plus grave est sans doute la dérive autoritaire qui a vu emprisonner des dizaines de journalistes, des centaines d’opposants, notamment kurdes. La brutalité de la répression contre les manifestants de Taksim a uni contre lui un large front, très hétéroclite et qui ne se limite sûrement pas aux « laïcs ». Ainsi que le rappelle James Dorsay, pour la première fois depuis 30 ans, les supporteurs des trois grands clubs de football d’Istanbul, pourtant rivaux, se sont joint aux manifestants, dont la diversité politique et sociologique est très notable, comme le remarquent Didem Collinsworth et Hugh Pope, « The Politics of an Unexpected Movement » (4 juin) :

« Encore plus étonnante est la présence de groupes rivaux agissant côte à côte, y compris ceux qui représentent la communauté alévie (environ 10 % de la population de la Turquie), ultranationalistes, conservateurs de droite, quelques islamistes et les Kurdes de Turquie — certains brandissant le drapeau du PKK. Quelques groupes plus marginaux se sont également joints aux protestations, y compris des gauchistes et des marxistes ainsi que des anarchistes brandissant des drapeaux noirs. »

La grille de lecture qui voudrait voir dans ces actions un mouvement contre la réislamisation de la société ne correspond pas à la réalité. Levent Yilmaz note : « Nous avons bien entendu affaire à un gouvernement conservateur musulman, qui n’a pourtant pas exercé d’oppression confessionnelle. Erdogan présente un profil autoritaire. Il semble en voie de “poutinisation”. Il se mêle de tout et suscite la peur. Cette atmosphère de crainte, étouffante, a gagné des secteurs qui semblaient intellectuellement armés pour y résister : les médias, l’université…

Mais les grilles de lecture, en France ou ailleurs, poussent parfois à surinterpréter certains signes d’autoritarisme en en faisant des signaux religieux. L’exemple des récentes dispositions limitant le marché de l’alcool est symptomatique. L’affaire m’apparaît moins répressive que bien des ordonnances d’outre-Atlantique, par exemple, où la vente est souvent interdite aux moins de 21 ans. En Turquie, se fondant sur une législation déjà existante, le pouvoir veut entraver un tel commerce après 22 heures ou à proximité des écoles. J’y vois davantage la marque du conservatisme que de l’islamisme. »

Notons aussi que la mainmise du pouvoir sur les grands moyens de télévision audiovisuels a joué aussi un rôle dans la fureur des manifestants (lire « Dans la rue, la colère monte contre “CNN-Pingouins” et les médias turcs acquis au pouvoir », LeMonde.fr, 4 juin).

Que va-t-il se passer maintenant, alors que le premier ministre a quitté la Turquie pour l’Afrique du Nord, que le syndicat de la fonction publique a appelé à une grève de 48 heures (peu suivie) et que la Confédération syndicale des ouvriers révolutionnaires (DISK), qui revendique 420 000 membres, appelle à une grève mercredi 5 juin ?

En l’absence d’Erdogan, le vice-premier ministre Bülent Arinç a, selon l’AFP, reconnu les « légitimes » revendications des écologistes à l’origine de la fronde. Il a aussi présenté ses « excuses » aux très nombreux blessés civils, et a regretté l’usage abusif des gaz lacrymogènes par la police, « qui a fait déraper les choses ».

Existe-t-il des divisions dans l’AKP ? Sans aucun doute, et les propos du président Gul ont été aussi apaisants que ceux du vice-premier ministre. Mais il serait hâtif de tirer un trait sur Erdogan, qui dispose encore de vastes appuis, y compris dans une partie notable de la population.

Sur le mouvement de Fethullah Gülen, lire Wendy Kristianasen, « Ces visages multiples de l’islamisme », Le Monde diplomatique, juillet 1997. Un autre facteur pèsera, que relève Dorsey : « Le rival islamiste de M. Erdogan, Fethullah Gülen, un religieux puissant auto-exilé, basé en Pennsylvanie, qui exerce une influence dans la police, peut très bien avoir vu les protestations comme une occasion d’affaiblir le premier ministre. Le collègue de parti de M. Erdogan, le président Abdullah Gul, est considéré comme proche de M. Gülen. Dans une allusion voilée à M. Erdogan, M. Gülen a récemment prêché contre l’orgueil. Par ailleurs, des rapports circulant à Istanbul disent que l’armée, qui partage les suspicions des laïcs à l’égard du gouvernement, a refusé les demandes d’aide de la police, et qu’un hôpital militaire a même distribué des masques à gaz aux manifestants. »

Alain Gresh

Le monde diplomatique

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Syrie, l’entrée en guerre du Hezbollah

altDepuis le début de la révolte syrienne, des réseaux se sont constitués au Liban pour venir en aide aux révoltés qui, à l’origine, manifestaient pacifiquement. Tripoli, capitale du Nord, a servi de plaque tournante à ces filières. La militarisation de la révolte, encouragée par la violence sans limite du régime, a transformé la situation et favorisé la montée en puissance du rôle des groupes radicaux au Liban. Le cheikh salafiste de Saïda, par ses discours extrémistes et son appel au djihad, a envenimé la situation en dénonçant, comme les autres dirigeants du Golfe, la menace de « chiisation » du monde arabe.

De plus en plus de combattants libanais et arabes ont commencé à affluer en Syrie à travers des réseaux multiples : Frères musulmans (en nombre assez limité), groupes liés au 14-Mars de Saad Hariri, salafistes aux mille et une obédiences, jeunes non politisés, indignés par la brutalité du régime syrien. Ces réseaux sunnites ont disposé de l’appui de la Turquie et du Qatar d’abord, de l’Arabie saoudite ensuite.

Ces ingérences étrangères ont donné lieu à une mutation des groupes de l’opposition syrienne, dont certains se sont « adaptés » aux attentes de leurs financiers — publics, mais aussi souvent privés —, « se laissant pousser la barbe », pour reprendre une expression imagée, comme l’a montré le rapport de l’International Crisis Group d’octobre 2012, qui rend bien compte des ces dynamiques [1].

Pourtant, malgré les discours sur la menace islamiste globale, supposément alimentée par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie qui financeraient jusqu’à Al-Qaida, la situation sur le terrain est bien plus complexe. Si Doha et Ankara ne cachent pas leurs préférences pour les Frères musulmans, les Saoudiens aident différents groupes salafistes fortement divisés eux-mêmes — il faut rappeler que Riyad a été en guerre ouverte avec Al-Qaida sur son territoire, notamment à partir de 2003. Enfin, il existe une multitude de groupes oppositionnels que l’on ne peut réduire à leur parrainage étranger.

D’autre part, et comme on peut le voir dans les hésitations des différents acteurs internationaux (Etats-Unis, France, Israël), il n’existe pas de stratégie occidentale cohérente en Syrie (Le Monde diplomatique du mois de juin publiera d’ailleurs un article de Karim Emile Bitar sur le sujet : « Guerres par procuration en Syrie »).

En Syrie s’entremêlent différentes lignes de fracture :

  • L’affrontement entre le régime (qui a su rallier des soutiens notamment parmi les minorités) et une large opposition ;
  • Les clivages entre les Etats-Unis et Israël, d’un côté, et les forces dites de la résistance de l’autre ;
  • Les multiples différences inter-arabes, de la fracture entre les Frères musulmans et les pays du Golfe (à l’exception du Qatar), aux tensions entre Le Caire et Riyad ;
  • Sans oublier enfin ce qui est le facteur nouveau et décisif au niveau régional depuis le début de 2011 : les aspirations des peuples à la dignité, la liberté, la justice sociale et à la fin des dictatures.

C’est pourtant au nom d’un grand complot américano-golfo-israélo-islamiste que quelques forces nationalistes arabes, voire de gauche, ont décidé de soutenir le régime du président Assad.

Lire Nicolas Dot-Pouillard, « La crise syrienne déchire les gauches arabes », Le Monde diplomatique, août 2012 C’est un raisonnement similaire qu’ont élaboré, au fur et à mesure, le Hezbollah et son secrétaire général, Hassan Nasrallah, même s’ils ont évité le discours complotiste qui voit dans les révolutions arabes une « création » de l’Occident. Au contraire, ils s’emploient à tracer une ligne de démarcation entre ce qui se passe en Syrie et les révolutions tunisienne, égyptienne, libyenne (malgré l’intervention occidentale, ce qui a prévalu en Lybie, soutiennent-ils, est la haine de Mouammar Kadhafi, haine fondée sur le rôle joué par ce dernier dans la disparition de l’imam Moussa Sadr lors d’une visite officielle à Tripoli, en Libye, en août 1978), ainsi qu’au Bahreïn.

Ce n’est que récemment, et d’abord indirectement, que le Hezbollah a reconnu sa participation aux combats en Syrie (« Pourquoi le Hezbollah participe-t-il aux combats en Syrie ? ») et rappelé les missions limitées de ses hommes présents sur place : défense des lieux saints particulièrement révérés par les chiites ; protection d’usine d’armements ; aide aux villages chiites en Syrie. L’intervention de combattants étrangers arabes permettait par ailleurs de justifier leur propre intervention.

Un discours de Hassan Nasrallah du 30 avril 2013 a confirmé cette orientation. Dans un résumé des principales idées soutenues dans ce discours, Nidal écrit que le secrétaire général du Hezbollah « propose son analyse de la guerre en Syrie : selon lui, le but même de la guerre est la destruction de la Syrie en tant que pays unifié, et sa transformation en “État raté” (failed state, disent les Américains) afin de la faire disparaitre de « l’équation régionale ». C’est une thèse qui circule beaucoup (que d’aucuns appliquaient déjà à l’Irak), mais n’avait pas encore reçu une telle visibilité. » Désormais, pour le Hezbollah, la bataille met aux prises le camp de la résistance (composé de l’Iran, de la Syrie et de lui-même) et l’axe américano-israélo-islamiste, même s’il appelle régulièrement l’Occident à combattre avec lui le péril djihadiste et takfiriste.

Le Hezbollah peut aussi invoquer, à juste titre, l’ingérence de diverses forces libanaises dans l’aide militaire aux insurgés syriens. Et les bombardements israéliens sur la Syrie servent à alimenter le discours anti-impérialiste (on lira à ce sujet l’article de Haaretz qui reprend des informations selon lesquelles Israël aurait développé des contacts à l’intérieur du territoire syrien pour établir une sorte de zone sûre, ce qui n’est pas sans rappeler son intervention en 1976 dans le sud du Liban [2].

Mais, avec la participation directe et reconnue de combattants à la prise (ou à la tentative de prise) de la ville syrienne d’Al-Qousayr, le Hezbollah a franchi une étape de l’escalade. Ibrahim El-Amine, rédacteur en chef du journal Al-Akhbar, soutien de gauche du Hezbollah, l’explique dans son éditorial du 21 mai [3] :

« Ce que le Hezbollah fait en Syrie est une partie d’une lutte plus ample des forces de la résistance contre un front des forces réactionnaires et meurtrières, au cœur desquelles se situe Israël. »

Le problème avec cette analyse, en partie exacte, est qu’elle ne tient compte ni du soulèvement du peuple syrien, ni des conséquences d’une telle intervention à la fois au Liban, en Syrie, mais plus généralement sur la région tout entière.

Dans un article publié dans The Daily Star le 22 mai (« A Hezbollah turning point in Qusair ? »), Rami Khoury note :

« Combattre à l’intérieur de la Syrie aux côtés du régime Assad va exacerber toutes les pressions et les contraintes que le Hezbollah subit déjà. Plus de Libanais le critiqueront pour avoir entraîné le Liban dans la guerre syrienne et exacerbé les affrontements intérieurs entre groupes pro et anti-Assad. Beaucoup de Libanais soutiennent que ce qui s’est passé à Al-Qousayr confirme ce que beaucoup pensent déjà, à savoir que le Hezbollah est une marionnette de l’Iran. Certains de ses propres partisans peuvent lui reprocher la mort de dizaines de jeunes hommes libanais, dans une bataille pour une petite ville de province en Syrie. De nombreux pays étrangers vont chercher de nouveaux moyens de pression, de sanction et d’isolement du Hezbollah, et ​​l’opinion publique dans le monde arabo-islamique va devenir plus critique et hostile, en présentant le Hezbollah comme une milice qui échappe à l’autorité de l’Etat, plus soucieuse des ordres iraniens que des populations arabo-libanaises. »

Plus grave est l’inscription de l’intervention du Hezbollah dans une vision régionale selon laquelle s’affronteraient chiites et sunnites, Arabes et Iraniens. Cette perception, largement diffusée par les médias du Golfe, trouve dans l’intervention du Hezbollah une confirmation. Ce clivage sunnite-chiite n’est pourtant ni aussi profond ni aussi historique qu’on le dit : en juillet 2006, quand le Hezbollah symbolisait la résistance face à l’agression israélienne, les portraits de Hassan Nasrallah se retrouvaient dans les rues du Caire comme de Jordanie, et personne ne le voyait alors comme « un dirigeant chiite ».

Conséquence immédiate de l’intervention du Hezbollah, l’inscription probable de son aile militaire sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Dans tous les cas, c’est désormais la position de la France, qui y était jusque-là hostile. C’est ce qu’a expliqué le porte-parole du Quai d’Orsay lors de son point presse du 23 mai :

« Je vous rappelle les propos du ministre des affaires étrangères sur ce sujet hier : “La position de la France est d’inscrire la branche militaire du Hezbollah (…). Vous avez vu que le Hezbollah, non seulement s’est engagé pleinement en Syrie, mais qu’il a revendiqué son engagement. Comme il y a en plus d’autres éléments, qui concernent ce qui s’est passé en Bulgarie et à Chypre, nous considérons que c’est un point qui devrait faire l’accord de l’ensemble des Européens.”

(…) la France est attachée à la stabilité du Liban et à ses relations avec toutes les communautés libanaises. Nous appelons toutes les parties libanaises à respecter les engagements souscrits dans la déclaration de Baabda du 15 juin 2012, qui visent à dissocier le Liban de la guerre en Syrie. En décidant d’intervenir massivement en Syrie, le Hezbollah rompt ce consensus. La guerre de Syrie n’est pas la guerre des Libanais. L’importer au Liban est dangereux pour sa stabilité, comme le montre la montée des tensions dans le pays. »

Bien sûr, le porte-parole n’évoque pas les autres ingérences en Syrie, notamment celles des partisans du mouvement du 14-Mars, dirigé par Saad Hariri.

 

Alain Gresh

Le monde diplomatique

 

 

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Flamnet-rétro: FLAM : une profession de foi constante à la république par feu Docteur Sow Mamadou Amadou des FLAM-Europe de l´Ouest

altLorsqu’une communauté est maîtrisée par un groupe d’individus, c’est visiblement parce qu’elle n’a pas le courage ou parce qu’elle a renoncé de se gouverner elle-même. La Mauritanie, à l’instar de la quasi-totalité des pays africains issus de la colonisation, est un agrégat de communautés. L’ambition supra-communautaire était de fédérer celles-ci en une république. Pour se faire, elle aura à se référer à cinq principes fondamentaux d’une morale nourrit des droits de l’Homme : le primat de l’individu ; la confiance dans la représentation du suffrage universel et la prépondérance absolue du Parlement ; la laïcité de l’État et de l’École ; la promesse d’un progrès social inéluctable et graduel ; la jonction d’un pacifisme constitutif et de l’exaltation de la défense nationale. Comme pour les préceptes religieux, les mauritaniens se seraient bien satisfaits d’un respect partiel de ces principes. Ceux-ci auraient garanti une cohésion et un juste équilibre entre les communautés. D’autant plus qu’ils s’étaient rendus à l’évidence que même le partage d’une religion commune ne préservait ni du racisme ni de la pratique de l’esclavage.

Aussi quand un groupe d’individus, appartenant tous à la même communauté, use par la confiscation et la transformation des apparats de l’Etat (armée, police et justice) en outils de domination, l’équilibre est rompu. L’objectif est désormais d’asseoir l’hégémonie politique et économique d’une seule entité au détriment des autres. La résultante procède d’abord par l’avènement de despotes avant de consacrer le règne des tyrans. Pendant tout ce temps, l’arbitraire et l’oppression sont érigés en règles de gouvernance. Ainsi les exclus du système ne le sont plus par le fait d’une inappétence ou par l’émergence d’une classe sociale entreprenante. Ils le sont par le renoncement et la trahison aux idéaux républicains au profit d’un racisme d’Etat confortable pour quelques-uns et destructeur pour l’immense majorité.

Si un mouvement d’opposition, comme les FLAM, dénonce et combat les régimes qui se sont succédé à la tête de ce pays devenu outrageusement anti-républicain, il est malveillant de crier à l’extrémisme ou de l’affabuler d’un quelconque nationalisme étroit. En attendant le sobriquet de terroriste, ces étiquettes délurées furent accolées dans d’autres circonstances à des mouvements comme l’ANC. Sans compter qu’ils ne prétendent ni à l’exercice exclusif du pouvoir ni à recourir aux déportations pour définir le contour d’un pays Etat-communauté.

La Mauritanie n’a pas encore expérimenté une proto-république et n’a pas non plus servi de champ de bataille de deux tendances (maures contre négro-africains) convoitant chacune le suprême pouvoir au profit de sa communauté. Si la première s’est laissée séduire par les sirènes de l’arabité et y a souscrit en masse en envoyant plusieurs de ses enfants dans une école dédiée à sa cause pour constater à la fin qu’elle a été victime d’une grande mystification. La seconde a été plutôt le témoin d’une usurpation de pouvoir par quelques factions tribales maures exhibant quelques cancrelats négro-mauritaniens très reconnaissants de sortir de l’ornière de l’anonymat et très heureux d’être invité au festin. Une prise de pouvoir qui nous impose une représentation inacceptable de la Mauritanie sur fond d’anti-républicanisme : à la place d’une primauté de l’individu nous assistons aux violations systématiques des droits individuels et en substitut à un progrès social graduel nous constatons une généralisation de la pauvreté pendant que vols et détournements de deniers publics s’en vont enrichir toujours les mêmes.

Il paraît bien commode de renvoyer dos à dos victimes et bourreaux. Les FLAM n’ont pas fréquenté les mouroirs de Oualata et les plus chanceux parmi-eux les déportations où l’exil pour que les négro-mauritaniens s’approprient exclusivement l’appareil d’Etat. Ils avaient fait le diagnostic d’une Mauritanie malade de l’ante républicanisme. Contrairement à d’autres, ils ne lui ont pas infligé les souffrances d’une mort programmée pour mieux la dépouiller, ils n’ont pas souhaité rester passifs ou se contenter de lui appliquer des soins palliatifs en attendant qu’elle devienne un espace d’affrontements généralisés où chaque communauté tirant à hue et à dia ! Ils ont juste entendu ses plaintes répétées exhortant ses enfants à la soigner et à la guérir.

Les FLAM feront toujours face tant qu’une horde de sauvageons sans foi ni loi ne renoncera à parasiter l’Etat mauritanien. Ils ont le courage d’assumer leur républicanisme et n’ont pas renoncé à gouverner pour que chaque fils de la Mauritanie puisse décliner son identité au pluriel.

 

La lutte continue !

Le 22 juillet 2007

Dr Mamadou Amadou Sow
Rennes -France

www.flamonline.com

www.flamnet.info

 NB: Hommage à un camarade qui nous a quitté à la fleur de l´âge et qui nous a laissé un vide énorme, feu Dr Mamadou Amadou Sow de Sélibaby.Que la terre lui soit légère Amine! 

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29° anniversaire des FLAM : la section Flam/Europe de L’ouest rend hommage aux femmes

altDans le cadre de la célébration du 29 ° anniversaire des FLAM (Forces de Libération Africaines de Mauritanie) et de la journée internationale de la femme, la section FLAM / Europe de l’Ouest a organisé une journée, le 8 Mars 2012, d’ « hommage aux combattantes et militantes de la cause qui ont accompagné le mouvement de sa naissance à nos jours ». C’est par un hommage appuyé aux femmes que les FLAM section Europe de l’Ouest ont voulu commémorer et rendre hommage aux femmes du mouvement et à toutes les combattantes pour les droits de l’Homme.
En mettant les femmes au coeur de ce 29° annversaire, les participants souhaitaient retracer et commémorer l’implication des femmes dans le mouvement.
Habsa Banor Sall, membre du Conseil National et membre fondatrice des FLAM, a rendu un hommage émouvant aux veuves, rappelant leur situation et faisant un parallèle entre leur vécu et celui des « Mères de la Place de Mai en Argentine qui campaient devant la Casa Rosada », rappelant que les veuves des disparus des années de purge , à l’instar des femmes argentines, n’étaient pas préparées à ce qui leur est arrivé, qu’elles ont découvert la lutte pour la reconnaissance de leurs morts et disparus. Habsa Banor Sall est revenue sur le parcours du combattant qui fut, et qui demeure le leur : sit in devant les ministères pour exiger des droits de visite, manifestations devant les prisons, interpellations des différents pouvoirs, demande de réponses.

La membre du Conseil National a, par ailleurs, rendu un hommage appuyé à « une des figures emblématique et grande militante des droits de l’homme dans son combat contre les injustices de tout bords », Maître Fatimata M’Baye ainsi qu’à d’autres femmes anonymes ou pas, telles que la veuve de Tène Youssouf Guèye, Fama Diop femme d’Abdoulaye Sarr, Aminetou mint el Mokhtar, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, Kadiata Malick Diallo, député, saluant l’engagement politique de ces femmes…

Habsa Banor Sall a aussi profité de cette journée d’hommage aux femmes pour regretter le fossé qui existe entre les discours en faveur de l’implication des femmes et les réalités socio culturelles qui bloquent encore l’accès des femmes à de plus grandes responsabilités, appellant à un changement des mentalités.

Ce fut au tour d’Yvette Adam, militante des Droits de l’Homme, de parler de ses séjours et rencontres avec les femmes et les hommes des camps de réfugiés au Sénégal et au Mali, racontant la précarité de leurs vies de réfugiés, l’exil, la douleur, la recherche de la justice, la dignité des femmes, les mauvaises conditions sanitaires prévalant dans les camps en rapportant des souvenirs d’opérations, par exemple, pratiqués sans anesthésies par manque de moyens….

«Effacer les traces de la prison d’Inal est une façon d’effacer la mémoire collective » :Ce 29 ème anniversaire des Flam fut aussi l’occasion de revenir sur le « pélerinage » d’Inal.

Mariem Kane, Présidente de l’Assocaition des Mauritaniens du Fleuve,au cours de son compte rendu de ce pélerinage vers le mouroir d’Inal,est revenue sur les nombreuses tracasseries que les « pélerins » ont rencontré de la part des forces de police et autres administrations. Et s’est interrogée sur l’absence, lors de ce voyage vers Inal, de nombreux déportés.Elle a aussi rendu hommage à Diarry Toumbo et aux veuves des « pendus d’Inal », rappellant que les autorités, en voulant « effacer les traces de la prison D’Inal » ont tenté « d’effacer la mémoire collective », le souvenir des morts.

« Nous ne sommes pas un mouvement ethno sectaire »


Le Secrétaire général des FLAM section France, Cheikh Dieng,a rappellé, pour sa part, le parcours des femmes dans le combat au sein du mouvement, femmes qui furent, du jour au lendemain, propulsées chefs de famille suite à l’absence des maris. Il a souligné l’importance des combats des femmes et le devoir de commémoration de leur travail et lutte.

Ibrahima Abou Sall, historien, a retracé l’histoire des FLAM, la naissance du mouvement de resistance dans la nuit du 13 au 14 Mars 1983 dans une maison proche du camp de la Garde à la Médina R, et soulignant les débuts de la lutte des FLAM, la création des symboles. Balayant les critiques sur les accusations d’être un mouvement « ethno sectaire », Cheikh Dieng, a expliqué que les couleurs du drapeau sont le noir et le blanc, à l’image des composantes mauritaniennes, que la couleur jaune indique les métis et que le vert symbolise le Sud du pays au travers de sa verdure.

La journée d’hommage aux femmes s’est terminée par un échange entre les intervenants et l’auditoire.

Thierno Diallo- Kassataya

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Merci aux FLAM et bonne continuation par Ba Bocar Oumar

altJe souhaite un joyeux anniversaire aux FLAM qui fêtent leur 29ème année d’utile existence. Constance et détermination auront caractérisé ce parcours auquel la lutte doit tant de choses. Même au plus fort de nos houleuses divergences d’approche, je n’ai jamais cessé quant au fond de ressentir une profonde reconnaissance et un profond respect pour ce mouvement, son parcours, ses cadres et ses militants. Militants et cadres dont certains (ils se reconnaitront..) demeureront pour toujours des amis et des frères, en dépit des quelques coups de becs inévitables dans un compagnonnage de lutte passionnant et par moment, passionné. Je voue pour les FLAM le sentiment que tout mauritanien soucieux de l’unité dans la vérité devrait lui vouer: c’est-à-dire, au minimum le respect pour le sacrifice qu’elles ont consenti sans rechigner. Merci aux FLAM et bonne continuation! 

Ba Bocar Oumar

WWW.FLAMNET.INFO

 

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