Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Europe-USA: Beaucoup de concitoyens risquent de perdre tous leurs droits (OCVIDH)

altLe président de l’Organisation mauritanienne contre les violations des droits de l’homme, (OCVIDH), Diagana Mamadou Youssouf, beaucoup de Mauritaniens vivant en Occident risquent de perdre tous leurs droits faute de pouvoir se faire recenser dans le cadre du nouvel état civil biométrique.

Il a ajoute dans un communiqué parvenu Alakhbar, que “beaucoup de nos concitoyens établis en occident sont privés de passeport faute d’être recensés et risquent de perdre tous leurs droits si ce n’est déjà fait pour quelques uns en Europe et aux USA car ne pouvant plus changer leurs passeports. D’autres dans la clandestinité, ne pourront même plus se rendre en Mauritanie, leur pays d’origine”.

“Pire encore est le sort réservé aux enfants d’immigrés dont les parents ne sont pas recensés en Europe ni aux USA. Ces enfants ne pourront pas se présenter aux examens tels que l’entrée en sixième, le brevet ou le baccalauréat en Mauritanie, faute d’avoir accès au tout nouvel acte de naissance issu du présent recensement raciste et discriminatoire, ce qui aura pour conséquence l’exclusion de ces enfants du système éducatif ce qui constitue une violation grave du Droit de l’enfant à avoir accès à l’Education et à la Culture”, poursuit le président de l’ OCVIDH.

Selon l’OCVIDH, “le Recensement raciste et discriminatoire qui n’a pour motivation que de priver définitivement des milliers de Mauritaniens chassés de leurs pays par des politiques successives de purification ethnique est une poursuite logique et astucieusement mise en place par le général Mohamed Ould Abdel Aziz pour parachever cette politique. Le prétexte avancé pour justifier la fiabilité de l’état civil en Mauritanie n’est que de la poudre jetée aux yeux de l’opinion nationale et internationale”.

“L’OCVIDH constate avec gravité le problème récurrent des populations Noires réfugiées de Mauritanie qui vivent depuis des décennies à l’étranger, dans les pays limitrophes avec le risque aujourd’hui d’être oubliées à jamais. Elle exige leur retour définitif et la restitution définitive de leurs biens et leurs dédommagements à la hauteur des préjudices subis”.

 

Source: Al Akhbar

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TPMN : “Le processus de dénégrification de la Mauritanie par les autorités actuelles se confirme; Bir Moghrein serait passée d’une population de 2761 habitants en 2OOO à 10514 habitants au 26 décembre 2012!”

Dans un communiqué dont une copie est parvenue à Noorinfo, le collectif touche pas à ma nationalité (TPMN) s’inquiète des dérives communautaristes et racistes du processus d’enrôlement, et craignent le resurgissement de vieux démons, au vu des “instructions officielles des autorités pour enrôler des saharaouis”. Le voici en intégralité.


TPMN :
 

 

Certains médias de la place font état de l’enrôlement massif par l’Agence Nationale du Registre des Populations et Titres Sécurisés (ANRPTS) d’étrangers d’origine sahraouie présentés comme des mauritaniens, suivant en cela des instructions officielles. Une telle information vient confirmer les inquiétudes toujours exprimées par Touche pas à ma nationalité quant au caractère discriminatoire et raciste de l’opération d’enrôlement initiée par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Si les scènes de vexations et d’humiliations infligées aux populations noires désirant se faire enrôler s’étaient nettement estompées pendant quelques mois grâce à la résistance initiée par TPMN, voilà que les obstructions à l’enrôlement des Noirs refont surface par l’exigence, pour eux seuls, de la présentation de la carte d’identité nationale des parents. Pendant donc que le régime raciste de Mohamed Ould Abdel Aziz exclut les citoyens noirs, il enrôle à tour de bras des étrangers dont le seul mérite est d’appartenir à la communauté arabo-berbère. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la petite ville de Bir Moghrein serait passée ainsi d’une population de 2761 habitants en 2OOO à 10514 habitants au 26 décembre 2012 si l’on se fie aux chiffres de l’ANRPTS, ce qui correspond à un taux de croissance exponentiel de 280%. Quand on sait que l’enrôlement n’a touché jusqu’ici qu’un peu moins des deux tiers de la population à l’échelle nationale (1.935.420 personnes au 26 décembre 2012), on se rend compte de l’énormité de la marge de croissance qui reste pour cette localité et d’autres villes ou régions connaissant le même phénomène d’ici l’arrêt de l’opération.

Touche pas à ma nationalité :

– dénonce avec la plus grande vigueur ces pratiques destinées à dénaturer le fragile équilibre communautaire à et donc à diviser encore plus les Mauritaniens ;
– tient le régime pour responsable des graves conséquences pour l’existence même du pays qu’elles pourraient engendrer ;
– se réserve le droit de combattre avec la dernière énergie ces pratiques éhontées et en appelle à ses militants, sympathisants et à tous les patriotes sincères pour rester vigilants et mobilisés.

TPMN
Le 31 décembre 2012

Source: Noornfo

 

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Adoption d’un texte contre les putschs : Une autre loi superflue

Le Sénat vient de faire passer, en seconde lecture, le projet de loi criminalisant les coups d’état militaire, deux semaines après les députés. Ce texte qui condamne les changements anticonstitutionnels est le plus superflu de l’arsenal juridique en Mauritanie.


L'ancien président démocratiquement élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi, serrant la main de l'ancien général Mohamed Ould Abdel Aziz, qui l'enlèvera du pouvoir par un coup d'état.

L’ancien président démocratiquement élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi, serrant la main de l’ancien général Mohamed Ould Abdel Aziz, qui l’enlèvera du pouvoir par un coup d’état.

 

Il n’empêchera sûrement pas demain qu’un officier ou un sous-officier s’empare du pouvoir en Mauritanie, à ses risques et périls. De deux choses l’une, soit il échoue et devra faire face au peloton d’exécution ou croupir dans un bagne pour atteinte à la sûreté de l’Etat, soit il réussit son coup et dans ce cas, il pourra compter sur une armée de laudateurs à la commande pour tout remettre en question. D’ailleurs, pour beaucoup d’analystes, “les parlementaires frondeurs, auteurs d’un coup d’Etat contre le premier président démocratiquement élu, sont-ils bien placés pour condamner les putschs ?”

Le Parlement au niveau de ses deux chambres a adopté un texte de loi assez superflu sur les coups d’Etats et les renversements anticonstitutionnels. Ce crime, il faut le souligner, a toujours été condamné par le législateur mauritanien, depuis la naissance de la République. Les auteurs de la tentative du coup d’Etat du 16 mars 1981 ont même été passés par les armes.

Plus récemment, les cavaliers du changement, auteurs d’un putsch manqué en 2003 ont été traduits en justice, jugés et condamnés, avant d’être amnistiés par les auteurs d’un autre coup d’Etat survenu en 2005, et qui eux ont bien réussi là où les autres avaient échoué.

Deux ans plus tard, c’est la récidive. Alors que les Mauritaniens pensaient être sortis du cercle infernal des coups d’Etat, une bonne demi-douzaine en trente ans, ils seront en effet secoués de nouveau en 2008 par un autre putsch. Le projet de loi sur la criminalisation des coups d’Etat, qui vient d’être adopté, a été paradoxalement imposé lors du dialogue politique entre le pouvoir en place et trois partis de l’opposition. Une sorte de deal au marché des empoignes que l’écrasante majorité des partis de l’opposition avait boycotté. I l a été adopté par les députés et les sénateurs de la majorité parlementaire, ces ex “Frondeurs” qui avaient déstabilisé le pouvoir du premier président démocratiquement élu, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, servant ainsi de Cheval de Troie aux généraux qui s’empareront quelques mois plus tard du pouvoir en 2008. Aux yeux des observateurs, cette nouvelle loi n’apporte rien de plus à l’arsenal juridique déjà existant qui condamne déjà assez sévèrement l’accession antidémocratique au pouvoir. Le Code pénal condamne en effet toutes les formes d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de stabilité, de troubles à la quiétude sociale, etc.

Dépenser des tonnes d’énergie et des heures de plénière et de débats en commissions et sous-commissions, pour pondre un texte inutile, est la pire des gabegies et la forme la plus dégradée de la sècheresse intellectuelle. C’est comme si toute la République s’ébranlait pour pondre un texte de loi condamnant le vol, l’assassinat ou tout autre crime ou délit, déjà assez pénalisé par des textes actuels. Idem pour l’esclavage dont on multiplie les instruments de répression juridique alors qu’en réalité, le mal prolifère en toute quiétude. Une loi a été pourtant votée en 2007, criminalisant les pratiques esclavagistes.

Cela n’a nullement empêché l’impunité des maîtres pris en flagrant délit par les organisations antiesclavagistes, protégés qu’ils sont par le système judiciaire, politique et administratif en place. Par la suite, cette condamnation a été portée dans la Constitution, puis dans une nouvelle énième loi sur l’esclavage. Qui veut-on tromper ? Il est clair que ce ne sont pas des lois qui mettront fin aux délits et aux crimes.

Comme le voleur qui risque ses coups, jouant à pile ou face sa liberté, pour profiter sans frais d’un butin mal acquis, le putschiste en puissance a le même goût du risque, sachant qu’en cas de réussite, il aura toute la République à ses pieds.

Cheikh Aïdara
l’authentique

 

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Passif humanitaire: Taya en ligne de mire

altPlus de vingt ans après les faits, le passif humanitaire de la fin des années 1980/début 1990, avec, pour point d’orgue, l’ignominieuse allégorie des vingt-huit pendaisons un vingt-huit novembre à Inal, colle encore à la peau de la Mauritanie. Une réalité bien plus prégnante que le négationnisme honteux du régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, sous le magistère duquel ces orgies sanguinaires ont été perpétrées. Après le silence troublant de la transition qui suivit la révolution de palais du 3 août 2005 et la bonne volonté du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah, les timides tentatives de Mohamed Ould Abdel Aziz triturent plus qu’elles ne soignent la plaie. Accorder des indemnités aux ayants droits des victimes, tout en veillant à la « discrétion » sur l’identité des criminels qui continuent à défier la justice, n’apaise aucune conscience. La seconde édition du pèlerinage d’Inal, en cette fin de l’année 2012, aura révèle la vivacité d’une douleur qui n’en peut plus d’être minimisée par le pouvoir. La manifestation de « Touche Pas à Ma Nationalité (TPMN) », devant la représentation diplomatique du Qatar, et la résolution de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Réconciliation (AJD/MR), exigeant l’abrogation de la loi d’amnistie de mai 1993, la rappelle à tous.

Aux trousses d’un dictateur déchu

TPMN, un mouvement de jeunes proche de la mouvance négro-africaine, est né dans la foulée des contestations générées par le processus d’enrôlement lancé au mois de mai 2011. Il prend, aujourd’hui, le pari historique de ne plus lâcher les basques du dictateur déchu. Renversé par une révolution de palais, le 3 août 2005, après plus de vingt ans d’exercice sans partage du pouvoir, l’ex-colonel vit, depuis, un exil doré à Doha, capitale du Qatar. Décidé à mettre fin à l’impunité dont il jouit, TPMN a organisé un sit-in devant l’ambassade de l’émirat à Nouakchott, le jeudi 13 décembre dernier. Objectif : obtenir la traduction en justice du fugitif, qui n’aura pas eu le même courage que son prédécesseur, Mohamed Khouna Ould Haïdalla. Renversé pendant qu’il se trouvait à Kigali et accusé de diverses fautes, le héros unanimement reconnu de la guerre du Sahara était, lui, revenu se constituer dignement prisonnier à Nouakchott.
A l’appui de sa revendication, TPMN évoque tout un chapelet de crimes – « violations massives d’humains : déportations, tortures, expropriations, exécutions extra judiciaires […] Des faits dont la Mauritanie fut le théâtre, entre 1989 et 1991 ».

Interpellation de l’émir du Qatar

Au terme du sit-in du jeudi, les militants ont déposé une lettre adressée à l’émir du Qatar, Son Altesse Cheikh Hamad Al Thani, pour signaler « des actes dont la gravité n’a jamais été égalée dans l’histoire de la Mauritanie, qui ont atteint leur paroxysme dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, avec la pendaison de 28 militaires noirs, pour célébrer l’anniversaire de l’Indépendance nationale ». Poursuivant son douloureux exercice de comptabilité macabre, la correspondance rappelle également « le massacre de 355 civils noirs, la destruction de 476 villages sur le fleuve servant de frontière naturelle entre la Mauritanie et le Sénégal, ainsi que la déportation de 120.000 citoyens vers le Sénégal ».
Des actes qualifiés de « génocide et crimes contre l’humanité », planifiés au plus haut niveau, engageant la responsabilité du président déchu. « Il ne pouvait ignorer des faits d’une telle ampleur », soutient TPMN. Le souverain du Qatar « qui aspire à jouer un rôle positif dans la géopolitique mondiale, en contribuant à l’ancrage de la démocratie et au respect des droits de l’Homme » est invité à tenir compte de cette réalité, pour donner plus de poids positif à son rôle dans le printemps des révolutions arabes.
Les présumés auteurs des crimes contre les militaires noirs sont couverts par une législation pénale blindée, en forme d’une loi d’amnistie adoptée au mois de mai 1993. La qualifiant de « scélérate », les associations de victimes et les ONGs de défense des droits humains en réclament l’abrogation. Une voie incontournable pour que la Mauritanie se départisse d’une fausse pudeur, bâtie sur l’hypocrisie et le mensonge. C’est le seul moyen de dépasser ce passé douloureux. La réconciliation ne saurait emprunter un raccourci brûlant les cases vérité et justice. Sans elles, les fantômes des martyrs ne cesseront de hanter l’histoire du pays.

Amadou Seck

 

Source: Le calame

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Mauritanie 1984/2012 : On prend les mêmes et on recommence…

28 ans après l’arrivée au pouvoir de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya, véritable Attila des valeurs mauritaniennes, l’herbe n’a toujours pas repoussé après son passage, malgré le bref espoir porté par la fameuse période dite de la «transition» dans laquelle le pays est toujours embourbé en réalité. Perspective.

altDans une vidéo que Noorinfo a publié il y a bientôt un an sur son site par rapport au coup d’état de Maouiya, on voyait déjà la garde bureaucratique et dite démocratique, alors bien militaire. Comme notre président actuel.

Une vidéo publiée aujourd’hui même montre Aziz en Cerbère de l’ancien dictateur.

Au-delà de ces visuels symboliques, la manière de gouverner, l’entourage du chef d’état, et la totalité des motifs qui ont servi à justifier le coup d’état de 2005, et celui de 2008, plus grave car contre un président démocratiquement élu, n’ont pas changé.

«Qui oublie son histoire se condamne à le vivre»
disait justement Winston Churchill. A ce titre on est en plein «review» du navet cinématographique qui a duré 21 ans en Mauritanie.

Rappel des faits : Après 21 ans au pouvoir, Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya est destitué en août 2005, après un coup d’état qui annonce «une période de transition vers la démocratie», après la sombre période qui a débuté en 1978 avec l’avènement des militaires.

Trois ans après ce coup d’état, et une transition cahin-caha qui débouche sur l’élection (presque) transparente, pour la première fois de l’histoire mauritanienne, d’un président mauritanien, au suffrage universel direct, dans les faits, les militaires sont toujours au pouvoir.

Les principaux tenants du coup d’état, que Sidi Ould Cheikh Abdallahi tentait de garder loin du pouvoir, les généraux d’aujourd’hui, reprochant au président de s’entourer des proches, corrompus ou non, et gabégistes ou non, de l’époque de Taya.

Quatre ans après ce coup d’état avalisé par une élection en 2009 qui consacre l’ancien chef du BASEP à la tête de l’état, on retrouve les pires voleurs des contribuables à sa tête, et surtout à ses côtés, en pleine lumière, ou en coulisses, en tant qu’alliés politiques, à la tête de sociétés minières, pourtant se disant de l’opposition, et jurant qu’ils seraient les premiers à applaudir Aziz en cas de réélection en 2014. Les Tommy à Tasiast, les Ould Boydiel à El Wiam, dans un parti dit de l’opposition sont autant de figures symboliques du Tayisme, dont l’habitant du palais ocre d’aujourd’hui disait vouloir se débarrasser.

 

Messieurs-je-sais-tout

 Officiers supérieurs de l'arméeCoupé des réalités, porté par une paranoïa aigue sur sa sécurité, Taya sortait une fois par décennie une théorie sur les raisons du retard «intolérable» de la Mauritanie dans son développement : et à la fin des années 1990, il décrète que c’est le manque de culture, et le manque de connexion à internet, qui en est la principale cause, d’où les fameux Dar El Kitab (maisons du livre) déployées un peu partout dans les communes, et qui ont fait la fortune de quelques-uns.

Depuis 2009, certainement moins coupé des réalités, mais tout aussi orgueilleux par cette certitude affichée de seul avoir analysé tous les maux de la Mauritanie, et trouvé leurs solutions, tous secteurs confondus, sans passer par les spécialistes, mastérisés ou doctorants, le nouveau maître à bord du bateau mauritanien, enfile des perles de propagande pour marteler son omniscience sur toutes les situations que peut connaître la Mauritanie, que ce soit économiquement, socialement, culturellement, médicalement, «agricolement», scientifiquement, «minièrement», tristement hélas.
A chacun sa milice

Tout le monde l’a remarqué, et les policiers en premier : depuis deux-trois ans, la police tombe en totale décrépitude (déjà que c’était le cas avant) : prérogatives diminuées, au profit des marsupilamis (pardon du GGSR), en réalité milice du général Mesgharou, chacun des généraux ayant sa milice privée, obéissant d’abord à une personne ou un groupe de personnes, et défendant leurs intérêts avant ceux des citoyens.

Lors de la première commémoration d’Inal l’an passé, ce sont ces pseudo garants de la sécurité routière mauritanienne, qui ont pointé des armes ultra modernes sur les pèlerins, pour un «contrôle de routine» disait le jeune capitaine du mini-escadron qui s’était posté à 30km de Nouakchott.

Dans le même temps, la police coule, car «trop proche d’Ely Ould Mohamed Vall» selon un inspecteur de la capitale. «Aziz ne veut pas détruire la police ; elle ne le peut pas d’ailleurs, par rapport à la notion même de république, mais il peut la clochardiser ; et c’est ce qu’il a fait avec brio» rapporte l’inspecteur.

C’est le même Aziz créateur du tout-puissant BASEP chargé d’assurer à la base la sécurité de Taya, et qui s’est révélée avec le temps une véritable armée dans l’armée. Que Sidioca a voulu briser, avec le succès qu’on lui connaît.

«Mohamed Morsi s’est retrouvé dans la même situation en Egypte, et il a su faire ce que Sidioca aurait dû faire dès la première semaine de son élection : vider tous les généraux. Ces derniers n’auraient rien pu faire alors, Sidioca bénéficiant alors de son aura de président élu incontestablement» estime Saleck Ould Sidi Mahmoud, rapporteur du budget à l’assemblée nationale.

Gabegie hier, gabegie aujourd’hui
 
Un des grands thèmes de la campagne présidentielle de Mohamed Ould Abdel Aziz était la lutte contre la gabegie qui a mis à genoux, voire allongé, l’économie de la Mauritanie. Deux ans et demi plus tard, celle est à son comble et atteint un niveau «inimaginable». Que ce soit par les actes du président lui-même qui confond biens publics et biens privés, qui déloge l’ambassadeur mauritanien de sa résidence pour ensuite y faire des travaux d’une valeur d’environ 200.000 euros, avant d’y loger son épouse, qui y demeure presque la moitié de l’année, ou que ce soit par ses proches qui peuvent bénéficier de plusieurs salaires publics en même temps.

C’est le cas, d’Isselkou Ould Izidbih (e-recteur de l’Université de Nouakchott), qui a longtemps touché deux salaires dont celui de 400.000 UM à l’université, en plus de son salaire comme directeur du cabinet du Président », révélait le député de l’opposition Ould Moïne il y a quelques mois. Ou encore celui du ministre d’Etat chargé de l’éducation, Ahmed Ould Bahia,qui lui aussi touche deux salaires : 400.000 UM en tant que professeur à l’université et 1.600.000 UM comme ministre.

Quand la présidence de Sidioca touchait à sa fin, 50 millions de dollars avaient été gracieusement et discrètement offerts à la Mauritanie par l’Arabie Saoudite, dans le but de renforcer ses forces sécuritaires. Depuis le coup d’état, ils ont disparu comme par enchantement…

Les exemples peuvent être ainsi multipliés, avec un des points d’orgue l’an passé, le contrat léonin passé avec POLY Hong Dong dans le domaine halieutique.

L’opacité dans l’attribution des marchés est pire, aux dires même de la commission centrale des marchés, en début d’année 2012.

Noyer le poisson de l’audiovisuel

Mauritanie 1984/2012 : On prend les mêmes et on recommence...
Censure, interdiction, emprisonnement, saisie de matériel, étaient le lot des journalistes et des médias sous Taya.

Si l’émancipation de la presse indépendante est relativement récente et sa liberté consacrée durant la transition, aujourd’hui cette liberté est certes totale, mais celle qui permettrait au plus grand nombre d’y accéder, résiderait dans une vraie opération des ondes surtout audio. Depuis la pseudo-libéralisation des ondes de l’an passé, les acteurs mêmes du système réclament une ouverture totale des ondes radio.

«C’est le seul média le plus à même de toucher en même temps la plupart des mauritaniens ; vous trouvez des radios chez tout le monde, même à l’intérieur, dans les hameaux. Au lieu de cela, on annonce déjà la distribution de licences télé, après deux déjà accordées. Or le système démographique et économique mauritanien permet à peine la survie, et on ne parle même pas de rentabilité, d’une, voire extrêmement difficilement, de deux télévisions, qui sont aujourd’hui en réalité des instruments poussés de propagande pour l’état. La récente affaire liée à la ligne éditoriale, qui a débouché sur le licenciement de l’ancien DG de Sahel TV, Bah Ould Saleck le prouve» analyse longuement un spécialiste des médias.

D’aucuns y voient la méthode néo-transitionnelle d’Aziz, pour, à défaut d’interdire, cela étant devenu impossible, de noyer le poisson. Et ça marche pour le moment. En attendant la libéralisation des radios, la seule réellement importante.

 

Le racisme d’état continue

Le racisme d’état était dénoncé avec force au temps du dictateur déchu, et avec raison. La transition avait débuté en donnant l’impression rafraichissante que la citoyenneté et le mérite allaient enfin primer. Cet élan a été brisé net par Mohamed Ould Abdel Aziz, justement entouré des idéologues baathistes et bassement racistes qui avaient l’oreille de Maouiyaa à partir de la fin des années 80.

Et après la question des langues dans l’éducation nationales, l’arabisation galopante de l’administration en cours, éjectant de facto une large frange de la population mauritanienne, notamment noire.

Les nominations mono-communautaristes qui ne sont même plus voilées, les sorties pro-arabes complexées, de dames comme Aïchetou VERGES, ou encore la ministre d’aucune culture, qui parle à peine arabe, et qui a étudié à Lille, Cisse Mint Boyda, nouvelles chiennes de gardes d’une idéologie de cloisonnement.

L’attribution exclusive des licences audiovisuelles à des maures, la propagande de masse (dans l’affaire de l’incinération des livres de rite malékite), et le négationnisme de l’esclavagisme en Mauritanie, le recensement qui comptait redéfinir arbitrairement l’attribution de la nationalité mauritanienne, et qui aurait peut-être réussi sans le combat initié par TPMN, sont autant de faits sociaux qui démontrent le fourvoiement d’un système qui renoue avec ses vieux démons.

Mamoudou Lamine Kane

 
Noorinfo



 



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