Parce qu’il s’agit bien d’une hérésie : les services consulaires et les missions diplomatiques apportent assistance et protection à leurs ressortissants établis à l’étranger. Même en prison, un étranger bénéficie de l’assistance consulaire de son pays d’origine. Une Nation est grande ou petite aussi selon qu’elle respecte ou non ce principe. Pourquoi l’ambassadeur britannique à New-Delhi est-il donc empêché de quitter l’Inde ? Parce qu’il a porté secours à deux ressortissants britanniques accusés d’avoir tué deux Indiens qu’ils prenaient, selon leur version, pour des pirates. L’Excellence s’est portée garant pour que les deux accusés puissent rejoindre leur patrie. N’est pas Excellence qui veut ! Pourquoi M. Michel Thierry Atangana, ce Franco-camerounais détenu au Cameroun a-t-il bénéficié de l’assistance des services consulaires de la France au Cameroun lors de ses procès à répétition ? Je ne parle pas des ressortissants à l’étranger secourus par leur pays d’origine en cas de crise. En France donc, au lieu de porter assistance à ses ressortissants, l’ambassade de Mauritanie à Paris se fait l’annexe d’une préfecture française et exige un titre de séjour français pour pouvoir enrôler les Mauritaniens. Ce ne sont certainement pas ces autorités qui prêteront assistance à des Mauritaniens en difficulté à l’étranger (arrestation, accident, décès…). On se rappelle que lors du conflit post électoral en Côte d’Ivoire, c’étaient des militaires français qui avaient porté secours aux Mauritaniens d’Abidjan transformé en champ de bataille.
Les pays soucieux de leur développement s’arrangent pour faciliter le retour des membres de leur Diaspora. Celle-ci représente une valeur ajoutée à bien des égards. D’abord par les savoirs acquis et les transferts de compétences qu’elle peut favoriser. Ensuite par les flux financiers qu’elle génère et qui permettent à plusieurs pays d’échapper à l’implosion, les migrants suppléant des Etats défaillants, incapables de répondre aux attentes de populations de plus en plus démunies. Malgré la crise, la Banque Mondiale estime à un peu moins de 400 milliards de dollars les flux issus de l’émigration et à destination des pays en développement.
La Mauritanie n’a manifestement pas fait ce choix. Les Mauritaniens de l’étranger n’ont par exemple pas leur mot à dire dans le choix de leurs représentants dans les deux chambres du parlement. Qui connaît un seul élu des Mauritaniens de l’étranger ? Pourquoi sont-ils désignés par d’autres que ceux dont ils sont supposés défendre les intérêts ? Ubuesque !
D’autre part, le pays n’organise aucune manifestation tendant à présenter à ses ressortissants de l’étranger les opportunités qui pourraient s’offrir à eux en matière d’investissent. C’est chacun sa m… pour soi.
Quant aux situations nées des choix de vie (carrières, travail, vie privée et familial), la Mauritanie n’en fait pas une priorité. Les enfants nés à l’étranger ou d’union mixte n’ont qu’à s’en prendre à leurs parents… d’avoir choisi d’aimer autre qu’un Mauritanien.
Bien sûr si vous êtes premier ministre, femme de Général ou d’ambassadeur, ou homme d’affaires proche du chef, cette règle ne vous concernera pas. Vous pourrez comme M. Ould Bouchraya, membre du très select sérail du Président des pauvres, clamer à qui veut l’entendre que vous disposez de la nationalité espagnole. Vous ne risquerez rien. En 1678, dans sa fable titré Les animaux malades de la peste, Jean De La Fontaine écrivait que « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir. » Près de quatre siècles plus tard, cette morale n’a pas pris une ride dans la Mauritanie d’aujourd’hui.
Abdoulaye DIAGANA
Pour kassataya.com

C’est en substance ce qu’a affirmé au Calame, une source digne de foi et proche du député Kane Hamidou Baba président du Mouvement Pour la Refondation (MPR) jusqu’ici membre de la majorité présidentielle. Cette décision pourrait être entérinée au cours de la réunion du Comité Permanent du parti, prévu le jeudi prochain. Au cours de la réunion du Bureau Exécutif tenue le jeudi passé, sous le thème : bilan et perspectives de la participation du MPR à la majorité présidentielle, une forte tendance s’était dégagée en faveur du retrait du parti de la Majorité. Des milieux bien informés indiquent que la décision sera peaufinée dans les prochains jours et annoncée aux mauritaniens, le moment venu. Cette décision imminente du parti que dirige Kane Hamidou Baba pourrait faire des émules, si ce n’est déjà fait du côté d’ADIL et du RD, deux partis de la Convergence Patriotique (CP). En envisageant donc de sortir de la Majorité, le MPR signifie sa volonté de ne plus continuer à attendre « les atermoiements d’une Majorité au garde à vous », et qui ne voudrait pas aller au dialogue. C’est là une « attitude contraire à la volonté de la majorité des mauritaniens », estime notre source. Cette décision intervient en pleine manœuvres politiques. La Convergence Patriotique (CP), qui rassemble le MPR, ADIL et RD tous membres de la majorité présidentielle, a décidé, très tôt de soutenir l’initiative de sortie de la crise politique concoctée par le président de l’Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkheir. Laquelle initiative prône le rapprochement des pôles politiques, particulièrement entre le Pouvoir et la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) pour l’organisation consensuelle des prochaines élections municipales et législatives. La COD qui traînait les pieds pour répondre positivement à l’initiative du président de l’Assemblée Nationale, si l’on en croit les déclarations et confidences de certains de ses responsables, relayées, depuis peu, par la presse, pourrait, au cours d’une réunion annoncée pour ce lundi, répondre positivement à la proposition de Messaoud Ould Boulkheir. Les manœuvres en cours pourraient aboutir à la mise en place d’un front uni contre le pouvoir, accusé de « rester sourd » aux différentes initiatives visant à décrisper la scène politique. Une attitude qui va à l’encontre du souhait de la majorité des mauritaniens, explique-t-on au MPR.





