Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Edito de KASSATAYA : Ces pestiférés de Mauritaniens de l’étranger !

La Mauritanie serait-elle devenue une préfecture française ? On pourrait le penser avec la décision de la Mission diplomatique de la Mauritanie en France de prêter main-forte aux autorités françaises en considérant comme déchu de ses droits tout Mauritanien ne disposant pas d’un titre de séjour établi par la…France. Désormais, la nationalité mauritanienne est suspendue à la carte de séjour française. Un préfet français pour établir la nationalité mauritanienne.

Mauritaniennes à Paris exhibant anciennes cartes d'identité et passeports.

Mauritaniennes à Paris exhibant anciennes cartes d’identité et passeports.

 

 

Lors du recensement de 1998, le syndicat des travailleurs Mauritaniens de France (OTMF) avait adressé un courrier au président d’alors. Mouawwiya Ould Sid’Ahmed Taya, symbole de la dictature, de la gestion solidaire et brutale s’il en est, avait, oh miracle, accédé à la demande des Mauritaniens en supprimant cette mesure absurde. Aujourd’hui, le même syndicat a adressé une lettre similaire au président qui a changé depuis. Mohamed Ould Abdel Aziz peut-il faire moins que son prédécesseur ?

Parce qu’il s’agit bien d’une hérésie : les services consulaires et les missions diplomatiques apportent assistance et protection à leurs ressortissants établis à l’étranger. Même en prison, un étranger bénéficie de l’assistance consulaire de son pays d’origine. Une Nation est grande ou petite aussi selon qu’elle respecte ou non ce principe. Pourquoi l’ambassadeur britannique à New-Delhi est-il donc empêché de quitter l’Inde ? Parce qu’il a porté secours à deux ressortissants britanniques accusés d’avoir tué deux Indiens qu’ils prenaient, selon leur version, pour des pirates. L’Excellence s’est portée garant pour que les deux accusés puissent rejoindre leur patrie. N’est pas Excellence qui veut ! Pourquoi M. Michel Thierry Atangana, ce Franco-camerounais détenu au Cameroun a-t-il bénéficié de l’assistance des services consulaires de la France au Cameroun lors de ses procès à répétition ? Je ne parle pas des ressortissants à l’étranger secourus par leur pays d’origine en cas de crise. En France donc, au lieu de porter assistance à ses ressortissants, l’ambassade de Mauritanie à Paris se fait l’annexe d’une préfecture française et exige un titre de séjour français pour pouvoir enrôler les Mauritaniens. Ce ne sont certainement pas ces autorités qui prêteront assistance à des Mauritaniens en difficulté à l’étranger (arrestation, accident, décès…). On se rappelle que lors du conflit post électoral en Côte d’Ivoire, c’étaient des militaires français qui avaient porté secours aux Mauritaniens d’Abidjan transformé en champ de bataille.

Les pays soucieux de leur développement s’arrangent pour faciliter le retour des membres de leur Diaspora. Celle-ci représente une valeur ajoutée à bien des égards. D’abord par les savoirs acquis et les transferts de compétences qu’elle peut favoriser. Ensuite par les flux financiers qu’elle génère et qui permettent à plusieurs pays d’échapper à l’implosion, les migrants suppléant des Etats défaillants, incapables de répondre aux attentes de populations de plus en plus démunies. Malgré la crise, la Banque Mondiale estime à un peu moins de 400 milliards de dollars les flux issus de l’émigration et à destination des pays en développement.

La Mauritanie n’a manifestement pas fait ce choix. Les Mauritaniens de l’étranger n’ont par exemple pas leur mot à dire dans le choix de leurs représentants dans les deux chambres du parlement. Qui connaît un seul élu des Mauritaniens de l’étranger ? Pourquoi sont-ils désignés par d’autres que ceux dont ils sont supposés défendre les intérêts ? Ubuesque !

D’autre part, le pays n’organise aucune manifestation tendant à présenter à ses ressortissants de l’étranger les opportunités qui pourraient s’offrir à eux en matière d’investissent. C’est chacun sa m… pour soi.

Quant aux situations nées des choix de vie (carrières, travail, vie privée et familial), la Mauritanie n’en fait pas une priorité. Les enfants nés à l’étranger ou d’union mixte n’ont qu’à s’en prendre à leurs parents… d’avoir choisi d’aimer autre qu’un Mauritanien.

Bien sûr si vous êtes premier ministre, femme de Général ou d’ambassadeur, ou homme d’affaires proche du chef, cette règle ne vous concernera pas. Vous pourrez comme M. Ould Bouchraya, membre du très select sérail du Président des pauvres, clamer à qui veut l’entendre que vous disposez de la nationalité espagnole. Vous ne risquerez rien. En 1678, dans sa fable titré Les animaux malades de la peste, Jean De La Fontaine écrivait que « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir. » Près de quatre siècles plus tard, cette morale n’a pas pris une ride dans la Mauritanie d’aujourd’hui.

Abdoulaye DIAGANA
Pour kassataya.com

 

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Elections : On sera dans « les temps »

Cette semaine est celle des rencontres « bilatérales » : Aziz et Messaoud, dimanche, Messaoud et les dirigeants de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) ce mercredi. On donne là l’impression que l’on veut passer aux choses sérieuses, après avoir longtemps tergiversé.

Elections : On sera dans « les temps »
 

L’on ressort alors l’initiative de Messaoud, on l’exhibe comme s’il c’était la première fois qu’on entend parler d’elle. La solution miracle après avoir tourné en rond encore et encore.

On joue comme toujours sans se rendre compte que le temps presse que les élections tant attendues pourraient finalement n’avoir lieu qu’au moment prévues : fin 2013 pour les municipales et législatives et début 2014 pour la présidentielle. Le hic c’est que députés, sénateurs et maires auront accompli deux mandats en un ! Un disfonctionnement de notre démocratie que certains se refusent à qualifier de crise politique. Une situation qui rappelle étrangement celle de la Cote d’Ivoire de Gbagbo mais qu’on espère voir finir autrement. Grâce à la sagesse des Mauritaniens qui aiment certes trop jouer, en politique, mais comptent sur la lucidité des populations pour ne pas donner plus d’importance aux guéguerres politiques au détriment de la cohésion sociale du pays.

N’empêche qu’on est toujours dans l’expectative face à cette question : « où va la Mauritanie » ? A l’heure actuelle, personne n’ai vraiment en mesure de répondre à cette question, même si, dans ce bras de fer entre pouvoir et opposition, les lignes semblent pourtant bouger un peu. Si du côté de la Coordination de l’Opposition démocratique (COD) l’on cherche à sortir la grosse artillerie, en revenant de temps en temps sur la place sise à la Mosquée Ibn Abass et en cherchant à impliquer le président Aziz dans des « affaires troubles », côté majorité, et notamment de l’Union pour la République (UPR), le discours récurrent est celui de la critique acerbe d’une opposition portée sur la propagande et la négation des acquis. Donc actions et réactions comme toujours.

Au niveau de l’opinion publique nationale, l’on n’hésite pas à dire que les hommes politiques font tout pour brouiller les cartes. Pour l’instant, ce qui compte ce n’est nullement de sortir de la crise institutionnelle qui couve mais bien de marquer son territoire dans la perspective des prochaines élections municipales et législatives. Un scrutin qui, il faut le dire, est la grande inconnue à l’heure actuelle parce que tout dépend d’un état-civil qui avance certes sans pour autant donner la possibilité aux observateurs de la scène politique mauritanienne de dire quand, comment et avec qui les élections vont être organisées ? Les statistiques livrées régulièrement par l’Agence nationale du Registre des populations et des documents sécurisés (ANRPTS) ne semblent pas être les seuls critères déterminant la tenue de ce scrutin. Il y a aussi que la crise politique actuelle doit être dépassée pour envisager une élection où l’on peut engager le maximum de partis politiques de la majorité et de l’opposition, ce qui est souvent un précieux critère de légitimité.

Pour l’instant donc, l’initiative de Messaoud constitue l’unique bouée de sauvetage pour sortir de la crise. Même si d’aucuns pensent déjà que la crise pourrait nécessiter une intervention de la communauté internationale, comme en 2008, pour trouver une solution habillée en compromis politique. Une solution qui, peut être, se profile déjà avec l’arrivée en Mauritanie du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, venu certes pour le sommet des 5+5 mais qui va sans nul doute évoquer la crise (l’organisation et le retard des élections municipales et législatives) avec le président Aziz. Il y a aussi, que des responsables de la COD ont été reçus par la responsable de la cellule africaine de l’Elysée, Mme Hélène Le Gal.

Les « missionnaires » de la COD dont Ahmed Ould Sidi Baba, président du Rassemblement pour la Démocratie et l’Unité, Lô Gourmo, vice-président de l’Union des Forces de Progrès et Abdel Ghoudous Ould Abdeina, président de l’Union Nationale pour la l’Alternance Démocratique, n’ont certainement pas fait de cadeaux au pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz dans l’exposé sur la situation de crise qui prévaut dans le pays. Mais l’on sait aussi que la cellule élyséenne chargée de l’Afrique est composée d’un groupe de collaborateurs proches du président français dont la mission première est de veiller à la sauvegarde des intérêts de la France en Afrique.

Et tant que le président en place « fait l’affaire », Paris ferme l’œil sur tout ce qui n’est pas encore très grave en termes de démocratie et de droits humains. Ce qui laisse supposer qu’Aziz étant l’une des pièces maitresses de la lutte que mène la France contre les islamistes au Mali, on peut s’attendre à ce que Paris lui demande de s’ouvrir sur l’opposition mais pas de partir comme le réclame la COD. La France a des intérêts mais pas de véritables amis, faut-il encore le rappeler aussi bien au pouvoir qu’à l’opposition pour qu’ils ne comptent pas trop sur une position qui est déterminée, avant tout, par leur capacité à eux d’influer sur le rapport de force interne.

Lu sur noorinfo

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Le MPR est à deux doigts de sortir de la majorité présidentielle

altC’est en substance ce qu’a affirmé au Calame, une source digne de foi et proche du député Kane Hamidou Baba président du Mouvement Pour la Refondation (MPR) jusqu’ici membre de la majorité présidentielle. Cette décision pourrait être entérinée au cours de la réunion du Comité Permanent du parti, prévu le jeudi prochain. Au cours de la réunion du Bureau Exécutif tenue le jeudi passé, sous le thème : bilan et perspectives de la participation du MPR à la majorité présidentielle, une forte tendance s’était dégagée en faveur du retrait du parti de la Majorité. Des milieux bien informés indiquent que la décision sera peaufinée dans les prochains jours et annoncée aux mauritaniens, le moment venu. Cette décision imminente du parti que dirige Kane Hamidou Baba pourrait faire des émules, si ce n’est déjà fait du côté d’ADIL et du RD, deux partis de la Convergence Patriotique (CP). En envisageant donc de sortir de la Majorité, le MPR signifie sa volonté de ne plus continuer à attendre « les atermoiements d’une Majorité au garde à vous », et qui ne voudrait pas aller au dialogue. C’est là une « attitude contraire à la volonté de la majorité des mauritaniens », estime notre source. Cette décision intervient en pleine manœuvres politiques. La Convergence Patriotique (CP), qui rassemble le MPR, ADIL et RD tous membres de la majorité présidentielle, a décidé, très tôt de soutenir l’initiative de sortie de la crise politique concoctée par le président de l’Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkheir. Laquelle initiative prône le rapprochement des pôles politiques, particulièrement entre le Pouvoir et la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) pour l’organisation consensuelle des prochaines élections municipales et législatives. La COD qui traînait les pieds pour répondre positivement à l’initiative du président de l’Assemblée Nationale, si l’on en croit les déclarations et confidences de certains de ses responsables, relayées, depuis peu, par la presse, pourrait, au cours d’une réunion annoncée pour ce lundi, répondre positivement à la proposition de Messaoud Ould Boulkheir. Les manœuvres en cours pourraient aboutir à la mise en place d’un front uni contre le pouvoir, accusé de « rester sourd » aux différentes initiatives visant à décrisper la scène politique. Une attitude qui va à l’encontre du souhait de la majorité des mauritaniens, explique-t-on au MPR.

Source: Le calame

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Cheick Modibo Diarra, l’outsider

L’ex-Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra s’est fait très discret depuis son éviction par la junte. S’il est honni par les politiques, les Maliens eux, réclament son retour pour reprendre les rênes du pays.


Cheick Modibo Diarra, l’outsider
Ce n’est pas un hasard si la junte l’a écarté en décembre 2012 des affaires du pays. Cheick Modibo Diarra fait peur. Actuellement, à Bamako, tous ceux qui comptent se faire une place dans la future direction du pays, ne le lâche pas d’un œil. Ils savent que l’ex-premier ministre a des adeptes bien qu’il ait été mis sur la sellette par le capitaine Amadou Sanogo avec la complicité du président de transition Dioncounda Traoré, qui l’ont contraint à démissionner en décembre dernier.

Cheick Modibo Diarra semblait devenu beaucoup trop encombrant pour l’auteur du coup d’Etat contre Amadou Toumani Touré et le dirigeant provisoire. L’ex-Premier ministre avait pour ambition d’organiser des élections le plus rapidement possible dans le pays, une fois les troupes engagés dans le nord, pour mettre un terme à la menace terroriste. Ce qui n’arrangeait pas les affaires d’Amadou Sanogo qui, lui, voulait poursuivre sa main mise dans les affaires du pays. Il n’a d’ailleurs jamais caché ses réticences à l’intervention de forces étrangères dans le nord malien. Tant qu’en effet les troubles se poursuivaient dans la région, il était sûr d’avoir les cartes en main à Bamako. Quant à Dioncounda Traoré, éloigner son ex-Premier ministre, était un moyen idéal de rester le seul maître à bord de la transition.

Report de la présidentielle non envisageable

Qui sont les adeptes de l’ancien chef du gouvernement ? Les Maliens. A présent, ce sont bien eux qui réclament son retour pour reprendre les rênes du pays, d’après plusieurs sondages, effectués par les médias locaux. Un soutien de taille à quelques mois de l’élection présidentielle, prévue pour juillet. Le régime de transition a d’ailleurs tout mis en œuvre pour la reporter. Mais le projet est vite tombé à l’eau. Paris a été plus que clair : le report de la présidentielle n’est pas envisageable. Un mot d’ordre que le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a rappelé aux autorités de transition lors de sa visite à Bamako, la semaine dernière.

Le défi du scrutin présidentiel est colossal. Regagner la confiance de la population ne sera pas une mince affaire pour ceux qui prétendent accéder à la tête du pays. Avec des instances politiques en lambeaux, une opposition de façade et consensuelle sous le régime du président déchu Amadou Toumani Touré, les Maliens ne savent plus ou donner de la tête.

Calculs politiciens

En tous cas, une chose est sûre. Ils ne sont pas indifférent à Cheick Modibo Diarra, qui suscite l’espoir. L’ex-Premier ministre, rentré vendredi de sa tournée africaine, après l’avoir conclu à Rabat, n’a pas encore annoncé son intention de se présenter au scrutin. Mais il ne l’a pas exclu non plus. Ses divers déplacements dans le continent ces derniers temps sont sans doute un moyen pour lui de rallier le maximum de dirigeants à sa cause. La population malienne, elle, lui fait confiance, convaincue qu’il est l’homme de la situation, espérant faire passer à la trappe tous les anciens du régime. Ceux qui étaient au pouvoir, comme les membres de l’opposition, dont elle tient responsable de la situation actuel du pays.

Seulement ces derniers sont loin d’être disposés à accueillir à bras ouvert Cheick Modibo Diarra. L’ex-Premier ministre le sait. Il va devoir se préparer à ce qu’on lui mette les bâtons dans les roues pour empêcher son retour politique. La junte, elle, qui craint des représailles s’il accède au pouvoir, mettra tout en œuvre pour le disqualifier. Selon une de nos sources au Mali, « Sanogo craint de se retrouver derrière les verrous si jamais Cheick Modibo Diarra accède au pouvoir ».

Capitaine aux pleins pouvoirs

Bien qu’il soit nommé chef de file de la réforme de l’armée malienne par le régime de transition, le capitaine Sanogo tient toujours les manettes du pays. Le directeur de publication du journal indépendant Le Républicain Boukary Daou en a fait ses frais. Lorsqu’il a publié dans son journal une lettre de militants mécontents contre ses avantages financiers du chef de la junte depuis qu’il occupe ses nouvelles fonctions, il a été arrêté et placé en détention. Une affaire qui a fait grand bruit dans le pays, poussant plusieurs professionnels des médias à manifester leur mécontentement dans les rues de Bamako. Le responsable du Républicain a finit par être libéré provisoirement. Mais il doit être auditionné mardi prochain par les juges.

Dans ce contexte tendu, il sera difficile pour Cheick Modibo Diarra de revenir dans la sphère politique malienne sans se heurter à des crocs aux dents durs. Comme tout outsider, il n’est pas favori pour la prochaine présidentielle mais ses chances ne sont pas minimes non plus. Et lui au moins, contrairement à ses détracteurs, il a le soutien de la population. Cela sera-t-il suffisant ?

Source: Afrik

 

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Tunisie : “Moncef Marzouki se moque du monde”

Pour le site tunisien Business News, le président tunisien, invité à l’Institut du monde arabe à Paris, le 12 avril, pour présenter son livre sur la révolution tunisienne, est un vendeur de paroles.


Tunisie :
 

 

Le pays est en pleine crise politique, la tension est élevée, la conjoncture économique est morose et le président tunisien trouve quand même le temps pour rédiger un livre [L’invention d’une démocratie : les leçons de l’expérience tunisienne, éd. de La Découverte], publier de longues tribunes d’opinion, voyager, boire un thé avec des princesses, présider des conférences littéraires…

La semaine dernière, Marzouki était à Doha. Il en a profité pour se faire inviter par Moza Nasser Abdallah Al-Misnad, épouse de l’émir du Qatar. Cette semaine, il est à Paris pour présenter son nouvel ouvrage lors d’une conférence à l’Institut du Monde Arabe [ce 12 avril]. Entre ses deux voyages, il a adressé un texte au conseil national du CPR [Congrès pour la République, gauche nationaliste, le parti de Marzouki] dans lequel il a notamment parlé de la nécessité de changer ses idées comme on change de sous-vêtements. Sans réelles prérogatives, Marzouki n’a rien à faire de ses journées, il s’occupe donc comme il peut et il tient à le faire savoir au monde.

Connu pour avoir été un fervent défenseur des droits de l’homme, Moncef Marzouki a oublié tous les principes qui ont façonné son image.
C’est bien lui qui critiquait Ben Ali et sa dictature ? Pourtant, depuis qu’il est au palais de Carthage, il ne cesse de chanter les louanges de l’émir du Qatar, qui n’est pas spécialement connu pour être un défenseur de la démocratie ou un homme respectueux des droits de l’homme.
C’est bien Marzouki qui critiquait Ben Ali et ses atteintes à la liberté d’expression ? C’est pourtant dans les prisons qataries que croupit le poète Mohammed Al-Ajami, condamné en première instance à la perpétuité (peine réduite à quinze ans en appel) pour un poème saluant l’avènement des révolutions du “printemps arabe”.

C’est bien Marzouki qui donne des leçons de démocratie du matin au soir ? Si l’on a bonne mémoire, c’est pourtant au Qatar qu’un émir a renversé son père pour prendre sa place et y rester jusqu’à ce jour. C’est bien Marzouki qui dénigrait Leïla Ben Ali pour avoir profité des deniers de l’Etat ? L’épouse de l’émir n’en diffère pas trop, semble-t-il. C’est bien Marzouki qui parle d’encourager la culture locale et les emplois dans son pays ? Pourtant, il a choisi de publier son ouvrage chez un éditeur français !

Il continue à vendre des paroles

Moncef Marzouki sera l’invité de Jack Lang et donnera une conférence durant laquelle il parlera, une énième fois, des droits de l’homme, de la démocratie, de la justice et de la liberté d’expression. Les Français chanteront ses louanges et l’applaudiront. Ils boiront ses paroles et le croiront. Et à ceux qui le critiquent, comme ici, ils nous diront “Nul n’est prophète dans son pays” et “Vous n’avez aucune idée de l’étendue du savoir, des connaissances, de la culture et de l’humanisme de Moncef Marzouki”. On aimerait bien les croire, sauf que voilà, c’est impossible, car les faits concrets disent le contraire.

Concrètement, Marzouki n’a rien fait ou pas grand-chose depuis qu’il est au palais de Carthage. Avant d’y être, il vendait des paroles. Il n’a pas beaucoup changé depuis qu’il a accédé à la magistrature suprême. Avant, ses paroles lui rapportaient des pacotilles. Après, ses paroles lui rapportent des dizaines de milliers de dinars et, dans quelques jours, ses paroles vont lui rapporter des dizaines de milliers d’euros. Moncef Marzouki se moque des Tunisiens, se moque des Qataris, se moque des Français et se moque du monde entier.

Jack Lang va le recevoir et participera ainsi à l’entretien de cette fausse image de Moncef Marzouki. Cette image de démocrate qu’il n’est pas, de défenseur de la justice qu’il n’est pas et de droits-de-l’hommiste qu’il n’est plus. Quand on est militant, des tribunes sur Al-Jazira et des livres en France pourraient, éventuellement, servir la cause. Mais quand on est président, ce sont des actes et de l’efficacité qu’on attend de vous. Or, dans le meilleur des cas, Marzouki continue encore à agir comme militant et, au pire, il se rêve en Robespierre. Tout le risque, pour lui, mais aussi pour nous est qu’il finisse comme Robespierre.

Nizar Bahloul
Pour Business News

 

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