Monthly Archives: October 2013
Mauritanie : Quel modèle de gouvernement choisir ?
La Mauritanie, indépendante depuis 1960 continue de faire face aux difficultés de cohabitation entre ses différentes communautés. La composante noire, y compris harratine, vit dans une situation de discrimination raciale et de précarité dont les membres doivent se justifier en permanence de leur appartenance à ce pays, alors que les arabo-berbères ou maures jouissent d’office de leur citoyenneté pleine et entière. C’est dire combien le concept de l’Etat unitaire a échoué chez nous. Dès lors, pour être viable, la Mauritanie doit changer d’option et trouver un autre modèle de gouvernement qui appellerait à plus de participation du peuple mauritanien dans l’avenir politique du pays. De mon point de vue, l’autonomie des régions serait l’outil politique qui pourrait rectifier ces erreurs historiques. le parti Arc-en-ciel demande le report des législatives et municipales
Arc-en-ciel, le parti mauritanien du concret réclame à la CENI d’adresser au gouvernement une demande de report sine die des élections municipales, législatives et sénatoriales.
Le parti estime, dans un communiqué reçu à Alakhbar, que le report s’impose, car il est impossible d’organiser des élections crédibles, acceptables et acceptées pour en raison d’un chapelet de malheurs dont le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz est le seul responsable.
« Un très grand nombre de mauritaniens et principalement les mauritaniens du Sud, n’ont pas récupéré leurs nouvelles cartes d’identité donc incapables de s’inscrire sur les listes électorales
Plusieurs problèmes techniques empêchent les quelques détenteurs de cartes de s’inscrire sur ces dites listes.
les populations des quartiers inondés et leurs proches n’ont pas l’esprit à aller exercer un devoir civique quand il faut lutter pour la survie des membres de leurs familles ».
Source: Alakhbar
Il y a 25 ans déjà, le Pr. Elimane Kane nous a quittés
Né le 7 Décembre 1933 à Dar El Barka dans le Toro Ouest, Elimane appartenait à cette génération des premiers cadres de la Mauritanie indépendante :
Les Sy Gorel Professeur d’énergie nucléaire, Mohamed Ould Cheikh, Abdoulaye Baro, Ahmed Ould Baba Ould Ahmed Miske, Dr Abdallahi Ould Bah, Dr Touré Racine, Hamdi Ould Mouknass, Bouna Kane qui nous a aussi quittés le 4 Septembre dernier et j’en passe.
Ces quelques cadres de la scène politique ont été associés très tôt par le Président Mokhtar Ould Daddah à son œuvre d’édification d’une République Islamique de Mauritanie en tant qu’Etat africain et arabe souverain et indépendant qui tenait à assumer pleinement son rôle de trait d’union et osait prendre même quelques initiatives d’avant-garde :
Soutien aux mouvements de libération nationale du tiers monde, révision des accords militaires de nature néocoloniale avec l’ancienne puissance coloniale, création de sa propre monnaie nationale, nationalisation de la plus grande société minière (MIFERMA), l’indigénisation du capital commercial et bancaire, etc.
Sur un autre plan, le régime développait des relations de coopération sud – sud avec des Etats qui n’étaient pas en odeur de sainteté avec l’ancienne puissance coloniale, c’était le cas avec la Guinée Conakry avec qui la Mauritanie a pris l’initiative de la création de l’organisation sous – régionale de coopération : l’Organisation des Etats Riverains de Fleuve Sénégal, l’ancêtre de l’Organisation de Mise en Valeur de Fleuve Sénégal (OMVS) qui est aujourd’hui citée en exemple de réussite dans son genre sur le continent africain.
Cette politique d’ouverture, sans aucune arrière pensée de xénophobie a hissé très tôt nôtre pays au statut d’Etat influent, respecté et écouté sur la scène internationale.
Si le Président Maître Mokhtar Ould Daddah était le principal maître d’œuvre de cette politique, il s’appuyait aussi d’un côté sur un mouvement national démocratique militant, et de l’autre, sur des cadres nationalistes, tels que Elimane Kane qui le soutenaient à fond. Ce qui rendait la situation complexe, c’était que ces cadres eux – mêmes étaient divises sur la question récurrente de la cohabitation. C’est ainsi que l’arabisation à outrance, sans préparation est apparue très tôt comme exclusive.
Le Professeur Elimane Kane et quelques rares cadres arabes étaient opposés à cette orientation tout en restant favorables, à l’introduction méthodique de l’arabe dans le système éducatif et dans l’administration en tenant pleinement compte de la composition multiethnique du peuple mauritanien, problème sans doute complexe avec des risques d’exclusion déjà prévisibles des négro – mauritaniens, qui a atteint aujourd’hui son paroxysme.
Ces problèmes qui ne font plus l’ombre d’un doute, demandaient une anticipation, une réflexion courageuse non démagogique pour asseoir l’unité nationale sur des bases solides et durables. Cette réflexion reste d’actualité et doit être poursuivie et mise en pratique avec courage pour donner un contenu crédible à nôtre démocratie et garantir l’unité nationale.
Le professeur Elimane Kane et Moctar Ould Hamidoune et d’autres éminents intellectuels mauritaniens ont élaboré le premier manuel d’histoire de la Mauritanie.
Il me revient avec force, le souvenir de la semaine que j’ai vécue à côté du Professeur Elimane Kane, à Nouakchott en février 1966. En effet des amis m’avaient délégué de France dans la clandestinité avec le passeport du nom ami Ba Ali, en mission de solidarité avec les 19 cadres négro – africains après la publication de leur manifeste prémonitoire qui leur a valu d’être arrêtés et embastilles à NBeika au bord de la Tamourt Naaj.
J’étais venu donc dans la discrétion m’informer de leurs conditions de détention, apporter notre soutien à leurs familles et constituer en leur faveur en cas de procès, le célèbre avocat Maître Nicolas Kaldor de la Confédération Mondiale des Juristes Démocrates.
C’est à cette occasion que j’ai bénéficié de la solidarité et du soutien moral du Professeur Elimane Kane militant syndicaliste, homme de conviction, toujours fidèle à ses engagements. Il a dénoncé avec force la répression qui a frappé injustement ces cadres, et il ne fut soutenu contre la furie du régime que par de rares amis arabes tels Mohamed Ould Cheikh.
Par la suite, il a préféré embrasser une carrière d’expert au Bureau International du Travail (BIT) où il a fini à Genève, Directeur Adjoint et où il s’est distingué par sa compétence professionnelle et sa droiture. Nous nous sommes souvent rencontrés durant cette période toujours en accord dans nos prises de position dans notre combat politique et syndical partagé.
Ce témoignage in memorian, me donne l’occasion de réitérer toute mon amitié à lui même et à toute sa famille :
– A nôtre sœur Aissata Kane, première femme Ministre en 1975 au sein d’un Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie ;
– A nôtre cadet Tidjane actuel Maire de Dar El Barka avec qui j’ai cheminé dans le syndicalisme contestataire ;
– A son épouse Coumba Babali N’Diaye et à ses enfants que je n’ai pas eu le plaisir d’embrasser car ils sont nés ou ont grandi à l’étranger
Innalillahi wa inna ilehi rajioun
Nouakchott ce 15 Septembre 2013
Ladji Traore
Source: L’ Authentique
Loupe du Jour : Les FLAMS : la démocratie aidera-t-elle à réaliser le projet politique ?

Le retour des forces de libération africaines deMauritanie les Flam est sans doute l’un des événements majeurs dans le destin politique de cette organisation dont le nom est associé à un long et dur parcours de combattant. Quand le pouvoir de Tayavoulait réprimer les noirs de Mauritanie dans le courant des années 86 jusqu’à la fin des années 90, l’argument le plus court utilisé est de l’accuser d’être un flamiste selon le terme consacré à l’époque. C’est à ce prix que des injustices ont touché tous les secteurs de l’administration, de l’armée, des citoyens paisibles dont le seul tort était d’être noir.
Le pouvoir politique ainsi que les nationalistes chauvins se servaient de cette arme redoutable pour réprimer férocement les gens de couleur noire notamment issus de la communauté négro-africaine.
Le nom FLAMS avait donc une connotation péjorative dangereuse. Plus le système politique diabolisait le mouvement, mieux il procédait à des actes odieux de stigmatisation d’une composante nationale qu’il fallait écraser comme des punaises. Les FLAMS renvoyaient dans l’imaginaire de ceux qui le diabolisaient l’image d’un monstre qui traînait partout ses forces maléfiques pour détruire laMauritanie.
Cela a d’une certaine façon renforcé la réputation de cette organisation notamment à l’étranger en donnant à ses combattants une certaine aura d’opposants politiques au régime de l’époque ; mais aussi en confortant les thèses défendues par le mouvement dans le cadre de ses revendications politiques.
Il faut reconnaître aux FLAMS cette persévérance dans l’action et dans la préservation des principes qui soutenaient la philosophie de ce mouvement. Les défis à relever étaient tels que le combat n’était pas de courte durée pour être remporté facilement. On peut être contre cette organisation sans pour autant refuser de lui reconnaître sa constance dans la revendication des droits à la justice, à l’égalité et de la lutte contre le racisme et l’esclavage.
Le Manifeste du négro-mauritanien opprimé constitue un document de haute facture intellectuelle qui n’a pas été étudié par les pouvoirs politiques dans la perspective d’une recherche de solutions consensuelles de règlement des crises identitaires en Mauritanie.
Malheureusement sa publication a suscité un sentiment de repli sur soi et un rejet de l’autre. La rupture était nette à cause des préjugés entretenus par les sirènes de la discorde qui profitaient de la situation de confusion pour dresser les uns contre les autres.
Alors que dans le Manifeste de 1986, les idées véhiculées mettaient en garde contre l’exclusion et l’impérialisme culturel destructeur des autres communautés réduites à une portion insignifiante au plan national. Affaibli et disloqué à cause des divergences plus personnelles qu’idéologiques, les leaders des FLAMS ont commis bien d’erreurs historiques qui ont fragilisé leur combat et décrédibilisé certaines figures de proue de cette organisation.
Comme tout mouvement il y a des hauts et des bas. Le temps a tout de même fini par faire son œuvre pour que la vérité sépare la bonne graine de l’ivraie. L’organisation a perdu une bonne partie de ses cadres sabordés dans d’autres formations politiques.
D’autres déjà rentrés après un combat exténuant avaient opérés d’autres choix. Des symboles inoubliables du mouvements comme Mourtoudo Diop , Saidou Kane , Sy Saghirou sont morts. Le mouvement tente aujourd’hui de se redéployer en Mauritanie après 23 ans d’exil, de nostalgie, de privations.
Le retour de sa direction est un acte de courage et de patriotisme à saluer. Mais il faut se départir de tous les complexes et orgueils pour resserrer les rangs et tendre la main à tous ceux qui veulent faire avancer la lutte pour que triomphent les idéaux de paix et de justice dans le pays.
Cheikh Tidiane Dia
Source : Le Rénovateur
Clôture de la première journée de concertation politique entre la majorité et certains partis de l’opposition

La première séance à huis clos des concertations politiques entre la majorité et certains partis de l’opposition a été clôturée lundi soir à Nouakchott.
Peu après la clôture de la séance, M. Mohamed Ould Maouloud, président de l’Union des Forces du Progrès (UFP), président de la délégation de la coordination de l’opposition démocratique a fait la déclaration suivante à la presse:
” Nous avons tenu cette première séance de discussion. Nous nous sommes mis d’accord sur l’ordre du jour. Nous avons commencé à discuter les points un à un et nous allons continuer ce soir également. L’athmosphère était positive et bien sûr sérieuse et franche et nous espérons que nous aboutirons à quelque chose de positif.
Pour le moment, nous ne sommes pas au bilan et c’est à une autre occasion que nous pourrons détailler toutes ces questions-là”.
Pour sa part, le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, M. Mohamed Yahya Ould Horma, président du groupe de la majorité à ces concertations a fait la déclaration suivante:
” Je dis comme l’a dit le président Maouloud, tout à l’heure, que nous avons eu à aborder toutes les questions essentielles, plus exactement celles ayant trait au processus électoral et aux élections en vue. Ces points ont ont fait l’objet de discussion un à un. Une discussion qui s’est caractérisée par la franchise, la clarté des exposés et la clarté des réponses. Nous considérons que la discussion a été franche et sérieuse, que nous serons en mesure d’avancer dans un second round qui se tiendrait ce soir ou demain matin et que nous sommes confiants compte tenu de l’athmosphère de la première journée et des choses importantes pourront être obtenues”.




