Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: October 2012

Mali: Un dilemme à trois têtes

altLe casse-tête malien s’est retrouvé au centre de la 67ème session de l’Assemblée Générale (AG) de l’Organisation des Nations Unies (ONU), tenu à New York, cette semaine. La partition de fait de ce pays, dont les deux-tiers, constituant sa partie Nord, sont occupés par divers groupuscules terroristes, plus ou moins liés à la nébuleuses Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) – un acronyme qui renvoie, de plus en plus, l’image d’une organisation narco-islamiste ; un comble, pour un musulman! – a fait l’objet d’un débat au sein du Conseil de Sécurité (CS) de l’organisme mondial, le jeudi 27 septembre dernier.
Cette étape est le résultat d’une évolution. En effet, après plusieurs mois d’hésitation et même de tergiversations, le pouvoir transitoire du Mali s’est résigné à demander une intervention des forces militaires de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), pour «l’aider à recouvrer l’intégrité de son territoire national». Une requête dont la tardiveté réside, du moins en partie, dans le contexte politique d’un pays plongé dans une transition bancale, sous fond de défaite militaire. Un Etat qui, malgré le souci de sauver les apparences, se trouve encore fortement sous l’influence de la junte militaire auteur du putsch du 22 mars 2012. Un pouvoir venu mettre «fin à la corruption, au laxisme et faire la guerre» et qui aura, finalement, accéléré le processus de désintégration de la patrie de Soundjata Keïta, perdant le Nord en quelques jours.
Parmi les chefs d’Etat ayant prononcé un discours devant l’assemblée générale, certains poussent à une intervention rapide, à l’image du sénégalais Macky Sall, dont le pays, voisin du Mali, est également membre de la CEDEAO. Une volonté de promptitude encore plus explicite, avec le discours du chef de l’Etat français, François Hollande, pour qui «toute perte de temps, tout processus qui s’éterniserait pourraient faire le jeu des terroristes». L’invitation, faite au Conseil de Sécurité, à prendre ses responsabilités, en validant l’intervention du contingent de la CEDEAO dans le désert malien, est clairement pressante.

Quelle alternative à l’intervention militaire ?

Mais, face à la résolution de Paris, quelques membres de la haute instance mondiale, à l’image des Etats-Unis, observent une grande prudence. Le commandant en chef des forces armées américaines en Afrique (AFRICOM), le général Carter S. Ham, était à Nouakchott et Alger, au cours du week-end écoulé. Il a été reçu en audience au plus haut niveau, c’est-à-dire par les chefs d’Etat. Même si la teneur des entretiens avec Ould Abdel Aziz et Bouteflika n’a pas été divulguée, il est clair que ce voyage n’est pas fortuit et qu’il a été fortement dominé par la question malienne.
Fidèle à une vieille tradition, l’Algérie, puissance sous-régionale et leader des pays du champ saharo-sahélien, fait tout pour éviter une intervention «étrangère» au Mali. Celle-ci entraînerait, inévitablement, une implication des forces occidentales, notamment par «un soutien logistique», dans un conflit dont le théâtre d’opérations relève de son espace vital.
La position de la Mauritanie relève d’une lecture encore plus difficile. Car, pour cet exercice, il faut tenir compte de plusieurs paramètres qui complexifie notablement l’équation. Nouakchott est, à la fois, tiraillée par une série d’impératifs : volonté de lutte contre le terrorisme ; sympathie, non avouée, pour l’irrédentisme touareg qui aura, pourtant, déclenché un conflit dont il est, aujourd’hui, le plus grand perdant, au même titre que la République du Mali. Il y a, aussi, la nécessité de ménager, à la fois, la France, un partenaire historique, et le grand voisin algérien.
Quant au Niger, autre pays du cercle de feu également membre de la CEDEAO, partisan, depuis plusieurs mois, d’une action armée contre les groupuscules terroristes, il devrait, logiquement, s’aligner sur les vues de Paris, capitale avec laquelle les liens se sont resserrés, avec l’arrivée de Hollande aux commandes.
Comment la CEDEAO et ses alliés comptent-ils gérer les conséquences d’une action militaire et, tout particulièrement, l’aspect lié à la propagation des armes, inévitables en ce cas de figure ? Au-delà de la position des uns et des autres, l’affaire malienne reste, on le voit, d’une extrême complexité et comporte tous les ingrédients d’un véritable imbroglio. Et ce n’est pas l’infiltration des groupuscules terroristes (Ex-GSPC, Ansar Dine, MUJAO) par les services algériens, mauritaniens et maliens – une réalité qui relève d’un secret de Polichinelle – qui simplifie les choses… A priori, le travail de libération du septentrion malien devait être la mission de l’armée de ce pays. Tenus à un devoir de solidarité, les troupes des pays de la CEDEAO et des autres voisins devraient simplement servir de complément. Cependant, dire que l’armée de Bamako est incapable de libérer le Nord, dans les circonstances actuelles, est plus qu’un euphémisme.
Quant à l’option de la négociation, dans une république laïque, avec des groupes terroristes prônant l’application de «leur» Charia et tenant à conserver le statu quo dans l’espace conquis, elle est tout aussi peu crédible. Entre négociations impossibles, partition définitive, aboutissant à l’avènement d’un Etat narco-islamiste, ou intervention de troupes étrangères, le Mali fait, décidemment, face à un dilemme à trois têtes.
Pour ne rien arranger, les partisans du capitaine Sanogo ont réinvesti la rue, pour protester contre un éventuel déploiement des forces de la CEDEAO, dénoncé comme «une violation de la souveraineté nationale». Une rhétorique tout de même bizarre, dans un pays dont les deux-tiers sont occupés par des forces étrangères disparates, n’obéissant à aucun commandement intégré.

Amadou Seck

Source: Le calame

L’ex chef de camp de Mme Gbagbo avoue avoir assassiné Guéi Robert et son épouse

altLe procureur militaire Ange Kessy a révélé lundi à Abidjan, que l’ex chef de camp de Mme Simone Gbagbo, épouse du chef de l’Etat ivoirien, le Commandant Anselme Séka Yapo, (Séka Séka) a avoué avoir assassiné l’ex chef de la junte militaire, le Général Robert Guéi et son épouse en septembre 2002.

 Ange Kessy a ajouté que deux généraux de l’Armée ivoirienne seront auditionnés dans l’affaire de l’assassinat du général Robert Guéi et de son épouse.
Ce sont les généraux, Mathias Doué ex chef d’état-major des Armées ivoiriennes et l’ex commandant de la Gendarmerie, Gervais Kouassi.
Selon le Commissaire du gouvernement Ange Kessy , le général Robert Guéï, chef de la junte militaire de 1999 à 2000, a été tué dans la nuit du 19 au 20 septembre 2002 par Séka Séka, qui a avoué, lors de son audition, avoir exécuté le général Guéï et son épouse.
« L’enquête est terminée et nous avons inculpé quatre personnes (…). Il s’agit du commandant Séka Séka, inculpé pour “enlèvement et assassinat”, du général Bruno Dogbo Blé, ancien commandant de la Garde républicaine, et du lieutenant colonel Katé Gnatoa, accusé de “complicité d’enlèvement et d’assassinat » a précisé le procureur militaire Ange Kessy.
« Les prêtres qui étaient à la cathédrale, le chef d’état-major et le commandant supérieur de la gendarmerie nationale, et le chef des services de renseignement au moment des faits seront entendus », a-t-il précisé.
Plusieurs chefs d’accusation sont retenus contre le commandant Séka Séka, arrêté en juin 2011 à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan dont la disparition du journaliste franco-canadien, Guy-André Kieffer. 

 

Source: Seneweb

Messaoud présentera au président Aziz sa proposition finalisée (SG de l’APP).

altLe président du parti mauritanien de l’Alliance Populaire Progressiste (APP), Messaoud Ould Boulkheir, a finalisé sa proposition relative à la formation d’un gouvernement d’union nationale, a informé Ladji Traoré, secrétaire général dudit parti.
La proposition qui est «dans sa forme ultime» sera présentée «dans son détail au président Mohamed Ould Abdel Aziz». Et après, «On verra la réaction du président en ayant vu l’ensemble du projet dans ses tenants et aboutissants. Et nous restons optimistes». Le président Ould Abdel Aziz, a déjà qualifié d'”inacceptable et injustifiable” l’initiative du président de Messaoud Ould Boulkheir, qui appelle à la formation d’un gouvernement d’union nationale. C’était le samedi 28 juillet à l’occasion d’une rupture de jeûne organisée à la Présidence.

Ladji Traoré se confiait à Alakhbar en marge du colloque du parti de la majorité présidentielle l’UPR sur: “Mandant du président de la République; réalisations et perspectives” ouvert depuis le 1 octobre à Nouakchott. il représentait son parti qui est officiellement invité à la rencontre.

Il a également saisi l’occasion pour répondre à ceux qui accusent l’APP d’avoir, en tant que parti d’opposition, abandonné celle-ci et pour s’aligner sur le pouvoir. «Nous ne sommes alignés sur personne. Nous sommes alignés sur nous-mêmes et sur nos principes. Nous sommes un parti démocratique qui croit fondamentalement à la démocratie; la démocratie apaisée et responsable». Toutefois, l’APP travaille avec tout celui «qui veut amener les Mauritaniens à une démocratie consensuelle et pacifique basée sur le dialogue inclusif qui ne fait de langue de bois sur aucun problème».

Source: Al Akhbar

Bababé : les populations de Bababé demandent le départ du chef du centre de recensement

altLes populations de Bababé ont organisé une grande manifestation pacifique contre le chef du centre de recensement Mohamed Lemine Ould loully. En effet ce dernier depuis qu’il a été affecté ici comme responsable du recensement dans la Moughataa de Bababé, fait l’objet de nombreuses contestations de la part des populations. Il refuse de rectifier les noms, ce qui a causé beaucoup de blocages pour certains citoyens qui devraient se recenser. Il exige un certificat de décès authentifié par le tribunal départemental.

Plusieurs cas de rejets de personnes recensées en 1998 et 2000,  dont les numéros et les noms ne sont pas confirmés au niveau de l’ordinateur central. Bref une situation difficile pour les citoyens du département de Bababé. Et certains parmi eux sont obligés de partir se recenser sans difficultés dans les autres centres, notamment à Kaédi, Boghé et souvent même à Nouakchott.

Pourtant les autorités administratives locales n’ignorent pas ce phénomène récurent et d’autres ministres ont été interpellés plusieurs fois par les populations de Bababé mais aucune mesure n’a été prise contre ce chef de centre, qui continue comme bon lui semble ce recensement, même si les populations ne viennent qu’en compte goutte.

Ces populations qui ont manifesté pacifiquement pour le départ de ce chef centre, ne comptent pas s’arrêter là, d’autres marches sont même prévues très prochainement où toutes les autres communes seront conviées. D’ici là les autorités doivent faire quelque chose, avant qu’il ne soit tard.

Abou Mamadou Sow

Flamnet-Agora: De Téne Youssouf Guéye à Lamine Mangane : Le Septembre Noir

altTous les mois appartiennent à Dieu, il y a de ces mois au cours desquels les démons s’allient avec les hommes pour verser le sang des innocents. Dieu a, Lui-même, du haut de Son Trône interdit l’injustice, mais les hommes s’entêtent en arrachant la vie de leurs semblables. Que l’on soit en septembre 1988 ou en septembre 2011, les autorités mauritaniennes avaient décidé d’appliquer ces pactes pour que coule le sang noir. Désormais, septembre est devenu noir.

Téne Youssouf Guéye est né en mai 1923 à Kaëdi et décédé le 02 septembre 1988 à Walata. Le célèbre écrivain, père de neuf enfants, a été arrêté en 1986, à la suite de la publication du manifeste du négro-mauritanien, lequel fut largement distribué à Adis-Abeda. L’Etat l’avait condamné à une peine de quatre ans ferme. L’homme avait osé dénoncer le racisme de l’Etat en soutenant la cause des élèves noirs. L’Etat voulait arabiser à outrance le pays aux dépens des noirs qui n’étaient pas préparés vu les programmes scolaires en vigueur. Devant une répression inouïe et aveugle partout dans la vallée, il fallait lever le petit doigt pour interpeller le dirigeant injuste. Téne Youssouf Guéye l’a fait à travers ses écrits et à travers la conscientisation de ses miens. Accusé de fomenter un coup d’Etat et d’être parmi les rédacteurs du manifeste du Négro-mauritanien opprimé, il ne survivra pas à la torture. Voilà l’une des facettes des supplices : « On nous mettait dans un trou et on nous ruait de coups. Des fois, on bandait nos yeux et on nous emmenait dans un endroit pour nous signifier qu’on allait nous exécuter. Les menottes aux mains et aux pieds, chacun de nous était attaché à un autre prisonnier. Sans compter les violences corporelles ». L’écrivain a été arrêté, soumis à la torture, sa famille humiliée, sa personnalité vilipendée par les sbires du système raciste. Et, lorsqu’il fut transféré avec d’autres grands intellectuels noirs au bagne de Walata, Téne Youssouf Guéye savait que la suite ne présageait pas bonne augure : il n’était pas parti pour purger sa peine mais pour périr. L’Etat savait qu’en exécutant les intellectuels et les officiers, il tuait tout un peuple. Aujourd’hui, ils ont presque réussi leur projet, l’héritage de Taya est la haine qui exacerbe par les agissements de son dauphin Mohamed Ould Abdel Aziz et sa bande des tortionnaires.

altC’est un autre écrivain-rescapé, Boye Alassane Harouna qui immortalisera les sévices. Son livre, J’étais à Oualata, est une bible qui traduit la haine noire en dévoilant le projet de l’Etat mauritanien destiné à l’abrutissement du peuple noir notamment en tuant ses plus grands intellectuels.

Téne Youssouf Guéye n’était pas le seul, Ibrahima Mocktar Sarr, Djiguo Tapsirou, Ba Abdoul Ghoudouss mort les chaines aux pieds… Les familles revendiquent les sépultures des fils, même si le sable de la haine les a engloutis.

La mort de Lamine Mangane le 27 septembre 2011 s’inscrit dans le même esprit criminel de l’Etat mauritanien. Les hommes ont changé, mais les intentions ont subsisté. Nous sommes dirigés par des assassins étouffeurs, par des militaires aux mains ensanglantées, ils sont des hommes sans vergogne. Comment, l’on ordonne de tirer sur un adolescent de 19 ans et puis on dépêche une délégation pour acheter la famille de la victime : c’est d’être d’une ignoble moralité humaine. Notre dirigeant et ceux qui se sont rendus à Magama racheter la peine des Mangane sont d’une bassesse humaine. Au lieu d’obliger la traduction du gendarme criminel, ils ont démontré à tous les citoyens leur haine envers les opprimés et les faibles. Les meurtriers de Téne Youssouf Guéye et de Lamine Mangane, comme de milliers de noirs, se pavanent encore sous nos cieux, ils entretiennent même des rapports privilégiés avec nos dirigeants. Pour sauvegarder sa pérennité, nous disons qu’un Etat juste et droit ne doit pas favoriser l’impunité. Jugez celui qui a assassiné L. Mangane, il se trouve à Rosso. Jugez les assassins de Walata, d’Inal et de Jreida avant que le peuple ne s’empare des palais de justice et vide les prisons pour y conduire les complices.

Mourir dignement, il y a certainement un prix à payer. C’est mourir lorsque tout le monde espère en nous et que l’on meurt pour eux. La Mauritanie a tué un intellectuel père de famille, comme elle a arraché la vie d’un adolescent qui se construisait un destin. Dorénavant, si réfléchir est un acte criminel, nos intellectuels sont avisés. Et si brandir une pancarte pour revendiquer ses droits est un délit, nos adolescents sont prévus. S’il faut mourir à tout prix, le choix s’impose. Ne les oublions pas, ils sont morts pour nous.

Bâ Silèye.